LE DRUIDISME UNE SECTE?


Le moine Patricius questionne un druide



« Il n’y a pas d’autre dieu que Dieu, il n’y en a jamais eu d’autre et il n’y en aura jamais d’autre, éternellement ». (Confessions de Saint-Patrick)



Selon la définition de Larousse :

1. Une secte est un ensemble de personnes professant une même doctrine (philosophie, religieuse, etc.).
Dans ce cas, il y a dans le grand mouvement druidique, comme dans les autres mouvements philosophiques ou religieux, plusieurs sectes.

2. Groupement religieux, clos sur lui-même et créé en opposition à des idées et à des pratiques religieuses dominantes.
Vu de cette optique, toutes les religions exclusivistes, absolutistes (monothéismes révélés) à livre fermé qui repoussent tout ce qui leur est étranger, sont des sectes.

3. Clan constitué par des personnes ayant la même idéologie.
Dans ce cas, le druidisme, avec l’hindouisme, le bouddhisme et le zoroastrisme, forme un même clan!


Le druidisme est-il une nouvelle religion, une secte nouvel-âgiste ? - Non! - Le druidisme est la plus ancienne religion de l'Europe de l'ouest.

Il est comme une vieille souche aux racines toujours vivantes et qui portent plusieurs nouveaux drageons.

C'est une tradition vivante qui refuse de mourir. Le druidisme, héritage spirituel des Celtes, est de retour tel que l'on prophétisé les derniers druides pourchassés impitoyablement par la nouvelle religion étrangère du désert importée de Rome.

Le druidisme, un espoir pour demain…
Druuidiaxto ad boudin (Druidisme à la victoire)!
Ioi Senadedma!
OAM – AIM !

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Ariaxs Druuis Boutios (KGH)


CITATIONS :

Paganisme, druidisme versus néo-paganisme, néo-druidisme




Paganisme :

« Le terme peut prêter à confusion dans la mesure où il est devenu dans le langage courant très péjoratif : le païen serait celui qui vit dans l’erreur et le péché. Mener une vie de “païen” signifie vivre comme un paillard sans foi ni loi. Il me semble toutefois qu’on a pris conscience aujourd’hui que la stratégie du christianisme a toujours été de rejeter du côté du paganisme toutes les religions anciennes qu’il voulait combattre. Les musulmans eux-mêmes étaient perçus comme des païens. Par souci œcuménique, l’Église se montre aujourd’hui heureusement plus mesurée… En fait, le plus simple consiste à se référer à l’étymologie : le paganisme est avant tout la religion des “paysans”, c’est-à-dire des gens de la terre, ceux qui sont proches de la Nature. J’emploie d’ailleurs souvent l’expression “religions de la terre” au lieu de paganisme. » (Philip Carr-Gomm in La Force des Celtes, Éditions Michel Lafon)

« La christianisation de l’Europe fut longue, elle ne fut jamais complète. En effet, si les clergés et les États païens furent finalement anéantis, le paganisme ne disparut jamais de l’âme européenne et il s’est maintenu jusqu’à nos jours dans diverses manifestations de la culture populaire. » (Christian Bouchet, in B.A. – B.A. néo-paganisme, Pardès)



Néo-paganisme :

« Le néo-paganisme se différencie en un certain nombre de familles que l’on peut classer en deux catégories. La première regroupe les néo-paganismes se rattachant à une tradition culturelle : on y trouvera les néo-paganismes druidique, odiniste, égyptien, etc. La seconde rassemble les néo-paganismes qui se caractérisent par leur spécificité nationale : …néo-paganismes balte, italien, allemand, russe, etc. Cela, tout en ayant conscience que, comme en Italie ou en Allemagne, par exemple, les deux catégories peuvent coexister dans un même pays, et que l’on pourra donc y trouver côte à côte des odinistes, des wiccans, des druides et des partisans de la “voie italique” ou de la “foi allemande”.
(Christian Bouchet, in B.A. – B.A. néo-paganisme, Pardès)

