La Voisin

The Masses of the Abbé Guibourg and His Associates

Original French Archives of the Bastille, second half of 1600s, from:
Archives de la Bastille: D'après Des Documents Inèdits
edited by François Ravaisson, volumes VI and VII, published in Paris, France, 1870s
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Volume VI Volume VII

English translations from:
The Satanic Cult
Translated by Christine Trollope, 1980, from original German edition
Der dunkle Gott: Satanskult und Schwarze Messe, by Gerhard Zacharias, 1964.

I.

INTERROGATOIRE DE LESAGE. Du 28 novembre 1679, à Vincennes.

Il a connu Davot, prêtre, chez la' Voisin la première fois, et Davot la fréquentait beaucoup du temps qu'il était à Bonne-Nouvelle et la connaissait avant lui....

Madame de Virieu étant chez la Voisin, et ayant demandé qu'il fit passer un billet par lequel elle demandait la mort de son mari et l'amitié d'un certain abbé, Davot promit à la dame qu'en disant la messe il mettrait sous le corporal et sous le calice son billet, lequel néanmoins demeura entre ses mains ; il ne l'a pas donné à Davot. La dame donna à Davot un écu d'or ou louis d'or, ne sait lequel des deux, mais c'était une pièce d'or que Davot, en sortant de chez la Voisin, changea en monnaie à Margo, sa servante, et Davot n'a point vu depuis la dame. Davot et la Voisin lui ont dit l'un et l'autre qu'il avait dit la messe dans le cabinet de la Voisin, sur le ventre d'une fille ou d'une femme dont il se pourra souvenir dans la suite du temps, et dit aussi Davot qu'il en avait eu la compagnie charnelle, et qu'en disant sa messe il avait baisé ses parties honteuses, et qu'il n'était pas le seul qui eût fait de semblables choses, et que Gérard, prêtre de Saint-Sauveur, ami de Davot, et avec lequel il a bu et mangé chez Davot, avait de même dit la messe sur le ventre d'une fille d'un marchand de la rue Saint-Denis, de la paroisse de Saint-Sauveur, qu'il avait débauchée, et à laquelle il faisait accroire, en faisant la cérémonie et des conjurations sur son ventre, qu'elle ne deviendrait point grosse; mais la fille, après avoir demeuré quelque temps cachée chez Gérard, dans une soupente, devint grosse, et Gérard en fut en peine, et s'absenta pour cela après avoir demeuré caché quelque temps chez Davot, à Saint-Benoît, où il l'a vu plusieurs fois, et cela s'est fait depuis l'exécution de Tournot, prêtre, et il ne peut pas y avoir plus de dix-huit mois. Lui a dit encore Davot, aussi bien que la Voisin, qu'il avait dit des messes dans sa chambre et qu'elle lui avait fait dire pour plusieurs affaires, et qu'il n'y avait eu qu'elle qui fût présente lorsqu'il dit la messe sur le ventre de la femme ou fille dans son cabinet.

***

Bastille Archives, Interrogation of Lesage, Vincennes, 28 November 1679.
(Ravaisson VI, pp. 55ff)

He met the priest Davot for the first time at the house of La Voisin....

When Madame de Vivien was at the house of La Voisin, and asked him to pass a note in which she demanded the death of her husband and the friendship of a certain abbé, Davot promised the lady that when he said Mass he would put the note under the corporal and under the chalice; but he [Lesage] kept the note in his hands and did not give it to Davot. The lady gave Davot a gold crown or gold louis….Davot and La Voisin both told him that he had said Mass in La Voisin's private room on the belly of a girl or woman whom he would be able to remember in the course of time, and Davot also said that he had had carnal knowledge of her, and that while saying Mass he had kissed her private parts, and that he was not the only one to do such things, and that Gérard, priest of Saint-Sauveur, Davot's friend, with whom he [Lesage] had eaten and drunk at Davot's house, had also said Mass on the belly of a shopkeeper's daughter from the Rue Saint-Denis, in the parish of Saint-Sauveur, whom he had debauched and whom he had persuaded that when he performed the ceremony and some conjurations on her belly, she would not become pregnant, but the girl, after remaining hidden for some time at Gérard's in a garret, did become pregnant, and Gérard was worried about it, and disappeared after remaining hidden for a time in Davot's house at Saint-Benoit....

(Bibliothèque de l'Arsenal)

II.

