[PARTIE I]

LE CALENDRIER DES DRUIDES

le comprendre et l'utiliser

par druuis-stiridironios Auetos

 




LE SYSTEME CALENDAIRE

  • Fonctionnement
  • Les deux semestres et l'année
  • Le début des mois
  • Durée du mois " equos " dans le lustre
  • Comput



  • L'ERE DE RATTACHEMENT

    NOTATIONS

  • Noms et identifications des mois
  • Notations mensuelles
  • Notations quotidiennes de base
  • Notations quotidiennes autres
    Mots rares ou uniques

  • Mots rares
  • Mots uniques
    1) répétés chaque année au même jour
    2) figurant une seule fois
    3) se trouvant exclusivement dans les mois intercalaires


    Les signes triples



  • Les échanges
  • Les rétrogradations
  • Les prêts aux intercalaires


  • CARACTERE DU CALENDRIER



  • Fac-similés du texte. Echelle : 1/1








  • LE SYSTEME CALENDAIRE


    Fonctionnement :

    L'année celtique est partagée en deux moitiés opposés et complémentaires, alternativement sombre et clair, de part et d'autre d'un axe samon- / giamon- : la première comporte deux mois " d'hiver " proprement dit, puis deux mois de " frimas " et deux mois de " printemps " ; la seconde lie " été " et " automne ".

    Les douze mois sont lunaires et débutent au premier quartier de lune réalisé. Chaque mois est composé de deux quinzaines inversées : l'une dominée en son milieu par la pleine lune, l'autre par la nouvelle lune. Un système complexe d'échanges entre les jours à l'intérieur de chaque semestre montre que ceux-ci fonctionnent différemment : l'hiver en trois paires de mois (3 x 2), l'été en deux triades (2 x 3).

    Pour maintenir la concordance exacte avec la lune, on alterne des mois de 30 jours qualifiés matus " bon, complet, intègre ", avec des mois de 29 jours, considérés comme anmatus " non bon, incomplet ".

    D'autre part, pour rétablir l'accord avec la course du soleil et éviter le glissement des saisons, on rajoute tous les 30 mois, c'est-à-dire tous les cinq semestres, alternativement devant un semestre hivernal puis devant un semestre estival, un mois supplémentaire de 30 jours, dont chaque jour est l'image réduite de l'un des 30 mois précédents. Ainsi, au-dessus du jour, du mois et de l'année se constitue une nouvelle unité : le lustre comportant en son début un mois intercalaire suivi d'une série de 30 mois, puis, en son milieu, un nouveau mois intercalaire suivi d'une deuxième série de 30 mois ; la première série de cinq semestres est composée de deux années complètes suivies d'un hiver, et la seconde, inversée, d'un été suivi de deux années. Un lustre comporte ainsi 62 lunaisons équivalant à cinq années solaire complètes. Le lustre permets de situer la place des deux mois supplémentaires nécessaires pour mettre en harmonie les courses des deux astres mesureurs du temps, le soleil et la lune.

    Pour parfaire les réglages, la neuvième lune, equos, ne comporte, la deuxième et la quatrième année du lustre, que 28 jours au lieu de 30.

    Enfin, le siècle de 30 ans équivaut à un groupement de six lustres. La rupture du siècle se marque par l'omission du mois intercalaire qui aurait dû récapituler les 30 derniers mois du sixième lustre. Ainsi, cinq lustres de 62 mois et un de 61 donnent bien les 371 lunaisons de 30 années solaires.

    Ce sont finalement des opérations mentales simples, régulières et faciles à mémoriser :
    - regroupement des années par séries de cinq,
    - récapitulation tous les cinq semestres des trente mois écoulés (5 x 6) par les trente jours d'un mois intercalaire,
    - sauf tous les trente ans où, après cinq lustres complets et un sixième défectif, l'on passe directement à la lune de samon- qui marque le début d'un nouveau siècle.

    Cinq semestres, cinq ans, cinq lustres … trente jours, trente mois, trente ans …


  • Les deux semestres et l'année :

    Lorsque le peuple Indo-européen quitta son ancien pays pour émigrer vers le Sud, il dut adapté son calendrier aux nouvelles conditions géographiques et astronomiques. Mais, les prêtres conservateurs ont maintenus dans la mesure du possible, malgré ce changement, l'ancien calendrier, ou du moins, ils ont préservé les traditions de l'ancienne année dans leurs rites sacrificiels.

    L'idée que le jour et la nuit durent chacun six mois est largement répandue dans la littérature de la race indo-européenne. Cette survivance du calendrier arctique originel se retrouve non seulement dans la littérature védique et post-védique, mais aussi dans la mythologie celtique et les ouvrages astronomiques.

    " Au Meru, les dieux contemplent le soleil pendant la moitié de sa révolution, après un seul lever dans le bélier. " (Sûrya Siddhânta)

    " Une année des mortels est un jour et une nuit des dieux ; et voici quelle en est la division : le jour répond au passage du soleil au Nord et la nuit à son passage au Sud. " (Mânavadharmasâstra)

    " La pointe de sommeil de Mac Roismelc c'est la même chose, à savoir je frapperai sans sommeil à partir de Samain, le crépuscule de l'été, c'est-à-dire encore la fin du temps d'été. Car ce sont les divisions de l'année depuis longtemps : l'été de Beltine à Samain et l'hiver de Samain à Beltine ou encore Samfuin (crépuscule de l'été) pour Samsùain (sommeil de l'été), c'est-à-dire que l'été tombe dans le sommeil, ou Sam-son (sommeil de l'été). " (Tochmarc Emire, vol. III)

    Selon les Purânas, le Meru est la résidence de tous les dieux, et ce qui est dit à propos de leur nuit et de leur jour qui durent une demi année s'explique ainsi aisément et naturellement ; et tous les astronomes et devins ont admis l'exactitude de cette explication. Le jour des dieux correspond au passage du soleil de l'équinoxe de printemps à l'équinoxe d'automne, lorsque le soleil est visible au Pôle Nord ou Meru ; et la nuit au passage du soleil dans l'hémisphère sud, de l'équinoxe d'automne à l'équinoxe de printemps.

    La fréquence de cette tradition tout au long de la littérature védique et post-védique, ne peut être expliquée qu'à partir de l'hypothèse qu'elle devait résulter de l'observation des faits. " Au Meru le soleil et la lune tournent de gauche à droite chaque jour, et ainsi font toutes les étoiles …Par son éclat, la montagne triomphe de l'obscurité, de sorte que la nuit peut à peine être distinguée du jour …Le jour et la nuit forment ensemble une année pour les habitants de cet endroit. " (Mahâbhârata, Vanaparvan)

    Ces citations sont amplement suffisantes pour convaincre quiconque que, à l'époque où fut composée la grande épopée, les auteurs avaient des connaissances assez précises des caractéristiques météorologiques et astronomiques du Pôle Nord, et que l'on peut supposer que ces connaissances n'ont pas été acquises uniquement par le calcul.

    " Ce qui est une année n'est qu'un jour des dieux. " (Taittirîya Brâhmana) Cette affirmation est si claire qu'il ne peut y avoir de doute quant à sa signification. Une année des mortels n'est qu'un jour des dieux, nous permets de conclure que la tradition représentée par ce passage indique l'existence d'une origine polaire de la race indo-européenne, dans les temps les plus reculés.

    Nous pouvons donc mentionner ici le fait que les premières années " druidico-védiques " ont été divisées en deux parties seulement : le long jour et la longue nuit des dieux, correspondant, aujourd'hui, en Inde au Devayâna et au Pitriyâna.