« Attitude philosophique et/ou religieuse, généralement polythéiste et panthéiste, à l’antipode des religions révélés du Salut comme des dogmes monothéistes religieux ou laïcs, ou encore du matérialisme occidental. »
« Autrement dit, le paganisme vécu n’est pas déstructuré, ni lié de près ou de loin aux mœurs laxistes et anti-vitalistes de l’Occident actuel, comme voudraient le faire croire certains prélats d’aujourd’hui. »
« D’autre part, le paganisme n’est nullement superstitieux et platement ritualiste, alors que l’islam (la croyance qui lui est le plus opposée) l’est au plus haut point. »
« Il convient de noter que les sectes n’appartiennent nullement au paganisme et à sa philosophie, mais à des dérivés des religions mystiques monothéistes du Salut. »
(Guillaume Faye in Pourquoi nous combattons, L’Aencre)

« Le paganisme, en tant que vision du monde cohérente… »
« …est fidélité à la lignée, considérée comme dans le cadre d’une très longue mémoire, enracinement en des terroirs multiples et ouverture à l’invisible… »
« participation active du monde, équilibre recherché entre microcosme et macrocosme. Le Paganisme est la religion naturelle par essence, la religion de la nature et de ses cycles éternels, la plus ancienne du monde car “née” avec lui ; si tant est que notre monde soit jamais né. Loin d’être une marotte réservée à quelques farfelus, une élégante nostalgie pour quelques lettrés réfugiés dans quelque mythique âge d’or, j’ose affirmer que le paganisme est en passe de devenir la première des religions. »
« Sans tomber dans un moralisme étroit, le paganisme vécu me paraît incompatible avec tout qui rabaisse l’homme. Exaltation de la vie, de l’élan éternel, il doit déboucher sur le refus de tout ce qui asservit : les drogues, toute forme de dépendance, tout genre de vie malsain. » (Christopher Gérard in Parcours païen, Âge d’Homme)

« Le paganisme n’est pas antichrétien mais à la fois achrétien et post-chrétien. »
Être païen, c’est refuser cette inversion des valeurs que Nietsche dénonce dans le christianisme. C’est prendre pour modèle le héros et non le martyr. Le dolorisme chrétien m’a toujours révulsé. Célébrer la valeur rédemptrice de la souffrance me paraît relever tout simplement du masochisme. »
« Exalter le chétif, le souffreteux, le malingre me paraît malsain et je lui préfère l’idéal grec appelant l’athlète au dépassement permanent, ou encore le stoïcisme d’un Marc Aurèle. Mais le paganisme ne doit pas être confondu avec l’anticléricalisme ou l’athéisme. Un autre point important : une définition purement intellectuelle du paganisme… est insatisfaisante. Elle est certes nécessaire mais pas suffisante. »
Or le paganisme, pour exister, doit être vécu. Et cela passe par les gestes les plus simples de la vie. Le paganisme se définit d’abord en référence au sacré. »
« Le paganisme affirme l’immanence du sacré. »
(Pierre Vial in Une Terre, un peuple)



Druidisme

« …la notion même de druide, non pas simple philosophe ou mage initié à une certaine forme de sagesse, mais prêtre aux capacités nombreuses, aux pouvoirs étendus, au savoir universel, faisant partie d’une classe sacerdotale parfaitement définie et organisée comme celle des brahmanes de l’Inde. »

« Ce faisant, nous plaçons d’emblée le “druidisme bien au-dessus de la religion qui a généralement cours dans les manuels, celle-là même qui respire la fausseté la plus patente : un paganisme celtique consistant, d’une part en une sorte de religiosité naturiste à base de dieux solaires ou de mythes historicisés, et d’autre part en des pratiques magiques faisant l’amalgame de culte “pré-indo-européens” et de conceptions religieuses véhiculées par les peuples de l’Europe connus dans l’histoire. » (Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux in Les druides, Éditions Ouest-France université)