INTERROGATOIRE DE LA FILLE VOISIN. Du 28 mars 1680, à Vincennes. Marie-Marguerite Montvoisin, âgée de vingt-un ans.

Lesage et sa mère l'envoyèrent un jour, ne saurait dire si ce fut en carême, achelcr un pigeon blanc en vie; ce qu'elle fit moyennant une pièce de 15 sols, après quoi, et le leur ayant apporté, ils lui coupèrent la gorge et en recueillirent le sang dans un godet de verre; lequel sang ils gardèrent, et la renvoyèrent hors du cabinet du jardin où cela se faisait, et ne sait point ce qui en fut fait....

Elle ne sait point si le sang et le cœur du pigeon furent mêlés avec de l'eau bénite; mais il est vrai qu'il se servait, dans ces cérémonies, d'encens, de sel, de soufre et d'eau bénite qu'il mêlait ensemble; il est vrai aussi qu'une croix, qui était chez elle, et dans laquelle il y a de la vraie croix de Jérusalem, servait aux cérémonies qui se faisaient par Lesage et sa mère, et ne sait point si l'on s'en servit cette fois-là; et c'est depuis le retour de Lesage des galères, et cela a été fait pour le mariage de la Desmarets, les affaires de madame Brisard, et pour autres affaires qu'ils avaient encore...

***

Interrogation of La Voisin's daughter, Vincennes, 28 March 1680.
Marie-Marguerite Montvoisin, aged twenty-one.
ibid., p. 194

Lesage and her mother sent her one day, she could not say whether it was in Lent, to buy a live white pigeon, which she did with a 15-sou piece; after she had done this, and brought it to them, they cut its throat and collected its blood in a glass goblet. They kept this blood, and sent her out of the garden-house where this was going on, so that she does not know what they did with it….

She does not know whether the blood and heart of the pigeon were mixed with holy water; but it is true that he [Lesage] in these ceremonies used incense, salt, sulphur and holy water which he mixed together; and it is also true that a cross which was at her [her mother's] house, and in which there is some of the True Cross of Jerusalem, was used in the ceremonies carried out by Lesage and her mother; and she does not know if it was used that time - this was after Lesage came back from the galleys - and this was done for the marriage of the Desmarets woman, for Madame Brisard's affairs, and for other affairs which they had....

(Bibliothèque de l'Arsenal)

III.

INTERROGATOIRE DE LA FILASTRE. Du 20 mai 1680, à Vincennes

— Il y a six ou sept ans qu'elle accoucha dans la rue de Montmorency, chez Thielou, savetière, et c'était au commencement de ses chercheries qu'elle continua quatre ou cinq mois, jusqu'à ce que Simon se fît enlever de chez elle par un garde du corps Elle a toujours eu peur que Simon n'eût fait quelque chose pour donner au diable l'enfant, lui ayant fait faire un billet, aussi bien qu'à Lacoudraye. qui était le père de l'enfant, un autre billet séparé, par lesquels elle se faisait céder par eux l'enfant, disant qu'ils le donneraient au diable.

— S'il n'est pas vrai qu'étant dans les douleurs de l'enfantement, elle se mil dans un cercle autour duquel étaient des bougies allumées, et elle tenant en main une bougie noire aussi allumée?

— Simon la fit asseoir au bord du cercle, lui disant que les esprits étaient au dedans, et qu'une des bougies était pour Lucifer, une autre pour un autre diable, dont elle ne se souvient point du nom, et ainsi des autres bougies, et elle ne tenait point en main la bougie de poix noire, quoiqu'elle fût allumée. Simon lui faisait dire entre autres choses que Briziol eût à venir au nom de Picart et de Simon, et la faisait renoncer à chrême, baptême, et à l'Église; après quoi disait encore d'autres paroles dont elle ne se souvient pas. Et était la conjuration écrite de la main de Picart, à ce que lui dit Simon, lequel Picart, qui est Lepreux, prêtre, elle a été voir depuis trois ou quatre fois à Notre-Dame.

— Si Simon ne lui fit pas dire aussi quelques autres paroles, et entre autres : au nom du grand Dieu vivant et de la sainte Trinité, par saint Pierre et par saint Paul, et que le diable eût à apparoir?

