Pour toi seulement, Clairette
Partie VII

Sakura soupira dans son bain, encore toute rouge quant à ce qui venait de se passer : elle était la fille la plus heureuse du monde ! Shaolan l’avait embrassée ! Il l’avait embrassée ! Il partageait ses sentiments, ça ne pouvait pas être autrement, n’est-ce pas ? Elle avait parfaitement conservé en mémoire ce qu’il lui avait dit à son sujet, alors qu’il était complètement perdu : « Qu’ai-je fait pour mériter ton amour, à part avoir proclamé que je tuerai les tiens ? Je… Depuis que tu es arrivée au domaine, j’ai changé, et… enfin, je n’agis plus comme avant… J’ai arrêté de me comporter en coureur de jupons, je me sens bien quand on est tous les deux, et… j’essaie que tu me voies toujours d’un bon œil, mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi… »
Heureusement qu’à force de méditer sur ses sentiments elle avait fini par être plus lucide sur ce point-là, car sinon elle n’aurait jamais compris ce que Shaolan lui avait dit. En fait, elle était comme lui, au début, elle ne connaissait rien à l’amour. Elle avait juste été envoyée faire la prostituée. Et à présent, elle était domestique, amoureuse de son maître – amour qui semblait partagé ! – et elle arrivait même à monter à cheval ! Elle avait l’impression que ça faisait des lustres qu’elle était ici, alors que ça ne faisait que quelques mois – trois, pour être exacte.
Mais maintenant, que dire de Shaolan et d’elle ? Qu’étaient-ils ? Pouvaient-ils se balader dans les rues tels des amants ? Devaient-ils garder une relation secrète devant les autres ? Pouvaient-ils se montrer devant les domestiques du domaine ? Il fallait voir avec Shaolan. Une fois l’impulsion passée, c’était donc ce qu’il fallait cogiter. Même les faits les plus simples semblaient être des obstacles. Comment feraient-ils lorsqu’ils retrouveraient Tsukiko Kaibaiji ? Tout ceci n’était que des choses sans importance auxquelles Sakura ne pouvait s’empêcher de penser.
Mais elle dut penser à celui qui semblait les séparer sans même se présenter. Toya. Encore et toujours lui ! Shaolan ne cessait de décréter qu’il le tuerait. Au moins montrait-il à la jeune fille toutes les facettes. Il jouait franc-jeu. Sakura devait avouer qu’elle espérait qu’il ne tuât pas son frère. Mais elle en voulait aussi terriblement à ce dernier de mettre Shaolan dans de tels états. La meilleure chose à faire était en fait de livrer Toya à la police. Mais elle savait que Shaolan ne le ferait jamais ; elle avait fort bien compris qu’il s’agissait d’une vengeance. En plus, Toya serait sûrement exécuté pour les meurtres des diplomates Li. Par quelle main serait-il plus juste qu’il mourût ? Celle de Shaolan ou de la justice ? Sakura se dit que c’était du pareil au même, bien que Shaolan ne serait pas considéré comme un assassin à son tour si Toya était mis aux mains de la justice. Mais il serait sûrement frustré. Très frustré, et il nourrirait une rancœur contre tout le monde.
Sakura soupira : dès qu’elle se mettait à penser à Toya, ça devenait un vrai casse-tête ! Elle se dit qu’elle ferait mieux de profiter de la fête. En plus, celle du Bouvier et de la Tisserande ! C’était un peu comme une fête des amoureux ! Peut-être verraient-ils la voie lactée !
Puis ses pensées vagabondèrent vers un beau jeune homme. Shaolan ! Lorsqu’il s’était mis à pleurer, il l’avait vraiment émue. Car il n’était qu’un homme. Et c’était ça que la jeune fille trouvait mignon.
Elle sortit du bain, se rhabilla, et alla rejoindre son prince charmant. C’était étrange, elle ne pensait qu’à lui, et dès qu’elle avait enfin sa compagnie, elle n’était plus capable de penser du tout ! Lorsqu’elle arriva au « guichet » (je ne sais pas si on pouvait déjà donner ce nom à l’époque), elle se sentit toute légère en apercevant le beau spécimen chinois qui l’attendait.
- Salut, dit-elle doucement, sur un petit nuage.
- Salut, répondit-il à son tour, souriant de la voir si rêveuse. Viens, allons-y.
Ils s’en allèrent, Shaolan passant un bras autour de sa taille. Ils n’avaient pas beaucoup de temps avant la fête, Shaolan devait aller voir ses domestiques pour des questions administratives. Sakura alla se balader un peu dans les rues en essayant de ne pas trop s’éloigner pour ne pas se perdre.
Elle pensait encore à son beau prince charmant. Tiens, d’ailleurs, en parlant de prince charmant, celui de Tomoyo serait présent à cette fête ! Sakura, curieuse, se demandait à quoi il pouvait bien ressembler… quels pouvaient bien être les goûts de Tomoyo en matière de garçon ? Les gros baraqués ou lutteurs de sumo ne devaient pas être son genre, si ? Les bishonen ? (beau jeune homme, en général d’apparence androgyne). Grand ? Musclé ? Normal ? Plutôt intellectuel ?
Complètement dans ses pensées, elle rentra dans quelqu’un.
- Oh, je suis confuse, excusez-moi, dit-elle aussitôt.
- Ce n’est rien, lui répondit la personne en face d’elle.
Sakura s’aperçut qu’il s’agissait d’un adolescent d’à peu près son âge. Il devait être plus grand que Shaolan, et avait des cheveux d’un noir de jais. Etrangement, ses yeux étaient plissés, comme si la lumière du jour lui faisait mal. Etait-ce lui, l’amant de Tomoyo ? Woé, Sakura, calme-toi ! Si tu commences à penser que chaque personne que tu croises est l’amant de ta meilleure amie, tu n’en sortiras pas, ma fille ! se rabroua-t-elle mentalement.
- Je suis confus, dit-il d’une voix douce, mais j’ai perdu mes lunettes.
Sakura n’avait aucune idée de ce que pouvaient être des lunettes. Elle n’en avait jamais vues. Elle en informa le jeune homme qui lui expliqua.
- Eh bien, il s’agit de deux cercles de verre qui sont reliés l’un à l’autre et qu’on met devant les yeux. Ça sert à mieux voir, pour ceux qui ont une vue assez médiocre, comme moi !
Voilà l’origine des yeux plissés ! Elle l’aida à chercher. Finalement, le jeune homme les retrouva. Il les remit, et ouvrit bien les yeux. Ils étaient bleus. Etrange, pour un Japonais.
- Oh, vous avez les yeux bleus. Woé, ils sont grands, dites donc !
Sakura se mit les mains devant la bouche, choquée de sa propre impolitesse. Le jeune homme se mit à rire devant cet élan d’innocence et de naïveté.
- C’est tout simplement que je ne suis pas Japonais, sourit-il. Mes parents viennent tous les deux de l’Autre Continent, Le Royaume d’Angleterre pour être précis. Ils se sont cependant mariés ici, au Japon. Ma réponse vous satisfait-elle ?
- Oui, excusez-moi pour ma maladresse, dit Sakura en s’inclinant.
- Ce n’est rien, ne vous inquiétez pas. Votre naïveté est très touchante.
- Vous allez à la fête du Bouvier et de la Tisserande, ce soir ? demanda Sakura pour faire la conversation.
- Oui, je vais même y retrouver ma Tisserande, dit-il avec un sourire.
- Woé, je suis contente pour vous, dit la jeune fille. Moi aussi j’y vais avec mon Bouvier ! J’espère que l’on pourra voir la voie lactée !
- Espérons ! Personnellement, j’aurai les yeux rivés tellement longtemps sur la belle peau pâle de ma douce Tisserande que je ne pense pas que je m’en soucierai beaucoup !
- Haha ! Je suppose qu’elle est très belle ? sourit Sakura.
- Oh oui, ses longs cheveux d’ébène sont comme le plus doux des voiles dans lequel on aimerait s’enfermer.
Woé, qu’il était poétique ! Ça n’était pas Shaolan qui dirait des phrases comme cela ! Bah, son Bouvier à elle manquait de tact et passait plus de temps avec les chevaux qu’avec les humains. Et alors ? Il n’en restait pas moins le plus bel homme du Japon (amour, quand tu nous tiens !).
- Sakura ! appela le Bouvier en question en la rejoignant.
A peine arrivé, Shaolan ne put que lui prendre la main d’un air jaloux en la voyant en si charmante compagnie. Sakura eut du mal à dissimuler un sourire. Il était mignon comme ça, avec son air de pas content !
- Eh, mais je te connais, non ? dit Shaolan au jeune homme. Je t’ai déjà vu quelque part. (il a quand même un super sens de l’observation, ne l’oublions pas !) Ah, je sais ! Au domaine Mizuki, non ? Le domestique qui était le seul levé pour notre départ !
- En effet, maître Li, dit le jeune homme en s’inclinant, tandis que Sakura plaqua sa main libre contre sa bouche.
Domaine Mizuki ? Le seul domestique qui était levé pour leur départ ? C’était lui dont parlait Tomoyo ! Et lui avait parlé d’elle, non ? Sa peau pâle, ses longs cheveux d’ébène ! Alors c’était lui, l’amant de Tomoyo ? Ce dernier la regarda quelques secondes avec un regard perçant, puis eut un sourire.
