Histoire de la réforme (origines)

 

Avant 1500, Origines:

 

La Réforme Protestante n'est ni le seul, ni le premier mouvement de renouvellement dans l'Eglise.

L'Eglise a toujours eu la tendance d'amonceler des traditions qui lentement recouvrent son message. C'est pourquoi elle a besoin de constamment se mettre en question.

Ainsi, parmi les sources qui ont inspiré la Réforme, hors la Bible, il faut citer Saint Augustin, et parmi ses précurseurs le mouvement Vaudois (à partir du XII° siècle), Wicliff (1324-1384) et Jan Huss (1369-1415).

Rappelons enfin par cette formule luthérienne classique, le message de la Réforme : le chrétien vit de la seule grâce de Dieu, dans la foi seule, fondé sur la seule Ecriture.


1500-1525, humanisme et Réforme en France.

C'est au sein de tout un courant d'humanisme et de renaissance des langues anciennes (dont le plus illustre représentant est Erasme, 1467-1536) qu'il faut situer l'évangélisme ou biblicisme français. Il ne forme pas un mouvement très organisé, mais a un chef de file, le pacifique Lefèvre d'Etaples (1450-1536), grand traducteur et commentateur de la Bible en français.


1525-1559, premières églises et premières persécutions

La rapide diffusion des écrits de Luther à partir de 1520 et l'opposition qu'ils déclenchent, la création d'Eglises Réformées avec appui des autorités civiles dans plusieurs villes en marge du Royaume d'alors (Strasbourg et bon nombre de cités suisses) amènent les partisans des idées novatrices à se regrouper. Les premières persécutions eurent lieu en France en 1534.

A partir de 1541, depuis Genève, Jean Calvin (né en 1509 à Noyon en Picardie, mort en 1564) passé à la Réforme en 1533, influence directement la nouvelle Eglise "Réformée".

Malgré de graves persécutions et de nombreux exils forcés, de très nombreuses églises se créèrent. Très vite leur nombre dépassa le millier (2 millions de personnes), la majorité se situant dans la partie sud du royaume.


1559-1598: Guerres de Religion

Le protestantisme apparut autant comme un défi à l'autorité royale que comme un mouvement de foi contraire à l'Eglise Catholique Romaine.

Les persécutions furent systématiques et des massacres se produisirent en bien des lieux. Le plus tristement célèbre est celui de la Saint-Barthélémy (24 août 1572) à Paris et dans de nombreuses villes.

La Saint-barthélémy reste encore très présente dans la mémoire collective protestante. C'est pourquoi, les protestants français ont perçu en premier la messe du Pape à Paris le jour de la Saint-Barthélémy comme une provocation ou une ignorance crasse frôlant le mépris. Mais le Pape la veille de cette Saint-Barthélémy a fait un geste d'apaisement vers les protestants. Ils sont reconnaissants que pour la première fois, un pape parle d'une manière conciliante de ces événements qui font partie de l'histoire fondatrice du protestantisme français.


1598-1685: L'édit de Nantes.

L'arrivée au pouvoir de Henri IV, protestant converti au catholicisme, permit à la fin des luttes armées et l'Edit de Nantes (1598, dont les protestants français vont célébrer le quatrième centenaire.) donna aux Protestants un certain nombre de droits religieux et quelques garanties militaires.

Malgré quelques restrictions, cet édit admettait pour la première fois la coexistence de deux religions dans le royaume.

Assez bien appliqué durant le règne de Henri IV, l'Edit de Nantes fut ensuite de moins en moins respecté.

Sous Louis XIV les persécutions prirent une forme organisée: sous le moindre prétexte les lieux de cultes furent peu à peu tous supprimés ainsi que les écoles, un très grand nombre de fonctions et métiers furent interdits aux protestants et des conversions par la force eurent lieu à très grande échelle.



1685-1787: Révocation de l'Edit de Nantes

Louis XIV pensa lui donner le coup de grâce en révoquant l'Edit de Nantes par celui de Fontainebleau (1685).

On estime à 300.000 le nombre de ceux qui ont fui hors de France.

Les persécutions (mort, galère, prison) n'empêchèrent pourtant pas des groupes de se reformer, des assemblées de se tenir "au désert" (en secret).

De 1688 à 1715, aiguillonés par des mouvements prophétiques, des protestants des Cévennes menèrent une insurrection armée contre le pouvoir. Cette guerre des "Camisards" ne cessa qu'après l'intervention de troupes très nombreuses.


1787-1905: Restauration et réveils:

En 1787, l'Edit de Tolérance permit aux protestants de retrouver un état civil et en 1789 la liberté religieuse fut proclamée. A partir de 1795 et surtout 1801 les cultes purent s'organiser à peu après librement.

Malgré certaines limites, la liberté retrouvée permit la reconstitution des Eglises. En 1875, on compte 700.000 protestants en France.

Le XIX° siècle fut marquée par un grand effort de diffusion biblique, d'évangélisation et de mission. Les créations sociales mobilisèrent les énergies du protestantisme au sein duquel se trouvèrent des pionniers dans bien des domaines. Les protestants jouèrent un grand rôle dans l'enseignement et en particulier au moment de la mise en place de l'Instruction Publique.


1905 et le reste du siècle:

La séparation entre l'Etat et les Eglises (1905) fut bien acceptée par les protestants.

En 1938, a lieu à Lyon l'union des églises Réformées qui réunit presque toutes les églises de tradition réformée et méthodiste.

Actuellement, le protestantisme français (Fédération Protestante de France) compte environ 800.000 membres connus, mais lors d'un récent sondage IFOP on estimait à 2 millions le nombre de français "proches" du protestantisme". Celui-ci est très dispersé, avec quelques régions de forte concentration (Alsace et Franche-Comté, Cévennes, Poitou, vallée du Rhône et Région parisienne).



( Un grand merci à Olivier Pigeaud dont sa brochure a été largement reproduite)