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La
fonction du layout est le pivot central entre les
deux phases distinctes de production que sont la
conception graphique (tout ce qui est fait avant
le story-board, comme le model-pack) et la
fabrication même d’image animée. Il consiste à
insérer des personnages et autres éléments, animés
ou non dans un décor.C’est une étape très
technique, soumise à des normes reconnues par
l’industrie du dessin animé de nombreux pays.Le
story-board était une phase essentielle dans la
narration visuelle. Le layout est, lui aussi, très
important pour la qualité du film, mais
principalement en ce qui concerne l’animation.
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Le layout se
base sur la segmentation du story-board aussitôt
que celui-ci a été approuvé par le réalisateur et
l’équipe de production, et sur la feuille
d’exposition1. Un segment est constitué d’une ou
plusieurs cases et concerne le lieu et les actions
précises d’un plan (dans notre exemple ci-contre,
les personnages sont derrière une grosse caisse,
échangent un regard et l’un deux s’élance pour
quitter le champs). Selon les actions et les
mouvements de caméra, le layout fournira toutes
les indications nécessaires à l’animation de ce
segment. De plus, chaque feuille de layout est
codifiée selon sa nature (par exemple, BG pour
décor ou ANIM pour animation) et selon la série
(production, numéro d’épisode, numéro de
scène).
.gif) En dehors de tout son
matériel de dessin, crayons noirs et colorés,
règles diverses, le layout-artiste a besoin de
feuilles blanches d’animation, c’est à dire
perforées, pour s’adapter aux tenons de la
barrette graduée coulissante de la table
d’animation (aussi appelée peg-bar) et, aussi, de
la fameuse grille de cadrage (ou field guide).
Cette dernière est en plastique transparent
perforée . Elle se place sur la table lumineuse et
fournit une grille de repère pour tous les cadres
(ou champs) existants.
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Le layout se
divise en trois sections, que nous allons étudier
en détail, qui sont le cadrage, le décor et
l’animation.
Le layout-cadre définit
les mouvements de caméra et de table, c’est à dire
la position, la dimension et les variations du
cadre caméra en rapport au décor et à l’animation,
dans sa position autant que sa dimension. Le
choix des cadres doit se faire en fonction du type
de plan (plan rapproché, moyen, d’ensemble, gros
plan…) : généralement de champs 7 à champs 12, les
petits cadres pour les plans serrés et
inversement. Ainsi, une feuille de
layout-cadre comportera au moins : - le dessin
du cadre ; - le dessin du cadre de télévision
; - l’indication du centre du cadre, par le
biais d’une croix rouge ; - la valeur du cadre
(champs 10 sera noté 10F), noté proche du centre
; - l’éventuelle rotation (toujours en rapport
à l’horizontale et en degrés) ; - l’éventuel
décentrage (souvent en pouces, comme indiqué sur
la barrette à tenons), noté proche du centre. -
Le mouvement que la caméra va effectuer, dans le
cas de pans verticaux ou horizontaux. Il sera
donc noté, si il y a lieu, de son déplacement,
vertical, horizontal ou de biais (généralement en
pouces et points cardinaux), de sa rotation (CW
pour une rotation dans le sens des aiguilles d’une
montre, CCW pour l’inverse). Dans le cas de
feuille de cadres multiples (mouvement de caméra
dans un même décor), ceux-ci seront référencés
dans l’ordre d’utilisation, par une lettre (A, B,
C,…), ainsi qu’une couleur différente (le premier
cadre en rouge, le second en bleu, le troisième en
noir, la suite en alternance bleu et
noir). Le layout-décor, c’est la mise en
place des éléments essentiels du décor (ou
background) avec un dessin solide exécuté au
crayon. On fixe ainsi l’environnement où vont
prendre place personnages et effets. Il peut se
décomposer en plusieurs niveaux dont chacun fait
l’objet d’un dessin séparé sur plusieurs feuilles,
avec sa codification propre : - le décor
principal (code BG) ; - un overlay (OL), qui
représente un éléments supplémentaire placé en
avant-plan, donc sur un niveau supérieur ; - un
underlay (UL), l’inverse du précédent, qui se
trouve sur un niveau inférieur ; - un
overlay-underlay (OLUL), qui est un élément situé
entre les niveaux d’animation. Ces trois
derniers éléments permettent une fois en animation
de donner une impression de profondeur par vitesse
de déplacements différente. Le layout-décor
peut aussi comporter une indication sur la source
de lumière, l’ambiance (nuit, jour, orage…) ou les
ombres. Le décor et les autres éléments seront
cadrés selon le champs utilisé.
