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Palestine de 1914 à 1967 Trois mois après le début de la première guerre mondiale en août 1914, les Russes, les Britanniques et les Français ont déclaré la guerre contre l'empire ottoman. Le 31 octobre 1914, l'empire Ottoman que dirigeait le Triumvirat des trois Pachas, Talat, Kemal, Enver et sur lequel régnait, après le sultan rouge Abdülhamid II (1876-1909), Mehmed V (1909-1918), entra dans la guerre à côté des empires centraux. Les Britanniques et les Français entamèrent presque immédiatement des négociations secrètes concernant le partage des territoires arabes (accords secrets de Sykes-Picot en 1916). Le 2 novembre 1917, sous la pression de l’OSM, les Britanniques signent la déclaration Balfour promettant un foyer national pour le peuple juif en Palestine malgré que les juifs ne constituaient que 8% de la population palestinienne à cette époque. Notons que la Palestine a servi comme une zone stratégique importante pour les troupes ottomanes afin de résister aux incursions anglaises partant de l'Egypte. En décembre 1917, le Général britannique Edmund Allenby s'empara de Jérusalem et ultérieurement du reste de Palestine. La guerre a aboutit à l'appauvrissement de secteurs larges de la population palestinienne, ainsi qu'à la malnutrition et la susceptibilité aux maladies. L'empire Ottoman fut obligé de signer l'armistice de Moudros (30 octobre 1918). Les Palestiniens, ainsi que les autres arabes espéraient avoir un état indépendant, probablement sous le contrôle de Faysal Ibn Husayn (le fils du gardien de la terre sacrée à la Mecque qui a mené une révolte sous une couverture anglaise contre l'empire ottoman), comprenant Palestine, Jordanie, Liban, Syrie, Irak, et peut-être la péninsule arabe qui est tombée sous le contrôle des Britanniques et des pro-Britanniques: la famille d’El-Saoud. C'était en fait les recommandations de la commission américaine (American sponsored King-Crane Commission), un groupe envoyé dans la région en 1919 pour répondre explicitement aux demandes des peuples, mais implicitement pour lutter contre les ambitions impérialistes des alliés européens. Cependant, les Français et les Britanniques refusaient de renoncer au contrôle des territoires arabes. A la fin de 1919, les Britanniques se sont retirés de la Syrie après avoir accepté de permettre aux français de prendre directement le contrôle de Syrie. En mars 1919, avant que la France s'empare de Syrie, le SNC (Syrian National Congress), qui inclut des représentants palestiniens notamment Hajj Amin al-Huseini, a proclamé Faysal comme roi de la Syrie unie. Durant cette période, l’immigration juive s'intensifiait en Palestine avec succès de la colonisation agricole. En avril 1920, la conférence de San Remo donne à la France un mandat sur la Syrie et le Liban, et à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine, la Jordanie et l’Irak. Elle confie aussi à la Grande Bretagne l’administration pour compte de la Société des Nations. La déclaration Balfour est confirmée par la conférence de San Remo, amenant ainsi la Grande-Bretagne à instaurer des conditions par lesquelles les immigrés juifs pourraient être aidés en vue d'obtenir une dominance ultime. Les Français ont envahi la Syrie en mai et en juillet ils ont occupé Damas envoyant Faysal en Palestine. Les Britanniques ont fait de Faysal le roi de l'Irak et de son frère Abdallah le roi de Jordanie. Le 1 juillet 1920, l'administration militaire Britannique a été renvoyée et une administration civile présidée par un sioniste Britannique, Herber Samuel, a été instaurée. En Août 1920, l'empire Ottoman signa le traité de Sèvres par lequel il aura perdu ses anciens territoires. La présence d'un calife musulman fut abolie. En 1922, le mandat Britannique sur Palestine fut officiellement approuvé par la Ligue des Nations. La Grande Bretagne détache la Transjordanie qu’elle confie à l’émir Abdallah. Durant le mandat Britannique, l'immigration juive en Palestine a augmenté considérablement ainsi que leurs terres. Plus que 400.000 Juifs ont émigré durant le mandat, augmentant ainsi le pourcentage de la population juive de 8 % en 1920 à 30% à la fin du mandat. Le pourcentage des terres palestiniennes expropriées par les juifs augmente de 1,7% de la terre palestinienne totale en 1920 à 6% en 1947. La situation économique pour la plus grande majorité des palestiniens s'est détériorée durant le mandat britannique. Plus que 90% des musulmans palestiniens étaient