RÉSUMÉ
DU FILM
C'est
la guerre entre les clans des vampires et des lycans (ça, c'est
une façon snob de dire loup-garou). Depuis des années, les
vampires tentent vainement d'éliminer complètement leur race
ennemie. Alors qu'ils croient être sur le point de réussir,
un homme mortel apparaît dans le viseur des lycans, qui, pour on-ne-sait-pas-encore-quelle
raison, tentent de le capturer. Une vamipre nommée Selene enquêtera
sur cette affaire tout en excitant les préados de 12 ans qui iront
voir le film en se promenant dans un costume de latez hyper-moulant.
APPRÉCIATION
Ce
n'est pas parce que le film est cool qu'il est nécessairement bon.
C'est ce qu'on comprend quand on sort de la salle de cinéma qui
présente Underworld. Parce que pour être cool, ce film-là
l'est beaucoup. Mais pas assez. Mais quand même pas mal. En fait,
c'est un gros mélange des deux. Des deux quoi? Le contraire de l'autre.
Continuez votre lecture et vous comprendrez ce que je veux dire par là,
en espérant que je vais arrêter de faire des blagues minables
et incompréhensibles pour vous tous. Je m'excuse.

Mais
je disgresse. Bon. Les premieres dix minutes du film nous jettent par terre.
Ça tire dans tous les sens, peu importe si on tue des innocents,
ça revole, ça explose, c'est extrèmement cool. La
dernière demie-heure ramène les mêmes sensations, à
la puissance quatre, comme le jeu. Mais entre les deux, un énorme
vide se creuse. C'est plate longtemps. Autant les scènes d'action
sont excitantes et prenantes, autant les scènes d'exposition sont
emmerdantes. Et quand on sait que, sur deux heures, il y a presque une
heure et demie d'exposition sans action où les personnages ne font
que parler, ça nous montre à quel point deux heures peuvent
passer lentement. Mais si, au moins, le scénario était bon,
original, avec des retournements de situation inatendus, le tout serait
bien plus digérable. Ben non. Plusieurs segments du film sont d'ailleurs
presque risibles. La fille qui nous explique tout ce qui s'est passé
jusqu'à maintenant en se regardant dans le miroir... L'épais
qui a eu cette idée-là peut-il lever la main, qu'on lui lance
tous un camion rempli de marteaux à poignées ergonomiques?
Et je ne parle même pas de certains personnages franchement ridicules,
à commencer par la vampire blonde innocente, qui n'apporte absolument
rien de nouveau à l'histoire, à l'exception d'une autre actrice
sans expérience qui pourra se vanter d'avoir pu entrer dans la roulotte
du réalisateur.

Mais
ce ne serait pas si grave si, au moins, les personnages principaux étaient
intéressants. Non plus. Désolé. Serene était
franchement extrèmement ennuyante à regarder. Je commence
à être vraiment écoeuré des ces personnages
du genre "j'ai un secret enfoui en-dedans de moi et, au lieu de le dire
à quelqu'un, j'ai un air de boeuf à longueur de journée".
Ce n'est pas de la faute de Kate Beckinsale, c'est seulement son personnage
qui est mal écrit. Le même peut être dit à propos
de Scott Speedman, qui passe touta la durée du film attaché
après toutes sortes de choses et qui devient cool seulement à
la toute fin. En plus, le scénario a dû être écrit
pendant que les scénaristes écoutaient Blade 2. Alors
que dans celui-ci, on étaient témoins d'une guerre sans merci
entre deux clans de vampires, ici, on est témoins d'une guerre sans
merci entre un clan de vampires et un clan de loup-garous. Comme c'est
original. En plus, j'ai trouvé sans grande difficulté de
nombreuses similarités entre les retournements de situation des
deux films ici mentionnés. Je vous jure, c'est presque identique.
Si on se souvient à quel point Blade 2 était à
chier, ça ne va vraiment pas bien.

Je
ne veux quand même pas donner l'impression que ce film est une véritable
merde ambulante qui ne vaut même pas la peine de s'arrêter
pour pisser dessus. Du côté positif, les effets spéciaux
étaient exceptionnels. Je m'attendais à détester profondément
le design des loup-garous, mais ils étaient extrèmement bien
faits. Leur transformation, surtout, était particulièrement
réussie, avec les bruits d'os qui se brisent et l'absence d'animation
par ordinateur trop évidente. Je les ai adorés, surtout après
les monstres merdiques du Loup-Garou de Paris. Les scènes d'action
étaient elle aussi très intéressantes à regarder,
malgré que j'aurais préféré voir plus de combats
en corps à corps plutôt que des fusillades. À quoi
ça sert de mettre en scène des monstres sanguinaires si ils
ne se servent même pas de leurs particularités et ne font
que se tirer dessus? J'ai quand même pu voir les meilleures scènes
d'action de l'année dans ce film, mais ça aurait pu être
bien plus, si je me fie surtout à la scène finale. J'ai aussi
bien aimé le fait qu'ils développent un peu plus les méchants.
Au lieu de les faire passer pour une bande de brutes sanguinaires, ils
sont décrits comme des êtres qui, comme les vampires, ont
leur propre raison de faire la guerre et veulent, eux aussi, qu'elle s'arrête
le plus vite possible. La réalisation était elle aussi excellente
et l'abiance du film gothique à souhait. Quand on pense que ce film
n'a coûté que 20 millions, c'est un talent assez évident
qui émane de Len Wiseman, qui en est à sa première
réalisation. En espérant qu'il se consacre dans l'avenir
à de meilleurs projets...
MOMENTS
À NE PAS MANQUER
La
fusillade du début dans le métro est vraiment trop cool.
Pas assez de métamorphoses de loup-garous, mais très cool
quand même.
***
La
bataille finale, apposant un Scott Speedman transformé et un autre
personnage dont je garderai l'anonymat pour ne pas voler de punch à
personne, est, elle aussi, extrèmement cool. Ça me fait penser,
j'ai utilisé le mot cool à sept reprises dans cette critique.
Je crois d'ailleurs que le mot cool est celui qui décrit le mieux
le film. Huit.
***
Viktor
a vraiment un coup de poing extrèmement puissant. Il a réussi
a faire sortir de ma bouche un magnifique rire de sadique. Et ça
ne m'arrive pas souvent.
COTE
DE LA BELETTE


Écrite
et publiée le 22 septembre 2003