Voici les communiqué du flq. Premier communiqué, le 8 mars 1963 "AVIS A LA POPULATION DE L'ETAT DU QUÉBEC. Le Front de libération québécois (FLQ) est un mouvement révolutionnaire composé de volontaires prêts à mourir pour l'indépendance politique et économique du Québec. Les comandos-suicide du Front de libération québécois (FLQ) ont comme mission principale de détruire complètement, par le sabotage systématique:

a) tous les symboles et les institutions coloniales (fédéralistes), en particulier la R.C.M.P. et les Forces armées;

b) tous les moyens d'information en langue coloniale (anglaise) qui nous méprisent;

c) tous les établissements commerciaux et les entreprises qui pratiquent la discrimination contre les Québécois, qui n'emploient pas le français comme langue première, qui ont des enseignes publicitaires dans la langue coloniale (anglais);

d) toutes les usines qui font de la discrimination contre les ouvriers francophones.

Le Front de libération québécois procédera à l'élimination progressive de toutes les personnes collaborant avec l'occupant.

Le Front de libération québécois s'attaquera également à tous les intérêts commerciaux et culturels du colonialisme américain, allié naturel du colonialisme anglais.

Tous les volontaires du FLQ possèdent, au moment des actions de sabotage des papiers d'identification de la République du Québec. Nous demandons que nos blessés et nos prisonniers soient traités selon le statut de prisonniers politiques et selon la Convention de Genève, d'après les lois de la guerre.

L'indépendance ou la mort.

La dignité du peuple Québécois demande l'indépendance.

L'indépendance du Québec n'est possible que par la révolution sociale.

La révolution sociale signifie un "Québec libre". Etudiants, ouvriers, paysans, formez vos groupes clandestins contre le colonialisme anglo américain."

Communiqué du début du mois d'avril 1963 "AVIS A LA POPULATION DU QUEBEC:

Le front de libération québécois est un mouvement révolutionnaire qui n'a jamais eu de lien avec l'Organisation de l'Armée secrète (OAS) ou ses membres. Le FLQ au contraire qualifie ces derniers de fascistes et de contre-révolutionnaires. Le FLQ travaille pour que l'accession du Québec à l'indépendance soit une révolution sociale.

Le Front de libération québécois envoie ses salutations aux Patriotes de Québec qui ont démoli dans un geste courageux un des plus grands affronts du collonialisme fédéral: le monument de l'assassin Wolfe. Le FLQ remercie la population québécoise de l'appui enthousiaste qu'il recoit des véritables patriotes.

La dernière action du FLQ contre le colonialisme anglo-saxon a été baptisée "Opération Gerard Pelletier", ce collaborateur le plus en vue de la finance coloniale. C'est en son honneur que nous avons utilisé des explosifs puissants.

Le FLQ considère que l'indépendance du Québec se fera par la lutte violente des paysans, ouvriers, étudiants et intellectuels québécois contre le colonialisme anglo-saxon et ses valets de la bourgeoisie québécoise. Il appuie tous les mouvements travaillant pour "l'indépendance nationale", en particulier celui de Porto-Rico, l'Armée de libération nationale du Vénézuéla et celle du Guatémala."

Extrait du premier manifeste du FLQ, 15 avril 1963 "MESSAGE DU FLQ A LA NATION

[...] Colonisés, nous le sommes politiquement, socialement, économiquement. Politiquement, parce que nous ne possédons pas les leviers politiques vitaux à notre survie. Le gouvernement colonialiste d'Ottawa possède en effet toute juridiction dans les domaines suivants: économie, commerce extérieur, défense, crédit bancaire, immigration, droit criminel, etc.. De plus, toute loi provinciale peut être refusée si Ottawa le juge bon.

Le gouvernement fédéral étant complètement acquis aux intérêts des impérialistes anglo-saxons, qui y détiennent une majorité constitutionelle et pratique écrasante, sert constamment à maintenir et à accentuer l'infériorité des Québécois. Chaque fois que les intérêts anglo-saxons et québécois entrent en conflit, les intérêts du Québec sont infailliblement défavorisés. Que ce fut militairement avec la conscription, démographiquement avec le favoritisme d'assimilation aux Anglo-saxons, internationalement par la suprématie totale des Anglophones dans les divers domaines diplomatiques, toujours, sans exception, le gouvernement d'Ottawa a imposé les intérêts anglo-saxons au détriment des Québecois. La force même ne fut pas dédaignée en certaines occasions. Le sang de notre peuple coula alors, au bénéfice de la finance coloniale. Colonisé, le peuple québécois l'est donc politiquement.

Au Québec prévaut également cette situation injuste et paradoxale qui trouve un bon exemple dans la comparaison entre le quartier Saint-Henri et celui de Westmount. D'un côté nous trouvons une masse typiquement québécoise, pauvre et misérable, tandis que de l'autre une minorité anglaise étale le luxe le plus honteux. Notre écrasement économique progressif, la domination étrangère de plus en plus totale, ne demandent pas des solutions provisoires et à courte vue. Les Patriotes disent NON AU COLONIALISME, NON A L'EXPLOITATION.

