"Je le vois. Je le vois."


Catégorie
Thriller fantastique
Auteurs
Patrick Sénécal (roman)
Éric Tessier
Réalisateur
Éric Tessier
Producteur
Nicole Robert
Durée
97 minutes
Compagnie de production
Alliance Atlantis Vivafilm
Année de sortie
2003
Classement


Violence, Horreur

Pas de site officiel
Bande-annonce

Acteurs
   -Michel Côté       -Patrick Huard     -Catherine Florent     -Albert Millaire
   (Paul Lacasse)      (Thomas Roy)           (Jeanne)             (Père Lemay)

 -Jean-Pierre Bergeron    -Nicolas Canuel      -Normand D'Amour      -Jean L'Italien
    (Père Boudrault)     (Père Henri Pivot)   (Louis Archambeault)   (Charles Monette)

RÉSUMÉ DU FILM
Le Dr. Paul Lacasse traverse une mauvaise passe. Son métier de psychiatre lui laisse un goût amer en bouche et sa femme vient de le quitter. C'est dans cette période trouble de son existence que débarque à l'hôpital l'écrivain populaire de romans d'horreur Thomas Roy, qui a tenté de se suicider après s'être coupé tous les doigts. Peu après son arrivée, des évènement étranges se produisent dans l'hôpital et Paul se met à se demander si Thomas n'aurait pas quelque chose à voir dans tout ça.

APPRÉCIATION
Depuis quelques années, le cinéma québécois est en pleine expansion. Les bons films se succèdent à un rythme effréné, autant du côté des films grand public (Un Homme et son Péché, La Grande Séduction (encore dans le top 10 après quinze semaines!!)) que de ceux un peu plus underground (Maëlstrom). Et il y a de cela au moins six mois que j'attends avec grande impatience Sur le Seuil, présenté comme étant le premier véritable film d'horreur québécois (non, Les Dangereux ne comptent pas). Est-ce que j'avais raison d'être excité comme ça à l'approche de la date de sortie? OH QUE OUI!

Je dois tout de même avouer qu'il ne s'agit pas du scénario le plus original que j'aie eu la chance de visionner. Les personnages étaient, par exemple, plutôt clichés : le vieux psy désabusé, la jeune infirmière idéaliste, le journaliste sans-gêne, et j'en passe. Mais le génie de ce film réside surtout dans l'atmosphère qui y règne. Dès le générique, extrêmement bien fait et immersif, on sent qu'on ne s'est pas embarqué pour un voyage cinématographique standard. Les images et le son étaient à l'image du reste du film, c'est-à-dire crues et déstabilisantes. On a droit à un véritable trip visuel, avec d'énormes contrastes de blanc et de rouge, qui reflètent le lieu principal de l'action, un hôpital. Pour ce qui est des éléments sonores, ils passaient de subtils à carrément agressants, ce qui est bien loin, contrairement à ce que vous pourriez penser, d'être un point négatif. Des bruits aigus qui nous percent les tympans surviennent en de nombreuses occasions et n'hésitent pas à se manifester aux moments les plus inattendus. Le réalisateur Éric Tessier, qui en est à ses premières armes au cinéma, nous offre donc une excellente représentation du roman de Patrick Sénécal (que je n'ai pas lu... désolé...) et je ne peut qu'être impatient de voir ce qu'il nous réserve dans le futur.

Du côté des comédiens, on est gâtés. Michel Côté, que plusieurs journalistes ont qualifié de "méconnaissables avec sa barbe", ne me demandez surtout pas pourquoi, est tout simplement excellent. C'est la preuve qu'on est un excellent acteur quand on est capable de passer d'une comédie épaisse (Cruising Bar) à un drame psychologique tout en gardant sa crédibilité, et c'est exactement ce qu'il réussit ici. Patrick Huard, contrairement à ce que dévoilent les bande-annonces, n’est pas très présent, mais chacune des ses interventions sont brillantes de suspense et de mystère. Catherine Florent avait une sorte de jeu que je trouvais un peu bizarre au début, mais j’ai fini par m’y habituer et elle m’a charmé, malgré quelques répliques un peu trop littéraires et pompeuses. Mais le personnage le plus étrange, et le plus réussi, c’est sans aucun doute le Père Pivot, interprété par Nicolas Canuel, qui réussit un tour de force en nous hypnotisant carrément avec son regard diabolique et sa tête complètement chauve. Malheureusement pas assez présent, il réussit quand même à créer toute une impression que l’on n’est pas près d’oublier.

Par contre, il serait ridicule de dire que ce film est parfait. Son plus grand problème, en fait, est sa première partie. Ce n’est pas qu’elle soit entièrement ratée, mais je sentais simplement qu’on me promenait dans des sentiers bien trop souvent utilisés dans les dernières années. Le scénario et ce qui se passait devant mes yeux n’était pas si cliché, c’es seulement que la façon avec laquelle le sujet était traité était trop anodine. Presque pas de rebondissements ou de passages un peu plus tendus dans cette partie, on assiste, en gros, à une enquête, un peu étrange, bien sûr, mais avec rien d’exceptionnel. Ce qui est étonnant, cependant, c’est la seconde partie. En effet, ils accomplissent ici exactement le contraire de ce qui arrive habituellement avec les films aujourd’hui, c’est-à-dire un excellent début et une fin décevante. Sans trop vous dévoiler de surprises, à partir du récit d’Albert Millaire, l’histoire part dans un sens totalement opposé, et beaucoup plus intéressant. En fait, ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti une aussi grande excitation à voir la fin arriver. Définitivement, le moment fort du film. On a donc droit à un excellent film, malencontreusement un peu trop inégal, qui risque d’ouvrir plusieurs portes dans le monde du cinéma québécois. Enfin. En passant, si vous réussissez à trouver une image du poster du film, ça serait ben l'fun.

MOMENTS À NE PAS MANQUER
Toute l’histoire du Père Lemay, dans sa petite cabane de campagne. Je ne veut plus jamais aller à l’église. Attendez un peu, je ne suis déjà pas allé depuis 5-6 ans… Fiou…

***

Les deux handicapés qui se battent parce qu’un des deux a barbouillé le dessin de l’autre. Je sais, ce n‘est pas bien de rire des malades, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. 

***

Madame Hénault qui se crève les yeux assise sur le Dr. Lacasse… Dommage que cette scène-là soit montrée dans la bande-annonce…

COTE DE LA BELETTE

Écrite et publiée le 27 octobre 2003

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La Belette Enragée 2003