RÉSUMÉ
DU FILM
Bob et Walt sont deux
frères siamois, collés l'un à l'autre par la peau
du ventre. Ils ont toujours réussi à vivre presque normalement
ensemble et s'étaient habitués de faire tout à deux.
Le seul problème, c'est que Walt veut devenir acteur, et c'est quelque
chose de plutôt difficile à réussir quand on a quelqu'un
de collé après notre ventre. Ils décident quand même
de déménager à Hollywood pour tenter leur chance et
découvrir s'ils sont tout de même capable de percer.
APPRÉCIATION
Ça aurait été
difficile pour moi d'avoir encore moins d'attente envers un film que
pour celui-là. Non, sauf peut-être pour The Blue Butterfly
de Léa Pool, qui s'en vient l'année prochaine. Avez-vous
l'annonce de cette affaire-là? Est-ce qu'il aurait été
possible de rendre ça encore plus plate? Mais bon, je divague.
Je n'attendais absolument rien de ce film, et si je n'avais pas gagné
des billets d'avant-première pour aller le voir, je ne l'aurais
probablement même pas regardé quand il aurait passé
un dimanche après-midi. J'ai d'autres choses à faire de
mes dimanches. Mais quelle ne fut pas ma surprise de me rendre compte
que finalement, ce n'était pas si pire que ça. C'était
même plutôt amusant. Est-ce que j'irais jusqu'à dire
que j'ai aimé mon expérience? Je pense que oui, moi.


Tout d'abord, je l'ai
déjà dit à plusieurs reprises, ce qui compte dans
une comédie, c'est la comédie. On n'a donc pas du tout droit,
ici, à un scénario poussé et complexe, tout n'est
qu'une excuse pour faire des blagues de siamois. En fait, à peu
près tout l'humour du film repose sur une seule et même blague
: les deux gars sont collé. Hahaha. Malgré tout, une certaine
originalité ressort de plusieurs gags et, contrairement à
ce qu'on aurait pu croire en regardant la bande-annonce, on ne s'en écoeure
pas. Heureusement, car il n'aurait pas été difficile de tomber
dans l'humour facile et répétitif qui caractérise
un trop grand nombre de comédies ces temps-ci. L'humour gras et
vulgaire (quoique toujours drôle) auquel nous avaient habitué
les frères Farrelly se trouve, pour sa part, absent de cette présentation,
ce qui ne m'a pas trop dérangé, étant donné
que je commence à en avoir assez de ça aussi. Mélangées
à tous ces ingrédients comiques se retrouvent également
certaines scènes un peu plus sérieuses (je n'irais pas jusqu'à
dire dramatiques, mais presque), qui passent admirablement bien le test
à l'écran. Les réalisateurs savent bien qu'ils ne
tournent pas une tragédie grecque, alors ils ont laissé tomber
la touche trop sentimentale qui planait parfois sur leurs anciens films
pour nous offrir à la place des scènes qui pourraient nous
paraître insignifiantes, mais qui en disent tout de même beaucoup
sur les personnages, auxquels on vient vraiment s'attacher. Le meilleur
exemple de ce phénomène serait la scène dans laquelle
Bob refuse d'aller aborder une fille, alors que Walt le pousse. Court et
extrèmement efficace.


Si les personnages sont
si réussis, il est bien évident que c'est grâce à
leurs interprètes, Matt Damon et Greg Kinnear, qui s'en sortent
tout deux vraiment très bien, en décidant d'acter sérieusement
malgré le fait qu'ils jouent dans une comédie. La preuve
que l'on n'est pas obligé d'avoir une face en caoutchouc pour faire
rire les foules. De son côté, est-ce que quelqu'un pourrait
m'expliquer ce qu'Eva Mendes a de si extraordinaire? Son personnage n'apporte
strictement rien au film, il est ennuyeux, n'apparaît sur l'écran
que pour un maximum de 20 minutes et me tappe sur les nerfs. En plus, je
ne pourrais pas dire qu'il s'agit d'une grande actrice, je l'ai trouvé
vraiment, mais vraiment ordinaire. Et est-ce que je suis le seul à
trouver qu'elle fait dur et qu'elle a l'air en plastique? Justement, je
parlais de caoutchouc quelques lignes plus haut. Cher se débrouille
plutôt bien en se jouant elle-même et, même si je suis
très loin d'être son plus grand fan, je la félicite
pour avoir eu l'ouverture d'esprit de rire d'elle-même de la façon
qu'elle l'a fait ici. Les autres acteurs n'avaient pas grand chose à
faire sur l'écran et n'apparaissaient pour la plupart que pendant
quelques minutes, alors je ne crois pas qu'il vaille vraiment la peine
d'en parler.


Maintenant, le côté
un peu moins reluisant de la médaille. Parce que oui, il y en a
un. Bien que je sois un amateur des premiers films des frères Farrelly,
je commence à en avoir assez de leur "recette" qu'ils mettent en
oeuvre à chaque nouveau film qu'ils font. J'ai de plus en plus l'impression
que tous leurs films sont basés sur le même schéma
et qu'ils ne font que remplacer certains personnages unpolitically correct
par d'autres. De ce côté-là, d'ailleurs, on dirait
qu'ils se sont quelque peu trop forcés ici. Le trisomique du début
était très loin d'être drôle, et je ne vois pas
où est l'humour de la voir foutre un client fâché à
la porte du restaurant (eh oui, il est serveur... hahaha...) Le vieux maudit
sur sa chaise roulante n'était pas drôle non plus et, en plus
d'être le plus gros cliché possible et imaginable (oh regardez,
c'est leur gérant, mais il les fourre et ne connait rien! Hahaha...),
son interprétation était plutôt ordinaire. Quoiqu'il
a quand même réussi à me faire rire à un certain
moment, vous verrez plus bas. J'ai aussi trouvé que le film s'étirait
dans sa dernière partie, et aurait pu très facilement être
coupé au montage d'au moins 15 minutes. Ne me faites même
pas croire que vous n'étiez pas capable de raconter cette histoire
en bas de deux heures! Finalement, loin d'être le flop auquel je
m'attendais, c'est tout de même loin d'être une réussite
sur toute la ligne. Un pas pire film des frères Farrelly, mais tout
de même en-dessous de leur moyenne.
MOMENTS
À NE PAS MANQUER
Le vieux gérant
qui s'amuse à tourner en rond dans la chambre d'hôtel de Bob
et Walt avec sa chaise roulante. Oui, bon, c'est stupide et insignifiant,
mais moi, j'ai trouvé ça drôle, bon.
***
Le docteur qui opère
les jumeaux est vraiment le plus maladroit dans ses paroles que j'ai jamais
eu le plaisir d'entendre. "On les a perdus..." Je l'adore!
***
Je passerais mes journées
assis sur une chaise pliante avec un bon Coke à regarder Walt faire
ses mots croisés. Les liens qu'il fait sont vraiment trop brillants.
COTE
DE LA BELETTE


Écrite et publiée
le 22 décembre 2003