Les OVNIS




Le terme Objet Volant Non Identifié (OVNI) (de UFO, Unidentified Flying Object inventé en 1951 par un officier de l'armée de l'air américaine) montre à quel point on manque de précision à leur sujet. David Jacobs, un expert américain en la matière, définit un OVNI comme «l'observation d'un objet extraordinaire en vol ou posé sur terre, ou d'une expérience similaire, restant inexpliquée après une analyse rigoureuse » . Le terme ne recouvre pas les «soucoupes volantes ». de la mythologie populaire, bien qu'il puisse, en théorie, inclure le principe des vaisseaux spatiaux extra-terrestres. Sur la base de cette définition, qui englobe un grand nombre d'apparitions très disparates, peu de gens refuseront de croire à l'existence des OVNI.

Cependant, les contestations apparaissent lorsqu'il s'agit de définir la nature exacte de ces OVNI. Des restes de l'engin ont parfois été récupérés et on peut démontrer rapidement que l'objet en question n'était qu'un fragment de satellite désintégré. Mais la plupart des objets volants non identifiés ne laissent aucune trace tangible, hormis les récits des témoins. Deux facteurs impliquent alors la tâche des enquêteurs. Le premier est la fiabilité du témoin. Même quand les individus qui prétendent avoir vu des OVNI sont considérés comme crédibles, il apparaît difficile, voire impossible, de reconstituer ce qu'elles ont vu. La vision, processus physique objectif, diffère considérablement du processus subjectif d'interprétation. L'observateur se forge une opinion pendant le déroulement même des faits. L'autre facteur rendant l'enquête difficile est le préjugé de l'enquêteur lui-même. Un sceptique inébranlable ou un ardent défenseur de l'existence des OVNI parviendront inévitablement à des conclusions différentes sur un cas ambigu - et ces cas là sont les plus fréquents!





Les objets volants non-identifiés

C'est à partir de la fin du XIXe siècle que les récits d'engins spatiaux sont les plus remarquables. Entre novembre 1896 et avril 1897, les États-Unis fut le siège d'une série d'apparitions qui commencèrent en Californie et se répandirent vers l'est (probablement que les gens auraient pris des ballons dirigeables pour des engins spatiaux, d'autant plus que les premiers récits de science-fiction eurent une énorme audience en Amérique). Régulièrement depuis lors, les observations d'OVNI se font par vagues, débutant par quelques apparitions isolées, puis se faisant de plus en plus nombreuses et enfin décroissant peu à peu après avoir atteint un maximum.

Dix ans après la vague d'OVNI aux États-Unis, survint en Russie un événement extraordinaire qui ne pouvait être écarté comme un simple canular ou une histoire à dormir debout. Le matin du 30 juin 1908, une chose énorme et terrifiante tombait du ciel et explosait dans une région appelée Tunguska, située au fin fond de la Sibérie. Un témoin rapporta que le ciel fut coupé en deux par le souffle de l'explosion. Un autre vit un objet en flammes, de forme allongée avec une traînée de poussière. Le cataclysme fit voler les vitres en éclats, secoua le sol et un vent brûlant se propagea dans cette contrée désolée, fauchant les arbres comme des allumettes et incendiant quelque 2000 km carré de forêts. L'incident de Tunguska est resté un mystère que beaucoup ont cherché à élucider. Les explications les plus originales font intervenir des découvertes récentes concernant l'antimatière et la collision avec un trou noir. On ne s'étonnera pas que certains aient suggéré que cette catastrophe était l'effet de la désintégration d'un OVNI dans l'atmosphère. Plusieurs scientifiques soviétiques ont affirmé avoir relevé dans le sol une radioactivité anormalement élevé. Ils calculèrent également la trajectoire de l'objet et en conclurent que le visiteur avait ralenti avant d'entrer dans l'atmosphère. Plusieurs scientifiques infirment ces faits et on pense plutôt qu'il s'agirait de la collision d'une comète avec la Terre.



Environ 10 ans plus tard, une apparition se produisit devant une foule considérable, sans doute la plus grande de l'histoire des OVNI. Le 13 octobre 1917, 50 000 personnes rassemblées à Fatima, au Portugal, restèrent muettes de surprise devant le spectacle qui se déroulait dans le ciel. Les nuages s'écartaient pour livrer passage à un énorme disque argenté tournant comme une roue de moulin à vent et dansant dans le ciel. L'objet dégageait de la chaleur. Après avoir plongé vers la Terre, le disque remonta au ciel et disparut. L'événement accomplissait la prophétie de trois jeunes paysannes affirmant avoir parlé à la Vierge Marie, qui les aurait prévenues de son apparition justement le 13 octobre, "pour que le monde puisse croire". L'Église en fit un miracle mais beaucoup voit des similitudes frappantes avec d'autres témoignages concernant d'éventuels objets volants.

Durant la deuxième guerre mondiale, à chaque fois que quelque objet étrange apparaissait dans le ciel, la première réaction des témoins était d'y voir une nouvelle arme de l'arsenal ennemi. C'est l'explication que donnèrent les commandants américains aux pilotes de l'armée de l'air qui observèrent une série de phénomènes étranges à l'automne de 1944: des boules lumineuses venues on ne sait de où, disaient-ils, poursuivaient leurs avions. Les disques incandescents, certains de couleur rouge, d'autres de couleur orange ou blancs semblaient jouer avec les avions, plongeant dans l'espace, s'allumant et s'éteignant parfois comme des boules de sapin de Noël. Un appareil pouvait être suivi par au moins 10 des ces lumières que les aviateurs surnommèrent "foo fighters". L'idée que ces boules de feu pussent être des armes secrètes fut abandonnée quand on constata qu'aucune n'avait attaqué un seul avion. Après la guerre, on apprit que les pilotes allemands les avaient aperçues également et avaient pensé qu'il s'agissait d'une arme secrète des Alliés.

De 1948 à 1969, l'armée de l'air américaine fut chargée d'enquêter sur les témoignages concernant des OVNI. Pendant la majeure partie de cette période, cette tâche incomba à un service spécial dénommé le project Blue Book. Le project Blue Book a poursuivi les travaux amorcés par les deux programmes précédents - Sign et Grudge- qui s'étaient enlisés par manque d'expérience et d'organisation. En raison de la multiplication d'apparitions qui marqua l'année 1952, le besoin d'une étude plus systématique se fit sentir, et le project Blue Book fut mis sur pied sous la tutelle du capitaine Edward J. Ruppelt. Les témoins recevaient un questionnaire de huit pages; les photographies et les négatifs étaient analysés; et l'on procédait à des interviews sur le terrain. Les enquêteurs consultaient les données astronomiques, vérifiaient le parcours des avions réguliers et les bulletins météorologiques. Au total, le project Blue Book a permis de faire tri et d'éliminer les apparitions d'OVNI qui étaient manifestement des canulars ou des phénomènes naturels. Mais l'équipe a travaillé dans un esprit ouvertement hostile à l'existence des OVNI. Aussi, dans un nombre restreint de cas, les enquêteurs avaient le choix entre deux solutions: admettre qu'ils ne parvenaient pas à identifier l'objet, ou d'adopter n'importe qu'elle explication vraisemblable, au besoin tirée par les cheveux.

Aujourd'hui, le débat au sujet des OVNI est encore très animé. Tandis que les apparitions continuent encore, comme celles de la Belgique, les politiciens, scientifiques et ufologistes continues de débattre leurs hypothèses.





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