Qarios Ueletiaxtonos

(CHAUDRON DE LA SCIENCE VATIQUE[1])




Le chaudron de la vaticination, et les trois chaudrons des dons vatiques


Voici le chant du Chaudron de la Science Vatique tel que chanté par
Amarogenos[2] dans les fondements de l'Âge de Mileto[3], transmis jusqu'à
Adsenos[4] et retransmis à son fils Nedios[5].

Il y a trois chaudrons vatiques en chaque personne, à savoir : le chaudron
de la Virtualité (Parios Goriati[6]), le chaudron de la l'Acquisition
(Parios Aremedsuos[7]) et le chaudron de la Sagesse (Parios Suuidiias[8]).


Mon véritable chaudron est le chaudron du Virtuel, ou chaudron d'échauffement.

Il a été enlevé par les dieux par les mystères de l'abîme élémentale décision juste qui ennobli la personne par son centre duquel resurgi un flot terrible de paroles de la bouche.

Je suis Amarogenos aux genoux blancs.
Clair d'apparence, chenu,
m'échauffant dans les formes vatiques
en couleurs diverses.

Les dieux n'accordent pas la même portion à tous :
penché sur le côté, reversé, à l'en droit;
anuidiia[9], sans connaissance,
santerauidiia[10], demi-connaissance,
lanâuidiia, toute connaissance :
pour Iberos[11] et Donnos[12],
la création d'un vatisme terrifiant,
vaste, puissant, puisant
dans la fatalité de la mort
dans la voix active,
dans le silence passif
entre l'équilibre neutre,
dans la bonne mesure de la rime,
qui en ce sens relate de la voie
et de la fonction de mon chaudron.

Je chante le chaudron de Sagesse
qui donne mérite à chaque art,
par lequel les biens grandissent,
qui augmente le trésor
qui agrandit le commun des artisans,
qui développe la personne par ses dons.

Où est la racine du vatisme dans la personne; dans le corps ou dans l'âme?

Certains disent qu'elle est dans l'âme, puisque le corps n'est rien sans l'âme.
D'autres disent qu'elle est dans le corps où les arts sont appris,
Passés ainsi par les corps de nos ancêtres.
Il est dit que ceci est ce qui réside au dessus de la racine du vatisme;
Et que la bonne connaissance venant des ancêtres de la personne ne vient pas en tous,
mais d'une personne à l'autre.

Alors, qu'est-ce que la racine du vatisme et toute autre sagesse?
Ce n'est pas difficile :
trois chaudrons sont nés en chaque personne,
par exemple, le chaudron de la Virtualité,
le chaudron de l'Acquisition et le chaudron de la Sagesse.

Le chaudron de la Virtualité vient à l'endroit dans la personne depuis le commencement.
Il distribue la sagesse aux personnes dans leur jeunesse.

Quant au chaudron de l'Acquisition, après avoir tourné grandit.
C'est-à-dire, qu'il est né en la personne penché sur le côté.

Le chaudron de la Sagesse est né sur le rebord à l'envers
et confère la sagesse dans tous les arts en plus de l'inspiration.

Donc, le chaudron de l'Acquisition, dans toutes les autres personnes est sur son rebord,
par exemple, chez les gens ignorants (c'est-à-dire, qu'ils ignorent le mode de sagesse).
Il est renversé sur le dos dans les "grands flots" (poésie de haut niveau) de grande sagesse et de vatisme.
À cause de ceci pas toutes les personnes de niveau moyen l'on sur le dos parce que le chaudron de l'Acquisition doit être tourné par la tristesse ou la joie.

Question : Combien de catégories de tristesse tournent les chaudrons des sages ?
Ce n'est pas difficile; quatre.
Le Désir, le Chagrin, les tristesses de la jalousie ou d'émulation,
et la discipline du retrait dans les lieux sacrés.
C'est intérieurement qu'ils viennent malgré que la cause est externe.

Il y a deux catégories qui tournent le Chaudron de la Sagesse,
par exemple, la joie divine et la joie humaine.

Dans la joie humaine il y a quatre catégories chez les plus sages. L'intimité sexuelle;
la joie d'une santé non troublée par l'abondance stimulée au moment où une personne s'engage en druidisme;
la joie du iugon[13], le principe liant du joug de la sagesse après une bonne préparation vatique; et,
la joie de l'assemblage de la frénésie vatique, de potasser les douces
noisettes des neufs coudriers de la fontaine de Sagilios[14] (Générosité)
dans le lieu de Sedos[15] (Tranquillité).
Ils se précipitent en grand nombre comme sur la toison d'un bélier sur les rives de la Bouenda[16],
allant contre courant plus rapides que les coursiers conduits au mois de Giamonios[17] au jour magnifique qui tombe tous les sept ans.