- Il semble que nous ayons une personne en commun dans nos connaissances, dit-il tout en prenant sa main libre pour y déposer un baiser, tel un Occidental.
(Si comme moi vous aviez reçu autant de mails qui suggéraient Eriol comme amoureux de Tomoyo, vous auriez cédé !)Sakura devint rouge à ce contact, plus par surprise que par autre chose, tandis que Shaolan, fou de jalousie, essaya de rester silencieux, et serra les poings. Sakura n’eut même pas le temps de se dire que Shaolan lui faisait mal à serrer ainsi sa main, car l’expression de son visage s’était tout de suite adoucie juste par le fait que Shaolan était jaloux. La jalousie n’était-elle pas une preuve d’amour ?
Tandis que le jeune anonyme s’éloignait déjà, Sakura se blottit dans les bras de son maître.
- Tu sais que tu es adorable quand tu es jaloux ? dit-elle.
- Que… Quoi ? Moi, jaloux ? fit-il avec un air qu’il voulait dédaigneux, mais qui ne lui allait pas du tout.
- Oui, toi. Ça m’a fait très plaisir de voir que tu tiens à moi… Que je vaux quelque chose à tes yeux. Et que tu te mettes autant en rogne pour si peu. C’était vraiment très mignon…
Shaolan était plus rouge qu’autre chose, mais n’en laissa rien paraître.
- Embrasse-moi, demanda simplement la jeune fille en levant la tête vers lui. S’il te plait…
Shaolan ne se fit pas prier. Tout, pourvu qu’il échappât à cette séance de rougissement à cause de commentaires sur sa jalousie.


- Pourquoi tu ne mets pas de yukata ? demanda Sakura. Tu serais très mignon dedans, j’en suis sûre !
- Parce que, répondit Shaolan pour la énième fois, je n’en ai pas envie ! Je suis plus à l’aise comme ça !
Le jeune homme était vêtu d’une grande « chemise » japonaise, assez large, et d’un pantalon large aussi. Sakura le bassinait depuis un moment pour qu’il mît un yukata, pour qu’ils fussent assortis lorsqu’ils iraient à la fête. Il n’était pas à l’aise en yukata, c’était son droit, non ?
- Bon, d’accord, bougonna la jeune fille.
Shaolan, derrière elle, encercla ses bras autour de la taille de Sakura, et posa sa tête sur son épaule avec un sourire.
- Voyons combien de temps tu es capable de me faire la gueule, s’amusa-t-il en faisant courir doucement ses lèvres sur son cou, frôlant la peau.
- Aucune seconde, aucune minute, aucune heure, répondit Sakura en frissonnant à ce contact. Parfois, tu es très énervant, tu sais !
- C’est ce qui fait mon charme !
Shaolan prit une mèche de cheveux de Sakura et joua avec. Puis il posa ses lèvres sur la joue de la jeune fille. Elle était douce et fraîche pour la saison. Tous deux ayant fermé les yeux, Shaolan s’approcha davantage pour rencontrer ses lèvres. Il les effleura avec les siennes et allait s’en emparer, lorsque :
- Sakura-chan ! Shaolan ! Vous êtes là ? lança la voix de Tomoyo.
Shaolan poussa un soupir, puis se dirigea vers Tomoyo, accompagné de Sakura.
- Comment se fait-il que tu nous cherches ? demanda-t-il avec un petit sourire narquois. Je pensais que tu allais plutôt rester avec ton amoureux ! J’ai hâte que tu me présentes mon futur beau-frère !
- Pour qu’il soit réduit en charpie ? dit Tomoyo en levant un sourcil.
- Meuh non ! fit Shaolan. Je ne lui toucherai même pas un cheveu !
- J’ai déjà fait allusion à l’ami de Falen, mais il me semble qu’au départ, tu étais plutôt réticent à ce que Kimihiro se fiance à Shefa ! Et si je dois aussi parler de cet homme qui a commencé à tourner autour de ta mère…
- Ah, oui, mais là, tu ne peux pas me le reprocher ! Personne ne touche pas à ma maman ! objecta Shaolan. La mémoire de papa, c’est sacré !
- Accordé, concéda Tomoyo. Mais avoue que pour les autres… Et surtout Falen et Feimei, qui avaient tant de prétendants ! Enfin, pour une danseuse et une musicienne, c’est plutôt normal !
Il était vrai que l’aînée et la cadette n’avaient pas eu autant de succès que les deux autres, tout simplement parce qu’une diplomate et un garçon manqué dresseur de chevaux, ça ne passait pas autant de temps à se faire belle. Ce qui ne les avait pas empêchées de voir des garçons !
Sakura avait écouté la conversation d’une oreille quelque peu triste. Shaolan protecteur envers ses sœurs lui rappelait Toya. Au début, lui aussi protégeait sa sœur, faisant les gros yeux à Kazuhiko. Mais quand elle voyait maintenant… il l’avait envoyée pour coucher avec une personne qu’il qualifiait d’impure, en raison de ses ascendances chinoises. Non mais vraiment, Toya était quelque peu gonflé ! Elle n’avait pas eu le droit de croiser le regard d’un Japonais pur, mais être envoyée pour coucher avec un Chinois, ça oui, ça allait ! Le pauvre Toya avait quelques problèmes de logique !
La nuit commençait à tomber, ils se mirent en route pour la fête. Tomoyo s’était changée entre-temps, et avait mis un yukata aux couleurs mauves et bleues. Elle avait relevé ses cheveux en un chignon, et avait avec elle un éventail rond où étaient dessinés des oiseaux avec des fleurs. Sakura la trouvait vraiment belle, et se dit que son amant avait raison lorsqu’il avait dit qu’il aurait les yeux rivés sur sa Tisserande.
Sakura marchait aux côtés de Shaolan qui ne semblait aussi joyeux que le reste des personnes présentes. Pour cause, il n’aimait pas les fêtes. En général, ça le saoulait. Mais bon, c’était une fête spéciale aux yeux de Sakura et Tomoyo, il pouvait donc faire l’effort de venir.
- Dis, Shaolan, il faudra aussi marquer des vœux, hein ? hein ? fit Sakura, comme une enfant, faisant sourire le jeune homme.
En effet, en tant que vagabonde, Sakura devait être émerveillée d’assister à des fêtes pour la première fois de sa vie. Elle regardait dans toutes les directions, avec de grands yeux, pour s’extasier devant tout ce qu’elle voyait : autant les lampions que les jolis kimonos, les stands de nourriture, les bambous où étaient suspendus les vœux des personnes…
- Au fait, Shaolan, dit Tomoyo. C’est bientôt ton anniversaire, non ? Dans six jours ! Quel effet ça fait d’aller sur ses vingt ans ?
- Pas grand-chose, dit le jeune homme en haussant les épaules. Un an de plus, comme chaque année. Vingt ans, c’est pas si vieux. Tu vas bien en avoir dix-huit, toi !
- Oui, mais pas avant deux mois ! objecta la brune. Et toi, Sakura-chan ?
- Moi, c’est le premier du quatrième mois, répondit la jeune fille. Eh ben, je suis vraiment la plus jeune du groupe !
Elle n’arrivait pas à réaliser qu’elle avait presque quatre ans d’écart avec Shaolan. Mais qu’importait donc ! Elle était amoureuse, et cette réalité lui suffisait. Cependant… Shaolan ne semblait pas avoir l’intention de montrer cette relation au grand jour. Mais il avait tout à fait le droit de vouloir l’annoncer plus tard, s’il le souhaitait ! Il lui avait fallu un mois pour réfléchir, après tout ! Et puis, s’il annonçait qu’il était avec Sakura, les domestiques ne lui poseraient pas de questions du genre « alors vous ne poursuivez plus ce Toya ? » ? Si, certainement. C’était sans doute ceci que Shaolan voulait éviter, et Sakura le concevait parfaitement.
Elle faisait confiance à l’avenir. Si Toya devait être tué par Shaolan, il le serait. Mais – et elle eut un haut-le-cœur à cette pensée – si Shaolan se faisait tuer par Toya ? Non ! Non, impossible ! Shaolan était fort, il avait surmonté une fièvre terrible, il avait guéri de blessures de molosses, et il était très habile dans tous les domaines de combats ! Non, il ne mourrait pas ! Mais… elle ne souhaitait pas non plus la mort de son frère ! C’était tout à fait humain, comme pensée, elle ne voulait pas qu’il y eût plus de morts ! Trop de sang avait été versé !
Sakura secoua la tête, décidée à ne pas gâcher sa fête avec ses pensées ! Elle avait confiance en l’avenir, et en Shaolan. Point.
Justement, ce dernier lui confia qu’il revenait dans quelques instants et lui demanda de l’attendre aux bambous, là où étaient accrochés les vœux. Elle le regarda suivre discrètement Tomoyo avec tout le silence et l’habileté d’un chat. Sakura secoua la tête en souriant : Shaolan semblait vraiment tenir à savoir qui était l’amoureux de Tomoyo.
En l’attendant, Sakura regarda les vœux inscrits. Il y avait de tout. « Je veux gagner de l’argent », « Je veux devenir beau », « Je veux me marier », « Je veux des enfants », « Je souhaite que mon enfant guérisse », « Je souhaite avoir un travail »… oui, beaucoup de choses de la vie quotidienne.