    Le mot Devayâna, dénote " le chemin des dieux ". Ainsi dans le Rig-Veda, il est dit qu'Agni est instruit de la route du Devayâna.
    " Nous avons, Ô Asvin ! atteint la fin de l'obscurité ; maintenant vient à nous par la route du devayâna. " (Rig-Veda)

    " Le chemin du devayâna m'est devenu visible. La bannière de l'aube est apparue à l'Est. "

    De tels passages indiquent clairement que le Devayâna commençaient au lever de l'aube ou après la fin de l'obscurité, et que c'était la route par laquelle Agni, Asvin, Surya et d'autres divinités matutines voyageaient pendant leur course céleste.

    C'est pendant cette période que l'on célébrera les rites les plus importants, que l'on traitera les principales affaires et que les cérémonies religieuses et sociales auront lieu. Ce serait, pour ainsi dire, la période d'action, par opposition à la longue nuit qui la suit. La longue aube succédant à la longue nuit marquerait le début de cette activité ; et l'année sacrificielle arctique correspondait pratiquement à cette période d'activité, donc de soleil.

    Le chemin des Pères, ou Pitriyâna, est contre décrit comme l'inverse du Devayâna, ou chemin de la mort. Pendant cette période l'esprit solaire est caché par l'esprit maléfique des eaux, et correspond dans le cycle annuel à la nuit des dieux pendant laquelle règnent les esprits obscurs régit par Dhûmâvati, " la Fumeuse ". Aucun rite ne peut être accompli pendant ce laps de temps, aucun pèlerinage, aucun mariage, aucune initiation.

    A la fin de ce temps, le règne de la clarté revient et le festival des lumières à lieu. C'est alors que commence l'ère paisible de la Fille-lotus. Elle est l'exact opposé de la Fumeuse. Les signes du zodiaque dans lesquels ces deux divinités ont leur résidence sont aussi en opposition. La Fille-lotus gouverne le signe bénéfique du taureau qui donne la richesse, tandis que Dhûmâvati réside dans le signe du scorpion qui apporte la pauvreté.

    Dans le Rig-Veda, le barde dit qu'il n'a entendu parler que de deux routes, l'une des Dieux et l'autres des Pères.
    " …dans les six mois où le soleil monte vers le nord ; de ces mois dans le monde des Dieux " ; alors que
    " …dans les six mois où le soleil descend vers le sud ; de ces mois dans le monde des Pères ", cela est la voie opposée. (Chândogya Upanishad)

    " Quand le soleil monte vers le Nord, il est parmi les Dieux et les protège ; quand il monte vers le Sud, il est parmi les Pères et les protège. " (Shatapatha Brâhmana)

    Si le Devayâna commence donc à l'aube, nous pouvons affirmer que le Pitriyâna commence au début de l'obscurité. Voilà pourquoi " le soir n'est pas pour les Dieux ".

    Il semble donc évident que le long jour et la longue nuit représentaient à l'origine une division de l'année en deux parties approximativement égales, opposant une moitié de lumière continue à une moitié d'obscurité continu, comme au Pôle Nord ; et bien que celui-ci, lors de l'élaboration du système calendaire, ne correspondait plus à la dernière patrie du peuple indo-européen, il fut retenu parce que c'était un fait établi et traditionnellement reconnu dans la conception du temps divin.


  • Le début des mois :

    Plusieurs communautés druidiques, se fiant à certains dires, font commencer les mois avec le dernier quartier voire la nouvelle lune, soit la partie sombre de la révolution lunaire.


    Peut-être parce que l'enseignement nous dit :

    " ce monde était plongé dans l'obscurité ; Imperceptible, dépourvu de tout attribut, ne pouvant ni être découvert par le raisonnement ni être révélé, il semblait entièrement livré au sommeil. " (Mânavadharmasâstra)

    " Au commencement, en vérité, rien de tout ceci n'existait. Du Non-être, l'Être sortit. Cet être se transforma en un Soi. " (Taittirîya Upanishad)

    Ou bien, parce que César nous apprend que :

    " [les Gaulois] déterminent les intervalles de toutes durées, non par le nombre des jours, mais par celui des nuits; ils célèbrent ainsi les anniversaires et les débuts des mois et des années, de sorte que le jour diurne succède à la nuit. " (Bellum Gallicum)


    Telles sont les raisons qui font que certains néo-druides font débuter les mois de leur calendrier avec le dernier quartier de lune.

    Malheureusement le fait de compter par nuits n'est nullement un usage proprement celtique, ni même exclusivement indo-européen, bien qu'il soit attesté chez les Celtes, les Grecs et les Indiens ; c'est aussi celui des Arabes et de nombreux peuples primitifs.

    Malgré leur " envie de bien faire " ils font erreur car l'enseignement nous dit aussi : " Un mois des mortels est un jour et une nuit des Ancêtres ; il se divise en deux quinzaines : la quinzaine noire, est pour les Mânes, le jour destiné aux actions ; et la quinzaine blanche, la nuit consacré au sommeil.

    " De même que la seconde quinzaine, la noire, est préférable à la première pour un " Repas funèbre ", de même la seconde partie du jour est préférable à la première. " (Mânavadharmasâstra)

    " De la flamme dans le jour, du jour dans la quinzaine de la lune croissante, de la quinzaine de la lune croissante dans les six mois où le soleil monte vers le nord, de ces mois dans le monde des dieux ; de la fumée dans la nuit, de la nuit dans la quinzaine de la lune décroissante, de la quinzaine de la lune décroissante dans les six mois où le soleil descend au sud, de ces mois dans le monde des pères. " (Brihadâranyaka)

    " …la quinzaine croissante de la lune représente les dieux, la nuit les pères ; la partie du jour avant midi les dieux, celle d'après midi les pères … " (Shatapatha Brâhmana)

    Ces arguments suffisent à tous ceux qui proclament un début de mois à la pleine lune. Le seul problème est qu'il omettent la remarque faite par Pline l'Ancien quand il nous renseigne sur les questions touchant le calendrier gaulois, son caractère cyclique et le début des mois, de l'année et du grand cycle fixé au sixième jour de la lune, c'est-à-dire, selon le calendrier romain, qui lui, débutait avec la nouvelle lune, au premier quartier réalisé.

    " …mais celui-ci extrêmement rare à trouver, et, en a-t-on découvert, on le cueille en grande pompe religieuse, surtout le sixième jour de la lune qui marque pour eux les début des mois et des années et du siècles au bout de trente ans, parce qu'elle aurait déjà assez de force, sans être en son milieu. " (Histoire Naturelle)

    Qu'ils oublient que pour les druides tout comme les brahmanes, leurs homologues, qui le nomment Mahâtithi " le grand jour ", le premier quartier de lune a une grande importance magique.

    La lunaison commençant avec la nouvelle lune, l'achèvement du sixième jour voit le premier quartier réalisé et le passage vers la pleine lune marquant le début d'une mesure facile à effectuer : c'est la première nuit du mois. En effet, les quartiers, avec leur bord quasi rectiligne, sont une figure stable et plus facile à déterminer que toutes autres configurations de la lune. Ce sera donc le premier jour du mois, de l'année, du lustre et du siècle.

    Cependant la lunaison ne comporte pas un nombre entier de jours : il devra donc y avoir de légères oscillations d'un mois à l'autre, et c'est pourquoi on a deux groupes de trois jours 7, 8, 9 et 7a, 8a, 9a, indiquant respectivement les dates auxquelles peuvent se manifester la pleine lune et la nouvelle lune.

