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LES MEDES


Origines

Les Mèdes (Madaï) et les Perses (Parsua) sont des peuples indo-européens arrivés en Iran du nord-ouest vers le fin du IIè millénaire. Ils sont arrivés du nord, par le Turkmenistan. On retrouve les premières traces archéologiques des Mèdes sur le site de Tureng Tepe en Hyrcanie, d'où ils ont ensuite pénétré dans le nord-ouest iranien, et on retrouve leurs traces depuis le sud du lac d'Urmiyah jusqu'à Tepe Sialk. Les premiers peuples iraniens sont caractérisés par leur poterie noire ou grise.
Les Iraniens ont d'abord surtout résidé dans la région du lac d'Urmiyah, où les Mèdes imposèrent leur domination à toutes les autres tribus environnantes. Ils apparaissent dans les annales assyriennes au IXè siècle sous le règne de Salmanazar III (859-824), et ils auront alors à subir des expéditions punitives menées par les souverains d'Assyrie. Toutes ces attaques n'auront que peu d'effets, car ni les Mèdes, ni les Perses ne seront délogés, et rien n'empêchera la montée en puissance des souverains mèdes, enrichis par leurs échanges avec les royaumes voisins, l'
Urartu et l'Elam. La montée en puissance d'un royaume voisin, celui des Mannéens, habitant la région au sud du Lac d'Urmiyah, autour de leur capitale Hasanlu, va renforcer le danger que représente cette région pour l'Assyrie. A partir du VIIIè siècle, l'Urartu va formenter des révoltes contre l'Assyrie dans les peuples iraniens.
Au VIè siècle, les Perses s'installeront dans les monts du Zagros, à l'est de l'Anshan, qui devient la Perse. La Médie s'étend quant à elle depuis le Lac d'Urmiyah au nord, jusqu'à la limite nord du Luristan au sud. Son centre est situé autour de la capitale mède, Ectabane (l'actuelle Hamadan).

 

Le royaume mède

Déiocès (c. 728-675)

Selon Hérodote, qui a visité la Médie au Vè siècle, le fondateur du royaume Mède est Déiocès. Ce personnage ambitieux aurait dans un premier temps rendu la justice dans sa région, mettant fin au désordre qui régnait auparavant, ce qui l'avait rendu célèbre et respecté. Lorsqu'il décida de cesser cela pour se consacrer à ses affaires, le pays retomba dans l'anarchie, ce qui poussa les Mèdes à lui confier la royauté, qu'il accepta, dans le but de rétablir la paix. Il se fit construire une capitale à Ectabane (en mède Hangmatana), avec un somptueux palais royal, et adopta une étiquette très stricte pour signifier que maintenant il était le chef suprême. Ainsi commença le royaume mède selon Hérodote.
Cette histoire est certes plaisante, mais comme souvent avec Hérodote, elle reste très éloignée des faits réels, et peut être issue d'une légende que les Mèdes se racontaient sur les début de leur royaume. Le nom Déiocès peut avoir été la forme grecque de Daiaukku, roi mentionné dans les annales de Sargon II (722-704) comme régnant dans le Zagros à la fin du VIIIè siècle, et déporté en Assyrie, mais ce personnage n'était probablement pas un Mède.

Phraorte (675-653)

Le premier souverain mède attesté est Phraortes, forme grecque du mède Khshathrita, et de l'assyrien Kashtariti. Selon Hérodote, c'est le fils de Déiocès. Il était en fait le chef de la tribu du Kar Kashi, et prit la direction des tribus mèdes, et soumis aussi les Perses et leur roi Teispes. Il est donc probablement le véritable fondateur du royaume mède, et commence à constituer une menace pour ses puissants voisins Assyriens. Il est d'ailleurs pris dans les guerres entre l'Urartu, quoique affaibli par les graves défaites subies face à Sargon II, et Assarhaddon (681-669). Phraorte soumet ensuite les peuples voisins, et s'allie aux redoutables Mannéens (ou Mannaï), avec lesquels il forme une coalition contre l'Assyrie, alors que les Cimmériens et les Scythes s'introduisent dans leur région et rejoignent les champs de bataille contre l'Assyrie. Le souverain assyrien suivant, Assurbanipal (669-627), alors engagé dans de longs conflits en Babylonie et en Elam, lance une offensive contre les Mèdes et les Mannéens vers 653, au cours de laquelle il défait Phraorte qui est tué dans la bataille.

Cyaxare (653-585)