Mais un attira particulièrement l’attention de Sakura. « Je souhaite revoir ma petite sœur ». Quoi ? Serait-ce Toya ? Mais non, enfin ! Il y avait beaucoup de frères et sœurs, comment cela pourrait-il être Toya ? Et puis pourquoi voudrait-il la revoir, alors que c’était lui qui l’avait envoyée chez les Li ? Lui manquait-elle ? Dans son cœur, était-elle toujours sa petite sœur ? Sakura eut une triste pensée en découvrant qu’en fait, même si Toya avait été immonde, il restait le frère qu’elle aimait. C’était injuste !
Un autre vœu attira l’attention de Sakura. On aurait dit un vœu commun. « Faites que nos vies soient sauves ». Et là, elle était presque sûre de reconnaître l’écriture de Sensuké. Mais alors… Les deux vœux étaient côte à côte, et l’un était écrit de la main de Sensuké. Alors le seconde vœu aurait été écrit par… Toya ?
En examinant bien, ça semblait logique. L’écriture semblait hésitante, et les kanji avaient été décomposés très par trait, ça se voyait très bien. Logique, Toya ne savait pas écrire. Sensuké était le seul de la bande à savoir lire et écrire. Il avait dû dire à Toya comment écrire son vœu. Mais alors… ils étaient ici ? A la fête de Tanabata ? Sakura regarda frénétiquement à droite et à gauche, comme si les apercevoir maintenant allait changer quelque chose ! Alors qu’elle venait juste de se mettre avec Shaolan, elle allait prendre le risque d’aller parler à son frère ? Et puis quoi, encore ?
Mais la jeune fille ne faisait que repasser ça dans sa tête… Toya et la bande à la fête du Tanabata… Toya et sa bande à la fête… à la fête… à la fête… Seigneur !
- Sakura !
La jeune fille se retourna si vivement qu’elle manqua de cogner la personne qui l’interpellait. C’était Shaolan. Il lui lança un regard perplexe en la voyant si effrayée.
- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il. Tu as l’air terrorisée.
- Woé… non, c’est rien ! C’est juste que… je me sentais perdue ! inventa-t-elle. Oui, je ne savais pas où tu étais passé, alors, j’ai commencé à m’inquiéter !
- Ah, ce n’était que ça ! souffla Shaolan. Ne t’en fais, je suis juste allé rencontrer mon beau-frère !
- Oh… dit-elle, feignant d’être surprise. Et tu l’as vu ?
- Oui, c’était le gars de tout à l’heure, celui du domaine Mizuki.
- Oh, dit une nouvelle fois la jeune fille, se trahissant devant le manque de conviction de sa réponse.
Shaolan la regarda tellement intensément qu’elle baissa les bras.
- Oui, ça va, je le savais, avoua-t-elle.
- Depuis quand ?
- Tout à l’heure, quand tu as dit qu’il était du domaine Mizuki. Tomoyo m’avait dit qu’un matin, il était le seul levé pour votre départ, parce qu’il voulait la voir. Et c’est grâce à ce que tu as dit que je l’ai compris.
- Et tu sais son nom ?
- Mh mh, dit Sakura en secouant la tête négativement.
- Ça va, alors, je reste le mieux informé !
- Tu lui as simplement demandé, dit Sakura en haussant les épaules.
- Pas du tout, se défendit Shaolan, je ne suis pas allé les voir ! Je les ai simplement suivis, et j’ai fait attention à ce qu’ils ne me voient pas. Là, je l’ai entendue l’appeler « Eriol ».
- Eriol ? répéta Sakura. Drôle de nom pour un Occidental. En tout cas, ça m’étonne que tu n’aies pas fait irruption !
- Qu’est-ce que tu racontes ? Jamais je ne les mettrais dans une situation aussi gênante ! Et puis… je n’aimerais pas qu’on me le fasse, alors je ne vais pas le faire aux autres !
- Belle mentalité, maître Li ! s’amusa la jeune fille.
- Tiens, tu ne voulais pas écrire des vœux pour la fête ? se rappela Shaolan.
- Ah, c’est vrai ! se souvint la jeune fille. Mmmh, qu’est-ce que je souhaiterais plus que tout au monde ? Ah, mais je l’ai déjà, dit-elle en se lovant contre le bras de son Bouvier qui se mit à sourire. Et toi Shaolan, qu’est-ce que tu souhaiterais ?
- Rien, dit simplement le jeune homme. Le seul vœu que j’ai à formuler ne se réalisera pas de toute façon…
Sakura comprit qu’il faisait allusion à sa famille. Jamais elles ne reviendraient. Et ce qu’il souhaitait, c’était les revoir.
- De toute façon, je n’y crois pas, dit Shaolan en indiquant d’un mouvement de menton tous les papiers accrochés au bambou. Tout ça, c’est débile !
- Pourquoi ?
- J’avais fait le vœu l’année dernière, que toute ma famille soit en bonne santé et vive ! dit Shaolan avec un sourire ironique. Et bien, d’un certain point de vue, c’est vrai, maintenant qu’elles sont mortes, elles doivent être en bonne santé !
- Je suis désolée, murmura Sakura en le serrant dans ses bras.
- Bah, ce n’est rien, c’est juste que je ne dois pas avoir la côte auprès de Bouddha ! fit Shaolan en haussant les épaules. Mais que ça ne t’empêche pas de formuler ton vœu.
- D’accord, dit Sakura en allant chercher un papier et un pinceau trempé d’encre.
Elle s’installa par terre, car l’écriture au pinceau se fait de façon verticale. Elle s’apprêta à écrire, mais tendit à Shaolan un bout de papier pour qu’il inscrivît aussi un vœu. Celui-ci soupira en prenant le papier qu’il se mit à fixer d’un air sombre. Sakura en profita pour écrire son vœu. Elle ne voulait pas que Shaolan le vît. Elle se leva prestement et accrocha le vœu à côté de celui de son frère.
- Alors, tu en as écrit un aussi ? demanda Sakura.
- Bien obligé, dit Shaolan en cachant son papier comme Sakura l’avait fait.
- De toute façon, je le saurai, dit la jeune fille en désignant le vœu de son amoureux.
- Et comment ? Tu ne connais pas mon écriture, mais moi je connais la tienne ! dit Shaolan avec un sourire triomphant.
- Mais… mais c’est vrai, ça ! Alors laisse-moi voir, comme ça on sera à égalité !
- Si tu crois que je vais m’amuser à savoir où tu as accroché ton vœu, dit Shaolan en jetant un œil aux bambous qui comportaient plusieurs centaines de papiers.
- Bon, d’accord ! Tiens, regarde ! C’est Tomoyo, là-bas ! Eh, Tomoyo !
Elle courut vers son amie tandis que Shaolan accrocha sans grande conviction son vœu à une branche de bambou. C’est là qu’il put non seulement reconnaître l’écriture de Sakura, mais en plus son propre prénom. « Faites que Shaolan et moi soyons heureux quoi qu’il arrive » Le regard du jeune homme s’attrista. Comment pouvait-elle être heureuse s’il tuait son frère ? Et lui, comment pourrait-il supporter de laisser Toya en vie ? Bref, encore un vœu qui ne serait pas réalisé. Puis il remarqua des vœux attachés juste à côté. « Faites que nos vies soient sauves » et « Je souhaite revoir ma petite sœur ». Non, pas possible… pas eux ? Ici ?
Shaolan eut le même réflexe que Sakura et regarda dans toutes les directions. Bien sûr, il ne les vit pas, malgré son grand sens de l’observation. Bah, après tout, ils avaient bien le droit de venir accrocher des vœux ! C’était d’ailleurs très amusant de voir ça : « Faites que nos vies soient sauves ». Ainsi donc ils étaient morts de peur ? Ils pouvaient ! Car c’était pour bientôt… Très bientôt… Dans quelques jours… Et Toya aurait droit à un traitement spécial…

- Shaolan, regarde qui est là ! s’exclama Sakura en le rejoignant avec Tsukiko Kaibaiji auprès d’elle.
- Ça alors, c’est drôle de vous trouver ici ! dit cette dernière. Je croyais que vous détestiez les fêtes !
- Euh… dit le jeune homme en évitant de croiser le regard de Sakura, ben… une fois n’est pas coutume…
- Bien sûr, dit Tsukiko en faisant un sourire ironique en montrant Sakura de petits coups d’œil.
Sakura, elle, n’avait aucune envie de rire. Si Shaolan n’avait pas envie d’aller à la fête, il aurait pu le dire, tout simplement ! De quoi elle avait l’air maintenant, à sauter partout comme une gamine ? Shaolan, pauvre abruti ! Tsukiko, sentant qu’elle avait fait une gaffe, jugea bon de s’éclipser en compagnie de Tomoyo.
- Oh, boulette ! fit-elle. En tout cas, ils n’avaient pas l’air nets ces deux-là, ils se sont mis ensemble ?
- Probablement, répondit Tomoyo avec un sourire. Ça fait plus d’un mois que Sakura lui a dit qu’elle l’aimait.
- Vraiment ? Et quand a-t-il répondu ? Et qu’a-t-il dit ?
- Je crois que c’est ce soir, dit Tomoyo. Je me fie à mon esprit d’analyse.