Néo-druidisme

« …la majeur partie du public est, à l’époque, incapable de faire la moindre distinction entre le “druidisme” qui disparaît lors du triomphe du christianisme à la fin de l’antiquité et le “néo-druidisme” qui apparaît au début du XVIIIe siècle. »
(Christian-J. Guyonvarc’h et Françoise Le Roux in La civilisation celtique, Payot)

« Le druidisme moderne fait partie du mouvement néo-païen – ou du nouveau paganisme – au même titre que d’autres religions contemporaines : wicca, chamanisme et odinisme. » (Miranda Green in The Druids)




LA CONNAISSANCE DRUE ou VÉDISME DRU : le druidisme tel qu'il est

par Boutios





Malgré le fait indéniable qu'il s'est éteint autour du VIe ou VIIe siècle et que sa renaissance au XVIIIe n'est venue que brouiller les pistes peut-on véritablement dire que nous connaissons le druidisme? Bien qu'il soit toujours possible de le retracer, en partie, par les sources classiques ou mythologiques irlandaises et galloises, il n'en demeure pas moins que son image à peine perceptible se discerne avec beaucoup de peine et de misère et ce, en raison de l'épais vernis " appliqué généreusement " par les copistes chrétiens qui cherchaient à discréditer les Druides. Il est tout de même possible, malgré tout, d'en dégager les grandes lignes et sa structure de base. Ceci grâce au fait que les grandes lignes par les trames mythologiques sont structurées sur les mêmes bases et prémisses que celles des traditions analogues, la védique entre autres. Le portrait que nous obtenons est fort différent de celui qui est venu se greffer à nos consciences depuis la fin de l'époque classique (c.-à-d. après 1660). Donc, l'image qui s'en dégage en est une de sorciers fantasmagoriques qui n'ont rien à faire avec le monde réel - des espèces de prototypes du Merlin en fait. C'est donc dire à quel point les Druides ont été fakirisés par les nouveaux convertis du christianisme triomphant. Bref, depuis 1717, date du renouveau druidique, le druidisme a été mêlé à toutes les sauces: aux Israélites des celtomanes maçonniques, aux Atlantes de Platon, aux sorcières du Moyen Âge à la sauce Gerald Gardner, aux extra-terrestres de Kalondan, et même aux Chamans de Sibérie revus et corrigés par John Matthews. Certains même vont jusqu'à critiquer le bien-fondé de l'exercice de l'étude comparée des traditions védiques et druidiques. Leur principal argument étant que la tradition celtique est originale et unique et qu'elle se passe très bien de ce genre de comparaisons. Cette optique néglige de voir la forêt derrière le tronc... voire d'ignorer le travail des Le Roux et Guyonvarc'h : ²De l'Irlande à l'Inde, de la Gaule à la Grèce en passant par Rome et la Germanie, c'est tout l'ensemble de thèmes et de schèmes mythiques, de structures sociales et théologiques qui se dégage. Il n'y a pas, à proprement parler, de fait religieux qui soit absolument unique d'un bout à l'autre du domaine , mais il y a assez d'identités et de ressemblances pour que l'on compare, non pas des détails mais des séries entières de faits homologues.² (Guyonvarc'h, Christian-J., Le Roux, Françoise. La civilisation celtique. Paris, Payot, 1995, p. 33)



Eléments essentiels de la pensée védique :

- La théologie du MONISME, les trois aspects de l'Absolu (Brahman, Paramàtmà, Bhagavàn) telle que soutenue par les tenants de l'Advaita-vedanta (Non-dualisme);

Il s'agit des trois aspects de la vérité absolue :

1. Brahman (l'Esprit, l'Impersonnel, le Tout-pénétrant, l'Être Suprême),
2. Paramàtmà (l'Âme Cosmique ou Super Âme, la forme à quatre bras du Visnu qui accompagne tout être vivant conditionné par les contingences de la Vie et de la Mort dans le monde matériel), et
3. Bhagavàn (le Possèdant, l'Opulent, la Vérité Absolue réalisée dans la Personne Suprême qui possède toutes les richesses, c. à d. Beauté, Force, Gloire, Richesse, Connaissance et Abandon/Renoncement).
- La théologie du PERSONNALISME aboutissant plus tard au dualisme pur (Suddha-dvaita), les trois visages de l'Être Suprême : Brahmà - Siva - Visnu. Les trois visages de Dieu sont Brahmà, le Créateur, Visnu, le Conservateur, et Siva, le Destructeur.