— Oui, mais elle ne se souvient pas que ces mots: saint Pierre et saint Paul, fussent écrits dans la conjuration; et il y avait beaucoup d'autres mots plus exécrables, et entre autres des renonciations au Saint-Sacrement, à la messe, à la sainte hostie, à l'eau bénite, à son baptême, lesquelles paroles Simon lui fit apprendre par cœur, et brùlaensuite le papier; et après les lui avoir apprises, Simon les lui fit dire trois mois et demi après ses couches, dans une église où elle la mena, proche le Louvre, du cêté de la rivière, et ce pendant neuf jours, la faisant tourner en les disant à l'entour du bénitier, et la faisant entrer et sortir à diverses fois de l'église ....

— S'il n'est pas vrai qu'elle a assisté à quelques messes qui ont été dites la nuit chez maître Jean?

— Il est vrai que Cotton, prêtre de Saint-Paul et maître des écoliers, vint, il y a environ cinq ou six ans, un jour de jeudi saint, chez maître Jean, qui était alors portier des Quinze-Vingts; et la nuit du jeudi au vendredi saint, à minuit, Cotton, revêtu d'habits sacerdotaux, dit la messe dans une petite chambre au-dessus de la salle où demeure le portier; à la messe étaient présents elle et Lalande, qui répondit à la messe, pendant que Lecourt, qui avait mené Cotton, était en dehors avec maître Jean, lequel avait porté les habits sacerdotaux et les ornements d'autel dans sa chambre pour servir à la messe, à laquelle Cotton consacra une hostie, en fit l'élévation et invoqua les trois princes des démons en paroles inintelligibles, et l'invocation, qui consistait en peu de paroles, Cotton l'avait par écrit, sur l'autel qui avait été dressé pour cela, et après l'invocation, il finit en cet endroit la messe, et emporta l'hostie consacrée dans un corporalier qu'il avait apporté. Et elle ne lui a jamais demandé depuis ce qu'il avait fait de l'hostie, quoiqu'elle l'ait vu plusieurs fois depuis; mais il lui a dit qu'il avait bien du regret d'avoir dit la messe, et qu'il n'avait voulu voir, depuis ce temps-la, Lalande et Lecourt. Se souvient que pendant la messe, elle tenait, aussi bien que Lalande, chacun un cierge de cire blanche allumé, qui avaient été faits de deux pains de cire qui avaient été mis sous le corporalier et sous la nappe, pendant que Cotton avait dit une autre messe à Saint-Paul.

— De quoi se mêle maître Jean?

— Il se mêle de ces chercheries comme les autres. Elle ne lui a rien donné, et c'était au contraire lui qui, aussi bien que les autres, donnait de l'argent à elle et à la Simon, et pour Lepreux, et c'était elle Filastre qui devait faire le pacte avec le diable pour faire l'affaire de tous les autres.... Elle a ouï dire que la Dufayet avait fait faire d'étranges choses par Lepreux, et qu'il avait, en disant la messe, consacré des couleuvres pour le secret de l'amour, et que Duplessis était lors présente.

***

Interrogation of La Filaster, Vincennes, 26 May 1680
ibid., pp. 211ff

...-Was it not true that suffering the pains of childbirth, she placed herself in a circle around which there were candles lit, holding in her hand a black candle, also lit?

-Simon made her sit down on the edge of the circle, telling her that the spirits were within, and that one of the candles was for Lucifer, and another for another devil, whose name she does not remember, and so on with the other candles, and she did not hold the candle of black pitch in her hand, although it was lit. Simon made her say among other things, that Briziol [God of dream interpretation and soothsaying] was to come in the name of Picart and Simon, and made her renounce the chrism, baptism, and the Church; after that she said some more words which she does no remember. And the conjuration was written by the hand of Picart....

-Did Simon not make her say some other words as well, and, among others: in the name of the great living God and of the Holy Trinity, by St Peter and by St Paul, and that the Devil must appear?

-Yes, but she does not remember that these words St Peter and St Paul were written down in the conjuration; and there were many other more disgusting words, and, among others, renunciations of the Holy Sacrament, the Mass, the sacred host, holy water, and her baptism; Simon made her learn these words by heart, and then burnt the paper; and after teaching them to her, Simon made her say them three and a half months after her confinement, in a church to which she took her, near the Louvre on the side nearest the river; and this went on for nine days, and when she said them, she made her turn towards the holy water basin, and enter and leave the church several times....

-Is it not true that she attended some Masses which were said at night in Maître Jean's house?