- J’aurais dû m’en douter, soupira Tsukiko. Comme si Shaolan était capable de fournir une réponse franche et honnête dans l’immédiat !
Tomoyo jugea bon ne pas informer Tsukiko du lien de parenté entre Toya et Sakura. Elle préféra accorder son attention aux bambous où étaient inscrits les vœux. Avec Tsukiko elle décida d’en accrocher un aussi. Tsukiko mit le sien très vite « Je souhaite trouver l’amour », et remarqua quelque chose :
- Je crois que c’est le vœu de Sakura-chan ! dit-elle. « Faites que Shaolan et moi soyons heureux quoi qu’il arrive ». Ils n’ont pas vraiment de problème, non ? Ah, sans doute le regard des autres !
- Oui, sans doute, fit Tomoyo en observant le morceau de papier.
Non loin, il y avait un autre papier. Elle reconnut l’écriture de Shaolan. Etrange qu’il eût écrit un vœu, après ce qui s’était passé l’an passé. Sans doute Sakura. Son regard s’adoucit en voyant son vœu. « Je veux une famille ». Le caractère d’écriture de la famille (le cochon sous le toit ^^’) semblait avoir été écrit par une main tremblante. Le pauvre Shaolan, il avait dû se tromper de destinataire ! S’il voulait vraiment une famille au sens où Tomoyo le comprenait, il fallait le demander à Sakura, et non à Bouddha !

- Bon, si nous rentrions au domaine ?
- Arrête Sakura, c’est pas la peine de te mettre dans cet état. C’est ta première fête, je pouvais bien faire l’effort de venir ! Je n’allais pas rester cloîtré dans ma chambre, je suis capable de supporter une fête, tu sais !
- Peut-être, mais là, je suis vraiment fatiguée ! Je voudrais rentrer pour me reposer ! Et je suis sûre que tu ne vas pas dire non ! S’il te plait…
- D’accord, c’est pas de refus, admit Shaolan. Viens, retournons chercher les chevaux, et partons. Inutile de préciser aux autres qu’on s’en va, je pense qu’ils ont d’autres trucs à faire !
Ils repartirent donc pour le domaine, plus tranquillement qu’à l’aller. Lorsqu’ils arrivèrent, ils purent constater que le domaine était vide. Tous les domestiques sans exception étaient allés à la fête. Il n’y avait plus qu’eux et les chevaux.
Shaolan ramena les chevaux à l’écurie tandis que Sakura allait voir la pouliche et le louveteau. Bientôt le sevrage. Shaolan lui avait dit qu’en général, on sevrait les poulains à partir de six mois. Au moins, Fleur du Ciel se faisait de la compagnie en attendant. Bah, elle avait encore cinq mois avant d’être séparée de sa mère.
Sakura repartit en direction de la demeure, et alla préparer du thé pour Shaolan et elle. Ce dernier rentra dans sa chambre où l’attendait déjà Sakura. Celle-ci avait le cœur qui battait assez fort ; si Shaolan et elle étaient vraiment ensemble, allaient-ils… enfin… faire… la chose… ? D’un côté, s’ils le faisaient, Sakura n’aurait-elle pas rempli sa mission ? Ne l’avait-elle d’ailleurs pas déjà fait ? Inconsciemment, bien sûr ! Tout ce qu’elle voulait, c’était être aimée de Shaolan. Elle n’avait pas fait attention aux détails, c’est-à-dire que dans un sens, Toya remporterait une bataille. Car si Shaolan faisait ça, c’était bien parce qu’il l’aimait elle, non ? Alors la mission était remplie. Cependant, Toya avait négligé un point : même si Shaolan était amoureux d’elle, il tuerait quand même Toya. Il avait accumulé trop de rancœur pour abandonner aussi facilement.
Shaolan reposa sa tasse de thé à terre avec un sourire, puis alla ouvrir le shôji, étouffé par la chaleur qui régnait. Heureusement que la fraîcheur du soir était là ! Sakura, elle, se demandait toujours si Shaolan avait l’intention de passer à l’acte. Sans doute lui demanderait-il son avis. Elle, qu’en pensait-elle ? Se sentait-elle prête ? Très bonne question ! En plus, elle était inexpérimentée, au contraire de Shaolan ! Seigneur, qu’est-ce qu’il allait faire ?
Le jeune homme s’assit sur le lit, regardant un instant les étoiles, et invita Sakura à s’asseoir à ses côtés en tapotant le matelas. Il la trouvait très étrange depuis leur retour. Avait-elle un problème ?
Sakura s’installa à côté du jeune homme, d’abord timidement, puis se laissa aller à se coller contre lui. Ce qui devait arriver arriva, surtout qu’en plus ils étaient seuls. Une séance de bécotage s’installa, Shaolan renversant Sakura sur le matelas, mais celle-ci se rassura en sentant qu’il n’avait pas fait de geste trop déplacé, bien au contraire, il était très doux, ses mains lui caressaient la nuque, ses lèvres s’occupaient des joues, du visage en général, mais revenait beaucoup sur sa bouche. C’était génial. Puis Sakura se détendit davantage, se disant qu’après tout, si elle devait lier son corps à celui de Shaolan, ça ne serait pas si horrible que cela !
Les mains de ce dernier la caressaient à travers le kimono, vinrent dans son dos, descendirent, remontèrent, et s’arrêtèrent à la ceinture du vêtement. Oh… ? Il allait… ? Les doigts de Shaolan bougèrent un moment dans la ceinture de tissu, puis se retirèrent en même temps que leur propriétaire se détacha de la jeune fille. Cette dernière, toujours allongée sur le matelas, mit un peu de temps avant de sentir la brise fraîche qui lui indiquait que Shaolan n’était plus collé à elle.
- Qu’est-ce que… ? Je… Je ne te plais plus ? demanda-t-elle d’une petite voix.
Peut-être avait-il senti qu’elle avait les hanches plus larges que celles de ses autres conquêtes ! Peut-être était-elle bien plus laide que toutes les autres ? Et si Shaolan regrettait de s’être mis avec elle ?
- Non, ce n’est pas ça, répondit Shaolan qui semblait embarrassé. C’est juste que…
- Je ne te donne pas envie ?
- Je t’ai déjà dit qu’il ne s’agissait pas de ça ! répondit-il agacé. C’est que… hésita-t-il. Je ne pense pas que tu sois prête…
- Woé ?
Comment pouvait-il dire ça ? C’était son corps à elle, non ?
- Eh bien, laisse-moi te dire que tu trompes, parce que je suis plus que prête… Moi, c’est juste que je t’aime, et j’ai envie de toi. Enfin, ça me paraît normal…
- Peut-être, mais tu n’as eu aucun amant auparavant, alors comment peux-tu être aussi confiante ? objecta Shaolan.
Le silence s’installa pendant lequel s’ajouta le doute dans l’esprit de Shaolan. Comment se faisait-il qu’elle fût si confiante ? Et si… ? Non ! Non, impossible ! Inconcevable ! Et si elle voulait à tout prix partager son lit pour remplir sa mission ? Elle aurait couché avec lui, et comme cela elle aurait été fidèle à son frère, puis elle resterait auprès du leader si elle l’aimait vraiment. Ainsi elle jouerait sur les deux tableaux ! Non, qu’est-ce qu’il allait s’imaginer ? Pourtant ça semblait plausible !
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiéta la jeune fille.
- Oh… C’est juste que… chaque fois qu’il s’agit de toi et moi, c’est compliqué. Et là, il s’agit de relation plus profonde, et je ne peux pas m’empêcher de penser à ce pourquoi tu as été envoyée ici…
Sakura essaya de contenir sa colère. Woé, la confiance régnait !
- Est-ce que tu veux dire par là que si je m’offre à toi, c’est pour remplir ma mission ?
- Avoue que ça parait étrange, non ? Tu n’as jamais connu que moi, et tu es déjà prête à t’offrir toute entière ! On pourrait se poser des questions, non ?
- Tu n’as donc pas confiance en moi ! C’était du vent depuis le début ? s’emporta Sakura. Après tout ce que j’ai dit, en décrétant que jamais je ne ferai leur mission, tu ne me fais pas confiance ?
- Et toi, comment se fait-il que tu m’accordes tant la tienne ? répliqua Shaolan. J’ai le droit de trouver ça louche, non ? N’importe quelle fille aurait un peu peur la première fois !
- Tu es bien placé pour la savoir, hein ? répliqua à son tour Sakura avec un ton glacial.
Shaolan ouvrit les yeux de surprise, se demandant de quoi elle voulait parler.
- Tu veux dire que si je voulais t’étreindre sur-le-champ, il n’y aurait aucun problème ? demanda-t-il avec un sourire narquois.
- Evidemment qu’il n’y aurait aucun problème ! Seulement je sais que tu ne le ferais pas, tu n’as pas assez de courage pour ça ! le provoqua-t-elle.
- N’insiste pas ou je le fais ! s’écria-t-il.
- Ah oui ? Eh bien essaye donc ! cria-t-elle à son tour.
- Tu l’auras voulu !
Shaolan colla brutalement ses lèvres à celles de Sakura. Celle-ci le laissa approfondir et lui rendit tout aussi violemment son baiser. Ils se retrouvèrent encore une fois allongés sur le lit, Shaolan dominant Sakura. Leurs baisers se firent moins violents, en revanche leur esprit était toujours aussi buté, et ils continuèrent leur duel.