    Voilà pourquoi la première quinzaine, " la quinzaine croissante de la lune représentant les dieux " est celle de la pleine lune (en son milieu), la claire, alors que la seconde quinzaine est celle de la nouvelle lune (en son milieu), la sombre " préférable à la première pour les mânes ". C'est ainsi que, traditionnellement parlant, nous pouvons affirmer que chez les Celtes le mois commençait le jour du premier quartier de lune réalisé.


  • Durée du mois " equos " dans le lustre :

    La durée des mois du calendrier dépend de leur caractère matus ou anmatus : dans le premier cas, elle est de 30 jours, dans le second cas elle est de 29 jours. De plus la notation de base est, respectivement, m d, matus diies " jour bon " et d, diies " jour [ordinaire] ".

    A cette règle, une seule exception : le mois equos. Conformément au caractère anmatus du mois, sa notation de base est d. Néanmoins, equos des années I, III et V est attesté avec une seconde moitié du mois de 15 jours, ce qui implique un equos de 30 jours.

    La seule explication cohérente et plausible de cette contradiction entre les notations anmatus et d, d'une part, l'attestation des 30 jours, d'autre part, est que, dans un tout premier état du calendrier, le mois equos ne possédait que 29 jours. Cependant, une année lunaire normale de 354 jours, assortie d'une année à intercalation de 384 jours, entraîne à la longue des discordances avec la sonnocingos, " la marche du soleil ". C'est pourquoi, suite à une réforme, equos tout en demeurant anmatus fut porté à 30 jours aux années I, III et V et à 28 jours aux années II et IV du lustre.


  • Comput :

    Comme toutes les divisions du temps en années, l'année celtique a nécessairement un rapport avec les saisons, c'est-à-dire la sonnocingos. Ce rapport peut être assez lâche dans une année donnée, pourvu qu'un système adéquat ramène périodiquement le bon ordre. La division par mois signifie qu'on désire maintenir, le mieux possible, la concordance avec les phases de la lune.

    Il s'agit donc de se rapprocher de la durée de 12 ou 13 lunaisons, soit :

  • 29,530588 x 12 = 354,367 jours pour une année ordinaire
  • 29,530588 x 13 = 383,892 jours pour une année à intercalation

    Les années de notre calendrier étant de 353, 355 et 385 jours, l'écart entre la durée vraie, par rapport à la lune, et la durée du calendrier est donc très faible.

    Encore faut-il s'accorder avec le soleil. Ce qui est le but de l'instauration du quimon, " le lustre ". La présentation même du calendrier, avec ses deux mois intercalaires incorporés dans une suite de cinq années, montre que le système du lustre comme unité temporelle supérieure à l'année a pour objet immédiat de rétablir la concordance entre le temps religieux et civil, et la sonnocingos.

    On calculera donc la durée Ls d'un lustre solaire et celle Ll d'un " lustre lunaire " de 62 lunaisons vraies :

  • Ls = 365,242199 x 5 = 1826,211 soit environ 1826 jours
  • Ll = 29,530588 x 62 = 1830,896 soit environ 1831 jours

    Calculons maintenant le temps d'equos sachant qu'au cours du lustre il a successivement 30, 28, 30, 28 et 30 jours.

  • Le = 385 + 353 + 385 + 353 + 355 = 1831 jours

    On s'aperçoit alors qu'il y a un écart de 4,789 soit environ 5 jours avec Ls, et une quasi concordance avec Ll, car l'écart est de 0,104 jour. Autant dire presque rien.

    Il reste que la dérive par rapport au soleil doit être rectifié par un grand cycle, setlon, " le siècle ". Nous n'avons aucune raison de mettre en doute le témoignage de Pline : " …c'est par la lune que [les Gaulois] règlent le début de leurs mois et de leurs années, et aussi celui du siècle au bout de trente ans … "

    Remarquons tout d'abord qu'un siècle trentenaire réel est voisin de 371 lunaisons, soit six lustres moins un intercalaire. La fonction essentielle de ces mois étant de rétablir la concordance avec " la marche du soleil ", il est invraisemblable qu'on en ait placé un en début d'une grande division du temps comme le siècle.

    Comme nous l'avons fait pour le lustre, nous examinerons le siècle par rapport au soleil, à la lune et à la durée du mois equos.

  • Ss = 365,242199 x 30 = 10957,266 jours
  • Sl = 29,530588 x 371 = 10955,848 jours

  • Se = (1831 x 6) - 30 = 10956 jours


    Les divergences, par rapport au calendrier, sont de + 1,266 jour pour le soleil et de - 0,152 jour pour la lune.

    L'écart cumulatif est lui aussi rattrapé par une " refermeture " à long terme, l'aiuiton, " le cycle ". Comme nous venons de le voir le système de siècles trentenaire à 371 mois lunaires amène un important écart cumulatif

  • (30 x 365,242199) - (371 x 29,530588) = + 1,418 jour / trente ans

    ou en arrondissant par jour calendaire de + 1,266 jour. Cet écart finirait donc par atteindre une lunaison entière à l'issue de 20 siècles, soit 624 ans. Donc limite des séries de siècles de 371 lunaisons à 20 siècles, soit 600 ans. Par conséquent, le 21ème siècle comprendra 372 lunaisons, ce qui constituera un cycle de 630 ans.

  • Cs = 10857,266 x 21 = 230102,58 jours
  • Cl = [(20 x 371) + (1 x 372)] x 29,530588 = 230102,34 jours

  • Ecart cumulatif = 0,24 jour


    Le rattrapage périodique des non-concordance luni-solaire reste donc aisé et opérable au plutôt avec un mois modulable, un rajout de mois supplémentaires toutes les trente lunaisons et un report d'épacte qui se trouve remis à zéro en lune d'automne tout les 630 ans.

    Tout ceci nous montre comment les druides, en tant qu'astronomes, ont trouvé des solutions élégantes à tous les problèmes techniques calendaire. Toutes les difficultés passées en revues ont été palliées dans ce système.












    L'ERE DE RATTACHEMENT


    Je reste, pour ma part, persuadé que le setlon (siècle) tout comme l'iuga (ère) débute avec la conjonction des trois astres servant au comput de notre calendrier, à savoir : le soleil, la lune et saturne.

    Comme nous l'avons précédemment vu, la lune gouverne les mois et les années, le soleil règne sur les saisons et les lustres, tandis que saturne, correspondant astronomique du Dis-atir le Père-destructeur dont les Celtes se disent issus, dirige le grand cycle des siècles trentenaire basés sur, non pas la révolution de la planète qui est de 29,167 ans, mais sur la disparition de ses anneaux, visible à l'œil nu de la terre, tous les 15 ans du fait de leur inclinaison de 27° par rapport à son plan orbital.

    Pour que le cycle puisse débuter il faut que les trois astres suscités soient au point zéro de leur course. Pour le soleil et la lune cela se traduit par une éclipse, et pour saturne par une " perte d'anneaux ".

    Mon premier travail fut donc de retrouver un de ces points de départ.

    Partant de la dernière observation de la " perte " des anneaux de saturne le 11 février 1996, je me suis vite aperçu que la même année, le 04 avril 1996, eu lieu une éclipse lunaire suivie, le 17 avril 1996, d'une éclipse solaire. Ce qui revenait à dire que 1996 était une première année de siècle.

    Après avoir trouvé ceci, la question qui s'est posée était de savoir qu'elle était l'ère d'appartenance, afin de pouvoir dater et situer ce siècle.