- les trois énergies de l'Absolu (Cit, Jiva, Màyà) :

1. Cit-shakti
, l'énergie spirituelle de la Vérité Absolue qui se manifeste dans le monde spirituel (Vaikuntha);
2. Jiva, l'Eternel, l'Âme ou Esprit Individuel, et
3. Màyà, Apparence, Illusion, l'énergie de l'Absolu qui échappe à compréhension de l'être vivant oublieux de sa véritable nature spirituelle;

- le concept du Karma :


1.
comprend les actions matérielles et les fruits du travail accompli en accord avec la loi rituellique (Dharma);
2. les réactions/conséquences matérielles au travail individuel et collectif;
3. la loi régissant le travail, les actions, et leurs réactions/conséquences.

- du Samsàra :

le cycle des retours répétitifs de la mort à la naissance dans le monde matériel, duquel le mortel peut se libérer grâce à la pratique d'une discipline spirituelle.

- des Gunas :

les trois fils entrelacés, qualités, fatalités ou modes de la nature, qui sont: Sattva, le mode de la bonté, Rajas, le mode de la passion, et Tamas, qui conditionne les âmes amnésiées par Màyà en les liant au joug de la matérialité.

- Parà prakrti et Aparà prakrti :

ce qui est prédominant, les énergies prédominantes du Suprême dans sa dualité.
1.Parà prakrti : les entités vivantes supérieures;
2. Aparà prakrti: de nature matérielle inférieure, les choses inertes, sans vie.


- Sruti et Smrti :

ce qui est entendu et souvenu ou convenu, les certitudes et les conventions.
1. Sruti: (littéralement = "entendu") concerne les Veda, les 4 textes canoniques : Rig, Sama, Yajur, et Atharva;
2. Smrti: (littéralement = "souvenu") concerne les textes supplémentaires aux Veda : Purànas, Upanishads, Mahàbhàrata et Bhagavad-gità.

- le Yoga :
un système de discipline spirituelle, une ascèse qui doit mener à la libération et à la connaissance de l'Absolu.

- Les quatre modes de vie: Dharma - Artha - Kàma - Moksa.

une société n'est pas considérée aryenne (civilisée) si elle ne suit pas les 4 modes de vie;
1. Dharma : devoir ou religion, 2 règles: Sva-dharma = l'occupation ou le travail d'une personne dans la vie; Sanàtana-dharma = la nature éternelle de l'âme, sa relation avec Dieu.
2. Artha : effort matériel qui vise à la constitution d'un patrimoine, d'un bien-être matériel;
3. Kàma : plaisir, jouissance, gratification des sens, le principe de l'amour.
4. Moksa : libération et dissolution finale.






Correspondances druidiques :

Monisme non-dualiste dans les trois aspects de l'Absolu:

1. Uxellimon, le Très Haut (Brahman)
2. Qendos/Pennos Andumni < Pen Annwn, Chef du Non-monde, le Monde des Ames (Paramàtmà)
3. Arimathes, le Bien Primordial (Bhagavàn);
Il s'agit bien d'un état absolu incluant un déisme qui se veut moniste et cosmique mais non-monothéiste.
La tradition irlandaise donne un Tat Mac Tabharn issu de Tabharn, l'océan primordial. On le traduit généralement comme "Père Fils-de-l'Océan", alors qu'il s'agirait plutôt d'un Tatis Tobarnios, "Père du Jugement", car Tabh est d'étymologie germanique plutôt que celtique. Ce qui le rapproche d'un Albiiorixs, "Roi de la Voûte Cosmique". Lero, "le Flot", est quant à lui semblable à Nàràyana, dieu des eaux primordiales, un autre aspect du Brahmà.

