RÉSUMÉ
DU FILM
Craig
Schwartz est un marionnettiste, dont le seul but est de créer son
propre spectacle de marionnettes. Malheureusement, il n'a pas assez de
fonds pour réaliser son rêve. Par contre, à force de
manipuler les fils de sa marionnettes, il a développé une
habileté et une rapidité exceptionnelle des mains, ce qui
l'aidera à être engagé en tant que classeur dans un
immeuble à bureau. Un jour qu'il vaquait à ses occupations,
il découvre un passage secret dans son bureau qui le mène
directement dans la tête de l'acteur américain John Malkovich.
Avec l'aide de sa compagne de travail qui le déteste, il commercialisera
le passage et se fera plein d'argent jusqu'au moment où John Malkovich
lui-même se rendra compte que n'importe qui peut se promener dans
sa tête.
APPRÉCIATION
Le
point de départ de ce film est complètement ridicule. Avec
en plus l'univers vraiment invraisemblable, ce film aurait facilement pu
être une comédie stupide remplie de gags faciles. Heureusement
il ne prend pas cette direction et se révèle bien plus profond
que ce que l'on pourrait penser. Il est rempli de symboles et de métaphores
d'un bout à l'autre. Par exemple, Craig est un marionnettiste, il
"contrôle" des pantins, et ensuite, il va dans la tête de John
Malkovich et le "contrôle" lui aussi, de la même façon
qu'avec ses marionnettes. Autre exemple, Craig travaille à l'étage
7 1/2 d'un immeuble. Selon la Bible, Dieu ne nous contrôlera jamais.
Le chiffre 7 est souvent associé à Dieu, ce qui signifie
que ceux qui vont dans la tête de l'acteur vont plus loin que Dieu.
Profond...
Un
autre aspect intéressant du film est la façon avec laquelle
il jongle entre l'invraisemblance et le réalisme. On a ici droit
à plusieurs trouvailles toutes plus ridicules les unes que les autres,
mais traitées avec sérieux. Pour expliquer l'existence de
l'étage 7 1/2, on nous montre un documentaire mettant en vedette
un nain qui se plaint de la hauteur des plafonds. La femme de Craig travaille
dans une animalerie et garde un singe à la maison qui dort à
côté d'elle pendant que Craig dort sur le divan. Et je ne
parlerai pas de l'homme de 105 ans qui réussit à rester en
vie grâce à tout le jus de carotte qu'il ingurgite et qui
doit pisser orange à toutes les 15 minutes.
On
pourrait croire que les personnages du film sont étouffés
par toutes les stupidités qui s'y passent et qu'ils sont aussi développés
qu'un film Kodak tout juste sorti de sa boîte. Vous vous trompez
encore. D'après moi, l'histoire n'est en fait qu'un prétexte
pour pouvoir explorer davantage la psychologie des personnages, surtout
leur côté noir. D'ailleurs, pendant toute la durée
du film, on se demandera qui sont les personnages qui devraient avoir notre
sympathie et lesquels on devrait détester. Dès le début,
on se rend compte que Maxine est très agréable à haïr.
Mais à certains moments, on se rend compte qu'elle n'est pas si
chienne que ça et que finalement, c'est plutôt Lotte, la femme
de Craig, qui est la vraie méchante, mais après on se rendra
compte que ce n'est plus vraiment vrai, etc. La relation entre Maxine et
Lotte est d'ailleurs très ambigüe. On ne sait jamais trop ce
qu'elles éprouvent l'une pour l'autre, et on se demandera plus d'une
fois comment ça se fait que Lotte se soit mariée avec un
homme.

Du
côté des acteurs, ils sont tous vraiment excellents. John
Cusack a vrament l'air dérangé, et sa coupe de cheveux y
est sûrement pour quelque chose. Pour une fois, Cameron Diaz ne joue
pas une belle blonde niaiseuse, mais une fille qui s'habille en pantalons
de jogging avec une touffe de cheveux assez monumentale. John Malkovich
se joue lui-même, alors ça n'a pas dû être trop
difficile à faire, malgré que je doute fortement qu'il soit
comme ça dans la vraie vie. J'ai vraiment aimé détester
Catherine Keener et c'est pour ça qu'elle était là.
MOMENTS
À NE PAS MANQUER
La
poursuite confrontant Maxine et Lotte dans le subconscient de John Malkovich.
C'est fort probablement le meilleur moment du film et c'est à ce
moment qu'on comprend tout le génie de Spike Jonze.
***
La
scène où John Malkovich va dans son propre esprit. Il se
retrouve dans un restaurant où tout le monde a sa tête, lorsque
les gens parlent, ils ne disent que "Malkovich" et sur tout le menu, il
est écrit seulement plusieurs fois "Malkovich". J'avoue qu'il falait
y penser.
***
La
meilleure citation du film : Craig est en pleine entrevue pour être
engagé en tant que classeur :
Le
patron : Which of these two letters come in first, this one or this one?
Craig
: The symbol at the right is not a letter, sir.
Le
patron : Damn, you're good!
***
Vous
êtes vous déjà demandé ce à quoi pensent
les singes. Maintenant, vous le savez.
COTE
DE LA BELETTE



