Ne me touche pas!, Sylphina
Chapitre II


L'alarme résonna près de Syaoran qui grogna lourdement. Il l'éteignit d'un coup de poing rageur et se tourna pour serrer Sakura, qui il le savait ne serrait pas réveillée par le bruit. Impossible de la réveiller de toute façon. Il ouvrit les yeux en refermant ses bras sur le vide. Il s'assit d'un bond, paniqué, son coeur s'emballant. Il se calma en trouvant Sakura assise dans un coin de la chambre, emmitouflée dans une couverture, fixant ses pieds.

- 'Kura ? Qu'est-ce que tu fais là ma fleur ?

- Je voulais retourner chez moi. Pour qu'elle ne soit pas fâché. Mais si je partais pour pas qu'elle soit fâché, Syaoran lui serait fâché contre moi, dit-elle en continuant de regarder ses orteilles.

- Bien sur que non, je ne suis jamais fâché contre toi, 'Kura.

Sakura commença à se balancer en silence, restant obstinément sur le sol, les genoux sous le menton. C'est alors que Syaoran remarqua le téléphone cellulaire de sa copine devant elle, brisé. Il fronça les sourcils.

- Sakura, tu as reçu un appel ?

- Elle est fâché. Elle sait que je me cache. Elle a envoyé un message. Elle a dit qu'elle ferait mal à Syaoran, qu'il ne m'aimait pas ! Mais c'est faux ! Cria-t'elle soudainement. Syaoran m'aime !

Le-dit Syaoran restait en silence, à la regarder. Il n'entendait qu'à moitié les mots de celle qu'il aimait. Il la regardait, avec sa couverture autour des épaules, de sa chemise trop grande qui dévoillait toutes les blessures. Pour la première fois, il réalisait pleinement que ce n'était pas le corps de Sakura qui avait été le plus touché. C'était son esprit. Et il voyait désormais que la limite avait été franchie. Sakura avait quitté le monde réel pour s'enfoncer lentement dans la folie.

Sakura s'était endormie à nouveau et reposait, la tête sur les cuisses de Syaoran. Il avait dut glisser un somnifère fort dans un thé pour qu'elle s'endorme. La voir sur le point de briser lui avait déchiré le coeur, alors il avait trouvé un moyen de la calmer. Il réflechissait à cent milles à l'heure. C'était la première fois qu'il voyait Sakura faire une crise de démence, mais il devinait que ce n'était pas la première. Il tentait de cibler toutes les fois où elle lui avait semblé étrange. Peut-être qu'elle était au bord du gouffre depuis plus longtemps que ce qu'il croyait ? Peut-être aurait-il put trouver un moyen de l'empêcher de se noyer dans la folie ?

Sakura remua et serra la main qui était posée dans la sienne. Elle soupira et mit un doigt dans sa bouche, qu'elle mâchouilla doucement. Lionel sourit en lui caressant le dos de l'autre main. C'était bien la une caractéristique de sa Sakura ! Dès qu'elle était préoccupé, elle mâchouillait un truc.

Ses mains rencontrèrent le relief d'une grande coupure qu'elle avait dans le dos. Il serra les dents et sentit une haine sans nom prendre controle de son corps. Qui était-elle pour faire du mal à Sakura ?! Cette femme était dangeureuse, elle devrait être mise en prison. Il n'osait pas imaginer c'qu'aurait été la vie de Sakura si elle arrivé plus tôt. Elle serait sans doute morte à l'heure qu'il est. Il regarda la peau striée de la japonaise. Il fallait être mentalement instable pour faire une chose du genre volontairement. Sakura était torturée, elle devait vivre un enfer. De ce que savait Syaoran, elle avait vécu des choses que même les plus grands films d'horreur ne pourrait jamais décrire... Il n'avait qu'à imaginer la frayeur de Sakura quand sa belle-mère l'immobilisait pour entailler sa peau en souriant, un couteau affuté à la main. Il serra un poing et cela réveilla Sakura, qu'il ne dormait que d'un sommeil très léger.

- Tu es fâché? demanda-t'elle doucement

- Pas contre toi, murmura-t'il en caressant le visage de son ange, où commençait à apparaitre des traces des coups qu'elle avait reçu.

Il réalisa alors qu'elle était de retour dans le monde normal. Elle l'avait tutoyé.

- Tu sais Syaoran, tu n'as pas à te sentir mal. Tu ne pouvais rien faire d'autre que ce que tu as fais. Mais Syaoran... je comprend que tu sois en colère. Parce que tu agis par amour.. et c'est quelque chose que je comprend. Je fais pareil, j'agis pour mon père. Il l'aime.. il se sentirait déchiré de savoir qu'elle me faisait du mal, alors j'aime mieux.. endurer ce qu'elle fait quelques années encore plutôt que de lui briser le coeur.