Personnalisme relativiste dans les visages de la trimurti divine :

1. Toutatis/Dagodeuos (Brahmà);
2. Esus/Aecuos (Visnu);
3. Taranis/Roudios Rouessos (Rudra/Siva).
Personnalisme relativiste qui exclut le monisme pur dans le sens que l'âme individuelle est de la même nature que l'Uxellimon mais qu'elle en diffère puisqu'elle est dotée d'une personnalité propre, donc semblable mais différente. Bref, une divinité cosmique et immanente qui s'extériorise en hypostases, uasssones en celtique. Le théonyme Uasso signifie "se tenant en dessous", dans le sens de "subordonné". Même idée qu'avec les Avatara du système védique. Mûrti, qui dans le védisme intègre les notions de "manifestation divine" et "d'aspect/facette", apparaît séparément dans le druidisme.
1. Ambiluceto traduit manifestation alors que Uostos > Uostatos > *Upostatos signifie "manifestation subordonnée". On le retrouve donc dans le théonyme gaulois sous sa forme évoluée (J. Monard).
2. Lunos exprime le sens d'aspect. Ainsi l'adjectif TRILUNos/-a/-on, signifie "au triple aspect", donc trimûrti (J. Monard).

Les trois énergies ou potentialités de l'Absolu :

1. Exsrados, bouillonnement, stimulation (Cit);
2. Eula, science, capacité (Jiva)
3. Delua, la forme, l'apparence (Màyà).

Ces mêmes potentialités sont à leur tour divinisées: Exsradicos < Easargh (le Stimulant), Deluatis < Dealbhàeth (la Forme) et Eulatis < Ealadha (la Capacité). Ces potentialités vont à leur tour engendrer les divinités majeures: Aecuos||Iuocatus < Eochu||Eochaid (Mitra), Ogambios < Ogmios < Ogma (Varuna) et Nodonos < Nodons < Nuadha ou Lugus < Lugh (Indra).

Le Karma

Le Karma a le sens de Trodma, poids, fardeau (que l'on porte) en celtique (J. Monard). Akarma: *Antrodma, "sans poids", libéré de toute contingences, du cycle des renaissances.

Le Samsàra

Samsàra peut se traduire par *Abredio, avec l'idée d'affranchissement. *Ancommen traduit l'idée d'oubli tel qu'on le retrouve en filigrane dans le concept général de Màyà. Ahimsa: ataraxie, "absence de désir" proposée comme l'une des conditions d'affranchissement de la Samsarà se traduirait alors par Anneisiau = non-besoin, absence de besoin (J. Monard).

Les Gunas

La philosophie des Gunas dans la tradition celtique nous est mieux connue puisqu' elle nous est parvenue sous forme manuscrite dans un poème d'Amairgen intitulé The Cauldron of Poesy par son traducteur P. L. Henry (Legal codex H.3.18, daté c. 1500 E.C. trad.: P.L. Henry. The Cauldron of Poesy. Studica Celtica # 14/15, 1979/1980, p. 114-128.). Guna:
1. Ganna, "fatalité", qui joue avec Ganno = "contenu";
2. Uotadio, "support";

Les 3 Guna: Triuotadiones, "les trois supports ou trigannai, "les trois fatalités".
1. Andios : "supérieur", grand, Lugus Oinodeuos, le Premier Dieu (Tamas : le mode de l'ignorance de l'inertie ou de la lourdeur, " ténèbres ");
2. Trendios : "élevé", au dessus, Ogmios Trenodeuos, le Dieu Champion (Rajas : le mode la passion ou de l'activité, la poussière, " lumière crépusculaire ");
3. Candios : "clair", quasi lumineux, Brannos Candodeuos, le Dieu lumineux (Sattva : le mode la bonté ou de lumière, " clarté du jour ");


Parà prakrti et Aparà prakrti

Dans la conception druidique, Parà prakrti (la vie, les êtres vivants) devient Couocanton, la plénitude, et Aparà prakrti (les choses inertes, sans vie), devient Couiocanton, la vacuité. Termes qui rejoignent le concept des Gunas dans l'idée des contenants avec le jeux de mots de Caneton = > Caneto = "intégralité" et Gandneto > Ganneto = "contenance" (J. Monard).