Les dieux touchent une personne par les joies divines (sacrées) et humaines (profanes) afin qu'ils puissent dicter des vers prophétiques et dispenser la sagesse et faire des prodiges,
de même que prononcer des jugements sages et accorder des préséances et sagesse en réponse aux attentes de tous.
Mais, la source de ces joies, des dieux, est en dehors de la personne malgré que la cause réelle de la joie est intérieure.

Je chante le chaudron de l'Acquisition
je comprends la grâce,
accumulant la connaissance
prodiguant l'inspiration poétique
comme le lait d'un sein,
qui est la marée montante du savoir
l'union des sages
un cours de souveraineté
la gloire des gens inférieurs
maîtrise des sons, des mots
compréhension rapide
satire rougissante
artisan d'histoires
chérissant élèves
s'occupant des principes liants
(du Iugon)
distinguant la complexité des sons,
du langage, modulés en musique
promulgation de bonne sagesse
enrichissant la noblesse
anoblissant les non nobles
exaltant les noms
relatant les louanges
par le travail de la loi
comparant les rangs
pure mesure de noblesse
avec les belles paroles des sages,

la noble boisson dans laquelle est bouillie
la véritable racine de toute science
qui confère après effort
qui est élevé après assiduité
avec extase poétique est mis en branle
actionné par la joie
révélé par la tristesse ;
qui est pouvoir durable
protection non diminuée
Je chante le chaudron de l'Acquisition

Quelle est cette Acquisition ?
Ce n'est pas difficile ;
un souffle artistique
ou après souffle
ou cheminement artistique,
par exemple, il confère une bonne sagesse
et noblesse et honneur après souffle.

Le chaudron de l'Acquisition
confère, est conféré
s'étend, est étendu
nourrit, est nourri
agrandit, est agrandi
invoque, est invoqué
chante, est chanté
conserve, est conservé
arrange, est arrangé
soutient, est soutenu

Bon est le puits de la mesure
bon est la demeure de la parole
bon est le confluent du pouvoir
qui donne la force.

Il est le plus grand des domaines
il est le meilleur des héritages,
il conduit à la connaissance
menant loin de l'ignorance

Je suis Amarogenos Uindoglunios[18]




traduit et adapté de l'Anglais par Boutios


_________________________________________

NOTES:

1. LES CHAUDRONS DE LA SCIENCE VATIQUE :
Qarioi Ueletiaxtonos, les chaudrons du Vatisme, les trois contenants (la somme des énergies prâniques). Qarios (gdl) || Parios (brt), n. m. chaudron. Les autres noms pour le chaudron élémental sont : Qarios Andumonos, Chaudron du Non-monde, l'opposé du chaudron du Dagodeuos, du quel tous quittent repus ou Qarios Dagodeui, Chaudron du Dagodeuos, le chaudron de la Plénitude, le donneur de vie.

2. Amarogenos > Amairgen / Amergen / Amorgen = "Né de la Tristesse ; amaro, la tritesse avec la joie est une des deux émotions qui activent l'énergie prânique.

3. l'Âge de Mileto < Aiuestu Miletonion = "Âge du Ravage; le dernier des quatre âges, l'âge de destruction ou âge de Fer.

4. Adsenos > Adsna > Adna = "Avec Âge".

5. Nedios > Nedé = "de la dépendance", relatif à la dépendance d'un domaine.

6. Qarios Goriatos, Chaudron de la Virtualité, ou de l'Echauffement, aussi Qarios Ermaissiu (Échauffement). 7. Qarios Aremedsuos, Chaudron de l'Acquisition, du Jugement, le deuxième des trois chaudrons de la science vatique (contenant de l'énergie prânique).

8. Qarios Suuidiias, Chaudron de la Connaissance, le troisième et plus élevé des trois chaudrons.

9. anuidiia, sans connaissance ou non-connaissance comparable au guna védique d'avidya, le mode de l'ignorance. C'est le contraire de Uidiia, "Connaissance", "Science".

10. santerauidiia, demi-connaissance ou entre-connaissance, la voie de l'éveil.