Shaolan l’embrassait à pleine bouche. Elle allait craquer avant, c’était évident. Ses mains descendirent jusque dans son dos, elles allèrent caresser les fesses de la jeune fille, les cuisses, les mains remontèrent et allèrent s’occuper de la ceinture du yukata. Avec des gestes aussi entreprenants, elle allait craquer, c’était sûr ! Elle lui dirait qu’elle n’était pas prête, et qui remporterait triomphalement la partie ?
Sakura se laissait embrasser, tandis qu’elle avait glissé ses mains à l’intérieur de la chemise de Shaolan et lui passait les mains dans le dos, limite à le griffer. Il allait craquer avant ! Elle se disait tout à fait prête, elle n’avait aucun problème ! Mais pourquoi trouvait-il sa confiance louche ? Elle l’aimait, et elle lui faisait confiance ! Et puis… Woé ! Il venait de lui caresser les fesses, maintenant les jambes, et… ! Il venait de défaire la ceinture du yukata ! Il espérait sans doute qu’après ça, elle allait flancher ?
Sakura lui agrippa la large chemise et l’ôta. Si elle devait se retrouver nue, pas question d’être seule à l’être ! Enfin, il avait défait le nœud, mais elle était encore vêtue. Et puis Shaolan pouvait bien se mettre torse nu sans problème ! Cependant Sakura était partagée entre son corps et son cœur. Le corps était déjà prêt, ne faisant que frémir aux caresses de Shaolan. Ce dernier venait d’ailleurs d’ôter la ceinture du yukata – ce qui n’était que légitime, étant donné que Sakura lui avait enlevé sa chemise. Le cœur de la jeune fille ne cessait de battre comme pour dire que ce n’était pas en provoquant l’autre qu’on pouvait approfondir une relation. C’était tout à fait vrai, mais le corps de Sakura réagissait autrement. En effet, la jeune fille ressentait de la chaleur dans son bas-ventre, et – elle rougit en s’en rendant compte – elle était devenue humide. Sakura était peut-être naïve, mais elle savait quand même ce qu’une telle chose signifiait ! Tout ça, c’était de la faute de Shaolan ! Si elle n’était pas amoureuse de lui, elle ne réagirait pas comme ça ! Mais lui aussi semblait la désirer si elle s’en référait à la dure chose inconnue qui était contre sa jambe.
Shaolan se dit qu’il fallait s’en doute un geste un peu plus choquant pour qu’elle cédât. Mais un petit, après tout il n’était pas un pervers ! Au fil de ce déshabillage, ils s’étaient tous deux faits un peu plus doux. Shaolan essaya de cacher sa gêne – heureusement que la nuit était tombée –, mit sa main entre les jambes de la jeune fille, et remonta doucement. Au contact de sa main, les deux jambes graciles se mirent à frissonner. Shaolan, remonta, il avaient presque atteint l’endroit interdit. Il retira sa main sans trop y réfléchir, tandis que les jambes de Sakura se refermèrent et qu’elle les remonta contre elle. Le cœur avait gagné contre le corps.
Shaolan se décolla d’elle. Il avait gagné. Mais c’était un combat nul et stupide. Il n’y avait pas de quoi être fier. Il se leva et sortit, laissant Sakura sur le lit, le yukata entrouvert. Celle-ci se mit à sangloter. Pourquoi, elle n’en savait rien. Sans doute parce qu’il s’agissait de sa première dispute avec lui. Et qu’elle l’avait provoqué, lui. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle aimait Shaolan. Et si elle voulait mêler son corps au sien, ça n’était pas pour Toya et sa fichue mission ! C’était pour elle, et pour Shaolan. Oui, pour lui ! Parce que s’il était heureux, elle le serait aussi. Elle devait aller lui parler.
Elle le trouva assis sur le couloir de bois à regarder au loin. Lorsqu’elle arriva, il se tourna vers elle.
- J’ai bien gâché ta première fête, hein ? dit-il avec un sourire triste.
- Non, pas du tout, c’est moi qui… ! l’interrompit Sakura en s’agenouillant auprès de lui. J’ai… j’ai été vraiment bête ! Si je voulais à tout prix… le faire, c’est parce que… commença-t-elle à sangloter. Je voulais être sûre… sûre que… que tu m’aimes vraiment ! Qu’à ce moment-là tu ne penserais qu’à moi et à rien d’autre !
Elle s’était accrochée à son cou et tremblait autant que sa voix. Shaolan posa une min rassurante sur une de la jeune fille.
- Bien sûr que je ne penserai qu’à toi, assura-t-il. Tu sais, si j’étais réticent, c’est parce que… si je perdais le contrôle… et que tu toi tu ne veuilles pas… enfin…
- Oui, je comprends. Mais moi… Je voulais être sûre que ça ne serait que pour moi ! Pas comme toutes ses autres filles que tu as eues ! Je ne veux pas… être juste une de plus sur la liste de tes conquêtes ! Je veux être spéciale à tes yeux ! Je veux juste que tu m’aimes !
- Mais… commença Shaolan.
- Non, ne dis rien, dit-elle. Maintenant que tout est clair, il n’y a plus rien à ajouter.
- Mais, tenta une nouvelle fois le jeune homme.
- Non, chut… dit-elle en lui mettant une main devant la bouche. Je veux encore rester comme ça…
Finalement, après cette pause en extérieur, ils allèrent tous deux se coucher dans le lit de Shaolan où malgré la chaleur de l’été, ils se blottirent plus que jamais l’un contre l’autre.


Le lendemain, Sakura se réveilla assez fatiguée, Shaolan n’était déjà plus dans le lit. Forcément, elle avait dormi un bon moment à en juger par le bruit que faisaient les domestiques dehors, alors que d’habitude elle se levait avant la plupart. Shaolan avait encore dû aller s’entraîner avec ses chevaux.
Elle rencontra Tomoyo, et mit directement les pieds dans le plat.
- Alors, tu nous en caches beaucoup, des amants aussi mignons ?
- Bonjour à toi aussi, Sakura-chan ! dit Tomoyo en lui tendant un plateau où était posé un déjeuner. Alors, tu m’as espionnée pendant la fête ?
- Non, je l’ai simplement rencontré. On a parlé, et il a laissé échapper beaucoup de compliments sur toi. C’est lorsque Shaolan l’a reconnu en disant qu’il était du domaine Mizuki que je l’ai reconnu. Lorsqu’il a dit que c’était le seul domestique levé pour votre départ !
- Je vois… Je sens que je vais me faire charrier ! Mais ce n’est pas grave, comparé aux nombres de fois où je l’ai charrié moi pour pas grand-chose, Shaolan pourra bien se le permettre ! D’ailleurs, il a accroché un vœu très mignon sur le bambou !
- Ah oui ? fit Sakura, tout de suite intéressée. C’est quoi ?
- Mmmmh, tu n’auras qu’à lui demander ! Après tout, je pense que maintenant, vous vous dévoilez les secrets les plus intimes, ajouta-t-elle sur un ton plein de sous-entendus.
- Woé ! fit Sakura en rougissant soudainement, manquant de lâcher ses baguettes. Qu… Qu’est… Qu’est-ce que tu racontes, Tomoyo-chan ?
- Je parle d’un certain rapprochement qu’on a senti entre vous.
- Co… Comment ça ?
- Eh bien, ça faisait plus d’un moins que ça n’allait pas aussi bien, après un certain événement, événement dont tu souviens sûrement !
Sakura rougit furieusement. Comment oublier qu’elle avait déclaré ses sentiments ainsi ? Elle s’en souvenait fort bien !
- Vous étiez si proches, ça me semblait évident. Mais si vous ne souhaitez pas en parler aux autres, je le comprends parfaitement…
- En fait, ça me semble très bizarre, confia Sakura. Comme si ça allait trop vite.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? s’étonna Tomoyo. Un mois, je trouve ça plutôt long !
Sakura lui raconta l’épisode des bains, comment elle s’était déguisée en frotteuse de dos, et avait parlé avec Shaolan. Et leur baiser.
- Tu comprends, on s’est embrassés, ça semble clair, mais…
- Il ne t’a rien dit, devina Tomoyo. Il ne t’a pas dit « moi aussi je t’aime », « tu es l’unique amour de ma vie », et ce genre de phrase ! C’est tout à fait normal. Shaolan n’est pas du genre à dire ces choses-là ! Sauf quand il baratinait ses conquêtes ! concéda-t-elle.
- Oui, mais… enfin, où est la preuve qu’il m’aime vraiment ? dit Sakura d’une petite voix. S’il ne me dit rien, comment puis-je comprendre ce qu’il ressent ? Je ne fais que me poser des questions !
- Shaolan fait partie des grands mystères de la vie, sourit Tomoyo. Mais quelque part j’ai compris où il voulait en venir. Il te laisse le choix.
- Comment ça, le choix ? demanda Sakura, étonnée.
- Eh bien, il est partagé entre deux choses. Car s’il tue Toya, ça ne sera jamais comme avant, entre lui et toi. Et pourtant il voudrait sans doute que tu restes auprès de lui. Il sait que ces deux choses ne peuvent se compléter. Soit il tue Toya, soit il te garde auprès de lui. Alors il préfère rester distant, comme ça tu prendras ta décision.