-It is true that Cotton, priest of St Paul's and schoolmaster, came about five or six years ago, on a Maundy Thursday, to the house of Maître Jean, who was then porter at the Quinze-Vingts [hospital in Paris]; and in the night between Maundy Thursday and Good Friday, at midnight, Cotton, dressed in priest's robes, said Mass in a little room over the porter's room. Present at the Mass were herself and Lalande, who said the responses, while Lecourt, who had brought Cotton, was outside with Maître Jean, who had brought the vestments and the altar furniture to his room for use at the Mass, at which Cotton consecrated a host, performed the elevation and invoked the three princes of the demons in unintelligible words; and Cotton had the invocation, which consisted of few words, in writing on the altar, which had been set up for the purpose, and after the invocation he finished the Mass in this place, and wrapped the consecrated host in a corporal-cloth he had brought. And she had never since asked him what he had done with the host....

She has heard tell that the Dufayet woman had had some strange things done by Lepreux, and that while celebrating Mass he had consecrated snakes for use in secret love-potions, and that Duplessis was present at the time....

IV.

DÉCLARATION DE LA FILLE VOISIN. Du 20 août 1680.

...Elle a vu dire deux messes par Guibourg, dans la chambre où sa mère couchait, il en a dil une chez la Delaporte, où elle Montvoisin survint dans le temps qu'il achevait de la dire; trouva l'autel dressé, croix et cierges allumés. Les trois messes furent dites pour la même affaire, cette dernière entre deux et trois heures après midi, deux mois avant la prise de sa mère. Guibourg a dit des messes sur le ventre, à des dames, chez sa mère. La première venue, à sa connaissance, fut, il y a plus de six ans; — aidait sa mère à préparer les choses nécessaires pour cela, — un matelas sur des siéges, deux tabourets aux deux cêtés où étaient les chandeliers avec des cierges, après quoi Guibourg venait de la petite chambre à cêté, revêtu de sa chasuble, et après cela la Voisin faisait entrer dans la chambre la femme sur le ventre de laquelle la messe devait être dite, et en faisait sortir elle Montvoisin.

Lorsqu'elle a été plus avancée en âge, sa mère ne s'est plus défiée d'elle, et a été présente à cette sorte de messes, et a vu que la dame était mise toute nue sur le matelas, ayant la tête pendante, soutenue d'un oreiller sur une chaise renversée, les jambes pendantes, une serviette sur le ventre, et sur la serviette une croix à l'endroit de l'estomac, le calice sur le ventre;

Madame de Montespan s'est fait dire une de ces sortes de messes par Guibourg chez la Voisin, il y a environ trois ans, vint sur les dix heures du soir, n'en sortit que sur le minuit.

Et la Voisin ayant dit à la dame qu'il fallait qu'elle dît le temps qu'on pourrait dire les autres deux messes qu'il convenait de dire pour faire réussir son affaire, la dame dit qu'elle n'en saurait trouver le temps, et qu'il fallait qu'elle fît sans elle ce qu'il y aurait à faire pour faire réussir l'affaire, ce qu'elle lui promit, et qu'elle ferait dire sur elle les deux messes, à l'intention d'elle madame de Montespan.

A quelque temps de là, elle assista à une messe que Guibourg dit de la même manière sur le ventre de sa mère, et à l'élévation dit le nom de Louis de Bourbon et celui de la dame, qui consistait en deux ou trois noms, et ne disait pas celui de Montespan.

La Laporte assista à la première avec elle et sa mère, et répondit à la messe, coucha chez elle et sut bien qui était la dame, quoiqu'elle témoignât ne la connaître.

Laporte a fait pour le même dessein conjuration à l'âme d'un pendu; sa mère lui avait donné les noms par écrit pour la faire, et après l'avoir faite, en vint rendre compte en présence de son père et de ses frères. Le père fit taire Laporte.

Et la deuxième, dite par représentation, Laporte et la Pelletier y assistèrent avec elle.

La troisième fut dite chez la Delaporte, en sa présence, n'arriva qu'après tout achevé; les cierges étaient de cire jaune neuve, graisse de pendu, dans lesquels on mettait un billet, l'invention de Papillon; et aux deux messes, chez elle, Guibourg mettait des poudres sous le calice, disait être pour l'amour, et les rendait après à sa mère.

La Voisin avait d'autres prêtres qui travaillaient pour la même affaire, aussi bien que Guibourg.