- Tu n'as pas l'air de réaliser qu'il ne te reste peut-être pas quelques années Sakura. Elle va finir par te tuer !

Sakura secoua la tête, prit son sac et se leva. Deux minutes plus tard, Syaoran entendit la porte d'entrée se fermer. Il se plaça en petite boule et pour la première fois depuis des années, il se laissa aller à pleurer de frustration et de peur.

Sakura ouvrit la porte de chez elle. Le silence lui répondit lorsqu'elle apella "allo?". Elle entra, déposa son sac et accrocha son manteau. Sa belle-mère dormait peut-être encore. Elle allait monter à sa chambre lorsqu'un toussotement ce fit entendre.

- Tiens, te revoilà, dit son bourreau en souriant, son journal dans les mains.

- Bonjour..

- Où étais-tu ?

Sakura resta silencieuse, gardant son attention sur les marches. Si elle courrait jusqu'à elles, peut-être réussirait-elle à monter et à s'enfermer dans sa chambre...

- Tu étais chez ton Syaoran, c'est ça ?

Sakura fronça les sourcils et se cabra pour courrir mais sa belle-mère fut plus rapide. Elle lui attrapa le bras et le tordit, arrachant un cri d'horreur à Sakura qui tomba à genoux.

- Vous vous êtes bien amusé j'espère, souffla la femme en déposant sa cigarette sur le cendrier de la bibliothèque. Vous avez fait l'amour ? T'a-t'il dit à quel point tu es laide et dénudée de tout interet? Que tu n'as en rien l'air d'une femme ?

Sakura serrait les dents, se mordait la langue pour ne pas crier de douleur et de rage. Dans sa bouche, le goût du sang.

- Tu l'aimes, hein, ton Syaoran ?! Tu crois qu'il t'aime aussi ? Un être aussi pathétique que toi ? Peut-être bien, mais dans ce cas c'est une désespéré. Mais si tu veux savoir, je crois qu'il fait semblant de t'aimer par pitié, parce que tu es sa meilleure amie et qu'il à peur de te blesser ! Il est aussi nul que toi, désespéré pour être avec toi !

Cette fois-ci, Sakura ne put réprimer un cri lorsque sa tortionnaire tourna d'avantage son bras, dont les os commençait à protester. Sa belle mère la frappa.

- Fermes-la ! Tu l'aimes tant que ça, ton Syaoran ?! Tu l'aimes plus que moi, c'est ça ?! Je vais te faire un cadeau alors !

Elle lui empoigna les cheveux de l'autre main et la força à lever la tête. Elle fourra un linge à vaiselle dans sa bouche. Elle tendit alors la main vers la bibliothèque et les yeux de Sakura s'équarquillèrent. L'Autre la frappa de toute ses forces, du revers de la main, pour lui intimer l'ordre de cesser de bouger, Sakura s'étant mise à se débattre. Elle enleva le petit réceptacle de plastique de sur le rasoir et déchirra rageusement le chandail de Sakura, la forçant à se mettre sur le ventre dans les escaliers, livrant ainsi son dos à l'air libre.

- Tu l'aimes tant que ça ?! Hurla sa belle-mère en la maintenant très solidement en place. Je vais graver son nom dans ta peau ! Qu'est-ce que tu en dis, salope !?

Sakura hurla à pleins poumons lorsqu'elle sentit la lame froide se poser sur sa peau.

Syaoran leva la tête lorsque la porte s'ouvrit, deux jours plus tard, et eût un frisson en voyant Sakura entrer. Elle n'était pas venue en cours depuis le fameux matin où elle était partie pour retourner chez elle. Il la regarda s'avancer, pâle et fermée. Il fronça les sourcils, quelque chose chez elle clochait. Tout chez elle était différent, comme s'il voyait un clone qui ne savait pas encore agir comme la vraie Sakura. Elle marchait différement, souriait mais semblait sur le point de mourrir. Elle s'assit devant lui sans le regard et c'est à ce moment qu'il remarqua qu'elle semblait aussi plus grosse que la normale : elle portait plus d'un chandail. Il échangea un regard avec Tomoyo. Il n'était pas fou, Sakura était étrange.

Tout au long du cours, Sakura ne bougea pas. Elle resta droite, ne se penchait pas pour écrire, les seuls mouvements qu'elle faisait étaient automates. Lorsque la professeure lui demanda d'aller au tableau, elle se leva d'un trait et alla à l'avant. Au moment où elle prenait la craie, son visage souriant changea. Elle avait l'air contrariée. Elle regardait l'équation, au haut du tableau, puis commença à écrire devant elle. L'enseignante la regarda faire.

- Peux-tu écrire un peu plus haut, sous l'équation ? Demanda-t'elle.

