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La Quête Des Divines Proportions

Une idée qui ne date pas d'hier

     2.01) Depuis l'antiquité, la civilisation humaine s'interrogea sur le secret de la beauté de la nature et la diversité de ses formes. Les mathématiciens grecs, pour qui la science des figures constituait le suprême savoir imaginèrent un monde parfait, dominé par des proportions divines. Ainsi fondèrent-ils l'équation des "proportions divines" reposant sur une harmonie figée et statique se conformant ainsi avec l'univers esthétique et parfait qu'avait imaginer les savants et mathématiciens de la Grèce antique. Encensée par Euclide[1] cette divine proportion se retrouva hissée au pinacle de l'architecture grecque formant la base théorique sur laquelle se fondit l'un des édifices les plus monumentaux de l'histoire humaine: Le Parthénon et l'Acropole d'Athènes. Deux mille ans plus tard, Leonard de Vinci y a vu une des clés des proportions du corps humain. De même que l'architecte français Le Corbusier qui en a fait au XXe siècle le moyen de construction en harmonie avec la nature et la stature humaine.

      Nombre de savants et philosophes grecs renoncèrent cependant à ce principe, en mettant en cause le fait que l'explication des formes naturelles ne peut parvenir d'un principe aussi abstrait et idéal, posé a priori. Selon Héraclite[2], "La seul réalité de la nature réside dans le changement"[3]. Tandis qu'Aristote[4], préconisait, lui "d'exercer l'œil avant le cerveau, d'observer minutieusement la nature avant d'en extraire un principe morphologique"[5]. Présumant que le milieu naturel déterminait pour une grande partie la forme des êtres vivants

2.02) Jusque-là, les chercheurs et les scientifiques avaient cherché à percer le mystère de la nature, sans arriver à élaborer une théorie scientifique avisée et perspicace. Ainsi fallut-il attendre le siècle des lumières. Une période qui fut marquée par le rationalisme scientifique et l'exaltation des sciences. Une phase durant laquelle l'explication des phénomènes naturels par l'intermédiaire de la science devint enfin envisageable. A l'aube du XVIIIe siècle Gottfried Wilhelm Leibnitz[6] prôna l'idée que notre monde est, par construction, le meilleur des mondes possibles. Chaque pièce a été façonnée pour qu'elle s'ajuste parfaitement aux autres. Les formes dans la nature naquirent d'une harmonie préétablie entre liberté de la nature et nécessité de l'environnement. Cette idée fut suivie en 1774 par le principe du mathématicien et naturaliste français Pierre Louis Moreau de Maupertuis. Qui exposa son grand système universel sous le nom de "Loi de moindre action". D'après ce "principe métaphysique"[7], la nature agit toujours aussi économiquement que possible. Par exemple dans un milieu homogène, la lumière suivra le chemin le plus court, c'est à dire une ligne droite. De cette idée Maupertuis déduisit son principe général:"Si un changement se produit dans la nature, la quantité d'action nécessaire pour l'accomplir doit être la plus petite possible". Concluant qu'en toutes circonstances, la nature minimiserait toujours son action.

      2.03) On peut considérer cependant que les explications physiques restèrent longtemps du domaine des connaissances empiriques, jusqu'à l'invention de la thermodynamique au début du XIXe siècle. Révolutionnant l'analyse de la morphogenèse de la nature. La thermodynamique, science des transformations de la matière et de l'énergie bouleversa notre vision du monde dans le domaine où elle permit de prévoir les caractéristiques macroscopiques d'un système ainsi que ses états d'équilibre.

      Mais ce fut la deuxième moitié du XXe siècle qui entrevit l'apparition d'une multitude de théories scientifique. Celle-ci permit enfin de traiter les formes de la nature à travers des équations et des calculs. La théorie du Chaos fut la première percée en ce domaine en arrivant à traduire mathématiquement des phénomènes dont le comportement paraissait désordonné et imprévisible comme la météorologie ou le débit des fleuves. Succédant à cette voie, c'est alors qu'une légion de scientifiques élaborèrent une multitude de théories visant à transpercer les mystères de la nature, parmi lesquels figurèrent notamment deux théories : la théorie fractale et la théorie constructale qui expliquèrent d'une manière claire, précise, et clairvoyante les principes par lesquels la nature a pu façonner ces formes relevant ainsi le double défi de décrypter le mécanisme de la nature tout en arrivant à transposer ces formes ingénieuse de la nature vers nos structures artificielles.



[1] Mathématicien grec, (IIIe siècle av. JC), auteur du plus célèbre ouvrage de l'histoire des mathématiques, les Eléments.

[2] (540-475 av. JC), philosophe grec dont la pensée est fondée sur la notion de flux.

[3] Peter S.Stevens, Les formes dans la nature, Seuil, 1978

[4] (384-322 av. JC), philosophe grec, dont l'oeuvre de sa pensée ne cesse d'influencer la pense humaine sur tout ses formes.

[5] Etude de la configuration et de la structure externe d'un objet naturel.

[6] (1637-1716), savant et philosophe allemand, esprit encyclopédique reconnue comme étant l'une des personnalité les plus influençable de l'époque baroque

[7] Branche de la philosophie qui à pour objet la recherche rationnelle de la connaissance de l'être.