Le layout-animation va mettre en place
les phases de mouvements ou d’expressions
essentielles des personnages, avec autant de
dessins que nécessaire pour décrire l’action, en
partant de la première pose à la dernière, avec
leurs poses-clés intermédiaires2. On retrouve,
sur les feuilles, les indications suivantes : -
une numérotation chronologique et par niveau de
l’action ; - la limite gouache ou de coloration
(ou safe-paint) en bleu ; - le détourage (ou
matchline), si il y a lieu3 - le report du
cadre sur le premier dessin en bleu ; - les
raccords (hook-up) de mouvement à prévoir ; -
le numérotation chronologique des poses
d’animation (1/2, 2/2, dans le cas d’un mouvement
en deux poses-clé). Si il y a plusieurs
niveaux, il faudra l’indiquer à l’aide de lettres
(A, B, C…). Il est aussi fréquent d’avoir un
élément du décor qui ne s’anime que pendant une
partie du plan, comme une porte qui restera fixe
tant que le personnage ne l’ouvre pas. Cet
élément, appelé fixe (ou held cell), devra être
présenté sur un autre niveau et sera noté
HC. | |
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L’animation
qui suit est un exemple de layout, volontairement
simplifié pour une meilleur compréhension.
Télécharger
l'animation (236ko)
Il est clair que le
layout-artiste occupe une position-clé en aval de
l’étape d’animation. Un dessin animé, qu’il soit
long métrage ou de série, est constitué par un
ensemble de tâches diverse et donc d’équipes. Du
fait de cette division même de travail, chaque
étape doit être considérée comme le maillon d’une
longue chaîne (surtout en considérant les
co-productions qui s’étendent du continent
américain à l’Asie, en passant par l’Europe). À ce
titre, le layout-artiste se doit d’avoir une
certaine connaissance de cette chaîne, des
méthodes de travail et de son rôle. Un dessin
animé coûte cher ; refaire des scènes en terme de
travail graphique peut entraîner des dépenses en
temps et argent qui nuiront à la production. Le
layout-artiste est là pour résoudre les derniers
problèmes avant l’animation. Le layout est une
technique, ce qui implique de connaître son
lexique, sa codification, sans oublier les
techniques cinématographiques élémentaires (angles
de vues, raccords, etc…). Il est important d’être
précis et clair dans son travail, tout en veillant
aux respect des procédures, conventions et normes.
Le layout-artiste doit saisir l’ambiance de la
série, son design, être au fait des intentions des
concepteurs. La connaissance de la bible générale
de la série est donc impérative à la qualité de
son travail.Mais plus important encore, le layout
est un travail d’artiste graphique, au talent
évident en dessin, et concerné par la composition
et la perspective. Il lui faut avoir de bonnes
références et documentations en architecture,
paysage et technologie qui seront ses atouts pour
camper les décors, quelle que soit le lieu ou
l’époque. La maîtrise des structures de
personnages est nécessaire à l’élaboration de
poses dynamiques et de qualité. Les proportions,
volumes, formes et expressions gestuelles ou
faciales n’ont plus de secret pour lui. De même,
il doit posséder un coup de crayon versatile. Les
séries diffèrent toutes les unes des autres. Il
lui faudra donc s’adapter. Le design et l’esprit
d’une série comme Bob Morane est bien
différent d’une série comme la Mouche;
toutes deux imposent leur style et leur
traitement. Autant de difficultés que le
layout-artiste surmontera avec rapidité et
habilité. | |
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| Dans un
certain sens, le layout peut se présenter comme
une tâche moins créative que le design ou le
story-board, dans la production d’une animation.
Certes, c’est une étape technique soumise à une
certaine rigueur, mais le layout reste un travail
de composition graphique fascinant. Rappelons-le,
la qualité de l’animation et donc du dessin animé
dépendent en grande partie du
layout. | |
1) Feuille répertoriant les
éléments de chaque cadre de toute l’animation (éléments
graphiques des différents niveaux, mouvements de
caméras, effets spéciaux, dialogues); ce qui permet
d’avoir un contrôle sur les dessins à effectuer et la
durée précise de l’animation et des ses nombreuses
séquences. 2) Par poses-clé intermédiaires, on entend
la décomposition du mouvement par le biais de ses poses
essentielles, qui fourniront, à l’animateur, les bases
pour produire le mouvement intégral désiré. 3) Le
détourage intervient dans le cas où un personnage ou
objet animé serait en partie caché par un élément de
décor, le plus souvent un overlay ; le contour de cet
élément sera tracé sur la feuille de layout-animation,
délimitant ainsi ce qui est visible du personnage ou
objet animé. | |
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