- Non, répondit simplement Sakura.

Elle termina son travail, reprit son sourire et retourna s'assoire. Syaoran avança son pied et lui caressa la cheville du bout du pied, cherchant a attirer son attention. Elle répondit en accrochant son pied après le sien. D'une certaine façon, cela suffit à Syaoran. Elle était toujours elle.

C'est en classe de gymnastique que tout se gâta. Tomoyo et Sakura se changeaient. Sakura souriait toujours mais ne parlait pas et ne répondait à aucune question que pouvait lui poser Tomoyo. Elle enleva son chandail, confuse par sa meilleure amie, et enfila son t-shirt blanc. Elle remarqua alors que Sakura fixait le sien, l'air désemparé.

- On fait de la course aujourd'hui, dit Sakura. Sakura veux mettre plus d'un chandail, mais elle va avoir chaud ! C'est embêtant !

Tomoyo se tourna vers la jeune fille aux cheveux doré, choquée.

Sakura se décida à enlever ses chandails et a enfiler son blanc, avec un pull par dessus. Elle se tourna face à Tomoyo et lui sourit, passant son chandail de sport. Tomoyo fronça les sourcils et fit tomber le coton ouaté de Sakura. Ce fut au tour de son amie de froncer les sourcils.

-Tu as fais tomber mon chandail, dit Sakura.

- Pardon. Ramasses-le.

Sakura ne reflechit pas à se pencha. Tomoyo tomba à genoux, les jambes coupées. Le derrière du chandail blanc de Sakura c'était déjà imbibé de sang. C'est ce qu'elle cherchait à cacher. Elle se releva et attrapa Sakura avant que celle-ci ne mette son pull. Le regard terrifié de Sakura qui avait compris cherchait celui de Tomoyo, l'implorant de la laisser partir.

- Lêve ton chandail, Sakura ! S'écria Tomoyo, presque hystérique.

- Non, grogna Sakura. Lâche-moi ! Sakura va bien !

Tomoyo prit le poignet de sa meilleure amie, qui poussa un cri, et releva le chandail. Elle lâcha Sakura et se tassa au mur, la main plaqué sur sa bouche pour retenir son cri. Sakura rebaissa son chandail, furieuse, cachant les deux S entrelacés que sa belle-mère lui avait gravé au rasoir, dans le bas du dos, deux jours plus tôt, entourés par un coeur. Sakura enfila son pull puis sourit à Tomoyo.

- Sakura va bien !

Elle s'en alla à son cour. Tomoyo resta assise sur le sol, encore sous le choc.

Sakura s'étira dans la cour, le cours étant terminé. Elle vit Tomoyo venir, le visage blanc comme de la neige. Elle attrapa le bras de Syaoran et lui parla à l'oreille. Sakura sourit en les voyant la regarder. Elle alla les rejoindre. Tomoyo s'écarta de Syaoran, le regard fixé sur Sakura. Celle-ci alla voir Syaoran et s'arrêta tout près de lui, souriante.

- Tu veux allez manger une glace ? Demanda Sakura

- Il fait un peu froid, répondit prudemment Syaoran. Viens donc plutôt chez moi, qu'est-ce que t'en dis ?

- D'accord ! Je vais me changer, on se retrouve près des grilles. Tu viens, Tomoyo ? Demanda-t'elle.

Elle resta devant Tomoyo cette fois, souriante. Celle-ci força un sourire et approuva, jetant un regard à son ami, qui hocha de la tête.

Syaoran jeta son manteau sur son divan et regarda Sakura enlever le sien. Il alla à la cuisine et en profita pour monter le chauffage au plus haut possible. Cela forcerait Sakura en enlever les pelures qu'elle avait remise. Elle s'assit dans le divan en chantonnant, regardant les revues sur la table de Syaoran.

- Dit donc, tu aimes le football, nota-t'elle en voyant toute les revues avec le ballon noir et blanc.

- Tu veux quelque chose à boire ? Demanda le jeune homme.

- Non merci.

Il alla s'assoire près d'elle et ouvrit la télé. Elle se colla contre lui et enfouit sa tête dans son cou, heureuse. Il passa un bras hésitant autour de ses épaules. Tomoyo lui avait dit que Sakura avait une marque horrible dans le dos, mais elle n'avait pas été capable d'en parler d'avantage. Ils restèrent collés un moment puis Sakura leva la tête vers lui. Elle tassa ses cheveux avec un sourire, comme elle le faisait toujours dans le passé.

- Tu as besoin d'une coupe, chéri, dit-elle, comme toujours.