- Mais… je lui ai déjà dit que… s’offensa Sakura. Mais il n’a pas confiance en moi ?
- Ma petite Sakura, tu es tellement naïve ! dit doucement Tomoyo. Tu me l’as dit à moi aussi, tu préfères laisser faire le destin. Mais ce n’est pas aussi simple. Je suis sûre qu’au fond de toi, tu ne conçois pas que Shaolan puisse tuer ton frère. C’est pour ça que tu es moins inquiète que lui. Tu te dis sans doute que Toya restera vivant, qu’il se produira un miracle. Mais ça ne se passera pas comme ça. Car si Toya s’en sort, Shaolan le traquera de toute manière. Il attend sa vengeance depuis tellement longtemps…
- Pourtant… il m’a dit… qu’il ne voulait pas devenir un assassin, fit Sakura d’une petite voix. Alors je croyais, quand je l’ai vu pleurer, que… qu’il renoncerait à tuer Toya… Ce qui me fait le plus mal, c’est de voir Shaolan dans cet état… si triste… si désespéré de ne pas savoir quoi faire… en fait c’est à cause de moi, n’est-ce pas ? Si je n’étais pas là, il n’aurait aucun scrupule à tuer Toya, et sans doute aurait-il la conscience plus tranquille ! Déjà qu’il a… eu pitié de moi quand je suis arrivée…
Tomoyo prit Sakura par les épaules, et la berça un peu.
- Ça va aller, Sakura-chan. Ce sera à Shaolan de prendre sa décision, tu as raison de vouloir rester en dehors. Car de toute façon il sait. Il sait que tu aimes ton frère et il sait que lui, il veut venger les siens. Il n’a pas besoin de plus. Ce sera à lui de décider de ce qu’il fera. C’est par sa main que les dieux trancheront. Ne te mets plus martel en tête, Sakura-chan. Car même si tu aimes ton frère, tu as pris compte des actes horribles qu’ils ont commis, et tu as refusé de remplir ta mission. Moi, je trouve que c’est déjà avoir beaucoup fait. Tout ce que tu as à faire, c’est écouter ton cœur. Si jamais tu sentais que tu devais intervenir entre eux deux, tu le ferais…
Tomoyo avait l’air si sérieuse et la mine si grave que Saura ne put s’empêcher de ressentir de la peur.
- Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que les choses ne se passeront pas bien… Alors sois sur tes gardes, Sakura-chan…
- Comment ça ?
- Ce matin, j’ai vu Shaolan. Il parlait avec les hommes les plus costauds et les plus forts du domaine. Je pense que sa vengeance et pour très bientôt. Et j’ai peur, avoua Tomoyo.
- Il me l’a dit, souffla Sakura. Il disait qu’il n’allait pas flancher si près du but…
- C’est bizarre, non ? souffla Tomoyo. Un instant je te dis que tu as raison de ne pas t’en mêler, et l’autre instant je te dis d’être prête à te mettre entre les deux ! Je ne sais vraiment plus ce que je raconte !
- Je préfère suivre ton deuxième conseil, Tomoyo. Je sais que finalement, je ne pourrai pas rester inactive, et rester ici à attendre qu’on me dise que l’un a tué l’autre ! Je ne pourrai jamais ! Et imagine si Toya tuait Shaolan ! Sha… Shaolan m’a tant donné ! Et je l’aime tellement ! se mit-elle à sangloter. C’est injuste ! Alors oui, je serai là quand il voudra tuer Toya. Je sais que ça a l’air idiot, mais peut-être trouvera-t-on un compromis…
- C’est vrai qu’au premier abord, ça semble absurde, concéda Tomoyo. L’un veut à tout prix sauver sa vie, et l’autre veut à tout prix lui enlever !
- Mais un moment, je me disais que Shaolan pouvait laisser Toya aux autorités, mais… c’était stupide ! Toya serait exécuté, et Shaolan n’aurait que de la rancœur ! Et pourtant, ça semblait être une si bonne idée !
- Il n’y aucun moyen de savoir ce qui se passera, dit Tomoyo. C’est dur, mais tu ne peux qu’attendre, et voir comment cela se déroulera. Ce qui met tout le monde sur les nerfs, c’est qu’on sent que c’est pour bientôt, et qu’on ne peut rien faire… Juste attendre…
- Moui… soupira Sakura. Au fait, j’ai eu un autre problème qui me lie moins à Toya, cette fois… Ça s’est passé hier soir…
- Oh, y aurait-il des détails croustillants ?
- Beeeeeen, c’est queeeeeeeee…. dit Sakura en regardant ailleurs et en se grattant la nuque, assez gênée. Tomoyo, est-ce que tu as déjà… enfin… tu vois quoi, est-ce que tu l’as déjà fait ?
- Si j’ai déjà fait l’amour avec Eriol ? demanda Tomoyo sans la moindre gêne. Eh bien, oui, c’est assez récent, évidemment, mais oui… Mais pour ce genre de conversation, il y a quelqu’un d’autre à appeler !
- Woé ? Qui donc ?
- Eh, Chiharu ! appela Tomoyo. Tu peux venir une seconde ? Il y a une conversation typiquement féminine à laquelle tu dois participer !
Ce qui laissait sous-entendre que Takashi ne pouvait que continuer à vaquer à ses occupations. Chiharu arriva avec le sourire aux lèvres, prête à entendre les dires de ses amies.
- Oui, de quoi s’agit-il ? dit-elle en s’asseyant à son tour sur le couloir de bois en plein air surélevé par rapport au sol.
- Pour commencer, dit Tomoyo, Sakura-chan a enfin découvert la superbe sensation d’un baiser amoureux, parce que… dit-elle en laissant sa phrase en suspens.
- Ça y est, tu es avec Shaolan Li ? s’extasia Chiharu.
- Woé… on va dire… que oui… dit Sakura, rouge et gênée, et regardant le sol.
- Et apparemment, il s’agirait de sexe ! s’amusa Tomoyo.
- Ah, voilà le problème, comprit Chiharu. Effectivement, c’est vrai que tu es toujours vierge, c’est le cap à passer.
- C’est ça, le problème, Sakura, ou bien il y a autre chose ? demanda Tomoyo.
- En fait, j’aurai voulu savoir si ce que je pensais était bien ou mal… dit nerveusement Sakura en triturant ses doigts. En fait, hier, ça a assez mal tourné avec Shaolan…
- Il voulait te forcer ? demandèrent en même temps Chiharu et Tomoyo, abasourdies.
- Woé, pas du tout, dit Sakura en tendant les mains vers l’avant et en secouant la tête. Non, c’est autre chose ! C’est au contraire moi qui voulais…
Sakura jouait cette fois avec un morceau du yukata, avant de continuer.
- C’est… C’est moi qui voulait qu’on… parce que… Je voulais avoir la preuve qu’il m’aime… C’est mal ?
- Pas du tout, Sakura, au contraire, c’est typiquement féminin, ce genre de pensée, sourit tendrement Chiharu. Mais comment ça se fait que ça ait mal tourné ?
- Ben, je ne lui avais pas dit les raisons, et il a trouvé ça louche que je lui fasse autant confiance alors que je suis encore vierge.
- C’est un argument valable, dit Tomoyo.
- Oui, admit Sakura, mais ça a commencé à dégénérer… Il s’est mis à douter, et a pensé que… si je voulais qu’on aille aussi vite, c’était parce que quelque part, je voulais remplir ma mission… celle que Toya m’avait confiée…
- Attends, il n’a pas cru ça ? fit Chiharu.
- Ben, si… marmonna Sakura. Mais j’ai pas été très claire non plus… Enfin, ça a fini par s’arranger finalement, dit-elle, préférant ne pas parler de leur « duel buccal » mis en place par leur esprit trop fier et trop buté.
- Mais… fit Tomoyo, pourquoi voulais-tu être sûre qu’il t’aimait vraiment en utilisant ce moyen ?
- Parce que… Oh, vous allez me trouver ridicule, certainement, mais… C’est parce que j’ai peur ! Peur de n’être que comme toutes ces pimbêches qu’il a eues ! J’ai peur et je veux simplement qu’il me prouve qu’il m’aime ! Et que si on le faisait, au moins il ne regarderait que moi, il ne penserait qu’à moi, et non pas à toutes ces autres femmes qui ont pu partager son lit !
Tomoyo et Chiharu se regardèrent un instant avec les yeux ronds, puis sourirent. Elles se mirent carrément à rire sous le regard perplexe de Sakura.
- Eh bien, quelle femme jalouse tu fais, Sakura ! s’esclaffa Chiharu.
- Ne te fais pas autant de soucis, Sakura, dit Tomoyo. Tu sais qu’il a changé, finie, l’époque où il courait après les filles ! Il va avoir vingt ans, il serait enfin temps qu’il se case !
- Mais je ne suis pas aussi jolie que les autres filles…
- Qu’est-ce que tu racontes, enfin ? dit Chiharu. Tu n’es pas une porte de sortie, où le terminus d’un voyage ! Tu es toi, Sakura, la fille qui aime et qui est aimée de Shaolan. Il n’y a pas besoin de voir au-delà, surtout si c’est pour se dire que c’est parce qu’il était temps que maître Li se trouve une épouse ! En plus tu nous as dit qu’il ne voulait pas se marier !