11. lanâuidiia, toute connaissance ou pleine connaissance. Lana, qui a le sens de "plein", "complet", "parfait", se retrouve aussi dans Lanacto / Lànaxto, "accomplissement", "plénitude", "complétion". Lanàuidiia est l'appanage des êtres parfaits, acomplis, donc des grands sages.

12. Iberos > Eber, Eber Finn = "L'Ibère" // Iuerios = "Le Vif", "Le Frais", "Le Leste"; un des fils de Mileto (Le Ravage) qui incarne un des quatres âges druidiques, les dernier, l'âge du ravage, du chaos. Roi du royaume du Sud, il refusa le jugement d'Amarogenos qui voulait qu'Ariomanos (Eremon) hérite de la royauté du monde.

13. Donnos > Donn = "Le Brun", "Le Sombre" est un des autres noms de Belios, "qui Brille", "l'Homme primordial immortel" et dieu de la Vie et de la Mort. Le royaume des morts de Donnos est situé au sud-ouest du monde. Il est le fils aîné de Mileto.

14. Iugon, le principe liant du joug de la sagesse après une bonne préparation vatique; l'équivalent celtique du Yoga védique.

15. Sagilios > Segais = "Générosité", source merveilleuse à l'origine de la Boyne / Boin.

16. Sedos > Sidos // Sodios > Sid > Sidh = "lieu de Tranquillité", "de Calme", "Résidence"; un des noms de l'Autre Monde, monde parallèle équivalent au Loka védique.

17. Bouenda > Boand / Boann > Boyne = "La Vache Ultime", fleuve d'Irlande et un des noms de la Triple Déesse Souveraine.

18. Amarogenos Uindoglunios > Amairgen Glunel = "Amairgen (Fils de la Tristesse) au Genou Blanc"; en référence à la position (du tailleur, de méditation) qui le caractérise.





COMMENTAIRE

TRIES QARIOI/PARIOI UELETIAXTONOS


Les trois chaudrons du vatisme :

Ces contenants de l'énergie prânique se disent Qarioi (gdl) ou Parioi (brt) Ueletiatonos ou Auentias, ce qui veut dire : chaudrons du travail vatique, ou prophétique et qui sont en relation avec les trois centres qui animent les constituants physiques, psychiques et spirituels de l'être.
Cette philosophie yogique attribuée à Amarogenos fort bien expliquée et détaillée ne semble pas avoir souffert de la terrible censure chrétienne.

Détail important : on retrouve dans les Upanishads (Brhadàranyaka Upanisad, Le souffle central, 2, vs. 1 - 4.) une version en tous points identique à celle d'Amarogenos. Ce qui prouve que la tradition celtique partageait avec la védique un enseignement presque identique.


Extrait du Grand Upanishad d'Àranyaka :

"Un homme qui connaît le principe de jeunesse avec son emplacement et son contre-emplacement, son poteau et sa corde, va sûrement retenir les sept opposants adversaires. Il est compris que le "principe de jeunesse" soit le souffle central de la personne.
Ceci est son emplacement ; ceci est sa contrepartie ; son poteau est le souffle ; et sa corde, son combustible.
Ces sept adversaires qui ne décroissent pas en nombre sont à côté du principe de jeunesse.
Rudra s'attache à lui par la voie des petits vaisseaux rouges du le blanc de l'œil ;
la pluie par l'entremise des larmes des yeux ; le soleil, par l'entremise de la pupille;
le feu, par l'iris ; Indra par le biais du blanc de l'œil ; la terre par le biais des sils inférieurs ; et le ciel, par le biais des sils supérieurs.
Quand un homme sait cela, sa subsistance ne décroîtra jamais.
À cause de cela il y a ce verset :

Il existe une coupe tournée à l'envers ;
Son rebords est tourné vers le bas,
Son fond est tourné vers le haut.
Dedans est placée l'éblouissante splendeur ;
Sur son rebord sont assis les sept sages (du septentrion),
De même qu'un huitième : c'est-à-dire la parole jointe au brahman (le Aum).

Il y a un bol tourné à l'envers, son rebord retourné, son fond en l'air ; La tête dans ce cas est le bol tourné à l'envers avec son rebord en bas et son fond en haut.
Dedans est placé "l'éblouissante splendeur" ; c'est-à-dire les fonctions vitales, la prâna ;
Cette affirmation se réfère donc aux fonctions vitales.
Sur son bord sont assis les sept sages ;
c'est-à-dire les fonctions vitales, Cette affirmation se réfère donc aux fonctions vitales.
Avec en plus un huitième ; la parole jointe au brahman ;
Le huitième est la parole, et elle se joint au brahman".