Sruti et Smrti

Sruti: malheureusement, il ne nous est rien parvenu qui peut se comparer aux Veda, et ce malgré le fait que les Druides devaient certainement professer quelque chose de semblable.
Que quelques fragments de l'*Areuidiia contenus dans le Livre de Ballymote sous une forme très schématisée.
Nous savons par la tradition védique que tous les peuples Aryens de la plus ancienne époque possédaient leur propre version des Veda.
Selon le Rig Veda, les cinq peuples des Aryas (Pancha Mànavas) avec les Dasyus comprenaient les Turvashas, Druhyus, Yadus, Purus, et Anus.
Les Puranas les décrivent comme les descendants du roi Aryen Yayati, qui descendait à son tour de la dynastie lunaire de Manu par le fils de Nashusha. Ces peuples sont d'ailleurs appelés Nahushas dans le Rig Veda.
À l'époque des Veda, on retrouve les Turvashas au sud-ouest, les Druhyus à l'ouest, les Yadus au sud sur l'Indus et plus à l'ouest dans le Gujarat, les Purus au centre sur les rives du fleuve Sarasvati et les Anus se retrouvent au nord. Anu, Druhyu et Puru étaient les fils de Yayati par Sharmishtha la fille Vrishaparvan, roi des Asura, alors que Turvasha et Yadu étaient les fils de Yayati par Devayani, la fille du sage Shukra de la lignée des Bhrigu. Les Asura, comparables aux Ases de la tradition germanique, étaient de race ancienne. Le sage Bhrigu était lui même fils de Manu, un des sept sages du septentrion et fondateur d'une ancienne lignée de sages. Drhyu, "le ferme" (même sens que le Celtique Druos||Druuos), joue avec Dhruva, alpha du Dragon, l'ancienne étoile polaire. Il devient clair que toutes ces races étaient originaires du nord, c. à d. du pourtour de la Mer d'Aral.
Puisque les Veda datent d'au moins 5000 ans, donc d'avant les grandes dispersions, il est invraisemblable que ces gens puissent ignorer les peuples parents.
Les Anus sont peut-être les mêmes que les Toutai Deuas Danunas "qui étaient dans les îles du nord du monde".
Les Druhyus sont peut-être les Cimmériens, peuple Proto-Celtique apparenté aux Tochariens.

Ces Tochariens, appelés Twyry par les Uighurs, seraient les Turvashas.
Il devient alors clair que les Purus sont les Aryens des plateaux de l'Iran et que les Yadus sont les Aryens de l'Indus.
Les trois Veda les plus importants, dits Trayi-Vidyà, étaient le Rig, Sàma, et Yajur Véda.
Connaissant la propension de ces Aryens pour les jeux de mots, il est fort possible que les Tri-Uidiiai devinrent les Dru-Uidiiai des Druuioi (Druhyus) abandonnant ainsi le titre de Beromen (Brahmane) pour celui de Dru-Uis (Druide). Selon le Shrimad Bhagavatan:
"le Véda fut divisé en quatre parties pour être disséminé par les hommes.
Paila Rishi devint le maître du Rig-véda, Jaimini maître du Sàma-véda, et Vaishampàyana celui du Yajur-véda, qui lui fit d'ailleurs sa gloire propre. Le sage Angirà, Sumantu Muni, à la dévotion fervente, se vit confier l'Arthava-véda".
La notion de quatre sages gardiens des textes sacrés se retrouve aussi dans la tradition irlandaise.
Ce sont, Arios ou *Uesciatis, Semios ou *Semiatis, Morios Uesos ou Marouesos, et Urios/Uros ou *Esdratis. Donc selon le schéma, Arios devint le maître de l'*Areuidiia (Areuidia = étude des symboles, Livre de Ballymote), semblable à l'Atharva-véda, qui contient chants et rites, Semios de la *Samiauidiia (Sàma-véda, étude des chants), Marouesos de la *Marauidiia (Rig-véda, hymnes) et Urios ou Uros devint maître de l'*Urauidiia ou *Urouidiia, (Yajur-véda, instructions pour exécuter les sacrifices).