    La Table de Coligny ne montre dans sa partie connue aucune mention de date dans une ère quelconque. C'est pourquoi il y a presque autant " d'ères druidiques " que de groupes néo-druidiques. Voici les plus connues et les " sérieuses " des ères celtiques auxquelles se réfèrent les promoteurs d'un néo-druidisme pour notre temps.

    Selon eux 1996 de l'ère vulgaire serait soit 1563, soit 2275, soit 3011, soit 3866, soit 4369.

    1) L'ère d'Amzervezh Ledaw, dont font usage certains croyants celtes de Bretagne armoricaine. Elle débute à partir de la date définitive de l'établissement des Bretons conquérants en Armorique, en + 433.

    2) L'ère dite de Bolgios et Brennos, se rattache à des faits historiques mais tout à fait artificiels pour partir d'une datation fiable, celle de l'invasion celtique en Macédoine et en Grèce. Evoquée surtout par les néo-druides américains, elle part de - 279.

    3) L'ère d'Eremon Ariomanos, pratiquée par d'autres druides américains, elle est basée sur la date d'arrivée en Irlande, en - 1015, du premier roi des Goidels.

    4) L'ère comptée à partir de la seconde bataille de Mag Tured, qui vu la victoire des dieux sur les forces du chaos, datée de samain - 1871. Cette computation d'ère mythologique reste essentiellement un fait irlandais ; il n'est pas du tout certains que les Gaulois l'aient reconnu.

    5) L'ère celtique de tradition bardique galloise. Elle aurait débuté en - 2373. Mais là aussi le Pays de Galles n'est pas la Gaule.


    Afin de se rapprocher le plus possible de l'ancienne tradition, je propose l'ère de Catui Iuga " l'age des conflits " apparenté, comme il se doit, à Kali-yuga. Etymologiquement, Iuga comme le skt. yuga peut avoir le sens de " couple " ou " conjonction ", pouvant désigner soit " un couple jour-nuit ", soit " un ensemble de mois ", c'est-à-dire une saison, soit " un couple de quinzaines " soit " la période de conjonction entre la lune et le soleil ".

    Ainsi, au début du Kali-yuga, les textes nous disent que le soleil et les planètes étaient en conjonction, et c'est la raison pour laquelle ils appellent cette période " yuga ".

    Cet " age " a débuté 3104 ans avant l'ère vulgaire au moment très précis ou saturne, perdant ses anneaux, était le témoin d'une conjonction luni-solaire.

    Cette computation est compatible avec le calendrier de Coligny à la journée près de l'estimation de date de l'équinoxe d'automne, puisque le nombre d'années tropiques se referme sur un nombre entier de lunaison. Il y a là de quoi conforter les druides qui choisiront cette calendaire, car une telle coïncidence astronomique et mathématique peut très difficilement passer pour fortuite.

    Nous avons là la confirmation d'un début de siècle en 1995 - 1996, soit :
    VCI, Blidnis I, Quimon I, Setlon III, Aiuiton VIIII sinda Catui Iuga
    " 5101, 1ère Année du 1er Lustre du 3ème Siècle du 9ème Cycle de l'âge des conflits ".









    NOTATIONS


    Sur la Table de Coligny se trouvent un grand nombre de notations la plupart en abrégées. Les notations mensuelles, les notations quotidiennes de base, les notations quotidiennes autres et, ce que l'on nomme les mots rares ou uniques.

    Les significations ne sont pas toutes entièrement connues ou portent à discussion. Même si par chance, c'est leur irrégularité offrant pluralité d'abréviation différentes pour un même mot qui en facilite la compréhension. Ici, dans le cas où il faut choisir entre différentes interprétations " soutenables " sur le plan linguistique, seul est retenue celle qui offre une cohérence avec le contexte d'un calendrier cultuel.


  • Noms et identifications des mois :

    Les noms des mois ordinaires sont cités sous deux formes : au nominatif en tête du mois, précédés du mot mid " mois ", le plus souvent sous la forme abrégée m ; très fréquemment au génitif dans les notations quotidiennes d'un autre mois ou, parfois, du mois lui-même.

    Voici, dans l'ordre où les mois sont gravés sur la Table, les formes complètes ou presque complètes de leurs noms, au nominatif et au génitif :

    1. samon samoni
    2. duman dumani, dumanni
    3. riuros riuri
    4. anagan anagantio
    5. ogron, ogronn ogroni
    6. cutios cutio, qutio
    7. giamon giamoni
    8. simiuis, semiu simiuisonn, [ ]sonna, simiso, simis, [ ]mius, semiuiso
    9. equos equi
    10. elembiu elembi
    11. aedrini, edrini aedrini, edrini
    12. cantlos, gantlos cantli



    Il est tentant, évidemment, d'uniformiser les désinences des mots en on-, comme on l'a fait souvent et de supposer *samonios, *ogronios, *giamonios, de restituer par faciliter *elembiuios, *dumannos ou *dumannios, *(a)edrinios, de calquer un *anagantios sur *cutios et le génitif *anagantio sur *cutio ou le génitif *cutios sur *anag(an)tios.

    Il convient plutôt de ne plus citer les nominatifs des noms des mois ordinaires que de la façon suivante, en choisissant, dans les cas d'alternance de consonnes, la graphie la plus fréquente, la plus complète ou la plus ancienne.


    Ce qui donne la liste suivante :

    1. samon- 4. anagantio-
    2. dumann- 5. ogronn-
    3. riuros 6. cutios
    7. giamoni- 10. elembiu-
    8. simiuisonna 11. edrini-
    9. equos 12. cantlos



    SAMON- Ce mot est certainement en rapport avec le nom de " l'été ", cf. vIr. sam, vBr. ham " été ". Au sens large du terme, on peut interpréter samon- par " estival ", quoique, plus précisément, il désigne le " résumé ", la " récapitulation " de l'été.

    DUMANN- L'hypothèse la moins périlleuse sur la signification de ce nom est de le rapprocher du vIn. dhûma " fumée ", Gr. qumiama " parfum que l'on brûle ", en se rappelant que Gr. quw à un sens sacrificiel bien attesté. Ce qui en fait le mois " des fumigations ".

    RIUROS On explique ce mot par le vIr. réud " grand froid ", Ga. rhew " gel ", Br. riv " froid qu'on ressent ", désignant alors le mois des " gelées blanches "

    ANAGANTIO- Il semble, d'après la forme, qu'on ait ici un dérivé de participe présent. On le rapproche du vIr. anag- " protéger ".

    OGRONN- Unanimement nous rapprochons le nom de ce mois du vIr. uar, Ga. oer " froid " de *ougro-. Dans le calendrier il s'agit, en quelque sorte, du mois de " frimaire ".

    CUTIOS …

    GIAMONI- Ce nom a un rapport certain avec celui de " l'hiver ", cf. vIr. gemred, vBr. guioam. De façon très général, on traduit ce mot par " hivernal ", ou comme pour son pendant à un semestre d'intervalle, il désigne la " récapitulation " de l'hiver.

    SIMIUISONNA- Généralement nous décomposons ce mot en simiui- sonna- en rapprochant le second terme du nom du " soleil " mGa. huan et en langues germaniques : sun, sonne. Le premier terme est quant à lui à rapprocher du La. semissus " demi-as ", Ie. *sêmi- " moitié, semi ". Le sens est : le mois " au milieu de l'été ".

    EQUOS Il n'est pas difficile de reconnaître ici, bien que l'on ait une forme archaïque en kw, au lieu de p devenu normal en gaulois à l'époque du calendrier, le mot epo- " cheval ", vIr. ech " cheval ", Br. ebeul " poulain ". On peut ajouter l'existence d'un mois ippioz " mois du cheval " à Rhégium en Calabre.