Le très long règne de Cyaxare (du mède Uvakhshatra), d'une durée de 79 ans marque l'apogée du royaume mède. Selon Hérodote, la première partie de son règne serait marquée par une incursion des Scythes, qui dominent la région pendant 28 ans. Il se peut que Cyaxare, probablement roi très jeune, n'ait été assez autoritaire pour repousser les evahisseurs. Il arrive à éliminer les chefs scythes au cours d'un banquet auquel il les à conviés puis ennivrés. L'incursion scythe dans la région est attestée par les source contemporaines, puisqu'ils ont traversé l'Assyrie (leur allié, puisqu'ils auraient même repoussé une attaque mède contre ce pays) avant de s'arrêter devant l'Egypte. La libération de la Médie se serait donc produite vers 625. Une fois au pouvoir, Cyaxare démontre toutes ses capacités de roi. Il dirige à nouveau le territoire dominé par son père, y compris la Perse de Cyrus I. Il réorganise les institutions de son royaume selon le modèle assyrien, ainsi que son armée, qui devient alors une redoutable machine de guerre. Il cherche à s'étendre vers l'ouest, et menace les Manéens, ainsi que le royaume d'Urartu, qui vivote tant bien que mal depuis près d'un siècle.
Mais son adversaire principal est l'Assyrie. Affaiblie depuis la mort d'Assurbanipal en 627 par les luttes entre ses deux fils, Assur-etil-ilâni et Sîn-shar-ishkun, et un troisième personnage, le babylonien Nabopolassar. En 623, Sîn-shar-ishkun devient roi d'Assyrie après avoir éliminé son frère, et laisse les mains libres à Nabopolassar en Babylonie. Cette guerre civile affaiblit considérablement l'Assyrie qui perd un à un tous ses vassaux. Alors que la guerre reprend entre Assyriens et Babyloniens après 620, et les seconds prennent rapidement l'avantage, mais ne peuvent gagner sans aide extérieure. C'est Cyaxare qui va fournir ce soutien à Nabopolassar. En 615, il lance une attaque-éclair en Assyrie, et s'empare d'Arrapha. Puis les Mèdes reprennent l'offensive l'année suivante, contournent Ninive, s'emparant de Tarbisu, avant de fondre sur la ville sacrée d'Assur. Ils la prennent, puis la pillent et la rasent. Cyaxare est alors rejoint par Nabopolassar, avec lequel il s'allie, pour la perte de l'Assyrie. Ils scellent cette alliance par le mariage de Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, avec Amitys, fille de Cyaxare. Ce dernier apportera son soutient à ceux-ci deux ans plus tard, en 612. Les deux armées se jettent sur Ninive, qui tombe après une résistance acharnée. Sîn-shar-ishkun est probablement tué dans la bataille. La cité est rasée. La prise de Ninive signifie la fin de l'Empire Assyrien qui avait dominé le Moyen-Orient pendant plusieurs siècles. Un dernier souverain assyrien, le général Assur-uballit (II) se réfugie à Harran avec l'aide des Egyptiens. Il en est délogé par les alliés en 610, et est tué l'année suivante.
Après avoir mis fin à l'Assyrie, les vainqueurs se partagent ses restes. La Mésopotamie du sud, la Syrie et le Levant sont laissés aux Babyloniens. Les Mèdes se contentent de garder Harran, parce que Cyaxare désire avant tout s'étendre en Asie Mineure. Il soumet définitivement les Mannaï et l'Urartu, avant de pénétrer en Cappadoce (le tout entre 609 et 590). Il entre après en guerre contre le royaume de Lydie, dirigé par le roi Alyatte. Ce conflit s'achève en 585, lors d'une bataille à laquelle une éclipse de soleil met fin en provoquant la peur des belligérants. Nabuchodonosor, devenu roi de Babylone, se pose alors en arbitre, et fixe la frontière entre les deux royaumes sur l'Halys (l'actuel Kizilimark). Cyaxare meurt la même année, après un règne bien rempli. Son royaume s'étend alors depuis l'Anatolie jusqu'à la Perse.
Les institutions du royaume mède sont inconnues, du fait du peu de sources livrées par les Mèdes eux-mêmes. Elles sont probablement proches de celles des empires assyriens et babyloniens. L'étiquette du palais d'Ectabane telle qu'elle est décrite par Hérodote ressemeble d'ailleurs à celle de l'Assyrie. Le royaume mède devait être une confédération de royaumes vassaux, dont fait partie la Perse, qui garde son roi, comme probablement les autres. Le titre traditionnel des souverains iraniens, "Roi des roi", montre qu'il dirige une fédération de royaumes qui lui sont soumis.

Astyage (585-550)

A la mort de Cyaxare en 585, son fils Astyage, du mède Ishtumegu, lui succède. Celui-ci est loin d'être à la hauteur de son père. Dès les premiers mois de son règne, Nabuchodonosor, qui se méfie de la puissance mède, peut impunément prendre la Cilicie. Son règne est très pacifique. Selon Hérodote, il est fainéant, et reste dans son palais d'Ectabane où il mène une vie de débauche. Devant cette incapacité à gouverner, les souverains vassaux affirment leurs prétentions. Le plus énergique d'entre eux est Cyrus II le roi des Perses, petit-fils d'Astyage par sa mère, monté sur le trône en 559 à lamort de son père Cambyse. Ce dernier n'attend qu'un prétexte pour se soulever contre son grand-père et enfin donner son indépendance et la domination à son peuple.

 

L'émergence des Perses

Cette opportunité lui sera donnée par le roi babylonien Nabonide, qui se méfie de son allié Astyage, devenu trop puissant, et veut de surcroît s'emparer de la ville d'Harran, cité sainte du dieu-soleil Sîn dont il est un fervent fidèle. Il décide donc de faire appel à Cyrus, dont il connaît probablement les intentions, pour le débarrasser de ce voisin bien trop nuisible. Astyage, informé des intention des son petit-fils, lui ordonne de venir lui présenter ses hommages à Ectabane. Cyrus refuse, et la guerre s'engage alors. Selon certains récits, les Perses, inférieurs en nombres, remportèrent une victoire brillante contre Astyage venu les soumettre, grâce à leur brillant roi. Selon d'autres sources, les autres rois vassaux auraient rallié Cyrus, et l'armée de Astyage (tel le général Harpage cité par Hérodote) l'aurait livré à Cyrus. Le roi mède fut dans tous les cas fait prisonnier, et probablement laissé en vie mais écarté du pouvoir. Sur les ruines du royaume mède s'élève alors l'Empire Perse, qui va dominer tout le Moyen-Orient et bien plus encore pendant deux siècles.


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