L'actualité vue et commentée...par Hélène Lamothe |
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Tragédie qu'on a voulu, délibérément, revivre en direct. Pourquoi ?
Pour l'histoire, pour l'art, par voyeurisme, pour dépasser la perception, le vécu, la peur, l'intolérable, pour montrer la folie meurtrière d'un individu sans nom dans le film, mais lequel nom est resté imprimer dans les mémoires à jamais?
Montrer la folie meurtrière au quart de tour peut avoir des répercussions sur d'autres gens mentalement dérangés ou en besoin d'attention et de se donner de l'importance, à tout prix!
Ledit film, criant de vérité selon certains, est pour les 13 ans et plus... et certaines personnes ont confirmé y avoir été avec de jeunes enfants de 6 et 7 ans; que signifie l'attitude de tels adultes/parents et que peut être les conséquences sur le mental de ces enfants; ces jeunes qui assistent en direct à une tuerie, rien de moins ?!...
Qui a besoin d'aller voir, en direct, une histoire reproduite sans but précis... pour l'histoire surtout. Assurément, ses créateurs font parler d'eux. Si jamais cela aurait un effet d'entraînement, d'attirance pour nourrir la folie d'une autre personne et qu'un autre drame se produirait,les auteurs et producteurs auraient-ils la maturité pour assumer cette conséquence et la perte probable de d'autres vies ?
La justification de l'idée meurtrière en utilisant le féminisme comme problématique... ne me rejoint pas du tout dans cet événement particulier. Ce tueur, Marc Lépine, aurait très bien pu se présenter dans le métro ou ailleurs et dans son moment de folie faire des sélections ou choix instantanés sans signification autre que sa folie. Rarement, pratiquement jamais on ne parle de cette perspective.
Jouer sur l'émotivité des gens... l'approche sensorielle. Raviver les traumatismes vécus... sain comme approche, pas évident ?!... Quand on parle d'une oeuvre d'autoguérison collective... on va très et trop loin.
Mettre de la poésie, de la beauté dans l'horreur, ne nourrit-on pas ainsi l'horreur? Faire un lien avec la violence au lieu de la folie brute suggère une position qui n'est peut-être pas la bonne et ainsi dirige vers un faux débat....
Ferons-nous, sous peu, au nom de l'art, un film avec un pédophile en action et essayerons-nous de rendre ce drame beau, poétique? Demandons-nous jusqu'où on peut et doit aller au nom de l'art.
On nous dit que le film Polytechnique n'explique rien, ne justifie rien ! Il montre, il évoque, point à la ligne. Le film Polytechnique montre l'horreur, étape par étape.
Une société qui cherche à reproduire l'horreur pour le plaisir de la regarder est malade, en manque d'humanité et peut-être à la recherche de sensations maladives dû à une nécessité de voyeurisme basé sur une culture de téléréalité.
Se faisant, on paiera assurément la note sociétale dans toute son horreur.
Commentaires et autres textes à: www.helenelamothe.com - Au plaisir...
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