    ELEMBIU- Le mot contient de façon assez évidente le nom du cerf *elen-, Ga. elain, vIr. elit " chevreuil, biche ", Gr. elaqoz. Ce " mois du cerf " peut être comparé à des noms de mois grecs : éléen elajioz, attique elajnboliwn mois où étaient célébrées les fêtes en l'honneur de la déesse chasseresse Artémis.

    EDRINI- Nous proposons pour son interprétation " mois ardent " en le rapprochant du La. aedes, aestas, Gr. aidw " brûler ", vIr. aed " feu ".

    CANTLOS On le rapproche du gaulois cantalon, vIr. cétal " chant ", Br. kentel " leçon ", texte naguère appris en chantant. C'est, en quelque sorte, le mois d'actions de grâce.


    Pour les mois intercalaires, l'en-tête comporte plusieurs lignes explicatives, mais pas de nom de mois proprement dit. En effet, dans les langues néo-celtiques, la désignation du mois est toujours précédée du substantif " mois ", ce qui est aussi le cas pour tous les en-têtes du calendrier.

    Le premier mois intercalaire du calendrier tel qu'il nous est parvenu porte un intitulé, certes très lacunaire, qui occupe pas moins de quatre lignes.

    D[ ]
    [ ]
    MID X [ ]
    MATU [ ]





    Sur la première ligne de l'en-tête d'Int.1 nous pouvons y voir le début d'un mot commençant par " d ". Ce mot est certainement DACAMU " ajustement ", pour nous informer que ce mois est là pour réajuster les saisons. Il est plus que probable, après lecture d'Int.2, que cette ligne est été composé de DACAMONOS BUIS " période d'ajustement ".

    Dans Int.2 cette deuxième ligne concerne la " marche du soleil " SONNOCINGOS.

    MID " mois ", suivi du chiffre X[ ], pour XIII comme dans Int.2 à la même ligne : l'intercalation porte à treize le nombre des mois de l'année qui la comporte. La traduction la plus sure de cette troisième ligne est " 13ème mois ".

    Sur la quatrième ligne il y a la place pour CCCLXXXV lat comme dans Int.2 et il n'est pas impossible que la courbe fragmentaire après matu- appartienne au premier C du chiffre. Cette ligne peut donc être restituée MATUS CCCLXXXV LATES, c'est-à-dire " complet, 385 jours "

    Nous pouvons, suite à cet analyse, restituer l'en-tête d'Int.1 comme suit :

    DACAMONOS BUIS [Première] période d'ajustement
    SONNOCINGOS de la marche du soleil [par rajout d'un]
    MID XIII treizième mois complet [portant]
    MATUS CCCLXXXV LATES la durée [de l'année à] 385 jours


    L'en-tête du second intercalaire comporte qu'en à elle cinq lignes au lieu de quatre.

    CIALLOS B[ ]IS
    SONNOCINGOS
    AMMAN.M.M XIII
    LAT CCCLXXXV
    [ ]BANTARAN M

    Nous pouvons sans trop nous tromper restituer CIALLOS BUIS, pour la première ligne d'Int.2. Le premier élément CIALLOS est composé du préfixe ci- particule démonstrative en *k et de allos " autre ", ce qui lui donne le sens de " l'autre, le second ". BUIS quant à lui veut dire " période, moment ". Selon toute vraisemblance cette première ligne est là pour nous annoncer le " second moment [d'ajustement] ".

    Le mot SONNOCINGOS, situé en deuxième ligne de l'en-tête, est l'interprétation littérale de " la marche du soleil ", cingos " marche " et sonno- " soleil ", c'est-à-dire " l'année solaire ".

    AMMAN M M XIII amman est l'abréviation d'AMMANIA " temps ", vIr. aimser, Ga. mBr. amser " temps " est, ici interprété par " durée ". m m XIII correspond à MID MATUS XIII autrement dit " mois complet 13 ".

    LAT CCCLXXXV lat. est l'abréviation du mot LATIS " jour ", vIr. laithe. Dans le calendrier il signifie manifestement " jour astronomique de 24 h " soit un " nycthémère ". Quant à la série de lettre, CCCLXXXV, il est facile de reconnaître le chiffre 385.

    Le sens de cette phrase, étalée sur trois lignes, est " la durée de la marche du soleil est [par rajout d'un] treizième mois complet, de 385 jours ".

    La cinquième et dernière ligne de l'en-tête d'Int.
    2 porte la mention ]BANTARAN M. Devant ce groupe graphique il y a la place pour deux ou trois lettres avant le " b ".
    C'est pourquoi la transcription la plus logique, vu la place du mois ou se trouve cette inscription est AMBANTARANOS composé du préfixe amb(u)- " les deux " et antar à rapprocher du vIr. eter, mBr. entre " entre ", avec un dérivé adjectival en ano-.
    Le m est, bien entendu, l'abréviation de MID " mois ". Ce qui nous donne la traduction suivante " mois entre les deux [semestres] " où, en clair " mois intercalé ".

    Nous pouvons retranscrire l'en-tête d'Int.2 de la façon suivante :

    CIALLOS BUIS Seconde période [d'ajustement]
    SONNOCINGOS La durée de l'année solaire [par rajout
    AMMANIA MATUS MID XIII d'un] treizième mois complet est de 385 jours
    LATES CCCLXXXV
    AMBANTARANOS MID Mois intercalé entre les deux [semestres]


  • Notations mensuelles :

    Trois lignes du calendrier sont toujours inscrites en capitales plus grandes que celles des notations quotidiennes : l'en-tête comprenant le mot mid, abrégé le plus souvent en m, le nom du mois et les mots mat et anm, le mot atenoux au milieu du mois et le mot diuertomu à la fin des mois de 29 jours.

    M pour MID considéré comme signifiant " mois ", par comparaison avec d'autres langues celtiques, vIr. misa, Ga. mis, Br. miz. Le rapprochement est facilité si l'on tient compte du fait que " d " peut, dans une inscription gauloise, surtout d'époque romaine, représenter le son gaulois, pour lequel on trouve utilisé les signes suivants : Q, D, DS, SD, TS, ST, S, parfois avec redoublement : QQ, DD, SS.

    MAT pour MATUS dont le sens fondamental est " bon ". Néanmoins, dans le calendrier ce mot ne s'appliquant qu'aux mois de 30 jours, signifie plutôt " complet, intègre ".

    ANM pour ANMATUS rapproché du mGa. anfad " infortuné, sinistre, peu propice ", ce mot peut avoir cette connotation religieuse défavorable, mais aussi, plus prosaïquement, indiquer le caractère " incomplet " du mois.

    ATENOUX ce mot qui sépare des deux quinzaines du mois est compris comme l'abréviation du mot " renouvellement ", ATENOUXTION. Il marque ainsi le recommencement du comptage.

    DIUERTOMU ce mot qui occupe, à la fin des mois de 29 jours, la place restée vacante par l'inexistence du trentième jour est composé du préfixe privatif di-, de uert- " valeur " à rapprocher du Ga. gwerth, Br. gwerzh " valeur ", et d'une forme de substantif verbal omu. Un composé breton diwerzh " sans valeur " est parfaitement attesté. On interprète ainsi ce mot pour indiquer que, dans un tel mois, le jour 15a est " sans valeur ", " n'existe pas ".

  • Notations quotidiennes de base :

    Les jours ne portent pas de nom, mais sont dotés de notations comme : m d, d et d amb. Au départ la répartition de ces notations est très simple. Dans l'état primitif du calendrier les mois de 30 jours, matus, comptaient seulement des jours marqués m d, et des jours marqués d amb, sans aucun jour marqué d ; les mois de 29 jours, anmatus, seulement des jours marqués, les uns, d, les autres d amb.

