RÉSUMÉ
DU FILM
Le
Dr. Paul Lacasse traverse une mauvaise passe. Son métier de psychiatre
lui laisse un goût amer en bouche et sa femme vient de le quitter.
C'est dans cette période trouble de son existence que débarque
à l'hôpital l'écrivain populaire de romans d'horreur
Thomas Roy, qui a tenté de se suicider après s'être
coupé tous les doigts. Peu après son arrivée, des
évènement étranges se produisent dans l'hôpital
et Paul se met à se demander si Thomas n'aurait pas quelque chose
à voir dans tout ça.
APPRÉCIATION
Depuis
quelques années, le cinéma québécois est en
pleine expansion. Les bons films se succèdent à un rythme
effréné, autant du côté des films grand public
(Un Homme et son Péché, La Grande Séduction
(encore dans le top 10 après quinze semaines!!)) que de ceux un
peu plus underground (Maëlstrom). Et il y a de cela au moins
six mois que j'attends avec grande impatience Sur le Seuil, présenté
comme étant le premier véritable film d'horreur québécois
(non, Les Dangereux ne comptent pas). Est-ce que j'avais raison
d'être excité comme ça à l'approche de la date
de sortie? OH QUE OUI!

Je
dois tout de même avouer qu'il ne s'agit pas du scénario le
plus original que j'aie eu la chance de visionner. Les personnages étaient,
par exemple, plutôt clichés : le vieux psy désabusé,
la jeune infirmière idéaliste, le journaliste sans-gêne,
et j'en passe. Mais le génie de ce film réside surtout dans
l'atmosphère qui y règne. Dès le générique,
extrêmement bien fait et immersif, on sent qu'on ne s'est pas embarqué
pour un voyage cinématographique standard. Les images et le son
étaient à l'image du reste du film, c'est-à-dire crues
et déstabilisantes. On a droit à un véritable trip
visuel, avec d'énormes contrastes de blanc et de rouge, qui reflètent
le lieu principal de l'action, un hôpital. Pour ce qui est des éléments
sonores, ils passaient de subtils à carrément agressants,
ce qui est bien loin, contrairement à ce que vous pourriez penser,
d'être un point négatif. Des bruits aigus qui nous percent
les tympans surviennent en de nombreuses occasions et n'hésitent
pas à se manifester aux moments les plus inattendus. Le réalisateur
Éric Tessier, qui en est à ses premières armes au
cinéma, nous offre donc une excellente représentation du
roman de Patrick Sénécal (que je n'ai pas lu... désolé...)
et je ne peut qu'être impatient de voir ce qu'il nous réserve
dans le futur.

Du
côté des comédiens, on est gâtés. Michel
Côté, que plusieurs journalistes ont qualifié de "méconnaissables
avec sa barbe", ne me demandez surtout pas pourquoi, est tout simplement
excellent. C'est la preuve qu'on est un excellent acteur quand on est capable
de passer d'une comédie épaisse (Cruising Bar) à
un drame psychologique tout en gardant sa crédibilité, et
c'est exactement ce qu'il réussit ici. Patrick Huard, contrairement
à ce que dévoilent les bande-annonces, n’est pas très
présent, mais chacune des ses interventions sont brillantes de suspense
et de mystère. Catherine Florent avait une sorte de jeu que je trouvais
un peu bizarre au début, mais j’ai fini par m’y habituer et elle
m’a charmé, malgré quelques répliques un peu trop
littéraires et pompeuses. Mais le personnage le plus étrange,
et le plus réussi, c’est sans aucun doute le Père Pivot,
interprété par Nicolas Canuel, qui réussit un tour
de force en nous hypnotisant carrément avec son regard diabolique
et sa tête complètement chauve. Malheureusement pas assez
présent, il réussit quand même à créer
toute une impression que l’on n’est pas près d’oublier.

Par
contre, il serait ridicule de dire que ce film est parfait. Son plus grand
problème, en fait, est sa première partie. Ce n’est pas qu’elle
soit entièrement ratée, mais je sentais simplement qu’on
me promenait dans des sentiers bien trop souvent utilisés dans les
dernières années. Le scénario et ce qui se passait
devant mes yeux n’était pas si cliché, c’es seulement que
la façon avec laquelle le sujet était traité était
trop anodine. Presque pas de rebondissements ou de passages un peu plus
tendus dans cette partie, on assiste, en gros, à une enquête,
un peu étrange, bien sûr, mais avec rien d’exceptionnel. Ce
qui est étonnant, cependant, c’est la seconde partie. En effet,
ils accomplissent ici exactement le contraire de ce qui arrive habituellement
avec les films aujourd’hui, c’est-à-dire un excellent début
et une fin décevante. Sans trop vous dévoiler de surprises,
à partir du récit d’Albert Millaire, l’histoire part dans
un sens totalement opposé, et beaucoup plus intéressant.
En fait, ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti une aussi
grande excitation à voir la fin arriver. Définitivement,
le moment fort du film. On a donc droit à un excellent film, malencontreusement
un peu trop inégal, qui risque d’ouvrir plusieurs portes dans le
monde du cinéma québécois. Enfin. En passant, si
vous réussissez à trouver une image du poster du film, ça
serait ben l'fun.
MOMENTS
À NE PAS MANQUER
Toute l’histoire du
Père Lemay, dans sa petite cabane de campagne. Je ne veut plus jamais
aller à l’église. Attendez un peu, je ne suis déjà
pas allé depuis 5-6 ans… Fiou…
***
Les deux handicapés
qui se battent parce qu’un des deux a barbouillé le dessin de l’autre.
Je sais, ce n‘est pas bien de rire des malades, mais je n’ai pas pu m’en
empêcher.
***
Madame Hénault
qui se crève les yeux assise sur le Dr. Lacasse… Dommage que cette
scène-là soit montrée dans la bande-annonce…
COTE
DE LA BELETTE



Écrite et publiée
le 27 octobre 2003