des fermiers dont les moyens de subsistance ont été décimés par l'exploitation Britannique. Ceci a été favorisé par les importations excessives et l'expropriation forcée des terres par les juifs. Politiquement, les sionistes avaient une représentation formelle dans le gouvernement mandataire et ils exerçaient une influence considérable sur le pouvoir à travers leur capacité d'influencer la politique Britannique par l'intermédiaire des sionistes à Londres. En effet, le mandat sur la Palestine confié à la Grande Bretagne en 1922 par la Société des Nations recommandait la création d'une agence juive afin de représenter le peuple juif vis-à-vis du gouvernement mandataire et de coopérer avec lui pour constituer un foyer national. L'OSM revêtit au début le statut d'une agence juive. En 1929, une agence plus importante fut créée pour établir la coopération entre l'OSM et les groupes juifs non-sionistes. Lors de la conférence fondatrice de Zurich en 1929, la moitié des délégués étaient des représentants de l'OSM et l'autre moitié représentait les organisations non-sionistes. Chaïm Weizmann, le président de l'OSM, fut élu premier président de la nouvelle Agence Juive. L'Agence Juive était considérée comme un instrument permettant au peuple juif tout entier de participer à l'édification de l’état sioniste. Elle espérait également que l'intégration d'organisations non-sionistes multiplierait les ressources financières à la disposition du mouvement sioniste. Ce ne fut pas le cas, en partie à cause de la crise économique mondiale de 1929. Le principe de l'égalité de représentation à la direction de l'Agence Juive fut lui aussi progressivement battu en brèche. Au bout de quelques années, l'exécutif de l'Agence Juive devint identique à celui de l'OSM. Dans la période précédant la création de l'État ennemi, l'Agence Juive fut un quasi-gouvernement qui s'occupait d'organiser l'immigration - y compris l'immigration clandestine - et d'intégrer les immigrants en Palestine. Elle créa l'Alyah des jeunes (Alyat hanoar), géra des départements du travail, du peuplement et de l'industrie, et fut un partenaire de premier plan dans l'établissement d'une force de défense du Yshouv et des localités de type " tour et palissade ". David Ben Gourion a occupé le poste de président de l'exécutif de l'Agence Juive de 1935 à 1948, tandis que Moshe Sharett (qui se nommait alors Shertok) dirigeait le département politique. Par ailleurs, les Britanniques, surtout durant la révolte arabe entre 1936 et 1939, ont armé les juifs pour former des groupes militaires alors qu'ils ont interdit aux palestiniens de porter des armes. Des attaques terroristes juives sur des bus palestiniens, des marchés et des lieux de culte ont commencé intensivement en 1937. Après la deuxième guerre mondiale, elles se sont élargies pour atteindre des cibles Britanniques comme l'hôtel King David. Les Palestiniens résistaient l'occupation britannique et sioniste, mais des milliers furent tués ou exécutés pendant le mandat. Hajj Amin al-Husayni, apparu comme le leader de la résistance palestinienne, a été forcé de s'exiler en 1937. Durant le mandat, les Palestiniens maintenaient leur refus de donner une seule terre palestinienne aux sionistes. L'extermination des juifs à l'époque d'Hitler pendant la deuxième guerre mondiale (1939-1945) a favorisé d'avantage la sympathie internationale envers la cause sioniste. Durant la deuxième guerre mondiale, le mouvement sioniste international déplace son siège de Londres aux Etats Unis qui apparut comme l'état militaire et économique le plus puissant dans le monde. Après la guerre, les attaques des terroristes sionistes s'accélèrent rendant l'occupation trop chère pour les Britanniques. Toutes les tentatives des Britanniques d'endiguer le terrorisme sioniste ont été critiquées par les Etats Unis qui n’ont pas cessé d’augmenter la pression sur les Britanniques pour répondre à toutes les demandes des sionistes notamment celles concernant l'immigration de 100.000 juifs européens. Face à ces pressions, les Britanniques ont déclaré en février 1947 qu'ils allaient passé la question palestinienne aux Nations Unies. En Août, l'UNSCOP (United Nations Special Committee on Palestine) appela à la fin du mandat britannique et à la création des procédures aboutissant à l'indépendance de Palestine. La majorité des membres de l'UNSCOP ont voté pour le partage de Palestine en deux états, palestinien et juif. Avant même que les Nations Unies votèrent, les Britanniques