Smrti:

le seul fragment qui subsiste de la théologie druidique est un passage du Còir Anmann, "Convenance des mots". Il s'agit d'un commentaire sur les trois Fothad, Aendia, Trendia et Caendia, version druidique des trois Gunas. D'autres textes qui se comparent aux hymnes védiques, les poèmes d'Amairgen en particulier, semblent avoir échappé à la censure chrétienne. Notons au passage que le Leabhar Gabhàla Erin, "Livre des Conquêtes d'Irlande", texte retouché par tous les censeurs, qui contient malgré tout des données théologiques qui se rapprochent de celles de la Bhagavad-gità.


Le Yoga :

Le Yoga est une des données de base du druidisme. Souvenons-nous des nombreuses représentations de divinités dans la position du tailleur, du Chaudron de Gundestrup à la statuette de Bouray du IIe s. E.V. Et n'oublions surtout pas les "momies gauloises" d'Acy-Romance dans les Ardennes, toutes retrouvées dans la position dite aussi du "bouddha", et qui ne peuvent être autre que des saints Druides vénérés. La langue celtique nous donne Iugon pour "joug" ou Yoga et l'épigraphie nous donne Iugodubnos/Iugodumnos pour "Agent du Joug", c'est à dire, "Yogin".

Les quatre modes de vie: Dharma - Artha - Kàma - Moksa Dharma:

Dharma: se dit collectivement *Derma, proto-celtique et < Dedma en Celtique, la religion, la loi rituelle, Adharma: *Andedma, "manière profane", en dehors de la religion;
Artha: se dit Uritu, a le sens de "profit", "gain";
Kàma: se dit Carantia, "amour", "amitié", "mariage", ou Auilla, "désir".
Moksa: qui se dit Dits < Dis en Celtique, a le sens de "dissolution", "destruction", *Diteios, "être accompli", libéré du monde des apparences, des cycles karmiques de vie et de mort.



Les 4 Âges:

Krita Yuga: Aes Nemeti, ou Aes Auri = l'Âge sacré ou Âge d'or;
Tretà Yuga: Aes Bolgi, ou Aes Uirioni ou Aes Arganti = l'Âge fulgurant ou Âge de Vérité, ou Âge d'Argent;
Dvàpara Yuga: Aes Danuos, Aes Assi = l'Âge du Don, ou Âge de bronze;
Kali Yuga: Aes Miletonens ou Aes Rocritii, ou Aes Isarni = l'Âge de l'agitation ou Âge du fer.




Tableau des correspondances théonymiques


Tripartition:

Lugus < Lugh/Manannàn (Indra),
Brannos/Toutatis|Dagda (Mitra), et Ogmios < Ogma (Varuna).

Trilunon (Trimurti): Brannos/Cernunnos (Brâhma/Prajapati), le Toutatis|Dagda en tant que Créateur, Esus|Eochu/Eochaid (Vishnu), le Conservateur, et
*Toueranos < Taranis|Ruadh Rofessa (Rudra/ Siva), le Destructeur.


Les 4 Poètes :

"Le Seigneur apparut d'abord au début de la création sous la forme des quatre Kumàras, Fils de Brahmà. Soumis à un voeu de strict célibat, ils entreprirent de sévères austérités pour réaliser la Vérité Absolue (Srimad Bhàgavatam 1.3.6.)."
4 Kumara:
Sanaka, l'Ancien; Sananda, le Joyeux; Sanàtana, l'Eternel; et Sanatkumàra, l'Eternellement Jeune.