L'idée de joindre, ici, est associée au concept du yoga (joug) au sens de lier magiquement. Sans ce texte tiré de la tradition védique, il serait difficile de comprendre toutes les insinuations du poème des trois chaudron d'Amarogenos.

Ainsi, selon la version druidique d'Amarogenos, les centres (chaudrons) sont soufflés par le principe d'Auentia (divine inspiration).
l'Auentia est conférée aux êtres en trois catégories ou modes :
Anuidiia (ignorance, non connaissance), Santerauidiia (demi-connaissance), et Lânauidiia (pleine connaissance).
Ce système fonctionne par l'activité des forces circulant du plein au vide qualifiés de :

Couocanton (Plénitude) et de Couiocanton (Vide).

Les chaudrons sont des contenants appelés Gannona (sg.: Gannon < Gandnon), un jeu de mots avec Ganna (Fatalité) et Ganno = "contenant". Ce sont les récipients de l'énergie vitale (prânique) qui servent à maintenir l'équilibre des forces de santé. Par la pratique du yoga (iugonaxtô) et de la méditation (ambirateia), ces contenants énergétiques se vident et se remplissent par l'action du souffle du Iugodubnos||Iugodumnos, c'est-à-dire du yogin. L'énergie vitale circule d'un centre ou chakra (Pacris) le long de la colonne vertébrale.
L'objectif étant d'équilibrer les humeurs colorés par les deux principales émotions qui sont :
Amaro ou Brugnos (tristesse), un jeu de mots avec Bruuinos,(énergies), Bruuica, (énergie prânique), et Brunnia (sein), ou encore, Lauenia (joie).





Un petit mot sur le Yoga druidique

Des nombreux textes conservés par les moines médiévaux, plusieurs décrivent des pratiques en tous points semblables au yoga. Ces histoires n'étaient déjà plus comprises à l'époque chrétienne car on avait oublié la clef pour les interpréter. Cette clef, c'est la science des sons traduisibles seulement par le biais de la langue celtique ancienne. Nous avons deux termes pour désigner le yoga (joug), le premier, Uedon = "joug", qui a le sens de mener, amener, emmener, commencer, initier, conduire, savoir, raconter, tous ces mots connotés par le simple verbe Uedô, et le deuxième, Iugon, est identique au jûgum latin et au yoga sanskrit. Le Uedos, le sachant, c'est le "sage". Uedons, du Proto-Celtique Ueidons qui veut dire "seigneur", "superviseur", est aussi le nom d'un dieu gaulois. Bref, le Uedons est à la fois un sage et un seigneur. C'est lui qui initie et qui conduit à la connaissance.
Nous pouvons déduire, selon les sources épigraphiques, que l'équivalent celtique du yogi était le Iugodubnos ou Iugodumnos, c'est-à-dire "l'agent du joug".
Le Dieu yogi des Celtes par excellence était incontestablement Ogmios, c'est-à-dire Ueranos, (d'en haut) l'équivalent du Varuna Aryen et de l'Ouranos Hélène. Ogmios, "Champion Magique", "au lien magique", en tant que Mars, incarne la guerre et la violence, la magie tantrique et yogique, enfin tout ce qui est sombre, déréglé, chaotique et sinistre. La puissance du Dieu Suprême, To-Ueranos provient de sa compagne la Déesse Brigindo. L'énergie prânique, qualifiée de Brigo, "force", "position de force", "valeur", "vertu", "principe actif", "essence", "hauteur", "vitalité", "mérite", "prestige", est sous l'égide de la Déesse Brigindo, "Sublimité" ou Brigantia, "Noblesse", Brixtia, "l'Ensorcelante". Passons ses autres noms, trop nombreux pour les nommer, mais pour résumer en voici quelques-uns : Cana, l'Accomplissement", Dexsiua, "la Droite Loyale", Marriga, la "Grande Reine", la "Reine des Cailloux (glandes / chacras)", et Matrona, la "Matrone", "Rivière Sacrée", et Medua, "l'Ivresse".
La Déesse incarne tout ce qui est d'ordre matériel (Terre) et psychologique (eau), de la forme, Delua, et de la pensée, Mana ou Ménmania. En fait, Ménmania, joue le même rôle que la Çakti indienne dont l'équivalent celtique est Cacto, "Puissance" ; l'équivalente de la Maya indienne étant chez les Celtes Maia / Maiia (= "Grandeur").