avaient déclaré que le retrait de Palestine serait le 15 mai, mettant fin au mandat unilatéralement. Le 29 novembre, suite à une pression américaine sur certains pays, les nations unies votèrent pour le partage de Palestine. En effet, la résolution 181 de l'Assemblée générale des Nations unies, votée le 29 novembre 1947, décide de partager la Palestine en un Etat juif, un Etat arabe et une zone "sous régime international particulier"; 14 000 kilomètres carrés, avec 558 000 juifs et 405 000 arabes pour l'Etat juif, 11 500 kilomètres carrés, avec 804 000 arabes et 10 000 juifs pour l'Etat arabe, 106 000 Arabes et 100 000 juifs pour la zone internationale qui comprend les Lieux saints, Jérusalem et Bethléem. Entre les deux Etats devait s'installer une union économique, monétaire et douanière. Cependant, le plan de partage est refusé par les Arabes et critiqué par les sionistes qui s'y rallient malgré tout. La protestation des Arabes et le malheur des palestiniens sont de peu de poids aux yeux de l'Europe face à l'Holocauste de la seconde guerre mondiale. De là, naît un malentendu : il est en effet impossible pour les Arabes de légitimer la réparation que les européens font aux juifs aux dépens des Palestiniens, pour des persécutions auxquelles les Arabes n'ont pas participé. Toutes ces décisions prises par des Européens, sans concertation avec les peuples arabes, sont encore tristement d'actualité et déchirent le paysage politique de la scène du Moyen-Orient. Le conflit entre les Palestiniens et les juifs sionistes fut intensifié après le vote; les troupes juives organisées au cours du mandat, ont entamé une guerre de terreur dans les villes et ont établi un contrôle militaire sur les régions que leur a été offertes par le plan de partage issu des Nations Unies. Les Palestiniens par manque d’armes et de coordination, ne pouvaient plus résister. En avril 1948, les ennemis sionistes lancèrent des offensives sanglantes contre les Palestiniens comme les massacres de Deir Yassine, le 9-10 avril, par les troupes de l'Irgoun. Le 14 mai, les sionistes ont pris le contrôle sur toutes les régions indiquées dans le plan du partage. Un jour avant le retrait officiel des Britanniques, les sionistes déclarent la naissance de l'Etat d'Israël. Quelques heures plus tard, les Etats-Unis reconnurent le nouvel état. Le 15 mai 1948, débute la première guerre israélo-arabe, après cinq mois de guerre judéo-palestinienne durant laquelle, des centaines de milliers de palestiniens ont été forcés de quitter leurs maisons. De 860.000 arabes qui vivaient dans la zone occupée de Palestine, 133.000 seulement ont pu rester. Du reste, 470.000 sont entrés dans des camps de réfugiés en CisJordanie, contrôlée par les Jordaniens, et dans la bande de Gaza, contrôlée par l'Egypte. Le reste a été dispersé entre Liban, Syrie, et Jordanie. Le 29 mai 1964 est marquée par la création de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). En 5 Juin 1967 les sionistes attaquent l'Egypte, la Syrie et la Jordanie. À la suite d'une guerre de six jours, les sionistes occupent Sinaï, Golan, la Cisjordanie, Gaza, et Jérusalem-Est. Dès l'été, leur colonisation commence. Dès les premiers jours qui suivent leur victoire de juin 1967, les sionistes entreprennent leur politique de la colonisation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est au nom de la "sécurité", de la défense de l'Etat juif et surtout dans un but d'expansion territoriale. Le 22 novembre de la même année, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 242. Adoptée six mois après la guerre des six jours, la résolution "exige l'instauration d'une paix juste et durable au Moyen-Orient", qui passe par "le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés pendant le récent conflit" et le "respect et reconnaissance de la souveraineté de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque Etat de la région, et leur droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l'abri de menaces et d'actes de force." La version anglaise est plus ambiguë parlant de retrait "from territories" ce que certains ont pu traduire par "de territoires", formule plus vague que "des territoires". Cette résolution, reprise dans toutes les négociations ultérieures, jette les bases de la paix au Proche-Orient : l'évacuation par les sionistes des territoires occupés et la reconnaissance par les Etats arabes du droit d'Israël à la paix dans des frontières sûres. |
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