***

Declaration by Voisin's daughter, 20 August 1680.
ibid., pp. 294ff

...She saw Guibourg celebrate two Masses in the room where her mother slept, and one at Delaporte's house, where she, Montvoisin, arrived at the moment when he was finishing; she saw the altar set up, with a cross and lighted candles. The three Masses were said for the same affair, this last one between two and three in the afternoon, two months before her mother was arrested. Guibourg said Masses on ladies' bellies at her mother's house. The first to her knowledge was more than six years ago; she helped her mother to prepare the things necessary for it - a mattress on chairs, two stools, one at each side, where the candlesticks with candles stood; when this was done, Guibourg came out of the little side room dressed in his chasuble, and after that La Voisin brought into the room the woman on whose belly Mass was to be celebrated, and sent her, Montvoisin, out.

When she was older her mother was no longer cautious with her, and she was present at this sort of Mass, and saw that the lady was placed completely naked on the mattress, with her head hanging back supported on a pillow on an overturned chair, her legs hanging down, a towel on her belly, and on the towel a cross at the level of her lower ribs, and the chalice on her belly.

Madame de Montespan had a Mass of this sort said for her by Guibourg at La Voisin's house about three years ago. She came at about ten at night and did not leave until midnight.

And when La Voisin told the lady that she must fix a time for the other two Masses that had to be said if her affair was to succeed, the lady said that she could not find the time, and that she would have to do without her whatever had to be done for the success of her affair; she [La Voisin] promised this, and that she would have the two Masses celebrated on herself, on behalf of her Madame de Montespan.

Some time later she attended a Mass which Guibourg celebrated in the same way on her mother's belly, and at the elevation he spoke the name of Louis de Bourbon and that of the lady, which consisted of two or three names, and he did not say that of Montespan.

The woman Laporte attended the first [Mass] with her and her mother, and spoke the responses; she slept at her house and knew very well who the lady was, although she bore witness that she did not know her.

Laporte, for the same purpose, made a conjuration to the soul of a hanged man; her mother had given her the names in writing in order to do it, and when she had done it she came to give an account in the presence of her father and brothers. The father silenced Laporte.

And the second [Mass], celebrated by proxy, Laporte and the Pelletier woman attended with her.

The third was celebrated at Delaporte's house and in her presence; she [Voisin's daughter] did not arrive until it was all over. The candles were of new yellow wax, fat from a hanged man, and a note was put into them, the invention of Papillon, and at both Masses at her [Delaporte's] house, Guibourg put powders under the chalice, and said they were for love, and afterwards gave them to her mother.

La Voisin had other priests working for the same business, as well as Guibourg....

(Bibliothèque Nationale)

V.

.....S'est souvenue que Pelletier a porté deux arrière-faix à Saint-Denis, en deux différentes fois, à Guibourg, prêtre, l'un desquels fut après cela distillé par Pelletier et l'autre par Dumesnil. Il est vrai aussi qu'une sage-femme qui demeurait au coin de la rue des Deux-Portes, distilla aussi les entrailles d'un enfant dont la mère y avait accouché, menée par Voisin, sa mère, pour la faire avorter. Avant la distillation, les entrailles de l'enfant et l'arrière-faix de la mère avaient été portés à Saint-Denis, à Guibourg, par sa mère, la sage-femme et la mère de l'enfant, sur le ventre de laquelle sa mère, à son retour, lui dit que Guibourg avait dit la messe, et que la femme était alors encore tout en sang, et elle n'a vu baptiser chez la mère, par Guibourg, qu'un seul enfant d'une fille que la Lepère avait fait avorter. Après le baptême, la mère, Guibourg et une autre femme qui était venue avec celle qu'on avait fait avorter, sortirent tous ensemble, et emportèrent l'enfant, et ne sait point ce qu'il devint. Se souvient que Louvet, sage-femme, emporta aussi une fois de chez sa mère, un enfant d'une femme ou fille qui vint aussi chez sa mère, et ne peut dire si ce fut un avortement ou non....

Guibourg a baptisé quelque enfant chez sa mère, de fille que la Lepère fit avorter. A vu faire consumer trois ou quatre enfants dans le four; présenté à la messe de madame de Montespan, par l'ordre de sa mère, un enfant paraissant né avant terme, le mit dans un bassin, Guibourg l'égorgea, versa dans le calice, et consacra le sang avec hostie, acheva sa messe, puis fut prendre les entrailles de l'enfant, la mère Voisin porta le lendemain chez Dumesnil, pour distiller, le sang et l'hostie dans une fiole de verre que madame de Montespan emporta. Le corps de l'enfant fut consumé dans le four par mère Voisin. Laporte vit faire le sacrifice de l'enfant, parle de ce que fut fait par Guibourg avec la Des Œillets et le mylord anglais', les saletés dans le calice; des poudres; tout fut mis dans une boîte de ferblanc avec paquet de poudre séparé que Guibourg donna au mylord anglais. Devait emmener en Angleterre Guibourg et la Voisin.