    Dés ce premier état du calendrier, les échanges entre mois de nature différente introduisent m d dans des mois anmatus et d dans des mois matus.

    Dans le second état, les rétrogradations dues à l'intercalation accentuent le panachage des trois notations dans les 11 mois qui suivent un mois intercalaire et dans ce mois supplémentaire lui-même.

    D on le considère traditionnellement comme la première lettre du mot DIIES désignant le " jour [ordinaire] ", vIr. die, Ga. dydd, Br. deiz.

    M D abréviation de MATUS DIIES " jour bon ".

    D AMB est l'abréviation de DIIES AMBISTABIOS " jour incertains ", ni tout à fait bon, ni tout à fait mauvais, ni, non plus tout à fait ordinaire. Un jour laissé, en quelque sorte, à l'appréciation des dieux. Dans les deux sortes de mois, d amb désigne toujours les jours 5, 11, 3a, 5a, 7a, 9a, 11a, 13a et 15a, soit exclusivement les jours impairs dans la quinzaine.


  • Notations quotidiennes autres :

    IUOS cette notation du premier état du calendrier, dont le sens est " bon, propice, valable, fort " se présente le plus souvent en série de 5 à 9 jours, couvrant l'importante période qu'est, dans un calendrier lunaire, le passage d'un mois à l'autre, est là pour nous informer sur la durée d'influence magique du premier quartier de lune.

    PRINNI ce mot, toujours accompagné soit de loudin soit de laget est un génitif dont le nominatif est PRINNIOS et dont le sens est " bois ", vIr. crann " arbre ", mGa. et Br. prenn " arbre " et " bois d'œuvre ", Gr. prinoz " chêne vert ". Dans LOUDIN on y a vu un mot de la famille de Br. luzian " emmêler " et on l'a rapproché de l'expression bretonne teurel prenn " tirer au sort ", littéralement " jeter les bois ". Par opposition, LAGET indique des bois qui " gisent ", immobiles. Ces deux notations sont réservées à la première quinzaine et, dans le premier état du calendrier, prinni loudin se trouve seulement dans les mois matus et prinni laget dans les mois anmatus. La répartition est une progression d'un jour à l'autre dans les limites des jours 1 à 9, c'est-à-dire entre le premier quartier et la pleine lune.


  • Mots rares ou uniques :

    Les mots " rares " sont les notations qui apparaissent en plusieurs jours du calendrier, compte non tenu de leur répétition en ce même jour dans des années différentes.

    Les mots " uniques " sont les notations qui figurent en un seul jour du calendrier et sont répétés en ce même jour chaque année, ou gravées une seule et unique fois dans toute l'inscription.


    Mots rares :

    TIOCOBREXTIO est généralement segmenté en tio-co-brextio. Le premier élément est un démonstratif proche du vIr. tyà " ce ". Le second est très proche du La. cum, Gr. zun " avec ". La finale brextio se compose de la racine *bhregh, vIr. bricht " formule magique, incantation, sort ", mGa. lledfrith " charme magique ". La traduction de ce mot est donc " [jour] avec incantation magique "

    EXO …

    DIB …


    Mots uniques :

    1) répétés chaque année au même jour :

    TRINOX SAMONI SINDIU il n'y a aucune difficulté à restituer un TRINOXTION équivalent La. trinoctiom " trois nuits ". SAMONI provenant de samut " rendez-vous, réunion, assemblée " est le strict équivalent du vIr. samain " rencontre ", vIn. sâmanam " assemblée, réunion, fête ". SINDIU, quant à lui se rapproche du vIr. indiu " aujourd'hui ". Cette phrase, mis en rapport avec le vIn. pitribhih sam-vid " retrouvailles avec les Pères " se traduit donc par " les trois nuits de retrouvailles [avec les Pères commencent] aujourd'hui ".

    DEUOR IUG le premier mot retranscrit DEUORTOMOS, se segmente en deu-ort-omos. Le premier élément DEUos signifie " dieu ". Le second correspond an verbe ORTO " marteler, heurter " auquel se rattache la forme adlatif OMOS. Le deuxième mot est l'abréviation de IUGO " unir, réunir ". Cette locution rappelle qu'en ce jour les prêtres doivent " s'unir [par leurs incantations et sacrifices avec] le dieu-qui-martèle [pour délivrer les vaches de l'emprise du dragon et trouver le soleil] ".

    OCIOMU ce terme dérivé d'OGIA signifie " pureté, virginité ".

    BRIGIOMU nous pouvons voir en cette notation, par la place qu'elle occupe dans le calendrier (Ri. 4), le verbe BRIGIO " contraindre jusqu'à rupture, rompre, casser ", sous forme de substantif verbal, qui serait en accord avec la cueillette du gui qui, d'après Pline l'Ancien, avait lieu en ce temps.

    PETI UX le premier mot peti-, abréviation de PETIMA " prière " est à rapprocher du La. petitio " prière, requête, demande ", Br. pedenn " prière ". Quant au second mot, ux-, il est l'abréviation du mot UXA " haute, vers le haut ", Br. uhel " haute ". Cette expression veut donc dire " haute prière " ou " prière [adressée] vers le haut ".

    2) figurant une seule fois :

    LUGO il faut voir ici le génitif singulier LUGOUOS du nom divin Lugus, et signifie donc qu'au jour du An. V.2. à lieu " celui de Lugus ".

    3) se trouvant exclusivement dans les mois intercalaires :

    Le 7ème jour d'Int.1 comprend quatre lignes, malheureusement fort endommagées

    ° VII N [ ]
    TINADI[ ]
    NE[ ]
    UI[ ]


    Le 9ème jour comporte lui aussi une inscription gravée sur trois lignes
    ° VIIII [ ]
    EDUTI[ ]
    MU[ ]


    Le 9ème jour de la seconde quinzaine du même mois se trouve un texte étalé sur trois lignes
    ° VIIII [
    ED[ ]
    SU[ ]


    Dans l'état actuel de mes connaissances je ne peux donner une quelconque interprétation. Je peux tout au plus dire que ces textes se rapportent aux phases majeures de la lune, à savoir la pleine et la nouvelle lune.

    Dans cette optique, nous pourrions voir dans la troisième ligne du septième jour le mot NEINON " zénith " qui nous informerait, en cette nuit, sur la position de la lune. Mais cela n'est qu'hypothèse car NE[ ] peut aussi vouloir dire NEMASIA " éclatante ", ou bien NEANELLA " céleste ", ou encore NEMAUSA " consacrée ", etc. De même dans la ligne suivante (74) avec UI[ ] nous pourrions y voir le début du mot UINDALUGRA " blanche lune ", Br. loargann, kann-loar " pleine lune ", littéralement " blanche lune ".


    Le dernier jour de ce mois comporte un texte de six lignes

    ° XV [ ]
    [ ]MB RIX TIO
    COB[ ]R[ ] GARIEDIT
    OX[ ]ANTIA
    POGDEDORTONIN
    QUIMON



    La première ligne est lacunaire mais, avec la seconde, et selon toute vraisemblance, elle est occupée par la notation du mois prêteur :

    ° XV DIIES CANTLI IUOS
    AMBISTABIOS RIX. TIOCOBREXTIO


    Les quatre lignes qui suivent peuvent contenir un texte explicatif de la même manière que les quatre lignes de 7, les trois de 9 et les trois de 9a. Il est remarquable que ces lignes soient à peu près centrées par rapport aux autres, dans un souci d'esthétique, unique dans le calendrier. Peut-être faut-il voir dans GARIEDIT OX[ ]ANTIA POGDEDORTONIN QUIMON un texte explicatif indépendant du jour.