Les trois principes (Canes) de la pensée régis par la Déesse sont :

MÉNMANIA (Mental)

BUDA (Buddhi), libre décision, libre consentement, bonne entente, harmonie.
OINANTIO (Ahamkara), l'individualité, identité particulière.
MANA (Manas), la pensée.


Il va sans dire que la langue celtique est aussi très riche en termes relatifs à la méditation qui se dit Ambirateia. Brito c'est la réflexion, la pensée, et Totuiceto, le bon sens, la sagesse. La magie était comprise non pas dans le sens de prestidigitation, mais dans le sens d'un pouvoir obtenu par une ascèse, un savoir cosmique comme celui des mages persans, dans ce sens alors, elle se disait Brictia / Brixtia ou Bricta / Bricto. La magie est donc elle aussi le produit de l'énergie vitale appelée Brigo. Un autre de ses effets est la chaleur qualifiée Tepsco ou Tepstu en celtique et Tapas en Sanscrit. Tous ces termes dérivent d'une même racine indo-européenne tap-, "chaleur". La chaleur, Aedos, produite par le Dieu du feu Aedis, dieu du sacrifice par excellence, est à son tour déifiée en Boruo, le Dieu du bouillonnement. Ce dieu portait aussi le qualificatif de Boeruoboendos, le "Durable en bouillonnements". Bref, le concept de chaleur rendu par une pléiade de mots tels que Aedos, Gortu, Goro, Tepstu, Urissu etc., est fondamental dans la pensée druidique du iugon dont l'idée principale est de canaliser ce rayonnement énergétique. Le moteur de cette libération étant Aedon, le zèle, la ferveur. Le feu intérieur, Aedis, celui que "le dieu met dans la tête" (voir : Chant d'Amarogenos), rime avec Aedu, Bélier, chevreau (Avril), et Aedus, le soleil du matin.

L'Aedonios (Aedonia au fém.), c'est le fervent, l'ardent, l'allumé, c'est-à-dire le (ou la) Iugodubnos (Iugodumna) accompli. Evidemment, avec l'incroyable exagération poétique des bardes, cette chaleur décrite dans les poèmes épiques décrivent comment les héros celtes usaient de celle-ci. Cuchulainn (Cuculantios), entre autres, pouvait littéralement changer d'apparence et accomplir des gestes incroyables. Cette habilité lui valut le surnom gaélique de "Riastarta", c'est-à-dire contorsionniste. Or, justement, le iugodubnos, le yogin, c'est le Rixtustrctos (Rixtustrcta), de Rixtutrctu, "contorsion". Rixtutrctuiaxto étant l'art des gymnastiques extrêmes, l'art des positions yogiques.

Donc, le Dieu du Yoga c'est *Ogambios > Ogmios, bien plus qu'un Herakles celte, c'est l'Ouranos en personne. Comme le Shiva indien, c'est dans sa fonction "varunienne" de lieur magique qu'il se démarque dans le panthéon divin.

Voici ses trois visages :

1. Ogmios > Ogme = le lieur, le champion magique ou Labratios = Maître de la parole, du discours, de l'éloquence ; l'Ogmonatir (> Athair Ogaim), le "Père des Ogams", donc, Maître des ogams, des signes, des sons mantriques. En tant que père du yoga, des sons, des signes magiques et des arts martiaux, il est aussi le Trenouiros (> Trenfer), l'Homme fort, donc Hercules.

2. Elcomaros > Ealcmar = le Grand Envieux, jeu de mots : Alcis || Elcos = "Élan, Cerf majeur" ; donc le nom ancien était : Ulcomaros = le "Grand Méchant", le "Grand Loup", le "Magicien", le "Tantriste", le "Psychopompe", le "Meneur d'âmes".

3. Celtocaros > Celtchar = "Noble Ami / "Ami élevé" ; la noblesse d'âme, l'amitié, la gentillesse. Si ce n'est : Uindosenos / Uindonos / Uindios > Fintan / Fenius = "le Splendide, Blanc, père (l'Ancien)" ou le "Splendide" ; le bonheur et la félicité.



Publié in Ialon - Clairière no 15, 2002.
_______________________
Sources :

Dictionnaire celtique/français, Monard, Joseph, Keltia Publications.
The Cauldron of Poesy, Breatnach, Liam Ériu #32, 1981, (pp. 45-93).
The Cauldron of Poesy, Henry, P.L., Studia Celtica #14/15, 1979/1980, (pp. 114-128).