Les eclairs sont passes, je regarde le ciel gris plus sobrement, "tiraille" chante quelqu'un, tiraillement et puis quoi, la vie demeure (pas la lumiere) et je m'en accommode. D'ou vient le sentiment qu'on nous est redevable, paranoia ? Je ne sais, c'est sans doute un truc loge bien profond, appel d'un manque, je n'ai jamais su ce qu'etait une relation normale, aimante, je cherche, je traque le desequilibre et du coup, ca chavire souvent, parfois du mauvais cote. Je deteste la tendresse ou autres mievreries, je deteste toutes les relations inegales (parents-enfants, amoureux-non, intelligents-imbeciles, cyniques-optimistes). Les relations se nouent-denouent soumises a cette seule exigence d'egalite mais est-elle possible, je finis par en douter et ou perd t-on la gratuite du geste ?
Equilibre precaire entre l'envie et le don, on se perd parfois en incomprehensions mamelles du ressentiment. Je crois avoir depuis quelques annees essayer de jauger dans quels labyrinthes je me perdais, et de me permettre ainsi de ne point trop souffrir, de ne point trop resister moi qui m'en suis fait une habitude, c'est tellement plus facile que de parler (le pouvoir de la parole m'a toujours inquiete, rhetorique dites vous ! La parole est moyen d'echange et de tromperie, souvent les deux, celui qui la maitrise en intelligence et en habilete voit les chemins se courber vers lui, trop simple) de ne point trop etre marquer et d'avoir point trop envie de faire mal a l'autre. Se preserver est un devoir de salubrite publique, autrement c'est violence larvee ou frontale avec l'Autre.