    D'aucuns y ont vue, en rectifiant GARIEDIT par CARIEDIT " a fait défaut ", en restituant un " t " au mot OX[ ]ANTIA qui, dans ce contexte, paraît vraisemblable et signifierait " huitaine ", en corrigeant le " g " de POGDEDORTONIN en " s " donnant un POSDEDORTONIN " après comptage " et en traduisant QUIMON par " quinquennat ", la phrase suivante : " une huitaine a défaussé la quinquennat après décompte ". Cette suggestion est fort tentante car elle confirmerait un début de lustre au premier quartier de lune et, de fait, entérinerait ma thèse. Mais pouvons-nous faire confiance à cette interprétation ? Sachant que le dépositaire de cette traduction n'a pas hésité à effacer les deux premières lignes d'Int.1 pour nous donner, en se basant uniquement sur la troisième ligne de l'en-tête, un MIDX abréviation, selon lui, d'un MENS IN DUEIXTIONU " mois en redoublement " qui, d'après son raisonnement, consisterait au doublement anticipé du mois samon- tous les cinq ans en début de lustre quinquennal. Il se placerait alors entre cantlos et samon-, qui ainsi doublé allait se nommer cette fois-là MID SAMON- (sic).

    Pour le moment donc, évitons toutes interprétations hasardeuses et contentons-nous de restituer ce texte comme suit :

    ° XV DIIES CANTLI IUOS AMBISTABIOS RIX.
    TIOCOBREXTIO GARIEDIT
    OXTANTIA
    POGDEDORTONIN
    QUIMON



    Le second intercalaire lui, ne présente les jours 7, 8, 9 et 7a, 8a, 9a et 15a aucune notation particulière autre que celle des prêts et des rétrogradations.


  • Les signes triples :

    Certains jours du calendrier comportent un signe formé de trois hastes à empattements terminaux, dont une nettement plus longue et barré d'un court trait transversal vers le tiers de sa hauteur. La grande haste peut occuper l'une des trois positions ; parfois, il y a deux hastes barrées. Ce signe triple affecte parfois successivement deux, trois et même quatre jours, avec le plus souvent, changement de place de la grande haste.

    Le sens de ces signes triples, qui ne figurent, sous cette forme ou sous une autre, dans aucun des calendriers épigraphiques, est bien symbolique, c'est-à-dire des signes choisis conventionnellement pour désigner trois éléments, dont un ou deux sont plus importants. La répartition très irrégulière de ces signes interdit d'y voir des références aux phases de la lune, comme à certaines parties du mois ou même de l'année.

    Le contexte immédiat, quotidien, des signes triples est constant : le signes vient aussitôt après le chiffre désignant le jour, et aussitôt avant les notations d, m d ou d amb. Les signes occupent donc une place de choix dans les notations quotidiennes : ils interviennent aussitôt le jour désigner et avant même sa qualification quotidienne qui le distingue. Il est, à n'en pas douter, en relation avec le temps d'activité journalière, sans rapport avec les caractères généraux du mois. Les signes, en effet, se trouvent indifféremment avec m d, d amb ou d seul. Ils sont insensible au caractère favorable, incertain ou neutre de la journée ; plus exactement ils ne sont pas liés à l'un de ces caractères plus qu'à un autre.

    Puisqu'il s'agit, dans ce calendrier, de division de temps, les trois éléments désignés par les hastes affectées à un jour donné indiquent, selon moi, les trois moments fondamentaux et successifs de la journée : le matin, le midi et ses entours, et l'après-midi, semblables aux dies intercisi romain, anciennement endotercisi, d'où leur sigle EN ou E, fastes seulement dans le milieu du jour. Il faut aussi faire appel aux jours fasti principio FP, fastes seulement le matin, aux jours quandoc rex comitiauit fas QRCF et quandoc stercus delatum fas QSDF, fastes seulement l'après-midi.







    DEPLACEMENT DE NOTATIONS

    Le calendrier comporte une disposition unique, qui n'est connue dans aucun autre et présente un développement considérable : le déplacement, à certains jours, des notations quotidiennes des jours correspondants d'un autre mois, dont le nom, mis le plus souvent au génitif, ajouté à la notation transféré pour indiquer son origine. Ce phénomène de transfert se présente de trois façon différentes : l'échange, la rétrogradation et le prêt aux intercalaires.

  • Les échanges :

    Le système le plus général, qui porte sur tous les mois ordinaires du calendrier et se répète identiquement d'une année à l'autre est fait d'emprunts réciproques, d'échanges entre les mêmes jours de deux mois voisins. Ce système de couplage a été choisis pour d'éviter qu'il y ait des mois dans l'année qui ne contiennent aucun jour matus.

    Les mois subissent deux par deux ces échanges. Mais les paires de mois affectés ne se succèdent pas régulièrement, à raison de six dans l'année. Ces échanges sont disposées différemment dans les deux moitiés de l'année : par trois paires successives de mois dans le premier semestre, par deux triades successives dans le second. Cette différence de groupement dans les deux séries de six mois contribue, d'une part, à distinguer les deux semestres qui sont la survivance de la plus ancienne année druidique et, d'autre part, sont le reflet des cinq saisons du climat tempéré européen, c'est-à-dire : l'hiver, le frimas, le printemps, l'été et l'automne.

    L'effet des échanges est donc d'introduire des jours matus dans les mois anmatus, qui n'en avaient pas originellement, et des jours anmatus dans les mois matus, qui n'en comptaient pas à l'origine. Mais ceci n'est pas la raison essentielle du panachage. Le système des échanges fut adopté pour lier entre eux des mois qui sont le plus souvent de nature différente, l'un matus, l'autre anmatus (dans un seul cas il s'agit de deux mois matus, ogronn- et cutios, et l'exception ne se répète pas pour deux mois anmatus), comme il existe encore dans les calendriers primitifs et dont on trouve des traces chez les peuples de langues indo-européennes, Indiens, Grecs, Celtes insulaires : le système des échanges tel qu'il nous est parvenu en est une survivance profondément transformée.

    Les jours qui fournissent aux échanges sont caractéristiques : il n'y a pas de mois qui n'ait d'échange soit au jour 1 de la première ou de la seconde quinzaine. En revanche, le début et le milieu du mois sont nettement marqués par les échanges. Ce sont donc les jours lunaires du mois qui l'emportent. Cette répartition des jours d'échanges, principalement d'après les phases de la lune, n'est pas un hasard puisque les échanges appartiennent bien au premier état du calendrier, strictement lunaire, antérieur à l'intercalation qui représente l'effort de mettre l'année lunaire en accord avec la course annuelle du soleil.


  • Les rétrogradations :

    Un autre système de transfert, qui ne porte plus sur toutes les années et ne comporte que des emprunts, unilatéraux a été baptisé rétrogradation. Il existe seulement dans Int.1 et douze mois de la première année qui suivent ce mois et dans Int.2 et les douze mois, six de l'année III et six de l'année IV, qui le suivent : soit dans deux séries de treize mois consécutifs, inaugurées chacune par un mois intercalaire.