- En fait, j’ai vu son vœu, sur le bambou de Tanabata, annonça Tomoyo. Celui de Shaolan. Mais je ne sais pas vraiment comment l’interpréter, alors vous allez m’aider ! C’était écrit « Je veux une famille ».
Les deux autres gardèrent un instant le silence, puis se mirent à sourire tendrement.
- Oh, comme c’est mignon, souffla Chiharu. Sa famille lui manque terriblement, c’est vrai… Il voudrait qu’elle revienne…
- Ah, moi je l’avais compris autrement, dit Tomoyo avec un sourire. C’est pour ça que j’avais le doute. Moi j’avais compris « Je veux une famille » au sens de nouvelle famille. C’est-à-dire, recommencer, rebâtir. Et pour cela, je comprenais avoir des enfants… Car faire des enfants, ce n’est pas construire une famille ?
Chiharu et Tomoyo se tournèrent vers une Sakura qui était devenue rouge de gêne devant ces propos. Quoi ? Shaolan voulait des enfants ? Impossible voyons, totalement impensable ! Il avait lui-même dit à la fête avec les Occidentaux qu’il n’était pas pressé d’être réveillé en pleine nuit par des pleurs ! Mais pourtant… avoir des enfants… elle, ça ne lui avait même pas effleuré l’esprit ! Mais… se marier, avoir des enfants, rester avec cette famille qu’elle aimait, c’était pourtant cette vie paisible qu’elle avait tant souhaitée étant vagabonde. Pourtant, ça lui faisait drôle de s’imaginer mariée à Shaolan, de s’occuper des enfants et en même temps demander à son époux de venir à table. Sakura se gifla mentalement. Mais qu’est-ce qu’elle allait s’imaginer ?
- Woé, dit-elle enfin… il y a pas mal de possibilité, c’est un vœu… pas très explicite, tenta-t-elle de dire.
- C’est vrai, fit Tomoyo avec un sourire. Ce n’est pas grave, je lui ferai cracher le morceau !
- Tu ne changes vraiment pas toi, dit Chiharu avec une goutte glissant le long de la tête.
- Oh, Xiaolang ! s’exclama alors Tomoyo.
Sakura se retourna pour apercevoir Shaolan, mais ne vit que le louveteau, Loup des Neiges, qui sauta sur le couloir de bois en remuant la queue. Qu’est-ce qu’il avait grandi en un mois ! Il vint se lover contre Tomoyo qui ne radinait jamais en matière de câlins (Eriol en connaissait un rayon !).
- Ni hao ma, Xiaolang ? (Est-ce que tu vas bien, Petit Loup ?)
- Tu l’appelles encore comme ça, souffla Sakura, dépitée.
- Bien sûr, en plus il adore ça ! Shi bu shi, Xiaolang ? (shi prononcé « sheu », traduction `n’est-ce pas’)
Pour toute réponse, le loup lui lécha la main et frotta sa tête contre la jeune fille. Puis Sakura se leva, et commença à débarrasser son plateau qu’elle avait vidé de toute nourriture.
- Bon, je vais vous laisser, je vais aller le voir le père de mes enfants, bâtisseur de famille, plaisanta Sakura.
- Eh bien je vais rejoindre le mien qui au contraire, n’est pas pressé d’en avoir une, souffla Chiharu.
- Ne t’en fais pas, Takashi te taquine, mais je suis sûre qu’il adore les enfants ! lui dit Tomoyo. Vous ferez d’excellents parents ! Je suis certaine que ça ne saurait tarder !
Chiharu prit finalement congés, tandis que Sakura et Tomoyo échangeaient un regard, se comprenant. Chiharu voulait des enfants. Et elle avait parfaitement l’âge et la maturité pour en avoir (à cette époque, 16-17 ans, c’est tout à fait raisonnable). Elle était toujours triste lorsque apparaissaient ses règles, lui montrant que c’était raté, qu’elle n’était pas enceinte. Au moins avait-elle son Takashi. Ils avaient beau se critiquer sans cesse, ils n’en étaient pas moins adorables. Ils feraient sûrement d’excellents parents, les deux jeunes filles en étaient convaincues. Et elles espéraient que l’enfant que Chiharu espérait tant apparût bientôt dans son ventre.
Sakura partit en direction des paddocks pour voir Fleur du Ciel. Elle était sûre d’y trouver Shaolan. Mais ce ne fut pas le cas. Sakura, appuyée sur la clôture, caressait Fleur du Ciel qui était venue la voir en trottinant. C’était assez étrange. Avant, elle se demandait ce qu’elle allait faire pour Toya et Shaolan, et à présent, elle était plus chamboulée par le fait que Shaolan pouvait avoir envie d’avoir des enfants ! C’était assez bête de penser à ça maintenant, puisqu’elle n’était avec Shaolan que depuis la veille !
- Tiens, tu es là Sakura ? fit la voix du concerné derrière elle.
Elle se retourna et aperçut le jeune homme qui tenait une jument par la crinière avec un poulain tout nouveau à côté.
- Quoi, ne me dis pas que ça t’étonne de voir un nouveau-né ? s’amusa-t-il. Tu as tellement veillé sur Fleur du Ciel que tu n’as même pas remarqué qu’il y avait d’autres juments pleines ? Celui-là est né il y a deux jours ! Un beau petit père, bien solide ! Il s’est mis debout après la naissance, il est en pleine forme ! Takashi a voulu l’appeler Oiseau de Paix (Anniao) ! Pourquoi pas, c’est sympa, après tout.
- Oiseau de Paix ? Oh, c’est joli ! fit Sakura en allant caresser le poulain. Ça me fait penser à Oiseau des Nuages ! En plus, ils ont la même robe (la même couleur).
- C’est normal, c’est son fils, sourit Shaolan.
- Woé ? Oiseau de Paix est le fils de Oiseau des Nuages ? fit Sakura, incrédule.
- Oui, c’est pour ça que Takashi l’a appelé comme ça. C’est un mélange des parents : Oiseau des Nuages, et Fleur de Paix. Je ne sais pas ce qu’il a en ce moment, mais tout tourne autour des bébés et des parents. Ah, c’est vrai qu’avec Chiharu, ils espèrent… se rappela-t-il, tandis que Sakura continuait de caresser l’animal.
- Il y a une petite pouliche qui sera ravie de te rencontrer, dit Sakura au poulain. Elle s’appelle Fleur du Ciel. Mais elle, elle a un mois de plus que toi, mais elle est née très chétive, alors tu seras gentil avec elle, d’accord ?
- Ne t’en fais pas, la rassura Shaolan, au début, il restera près de sa mère. Et je ne suis pas sûr qu’il s’approche d’un poulain plus âgé que lui. Sinon, tu as enfin fini ta grasse matinée ? dit-il tout en mettant la jument dans l’enclos qui était suivie de sa progéniture. Bien dormi ?
- Merveilleusement, dit Sakura. Sauf au réveil, tu n’étais pas là… dit-elle en faisant une moue boudeuse.
- Navré chère demoiselle, mais cela veut dire que j’aurais dû attendre près de trois heures ! Et j’avais faim !
- C’est d’un romantisme, ironisa Sakura.
Ils se sourirent, puis le silence s’installa. Shaolan, gêné, le rompit.
- Euh, à propos d’hier, commença-t-il. Est-ce que… on a vraiment tout éclairci ? Parce que s’il y a des points obscurs, tu me le dis, hein ?
- Mon frère restera toujours un point obscur, décréta Sakura. Dis-moi… tu voudrais des enfants ?
- Quoi ? fit Shaolan, déstabilisé par la question.
- Tomoyo a reconnu ton vœu de Tanabata, et elle se demande si par là tu entends avoir des enfants, expliqua-t-elle.
- C’était donc ça, souffla-t-il. Eh bien, ça, c’est une surprise ! Tu verras bien !
- Ah non, c’est trop facile, ça, sourit Sakura. Bon, je sais que c’est un peu précipité pour parler enfants, mais… t’aimerais en avoir ? Pas dans l’immédiat, mais un jour, tu en voudrais ?
Shaolan regardait devant lui, assez gêné. Et même plus que gêné.
- Oui, sans doute, mais… je ne sais pas si ce serait une bonne idée…
- Pourquoi ? demanda-t-elle en se rapprochant de lui.
- Je… je ne pense pas que je ferais un bon père, dit-il en avalant difficilement. Je… Je ne connais rien aux enfants, je ferais sûrement tout de travers, alors… il vaudrait mieux éviter un désastre.
Sakura ne put s’empêcher de le trouver adorable en le voyant ainsi. C’était elle ou bien il la faisait fondre ? Du moins elle avait les larmes aux yeux, elle ne savait pas pourquoi, mais les paroles de Shaolan la touchaient. Il avait un tel manque de confiance que c’en était déconcertant.
- Bien sûr que tu seras un bon père, assura-t-elle en le berçant alors qu’il la dépassait de plus d’une tête. Quand je te vois veiller sur tes chevaux, assister aux naissances, t’occuper des poulains avec autant de soin et d’amour, comment douter que tu ferais un bon père ? Tu seras le meilleur des papas et tes enfants t’aimeront énormément !
- Et toi ? Tu m’aimeras ? demanda-t-il.
