"Dark, Darkest, Darko."


Catégorie
Science-fiction
Auteur
Richard Kelly
Réalisateur
Richard Kelly
Producteurs
Adam Fields
Nancy Juvoven
Sean McKittrick
Durée
113 minutes
Compagnie de production
Pandora Cinema
Année de sortie
2001
Classement


Déconseillé aux jeunes enfants

Site officiel
Bande-annonce

Acteurs
-Jake Gyllenhaal   -Holmes Osborne  -Maggie Gyllenhaal  -Daveigh Chase   -Mary McDonnell
 (Donnie Darko)     (Eddie Darko)    (Elizabeth Darko)  (Samantha Darko)  (Rose Darko)

-Patrick Swayze     -Beth Grant      -Jena Malone     -Katharine Ross   -Drew Barrymore
(Jim Cunningham)   (Kitty Farmer)   (Gretchen Ross)   (Lilian Thurman)  (Karen Pomeroy)

RÉSUMÉ DU FILM
Donnie Darko a quelques petits problèmes. Il est en thérapie avec une psychiatre qui le bourre de médicaments. Il ne se sent pas à sa place dans sa famille. Il est constamment harcelé à l'école par deux épais. Il souffre de somnambulisme et se réveille toujours dans un endroit différent de celui où il s'est couché. Il hallucine un lapin géant qui lui ordonne de faire des choses contre sa volonté. Un réacteur d'avion s'écrase dans sa chambre et la détruit. Toutes sortes de petits problèmes comme ça.

APPRÉCIATION
Je suis plutôt chanceux ces temps-ci. Je découvre de plus en plus de petits bijoux de films dont personne n'a jamais entendu parler, mais qui sotn quand même excellents. Et présentement, le leader de cette catégorie, c'est définitivement Donnie Darko. Ce que ce film réussit à faire, c'est nous faire découvrir un univers où la réalité se mélange avec la fiction, où on se surprend à croire que ce qui arrive aux personnages pourraient nous arriver à nous-même, malgré les évènements fantastiques dont on est témoin. Et je considère qu'une des choses les plus importantes dans un film, c'est la vraisemblablité (est-ce que ça existe ce mot-là?). Et ce film a beau mettre en vedette un lapin imaginaire de six pieds de haut, on y croit toujours. En plus, avec le très faible budget dont on s'est servi ici (4 500 000$), c'est un exploit notable et une autre preuve qu'on n'a pas besoin de sommes astronomiques pour faire un bon film, un bon scénario suffit.

Et de ce côté-là, laissez moi vous dire qu'on est plus que servi! Richard Kelly semble être de la nouvelle vague de réalisateurs qui préfèrent suggérer plutôt que montrer. Ça fonctionne admirablement, et on a droit à un film qui peut paraître un peu lent à certains moments mais qui continue de nous captiver à chaque instants. Je dois également mentionner à quel point j'adore la fin, qui nous oblige à revoir le film une seconde fois pour bien en comprendre toute l'essence. Tous les éléments qui, jusqu'à maintenant, ne semblaient pas faire de sens ou qui ne paraissaient pas à leur place dans le film se mettent ensemble et nous font comprendre toute la complexité du scénario, écrit par le réalisateur lui-même. Parlant du réalisateur, Richard Kelly, pour son premier film, nous montre qu'il sait comment manier une caméra avec soin. Des plans qui tournent sur eux-mêmes, des ralentis, des accélérés, quelques petits effets ici et là, je lui prédis une longue et fructueuse carrière. Je tiens également à rajouter que le film est vraiment, mais vraiment drôle. L'engueulade entre Donnie et sa soeur est un des meilleurs moments du film (probablement parce que les deux acteurs sont effectivement frères et soeurs dans la vraie vie) et la convocation des parents à l'école était franchement désopilante (je m,excuse d'avoir utilisé l'horrible mot désopilant mais je me force présentement à trouver des synonymes du mot drôle)

Si je devais trouver un défaut à ce film, ce serait plutôt au niveau des personnages. En effet, autant on s'attache vraiment à certains, autant d'autres semblent être là seulement pour remplir le temps. Du côté le plus brillant de la médaille, Jake Gyllenhaal porte le film entier sur ses épaules et s'en sort particulièrement bien. Son personnage peut bien être vaguement déséquilibré et bizarre, je réussissais à m'identifier à lui et à vouloir qu'il s'en sorte. Je pourrais dire la même chose sur Jena Malone, qui ne m'a pas, étonnament, tappé sur les nerfs. Je ne connaissait pas l'actrice en tant que tel avant le film, mais les histoires d'amour d'adolescents sont souvent traitées d'une manière ennuyeuse et inutilement braillarde dans la majorité du temps, et ça m'énerve profondément. Heureusement, Freddy Prinze Jr. ne s'est pointé nulle part et cette partie de l'histoire a très bien fonctionné pour moi. Mais, surtout, le personnage de Kitty Farmer, le professeur de gym hystérique, se démarque du lot. Presque toutes ses apparitions nous amène un sourire aux lèvres, même lorsqu'elle agit séieusement. Elle représente, selon moi, la vision du réalisateur de l'Amérique moderne dans toute sa splendeur (enclenchez vos détecteurs de sarcasme ici), l'Amérique puritaine et vieux jeu, qui s'accroche à tout ce qui la remonte aux yeux des autres et qui se considère comme étant la Seule et Unique, celle qui possède La Vérité Absolue. Finalement, Patrick Swayze botte de sérieux derrières dans le rôle du prédicateur qui fourre toutes les petites vieilles de la ville avec ses livres remplis de cochonneries. Et c'est tout un compliment de ma part quand on considère que je ne suis vraiment pas son plus grand fan. 

Du côté négatif, les personnages des deux épais sont particulièrement inutiles et unidimensionnels. L'acteur qui interprète le plus gros des deux s'est d'ailleurs démarqué comme étant le plus mauvais acteur du film, alors que l'autre était parfait pour son rôle. Mais ceci dit, peut-être que le réalisateur a décidé de les montrer à travers les yeux de Donnie, qui ne les voit comme deux brutes épaisses. Mais vraiment, LE personnage dont on aurait TELLEMENT bien pu se passer, le prof d'anglais en personne, DREW BARRYMORE!!! Je n'ai franchement aucune idée de ce qu'elle venait faire là-dedans, elle ne sert à rien qui fasse avancer l'histoire, elle a les pires manières possibles pour un professeur et je suis sûr qu'elle n'est pas fraîche. Mais, si on regarde attentivement, on se rend compte qu'elle a exécutivement-produit le film (dans le sens de "executive producer"). Quelle coïncidence. Au moins a-t-elle le mérite d'avoir cru en ce projet. Mais ce petit détail ne gâche en rien le visionnement de ce bijou caché et je le recommanderais vraiment à tout le monde. Une excellente réflexion sur l'adolescence, le destin et la mort, racontée sur fond de science-fiction.

MOMENTS À NE PAS MANQUER
La discussion sur la vie sexuelle des Schtroumpfs est tout simplement hilarante!
("What's the point of living if you don't have a dick?")

***

La citation la plus drôle de tout le film :
Kitty Farmer : "I'll tell you what he said. He asked me to forcibly insert the Life Line exercise card into my anus!"

***

La scène finale en est une pour les livres. Un montage excessivement réussi, avec une chanson des mieux choisies pour l'occasion, qui tente d'amener une touche de positif dans une fin franchement déprimante.

COTE DE LA BELETTE

Écrite et publiée le 26 juillet 2003

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La Belette Enragée 2003