RÉSUMÉ
DU FILM
Donnie Darko a quelques
petits problèmes. Il est en thérapie avec une psychiatre
qui le bourre de médicaments. Il ne se sent pas à sa place
dans sa famille. Il est constamment harcelé à l'école
par deux épais. Il souffre de somnambulisme et se réveille
toujours dans un endroit différent de celui où il s'est couché.
Il hallucine un lapin géant qui lui ordonne de faire des choses
contre sa volonté. Un réacteur d'avion s'écrase dans
sa chambre et la détruit. Toutes sortes de petits problèmes
comme ça.
APPRÉCIATION
Je suis plutôt
chanceux ces temps-ci. Je découvre de plus en plus de petits bijoux
de films dont personne n'a jamais entendu parler, mais qui sotn quand même
excellents. Et présentement, le leader de cette catégorie,
c'est définitivement Donnie Darko. Ce que ce film réussit
à faire, c'est nous faire découvrir un univers où
la réalité se mélange avec la fiction, où on
se surprend à croire que ce qui arrive aux personnages pourraient
nous arriver à nous-même, malgré les évènements
fantastiques dont on est témoin. Et je considère qu'une des
choses les plus importantes dans un film, c'est la vraisemblablité
(est-ce que ça existe ce mot-là?). Et ce film a beau mettre
en vedette un lapin imaginaire de six pieds de haut, on y croit toujours.
En plus, avec le très faible budget dont on s'est servi ici (4 500
000$), c'est un exploit notable et une autre preuve qu'on n'a pas besoin
de sommes astronomiques pour faire un bon film, un bon scénario
suffit.

Et de ce côté-là,
laissez moi vous dire qu'on est plus que servi! Richard Kelly semble être
de la nouvelle vague de réalisateurs qui préfèrent
suggérer plutôt que montrer. Ça fonctionne admirablement,
et on a droit à un film qui peut paraître un peu lent à
certains moments mais qui continue de nous captiver à chaque instants.
Je dois également mentionner à quel point j'adore la fin,
qui nous oblige à revoir le film une seconde fois pour bien en comprendre
toute l'essence. Tous les éléments qui, jusqu'à maintenant,
ne semblaient pas faire de sens ou qui ne paraissaient pas à leur
place dans le film se mettent ensemble et nous font comprendre toute la
complexité du scénario, écrit par le réalisateur
lui-même. Parlant du réalisateur, Richard Kelly, pour son
premier film, nous montre qu'il sait comment manier une caméra avec
soin. Des plans qui tournent sur eux-mêmes, des ralentis, des accélérés,
quelques petits effets ici et là, je lui prédis une longue
et fructueuse carrière. Je tiens également à rajouter
que le film est vraiment, mais vraiment drôle. L'engueulade entre
Donnie et sa soeur est un des meilleurs moments du film (probablement parce
que les deux acteurs sont effectivement frères et soeurs dans la
vraie vie) et la convocation des parents à l'école était
franchement désopilante (je m,excuse d'avoir utilisé l'horrible
mot désopilant mais je me force présentement à
trouver des synonymes du mot drôle)

Si je devais trouver
un défaut à ce film, ce serait plutôt au niveau des
personnages. En effet, autant on s'attache vraiment à certains,
autant d'autres semblent être là seulement pour remplir le
temps. Du côté le plus brillant de la médaille, Jake
Gyllenhaal porte le film entier sur ses épaules et s'en sort particulièrement
bien. Son personnage peut bien être vaguement déséquilibré
et bizarre, je réussissais à m'identifier à lui et
à vouloir qu'il s'en sorte. Je pourrais dire la même chose
sur Jena Malone, qui ne m'a pas, étonnament, tappé sur les
nerfs. Je ne connaissait pas l'actrice en tant que tel avant le film, mais
les histoires d'amour d'adolescents sont souvent traitées d'une
manière ennuyeuse et inutilement braillarde dans la majorité
du temps, et ça m'énerve profondément. Heureusement,
Freddy Prinze Jr. ne s'est pointé nulle part et cette partie de
l'histoire a très bien fonctionné pour moi. Mais, surtout,
le personnage de Kitty Farmer, le professeur de gym hystérique,
se démarque du lot. Presque toutes ses apparitions nous amène
un sourire aux lèvres, même lorsqu'elle agit séieusement.
Elle représente, selon moi, la vision du réalisateur de l'Amérique
moderne dans toute sa splendeur (enclenchez vos détecteurs de sarcasme
ici), l'Amérique puritaine et vieux jeu, qui s'accroche à
tout ce qui la remonte aux yeux des autres et qui se considère comme
étant la Seule et Unique, celle qui possède La Vérité
Absolue. Finalement, Patrick Swayze botte de sérieux derrières
dans le rôle du prédicateur qui fourre toutes les petites
vieilles de la ville avec ses livres remplis de cochonneries. Et c'est
tout un compliment de ma part quand on considère que je ne suis
vraiment pas son plus grand fan.

Du côté
négatif, les personnages des deux épais sont particulièrement
inutiles et unidimensionnels. L'acteur qui interprète le plus gros
des deux s'est d'ailleurs démarqué comme étant le
plus mauvais acteur du film, alors que l'autre était parfait pour
son rôle. Mais ceci dit, peut-être que le réalisateur
a décidé de les montrer à travers les yeux de Donnie,
qui ne les voit comme deux brutes épaisses. Mais vraiment, LE personnage
dont on aurait TELLEMENT bien pu se passer, le prof d'anglais en personne,
DREW BARRYMORE!!! Je n'ai franchement aucune idée de ce qu'elle
venait faire là-dedans, elle ne sert à rien qui fasse avancer
l'histoire, elle a les pires manières possibles pour un professeur
et je suis sûr qu'elle n'est pas fraîche. Mais, si on regarde
attentivement, on se rend compte qu'elle a exécutivement-produit
le film (dans le sens de "executive producer"). Quelle coïncidence.
Au moins a-t-elle le mérite d'avoir cru en ce projet. Mais ce petit
détail ne gâche en rien le visionnement de ce bijou caché
et je le recommanderais vraiment à tout le monde. Une excellente
réflexion sur l'adolescence, le destin et la mort, racontée
sur fond de science-fiction.
MOMENTS
À NE PAS MANQUER
La discussion sur la
vie sexuelle des Schtroumpfs est tout simplement hilarante!
("What's the point
of living if you don't have a dick?")
***
La citation la plus drôle
de tout le film :
Kitty Farmer : "I'll
tell you what he said. He asked me to forcibly insert the Life Line exercise
card into my anus!"
***
La scène finale
en est une pour les livres. Un montage excessivement réussi, avec
une chanson des mieux choisies pour l'occasion, qui tente d'amener une
touche de positif dans une fin franchement déprimante.
COTE
DE LA BELETTE




Écrite
et publiée le 26 juillet 2003