Il se tourna vers elle et lui sourit, touché par les bonnes vieilles habitudes. Sakura leva la tête et posa ses lèvres sur les siennes. Syaoran répondit immédiatement, l'embrassant tendrement. Il posa sa main sur sa joue en l'embrassant avec amour. C'est en passant son bras autour de sa taille qu'il se rapella de ce que Tomoyo lui avait dit. Il posa doucement sa main, pressant lentement pour qu'elle ne s'en rende pas compte. Il rencontra une substance poisseuse et froide : du sang. Les vêtements de Sakura étaient imbibés de sang.

Le baiser se prolongeait et il ne pouvait pas dire que cela lui dépalaisait. Sakura faisait courrir ses mains le long de son dos, caressa au passage ses fesses avat de revenir sur son ventre, qu'elle caressait doucement. Elle s'étendit un peu et Syaoran la suivit sans rétience, approfondissant le baiser. Ce n'est que lorsqu'elle toucha la boucle de sa ceinture qu'il comprit. Elle était désespérée. Elle avait besoin d'affection. Elle avait besoin d'une preuve d'amour après ce qu'elle avait interpreté de la part de Tomoyo comme une trahison. Il l'arrêta gentiment.

- Sakura...

- Tu ne m'aime pas ? Demanda Sakura, la voix brisée. Je suis trop nulle pour toi, elle avait raison...

Un éclata de colère traversa Syaoran.

- Non Sakura, ce n'est pas ça ! Tu sais que je t'aime.. seulement... j'ai vraiment envie de toi, Sakura, murmura Syaoran. C'est pas ça le problème. Je crois que ton corps est trop blessé pour faire quoi que se soit.

Sakura eut un regard furieux.

- C'est Tomoyo qui t'a parlé ?! Elle est seulement jalouse ! Elle invente des choses ! Elle est folle, elle est jalouse, elle ment !

- C'est ta meilleure amie, non ? Murmura Syaoran en l'embrassant dans le cou, cherchant à la calmer.

- Non. Elle est menteuse. Je vais bien. Je n'ai rien. Sakura esst correcte, Syaoran aime Sakura..

Elle l'embrassa et reglissa ses mains vers le pantalon de Syaoran, qui la laissa faire une seconde avant qu'il ne l'arrête à nouveau.

- Tu sens ? Souffla-t'il. J'ai envie de toi, mais je ne peux pas. Tu es blessé.

- Non je ne le suis pas ! Tu mens aussi ! Tu me trouve trop laide ! Je ne suis pas blessé ! Sakura n'a rien !

Syaoran la regarda un instant, silencieux. Sakura était brisée de l'intérieur, il le savait. En fait, on aurait dit que cette fois.. elle ne sortirait pas de sa crise de folie.

- On fait une entente, d'accord Kura ? Si tu me montre ton dos, et que tu me prouve que tu n'es pas blessé, je te laisserai faire, j'te le promet. D'accord Kura ?

Elle hésitait, il le voyait. Elle savait qu'elle était blessée. Elle se leva en comprenant qu'il le savait aussi. Elle tenta d'aller vers la porte, comme effrayée.

- Sakura, montre-moi, ordonna Syaoran.

- Non ! Je n'ai rien ! Ça ne fais même pas mal ! Menteuse !

Elle courrut vers la porte. Syaoran la dépassa sans problème et se plaça devant la porte.

- Pas question! Sakura, moi je t'aime, c'est toi qui ne m'aimes pas ! Montres-moi !

Sakura resta silencieuse, cherchant une autre issue. Il faisait une chaleur toride dans la maison, elle suait à grosses gouttes, elle avait peur de perdre consience, et si jamais c'était le cas Syaoran verrait.. elle enleva un premier chandail et sourit à Syaoran.

- Écoute Syaoran.. d'accord je suis blessée... mais c'est okay. Elle m'a punit, c'est fait, elle ne recommencera pas si je reste tranquille, tu comprends ?

Elle avait changé. Retour à la normal ?

Syaoran s'approcha d'elle et secoua la tête.

- Montres-moi. Je ne ferai rien..

- Non! cria Sakura.

- Je suis désolé Sakura.. je dois savoir.

Elle le regarda un moment, comprenant qu'il ferait la même chose que Tomoyo plus tôt. Elle soupira et fondit en larmes, se tournant, relevant son chandail pour lui montrer son dos. Syaoran sentit toute ses forces se sauver de son corps en voyant l'inscription rouge et encore sanglante.

- Je ne peux pas la dénoncer, sanglota Sakura.

Syaoran s'écarta de la porte, rageur. Il lui lança ses choses.

- Alors va t'en ! Si tu n'as pas la force de la confronter, elle va te tuer ! Et moi il est hors de question que je reste avec une suicidaire ! Elle va te tuer Sakura, merde, réalise-le! Celle que j'aime est plus intelligente que ça.

Elle ramassa ses choses et partit en pleurant.




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