MAIS IL NE SUFIT PAS DE VOULOIR l'indépendance, de militer au sein des partis politiques indépendantistes existants. Les colonialistes ne lâcheront pas si facilement un tel morceau de choix.

Les partis politiques indépendantistes ne pourront jamais avoir la puissance nécessaire pour vaincre la puissance politique et économique coloniale. De plus, l'indépendance seule ne résoudrait rien. Les Patriotes québécois ne se battent pas pour un titre, mais des faits. La révolution ne s'accomplit pas dans les salons. Une révolution totale ne peut avoir la puissance nécessaire que dans un Québec indépendant. La révolution nationale, dans son essence, ne souffre pas de compromis. Il existe une seule façon de vaincre le colonialisme, c'est d'être plus fort que lui! Seul l'angélisme le plus aberrant peut faire croire le contraire. Le temps de l'esclavage est terminé.

Patriotes du Québec, aux armes! L'heure de la révolution nationale est arrivée! L'INDEPENDANCE OU LA MORT."



Marie-Thomas Chevalier de Lorimier Testament politique Prison de Montréal, 14 février 1839, 11 heures du soir.

Le public et mes amis en particulier, attendent, peut-être, une déclaration sincère de mes sentiments; à l'heure fatale qui doit nous séparer de la terre, les opinions sont toujours regardées et reçues avec plus d'impartialité. L'homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions, pour se laisser voir en plein jour; l'intéret et les passions expirent avec sa dépouille mortelle. Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son créateur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense. Je ne prendrais pas ce parti, si je ne craignais pas qu'on représentât mes sentiments sous un faux jour; on sait que le mort ne parle plus et la même raison d'état qui me fait expier sur l'échafaud ma conduite politique pourrait bien forger des contes à mon sujet. J'ai le temps et le désir de prévenir de telles fabrications et je le fais d'une manière vraie et solennelle à mon heure dernière, non pas sur l'échafaud, environné d'une foule stupide en insatiable de sang, mais dans le silence et les réflexions du cachot. Je meurs sans remords, je ne désirais que le bien de mon pays dans l'insurrection et l'indépendance, mes vues et mes actions étaient sincères et n'ont été entachées d'aucun des crimes qui déshonorent l'humanité, et qui ne sont que trop communs dans l'effervescence de passions déchaînées. Depuis 17 à 18 ans, j'ai pris une part active dans presque tous les mouvements populaires, et toujours avec conviction et sincérité. Mes efforts ont été pour l'indépendance de mes compatriotes, nous avons été malheureux jusqu'à ce jour. La mort a déjà décimé plusieurs de nos collaborateurs. Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre d'exil, avec leurs propriétés détruites, leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d'un hiver canadien. Malgré tant d'infortune, mon coeur entretient encore du courage et des espérances pour l'avenir, mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres, un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l'assurent. Voilà ce qui me remplit de joie, quand tout est désolation et douleur autour de moi. Les plaies de mon pays se cicatriseront après les malheurs de l'anarchie et d'une révolution sanglante. Le paisible canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent; tout concourt à ce but, les exécutions mêmes, le sang et les larmes versées sur l'autel de la liberté arrosent aujourd'hui les racines de l'arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas. Je laisse des enfants qui n'ont pour héritage que le souvenir de mes malheurs. Pauvres orphelins, c'est vous que je plains, c'est vous que la main sanglante et arbitraire de la loi martiale frappe par ma mort. Vous n'aurez pas connu les douceurs et les avantages d'embrasser votre père auxs jours d'allégresse, aux jours de fête! Quand votre raison vous permettra de réfléchir, vous verrez votre père qui a expié sur le gibet des actions qui ont immortalisé d'autres hommes plus heureux. Le crime de votre père est dans l'irréussite, si le succès eût accompagné ses tentatives, on eut honoré ses actions d'une mention honorable. «Le crime et non pas l'échafaud fait la honte.» Des hommes, d'un mérite supérieur au mien, m'ont battu la triste voie qui me reste à parcourir de la prison obscure au gibet. Pauvres enfants! vous n'aurez plus qu'une mère tendre et désolée pour soutien; si ma mort et mes sacrifices vous réduisent à l'indigence, demandez quelque fois en mon nom, je ne fus jamais insensible aux malheurs de mes semblables. Quand à vous, mes compatriotes, mon exécution et celle de mes compagnons d'échafaud vous seront utiles. Puissent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais!... Je n'ai plus que quelques heures à vivre, j'ai voulu partager ce temps entre mes devoirs religieux et ceux dûs à mes compatriotes; pour eux je meurs sur le gibet de la mort infâme du meutrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants et de mon épouse sans autre appui, et pour eux je meurs en m'écriant: Vive la liberté, vive l'indépendance!

flqpaf@dromadaire.com

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