    La rétrogradation de la notation complète du même jour du mois suivant, suivie du nom de ce mois, et ne portant que sur les jours 7, 8, 9 de chaque quinzaine, soit sur six jours par mois sont des transferts unilatéraux. Un mois reçoit toujours les notations du mois suivant, et chaque notation rétrogradée au mois précédent étant, par conséquent, remplacée par celle qui provient du mois suivant. Seul le treizième mois ne reçoit rien du mois suivant, mais il participe au système par le transfert qu'il fait au mois précédent. Chacun de ces jours reçoit du même jour du mois suivant la notation primitive, celle que ce dernier possédait avant de recevoir lui-même la notation du même jour du mois suivant : ainsi dumann- reçoit de riuros, non pas le d qui lui viendra d'anagantio-, mais le m d que ce mois matus comportait normalement avant tout transfert.

    Ces rétrogradations au nombre de six par mois, occupant par groupe de trois le milieu de chaque quinzaine, correspondant aux périodes de pleine et nouvelle lune, annulent pendant un an l'effet retardateur de l'intercalation sur certaines notations en avançant celles-ci d'un mois dans l'état intercalaire du calendrier, donc en les laissant à leur place primitive dans le temps réel. En effet, la fonction des intercalaires étant d'assurer l'accord avec la marche du soleil, donc des saisons, les rétrogradations ont elles pour objet de continuer à respecter l'état de la lune aux jours de l'ancien cycle strictement lunaire.

    A la fin de la première série de treize mois présentant ces rétrogradations, il est spécifié avec insistance que la série s'arrête avec cantlos : en ce mois en effet, aux six jours en question, le propre nom du mois est inscrit, au génitif, cantli, au lieu de samoni qu'on aurait si la série des transferts continuait. Le treizième mois de la série ne fait ainsi que fournir une notation au douzième mois sans rien recevoir lui-même du mois suivant.

    La deuxième espèce de rétrogradation porte sur le mot iuos. C'est une notation primitive, constante dans les cinq années et liée à la lune, puisqu'elle est sujette aux rétrogradations selon le même mécanisme que les jours 7, 8, 9 et 7a, 8a, 9a, à la différence que les transferts portent seulement sur la notation iuos, que le nom du mois fournisseur n'est pas transféré pour indiquer l'origine de l'emprunt et que la notation rétrogradée n'est pas remplacée.


  • Les prêts aux intercalaires :

    Un troisième système de transfert, unilatéral affecte les soixante-deux mois du lustre inscrit sur la Table, à raison de trente jours par mois intercalaire, et d'un jour par mois ordinaire. Chaque jour intercalaire, en effet, reçoit la notation du jour correspondant d'un mois ordinaire précédent, dans l'ordre régulier des mois. Ou plutôt, cette notation est répétée, accompagnée du nom du mois d'origine, au jour correspondant du mois intercalaire. Il ne s'agit donc pas d'un véritable transfert, d'emprunt ou même de prêt : en effet, le " prêteur " conserve son bien et le bénéficiaire ne restitue pas ce qu'il reçoit, sinon indirectement en commémorant ce " prêt " une ou deux fois. En réalité, c'est comme le double de sa propre notation qu'un jour de chacun des trente mois en question délègue pour être répété au jour correspondant d'un mois intercalaire. On a ainsi deux séries de trente " prêts ", l'une commençant avec giamoni- III.1 et se terminant avec cantlos V.15a, l'autre enchaînant sur samon- I.1 et finissant avec cutios III.15a.

    La raison d'être de tels prêts est évidemment de donner un contenu aux jours intercalaires qui sont des jours " blancs " par définition et de faire du mois intercalaire une sorte de récapitulation des trente mois précédents, deux fois douze et une fois six, soit deux ans et demi, représentés chacun par un jour. Les notations différent, d'ailleurs, dans les deux mois, puisque les jours prêteurs ne sont pas les mêmes pour les jours intercalaires.



    CARACTERE DU CALENDRIER

    Ce calendrier luni-solaire gaulois en usage chez les Ambarri est à caractère strictement cultuel. N'en déplaise à ceux qui affirment que la Table de bronze de Coligny est ni plus ni moins qu'un vulgaire almanach destiné à nous informer sur la clarté du ciel. J'ai, pour ma part, franchement beaucoup de mal à le croire, car j'imagine très mal un collège de druides gravant, jour après jour, pendant cinq ans, une plaque de bronze pour nous informer sur l'état du ciel. D'ailleurs les arguments en faveur du calendrier religieux rituel, " ecclésiastique " ne manque pas.

    Le premier est que les découvertes des nombreux fragments de bronze s'avérant être des calendriers ont été faites sur des sites qui ont livré des vestiges religieux (la statue de " Mars " à Coligny et le sanctuaire de Villards d'Héria) : ce milieu, cette ambiance ne correspondent qu'à un calendrier rituel. Le second, et pas le moindre, est que seule l'autorité politico-religieuse des druides avait la responsabilité de la tenue à jour du calendrier, puisque les observations astrales et toutes les connaissances scientifiques étaient leur monopole.

    Le seul argument défavorable à cette interprétation est, selon certains chercheurs, " l'absence " de fêtes dûment attestés. Mais cela ne suffit pas à nous détourner de l'hypothèse religieuse, car les noms " modernes " des fêtes celtiques, étant calquées sur l'interprétation irlandaise, nous ignorons si les Celtes continentaux les nommaient pareillement.

    Nous pouvons, à juste titre, en douter.

    Après une attentive lecture de la Table de Coligny, j'ai pu constater que dix notations reviennent chaque année au même jour mais pouvant pour certaines d'entre elles, à cause du rajout du mois embolismique, varier d'un mois à l'autre.

    J'y vois, pour ma part, les noms et l'emplacement des anciennes fêtes traditionnelles.

    Ces inscriptions sont :



    Premier semestre
    Sa. 2a TRINOXTION SAMONI SINDIU D.Q.
    Ri. 4 BRIGIOMU P.Q.
    Ri. 13 DEUORTOMOS IUGO D.Q.
    Ri. 8a II, III, V rétro. en Du. 8a I, IV PETIMA UXA I N.L
    Ri. 10a PETIMA UXA II N.L.
    An. 4 OCIOMU P.Q.
    Second semestre
    Si. 7 II, III, V rétro. en Gi. 7 I, IV TIOCOBREXTIO P.L.
    Ed. 7 II, III, V rétro. en El. 7 I, IV TIOCOBREXTIO P.L.
    Ed. 10a II, III, V rétro. en El. 10a I, IV SINDIU
    Ca. 15 TIOCOBREXTIO D.Q.



    De même une onzième inscription LUGOUOS apparaît, elle, tous les cinq ans le deuxième jour du mid anagantio.

    Suite à cette lecture nous pouvons établir que conformément à la tradition le premier semestre est orienté autour de la phase sombre de la lune alors que le second est centré sur la phase claire. Que les fêtes majeures, Tiocobrextio, se trouvent exclusivement dans le second semestre et sont célébrées aux pleines lunes.

    D'autre part nous pouvons dire que le festiaire druidique est divisé en quatre catégories de célébrations :

    1) les fêtes dites d'obligations, c'est-à-dire exigeant la participation de tous, toutes castes confondues, reconnus par la mention TIOCOBREXTIO

    2) les fêtes exceptionnelles, auxquelles personne ne peut se soustraire, qui sont nommées TRINOXTION SAMONI et LUGOUOS

    3) les fêtes secondaires, c'est-à-dire qui ne requièrent pas la présence obligatoire du roi et de la caste des guerriers, qui sont, elles signalées par les qualificatifs BRIGIOMU et OCIOMU

    4) les fêtes réservées exclusivement aux druides comme DEUORTOMOS IUGO et les PETIMA UXA I et II







    CALENDRIER DE COLIGNY







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