Depuis la prise de sa mère, on a envoyé à Paris un homme avec une lettre; mais elle, fille Voisin, n'a voulu passer en Angleterre. Vu trois ou quatre fois la Des Œillets et le mylord chez elle ; ne sait le dessein ; quatre heures et demie ou cinq heures du soir. Croit que la Dumesnil avait porté l'enfant de la messe de madame de Montespan.

Lors de la consécration, Guibourg dit les noms du Roi et ceux de madame de Montespan. (B. N.)

***

Interrogation of Voisin's daughter, Vincennes, 9 October 1680
ibid., p. 333f

...She remembered that Pelletier brought two afterbirths to Saint-Denis, on two different occasions, to Guibourg, priest, one of which was later distilled by Pelletier and the other by Dumesnil. It is also true that a midwife who lived at the corner of the Rue des Deux-Portes, also distilled the entrails of a child which the mother had borne there, brought by Voisin, her mother, for an abortion. Before the distillation, the child's entrails and the mother's afterbirth had been taken to Saint-Denis, to Guibourg, by her mother, the midwife, and the child's mother, on whose belly her mother on her return said Guibourg had celebrated Mass, and that the woman was then still all covered with blood....

Guibourg baptised at her mother's a child of a girl whom Lepère aborted. She saw three or four children burnt up in the oven. A child that appeared to have been prematurely born was presented at Madame de Montespan's Mass by order of her mother, and Guibourg put it into a basin, cut its throat, poured the blood into a chalice and consecrated it with the host, finished his Mass, then took out the child's entrails; the next day mother Voisin took to Dumesnil, to be distilled, the blood and the host in a glass phial which Madame de Montespan took away. The child's body was burnt in the stove by mother Voisin....

...She believes that Dumesnil had brought the child for Madame de Montespan's Mass.

At the consecration, Guibourg said the names of the King and those of Madame de Montespan.

(Bibliothèque Nationale)

VI.

Extract from the interrogation of the Abbé Guibourg, Vincennes, 10 October 1680.
ibid., p. 335f

Leroy, governor of the pages of the petite écurie, first spoke to him about working for Madame de (Montespan) and promised him 50 pistoles and a benefice of 2,000 pounds. The first Mass he said with this intention was at Le Ménil near Monthlhéry, on the belly of a woman who had come with another great personage; at the consecration he recited the conjuration:

(Bibliothèque du Corps Législatif)

'Astaroth, Asmodée, princes d'amitié, je vous conjure d'accepter le sacrifice que je vous présente de cet enfant pour les choses que je vous demande, qui sont l'amitié du Roi, de Mgr le Dauphin me soit continuée et être honorée des princes et princesses de la cour, que rien ne me soit dénié de tout ce que je demanderai au Roi, tant pour mes parents que serviteurs.'

'Astaroth, Asmodeus, princes of friendship, I conjure you to accept the sacrifice I offer you of this child for the things I ask of you, which are that the friendship of the King and Mgr le Dauphin may continue towards me, and that I may be honoured by the princes and princesse of the court, and that nothing I ask of the King may be denied me, either for my relatives or servants.'

(Bibliothèque Nationale)

And he named the names of the King and those of Madame de Montespan, which were in the conjuration.

He had bought for a crown the child that was sacrificed at this Mass; it was presented to him by a grown girl. Having drawn blood from the child, whose throat he pierced with a penknife, he poured some into the chalice, after which the child was removed and taken to another place, and its heart and entrails were brought back to him for a second [Mass]; according to what Leroy and the noble lord said, they would serve to make powders for the (King) and Madame de (Montespan). The lady for whom he said Mass always had the veils of her headdress pulled low, covering her face and half her breast. He said the second Mass in a hovel on the ramparts of Saint-Denis, on the same woman with the same ceremonies and Pelletier was there. He celebrated the third in Paris, at La Voisin's house, on the same woman, perhaps eight or nine years ago; later he said thirteen or fourteen years. He also declares that five years ago he said a similar Mass at La Voisin's on the same person, who, he was always told, was (Madame de Montespan), for the same intention, and Laporte was present; and after it was al over he went to pick up his cloak from a chair and found on the chair a document which must have been a copy of a pact - since it was only on paper, and pacts must be written on virgin parchment - where he read these words:

(Bibliothèque du Corps Législatif)

'I...daughter of...I ask for the King's friendship and that of Mgr le Dauphin, and that I may continue to have it, that the Queen may be barren, that the King may leave her bed and table for me, that I may obtain from him all I ask for myself and my relatives, that my servants and my household may please him [that I may be] loved and respected by great lords, that I may be summoned to the King's council and know what happens there, and that this friendship may increase more than in the past, so that the King leaves La Vallière and pays no more attention to her, and that the Queen may be repudiated so that I can marry the King....

Je demande l’amitié du roi et celle de Monseigneur le Dauphin et qu’elle me soit continuée, que la reine soit stérile, que le roi quitte son lit et sa table pour moi, que j’obtienne de lui tout ce que je lui demanderai pour moi et mes parents, que mes serviteurs et domestiques lui soient agréables. Chérie et respectée des grands seigneurs, que je puisse être appelée au Conseil du roi et savoir ce qui s’y passe et que cette amitié redoublant plus que par le passé, le roi quitte et ne regarde La Vallière et que la reine étant répudiée, je puisse épouser le roi…

(Bibliothèque Nationale)

And when he got to this point in his reading this paper was snatched from his hands; he always left the host and the consecrated blood of the children in vessels that were given him, the host being cut into small pieces.

Il a fait chez la Voisin, revêtu d'aube, d'étole et de manipule, une conjuration en présence de la Des Oeillets, qui prétendait faire un charme pour le (Roi) et qui était accompagnée d'un homme qui lui donna la conjuration, et comme il était nécessaire d'avoir du sperme des deux sexes, Des Oeillets ayant ses mois n'en put donner mais versa dans le calice de ses menstrues et l'homme qui l'accompagnait, ayant passé dans la ruelle du lit avec lui Guibourg, versa de son sperme dans le calice. Sur le tout, la Des Oeillets et l'homme mirent chacun d'une poudre de sang de chauve-souris et de la farine pour donner un corps plus ferme à toute la composition et aprés qu'il eut récité la conjuration il tira le tout du calice qui fut mis dans un petit vaisseau que la Des Oeillets ou l'homme emporta.

At La Voisin's, dressed in alb, stole and maniple, he made a conjuration in the presence of Des Œillets, who wanted to make a charm for the (King) and who was accompanied by a man who gave him the conjuration, and, as it was necessary to have sperm from both sexes, Des Œillets who was menstruating could not give any, but she poured some of her menstrual blood into the chalice, and the man accompanying her passing into the alcove behind the bed with him, Guibourg, dropped some of his sperm into the chalice, On top of all this, Des Œillets and the man each put a powder of bat's blood and flour to give a firmer consistency to the whole compound, and after reciting the conjuration he took it all out of the chalice and it was put into a little vessel which Des Œillets or the man took away.

(Bibliothèque du Corps Législatif)

VII.

La fille de la Voisin, de nouveau interrogée sur la messe qu'elle avait dit que madame de Montespan s'était encore fait dire par le même Guibourg, chez sa mère, depuis trois ou quatre ans seulement, elle en a déclaré toutes les circonstances:

Que c’était elle qui avait présenté l’enfant à Guibourg, que la Delaporte y était présente, et qu'après l'oblation et le sang mis dans le calice, Guibourg avait passé dans une autre chambre, avait ouvert la poitrine, en avait arraché le cœur et les entrailles.

Guibourg, ayant dénié d'avoir ouvert le corps de l'enfant, est convenu de lui avoir arraché le cœur et les entrailles, et d'avoir coupé, ouvert le cœur de l'enfant après la messe, pour en tirer le sang caillé qui était dans le cœur, et pour le mettre dans un vase préparé pour cet effet, et avec lequel fut aussi mis des particules de l'hostie consacrée, et ce qui était dans le calice, qui fut emporté par la dame sur le ventre' de laquelle il avait dit la messe, qu'il a cru être madame de Monlespan, ainsi que la Voisin lui a dit....

***

Notes for a report from M. de la Reynie to the King (November 1680).
ibid., pp. 371f

...La Voisin's daughter, questioned again on the further Mass which, as she said, Madame de Montespan had celebrated by this same Guibourg at her mother's only three or four years ago, declared all the circumstances:

That it was she who had presented the child to Guibourg, that the woman Delaporte was present, and that after the oblation, when the blood had been put into the chalice, Guibourg had gone into another room and opened the breast and torn out the heart and entrails.

