HISTOIRE DE LA KREDENN GELTIEK


La Kredenn Geltiek, fondée en 1936 en rupture idéologique avec la Goursez bretonne (Breudeuriezh Drouized, Barzhed hag Ovizion Breizh ou Fraternité des Druides, Bardes et Ovates de Bretagne, dite aussi Gorsedd de Bretagne), est officiellement la plus ancienne association néo-druidique franchement païenne au monde. 1936, année où, Raphaël Tullou, Francis Bayer du Kern, Guillaume Berthou-Kerverziou, Morvan Marchal et Jean Piette, s'étaient rencontrés à la légendaire fontaine de Barenton dans la forêt enchantée de Brocéliande pour réveillé le Merlin endormi en fondant la Fraternité des Hommes du Chêne qui deviendra par la suite la Kredenn Geltiek. C'est avec le manifeste de la Breuriez Spered Adnevezi ou Fraternité de l'Esprit du Renouveau que la Kredenn Geltiek se démarquera de la Goursez bretonne.

La Kredenn Geltiek, contrairement à la Goursez, ne pouvait concevoir aucune liaison, aucun accord possible entre elle et l'Église catholique. L'église, qui figée dans sa croyance en un Dieu-homme inexplicable rédempteur d'une faute toute aussi inexplicable, ne pouvait que retenir la Goursez dans son affirmation vers un néo-druidisme paganisant. Les "Hommes du Chêne" ne pouvaient concevoir aucune commune mesure entre le christianisme romain tout farci de définitions abstruses, d'affirmations incontrôlées, de miracles puérils, et leur vision d'un néo-druidisme païen où nul ne s'oppose à la raison, où se réconcilient, en ce qu'ils ont de plus élevé, le sentiment religieux et le nécessaire rationalisme. Être catholique en Bretagne était pour eux, en reprenant le discours antipaïen de l'Église, bien plus qu'une paresse, mais une régression. Depuis cette réunion, la prison de cristal dans laquelle avait été emprisonné Merlin, le dernier druide païen, fut brisé définitivement.

Bien plus qu'une simple confrérie, la Kredenn Geltiek sera un véritable sas de réflexion avec sa revue, Kad, le Combat, et Nemeton, le Sanctuaire, de Morvan Marchal (Druide Artonovios), fondateur du Journal Breiz Atao en 1919.

Morvan Marchal (Artonouios)



Berthou-Kerverzhiou (Druide Vissurix), qui fondera le groupe de recherche et la revue Ogam, travaillera aussi à l'élaboration de rites et de rituels strictement païens. Malgré son nombre d'adhérants réduit, ceci fera de la Kredenn Geltiek le groupe le plus structuré et le plus avancé sur le plan de la réflexion métaphysique et des rites.