4 Maîtres Druides:
Semios ou *Semiatis, "le Subtile", le *Moriassos;
Uesos Morios ou Marouesos, "le Grand-Connaissant", le *Ualiassos;
Uros/Urios ou Esdrios *Esdratis, "Qui a le Moyen", le *Goriassos;
et Arios Uescios, *Uesciatis, "l'Aqueux, le Vêtu", le *Uindiassos.



Les 7 Sages :

Saptarishis : 7 Rishis ou Prajàpatis, qui sont les sept expansions mentales de Brahmà) : Gautama/Marici, Bharadvàja/Angiras, Visvàmitra/Pulaha, Jamadagni/Kratu, Vasistha/Pulastya, Kasyapa/Bhrgu, Atri/Daksa;

Sextendiriones :
les sept étoiles du Septentrion, de la Grande Ourse :
Fius > Uesos, "Connaissance",
Fochmarc > Uocomarcos, "Recherche",
Eolas > Sulacsus, "Sagesse",
Feren > Ueristis, "la Ceinture", ou Uirionos, "Vérité",
Fors > Ueros, "Vrai",
Annind > Andiatis, "Supérieur",
Fintan > Uindosenos, "Blanc l'Ancien".

Les sept Manu :

ou Manava sont les fils de Manu (Manu Svàyambhûva, fils de Satarupa et Svayambhû, le Prajàpati autocrée) et les ancêtres primordiaux des peuples Aryens : Manu Revanta, "le Lumineux", Manu Svàrocisa, "l'autolumineux", Manu Autami, "le plus haut", Manu Tàmasa, "de la noirceur", Manu Raivata, "le riche", Manu Càksusa, "perceptible à l'oeil", Manu Sàvarni, "du même type" ou "le ressemblant" ou Manu Vivasvant, "le soleil brillant".

Les 7 Manioi :
ou Maniate sont les fils de Belios Manogenos ou d'Ambactos ou d'Alpillis (Roi Soleil) ou de Celtos Manos, et de Celta Bena ou Riganissa Medua (Reine Lune). En plus des 7 Manioi, ils ont aussi une fille, Uindasoibra > Findbhair, "le blanc fantôme" si ce n'est les trois Etanai, ou Etaine, la poésie :

Matramalis Manios > Maine Mathramail, "qui ressemble à sa mère",
Atramalis Manios > Maine Athramail, "qui ressemble à son père",
Mogocuros Manios > Maine Mògor, "le fort serviable",
Manios Minocuros > Maine Mingor, "le doucement serviable",
Mou Epirtos Manios > Maine Mo Epirt, "mon indescriptible",
Melissogutacos Manios > ou Maine Milscothach, "langue de miel",
Andouios Manios > Maine Andoe, "le rapide" et
Manios Ollogabion > Maine Gaib Uile, "de toutes les descriptions".




BIBLIOGRAPHIE

A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupàda. Srimad Bhagavatam, Premier chant. Paris, Éditions Bhaktivedanta, 1978.

Berresford Ellis, Peter. A Dictionary of Irish Mythology, Oxford, Oxford University Press, 1991.

Doniger, Wendy. The Laws of Manu. London, Penguin Classics, 1991.

Guyonvarc'h, Christian-J. et Le Roux, Françoise. La société celtique. Rennes, Éditions Ouest-France université, 1991.

Frawley, David. The Myth of the Aryan Invasion of India. New Delhi, Voice of India, 1994.


Irish Texts Society.

1. The Cauldron of Poesy. Legal Codex H.3.1.8,
2. Book of Ballymote (c. 1391). Dublin, Library of the Royal Irish Academy.

Momies gauloises. La Recherche, 314, Novembre 1998.

Satsvarûpa dàsa Goswami. Readings in Vedic Literature, The Tradition Speaks for Itself. Los Angeles, CA, 1990.

Remerciements à Joseph Monard et à David Frawley.