Guibourg, who had denied opening the child's body, agreed that he had torn out the heart and entrails and had cut open the child's heart after the Mass to take out the clotted blood that was inside the heart and put it into a vessel prepared for that purpose; and with it he also put fragments of the consecrated host, and what was in the chalice, and it was taken away by the lady on whose belly he had celebrated Mass, whom he believed to be Madame de Montespan, as La Voisin told him...

(Bibliothèque Nationale)

VIII.

Autograph notes by M. d'Argenson (1695).
ibid., VII, pp. 172f

MÉMOIRE AUTOGRAPHE DE M. D'ARGENSON.

Marianne Charmillon, âgée de 22 ans, fille de Charmillon, praticien à Paris, et de M. Quenneville, à présent pénitente volontaire à Sainte-Pélagie, a dit en présence de la supérieure et d'un commissaire au Châlelet, qu'elle a été séduite et corrompue par J. B. Sebault, sous-diacre du diocèse de Bourges, qui demeurait en pension chez son père, et dont elle a eu deux enfants qui vivent encore; qu'il y a deux ans que le même Sebault lui proposa de faire pacte avec le diable, et la mena pour cela dans le caveau d'une maison située aux environs de Paris, où se devaient faire l'invocation, l'apparition et la conclusion ; qu'elle a été six différentes fois dans ce même caveau, et que l'on y disait la messe entre minuit et une heure; que la première fois une fille mendiante, âgée de 13 ans, y ayant été conduite, elle mourut de peur, et fut enterrée avec ses habits tant par le sous-diacre Sebault que par le nommé Guignard, curé de Notre-Dame de Bourges, et par un autre particulier1; que Guignard y disait la messe en habits sacerdotaux; qu'il l'a célébrée une fois sur le corps de la repentante, nue, sans chemise, et que le sous-diacre Sebault, qui était nu aussi bien qu'elle, répondait la messe: “Quotiescumque altare osculandum erat, Guignard osculabatur Charmillon corpus, hostiamque consecrabat super pudenda, quibus hostiae portiunculam inserebat ; missâ tandem peractâ, subdiaconus Sebault illam inibat, et interea Guignard et socius inibant quoque mulierem nomine Lefebvre. Missâ peractâ, Sebault, manibus in calice mersis, pudenda sua et muliebria lavabat.” Guignard, cet autre particulier et la Lefebvre faisaient la même chose. Ensuite de quoi Guignard mettait le reste du calice dans une petite fiole qu'il emportait avec soin.

Cette déclaration a été faite en la présence de la supérieure du Refuge, qui en a donné le premier avis, et du commissaire Chevalier qui l'a rédigée par écrit et l'a fait signer à M. Charmillon.

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Marianne Charmillon, aged 22, daughter of Charmillon, practician [assistant to an advocate] in Paris, and of Mme Quenneville, at present a voluntary penitent at Sainte-Pélagie, said, in the presence of the Mother Superior and a commissioner at the Châtelet, that she had been seduced and corrupted by J. B. Sebault, subdeacon of the diocese of Bourges, who lodged at her father's house, and by whom she has had two children, still alive; that two years ago this same Sebault proposed that she should make a pact with the Devil, and took her for that purpose into the cellar of a house on the outskirts of Paris, where the invocation, the apparition and the conclusion were to take place; that she had been in this same cellar on six different occasions and that Mass was said there between midnight and one o'clock; that the first time a beggar girl aged 13 was brought there and died of fright, and was buried with her clothes by the said Guignard, vicar of Notre-Dame de Bourges, and another private individual; that Guignard said Mass in priest's vestments; that he celebrated it once on the body of the penitent, naked, without a shift, and that the subdeacon Sebault, who was naked as she was, said the responses to the Mass: As often as the altar had to be kissed, Guignard kissed Charmillon's body, and consecrated the host on her private parts, into which he inserted a fragment of the host; when the Mass was at last ended, the subdeacon Sebault entered into her, and meanwhile Guignard and his friend also copulated with a woman called Lefebvre. When the Mass was over, Sebault plunged his hands into the chalice and washed his private parts and the woman's. Guignard, this other individual and Lefebvre did the same. After this Guignard put what remained in the chalice into a little phial which he carried away carefully….

(Bibliothèque Nationale)