- Toujours, souffla-t-elle. Qu’importe ce qui se passera, dit-elle en sachant que Shaolan avait fait allusion à Toya, tu as volé mon cœur, je ne peux plus le reprendre, il est à toi désormais.
Shaolan sourit, tandis que Sakura se lova encore plus contre lui, et pour être plus à son aise, fléchit une de ses jambes sans se rendre compte qu’elle était tout contre Shaolan. Et si Sakura ne se rendit compte de rien, le corps du jeune homme, lui, réagit au quart de tour ! Forcément, après avoir été frustré la nuit précédente, il était plus qu’éveillé par ce contact ! Pitié, retire-toi ou j’explose, supplia-t-il mentalement la jeune fille qui rendait son érection douloureuse.
- Ça va mieux Shaolan ? demanda-t-elle avec sa tête innocente.
- Oui, beaucoup mieux, merci ! Pitié, enlève ta jambe, ça fait mal !
Le pauvre portait quand même un pantalon d’équitation occidental assez étroit, ce qui en effet, le faisait souffrir dans un moment pareil.
Il se plia alors en deux, prétextant un mal de ventre, cachant ainsi l’objet de sa souffrance.
- Shaolan, est-ce que tu vas bien ? s’affola Sakura. Et si tu avais de la fièvre ? Tu y es sujet, tu en attrapes souvent ! Fais voir ton front !
- Non, ça va, fit Shaolan, c’est juste un mal de ventre, ça va passer !
- Tu es sûr ? Chiharu a eu aussi un sacré mal de ventre hier, il y a peut-être une maladie qui court !
- Ou alors c’est son cycle menstruel, objecta le jeune homme.
- Possible, mais toi aussi tu as mal !
- Je te dis que ça va passer, c’est bon !


Shaolan caressait Oiseau des Nuages.
- Ça y est mon grand, t’es papa !
Le cheval continua de brouter.
- Tu t’en fous, c’est super, soupira-t-il. Viens là mon grand, écoute-moi, dit-il en tendant les deux mains.
Comme s’il avait compris qu’il allait se passer une chose importante, l’étalon leva la tête et la laissa dans les mains de son maître.
- Demain est un jour très important, déclara celui-ci. Seulement, je ne pourrai pas t’emmener avec moi. Je veux que tu restes ici, avec Sakura. Tu veilles sur elle, d’accord ? Je te fais confiance, mon grand !
Puis il continua de caresser son cheval, tandis que Sakura arrivait derrière lui.
- Ça va Shaolan ? demanda-t-elle. Je me disais que tu devais avoir faim, alors voilà, je t’ai amené quelques boulettes de riz, je sais que tu aimes bien.
- C’est très gentil ça, remarqua-t-il en se servant, merci bien !
Il contempla un instant sa boulette, mais ne la mangea pas. Sakura regarda le poitrail de Oiseau des Nuages et put apercevoir une fine cicatrice qui le lui barrait. Alors c’était ça, la blessure qu’avait reçue le cheval. Woé, c’était impressionnant ! Shaolan se tourna soudain vers elle.
- Sakura, dit-il. Je dois absolument te parler au sujet de ton frère.
- Et de quoi ? demanda-t-elle. Je croyais qu’on avait déjà retourné la question dans tous les sens ?
- C’est vrai, sourit-il. Mais moi aussi j’ai vu ton vœu sur le bambou. Et… comment l’exaucer ? Comment peux-tu être heureuse si je tue ton frère ?
- C’est pour ça que j’ai inscrit « quoi qu’il arrive », sourit-elle. Ne t’en fais pas pour moi, Shaolan, tout ira bien. Agis selon ta conscience. Je sais que ta conscience t’empêchera de le tuer. Ta rancœur te pousse vers ce chemin, mais j’ai appris à te connaître, et je sais que je peux te faire confiance. Tu sauras prendre la bonne décision.
- Tout ira bien, dis-tu ? fit Shaolan. Comment fais-tu pour être aussi confiante ?
- Parce que je t’aime et que j’ai confiance en toi, répondit-elle. Tout ira bien, j’en suis certaine.
- Sakura… C’est pour bientôt, très bientôt, annonça-t-il d’un air grave. J’y suis presque, et le moment venu est proche, vraiment très proche.
- Alors cette histoire sera enfin finie, dit Sakura, lui cachant qu’elle avait l’intention de le suivre lorsqu’il irait là-bas. Tout ce que je te demande, c’est de ne pas me revenir à moitié éclopé. Reviens-moi vivant et en bonne santé.
- C’est promis, dit-il en la prenant dans ses bras.
- Merci…
- Sakura…
- Oui ?
- Ta boulette de riz est délicieuse !
- Baka, souffla-t-elle tendrement.


Sakura se réveilla dans le lit de Shaolan qui n’était pas là au réveil. Encore. Pourtant cette fois-ci il était tôt ! Mais… l’atmosphère était étrange, pesante… Il se passait quelque chose d’anormal. La jeune fille sortit prestement du lit, et se rua à l’extérieur. Tout était silencieux. Les domestiques dormaient encore ? Il fallait dire qu’il était très tôt. Mais où était Shaolan ? Pourquoi ce silence pesant sur le domaine ? Pourquoi les oiseaux ne chantaient-ils pas cette fois ?
Prise d’un doute, Sakura fila vers les écuries et les paddocks, ne prenant pas le temps de se chausser. Il manquait beaucoup de chevaux. Les plus fougueux n’étaient pas là, tels Petit Aigle, Tonnerre de Feu, … Cependant Oiseau des Nuages était toujours là. Mais il faisait partie des rares chevaux à être encore au domaine.
Le sang de Sakura ne fit qu’un tour. Alors… C’était aujourd’hui ? Shaolan était parti tôt pour accomplir sa vengeance ? Seigneur ! Très bientôt, il avait dit très bientôt ! Elle devait le retrouver !
Derrière elle, les domestiques féminines et leurs enfants, ainsi que les plus âgés, venaient de se lever et étaient en effervescence.
- Regardez, la plupart des chevaux ont disparu !
- Et nos maris qui n’étaient pas là à notre réveil !
- Ils sont partis ce matin ! Bouddha, faites qu’il ne leur arrive rien, je vous en supplie !
- Takashi ! se mit à sangloter Chiharu, épaulée par Tomoyo.
- Sakura ? fit celle-ci, incertaine. Sakura, ça va aller ?
Celle-ci était comme paralysée, puis sortit de sa transe et fila vers les écuries, ramena le mors de Oiseau des Nuages à qui elle le passa. Ne prenant le temps ni de se hausser ni de mettre une selle, elle enfourcha l’animal à l’aide de la barrière, et passant par la porte du paddock que Tomoyo venait d’ouvrir, elle élança l’animal en direction de la forêt, espérant retrouver leur trace.


Fin de la septième partie.


Réponses aux commentaires :
Un gros merci à Serpencia pour son mail qui m’a vraiment touché ! Je te remercie beaucoup, ma grande ! Et aussi à ma Sylphie qui écrit toujours aussi bien ! Cette partie était sûrement moins bien que les autres, d’un côté, c’était voulu !

Yin ying : Waw, merci, tu me flattes ! (sourire bête). Eh oui, Shaolan répond à Saki ! J’espère que tu as apprécié la suite, je sais qu’il n’y a pas beaucoup d’action, mais c’était fait exprès !
Loli : Héhé, à chacun son opinion ! Moi, ben je vois à la majorité ! Merci pour ton vote !
SoumRouge : Merci beaucoup pour ce commentaire ! Pour « Un amour toujours présent », oui, faudra que je la relise entièrement pour retrouver où j’en étais ! Mais faut surtout que l’inspi revienne ! J’arrive pas à faire plusieurs fics en même temps ! En tout, je te remercie pour ce commentaire !
ArAsHi : Là, je ne sais pas quoi dire devant ça… Je suis gênée (mais le sourire bête ne va pas tarder à s’afficher !). Je ne peux que dire merci, même si ça me parait faible ! En tout cas, je te remercie pour ton vote !
Meumeu : Oui, je voulais faire pleurer Shaolan pour montrer qu’après tout, ce n’est qu’un homme ! La septième partie paraît plutôt fade, à côté, non ? Mais je vais me rattraper avec la huitième ! Et vivent les chevaux ! (petit délire personnel !)
AmourPerdu : Eh, il est sympa, ton nouveau pseudo ! Y a plus joyeux, mais c’est sympa ^^ ! Merci pour ta review !
Calipso : Ah, si je devais tenir des opinions de tout le monde pour choisir le nom de la pouliche, j’en sortirai pas, vous avez toutes de bons arguments ! Donc, comme pour la Constitution Européenne (pourquoi c’est le non qui a gagné ? C’est pas juste !), on verra bien qui l’emportera ! Si Toya meurt, Sakura ne sera plus vraiment heureuse, car il s’agit quand même de son frère, et c’est la toute l’importance du truc !
Alex00783 : Comme tu as pu le voir, j’ai eu des ennuis pour commenter ta fic ! Résultat, tu as mon comm en 4 exemplaires ! Eh bé, si là tu l’as pas vu… ! Ah, si je vous fais voter, c’est que je n’arrive pas à me décider ! C’est vrai qu’être écrivain, c’est pas rose, certains n’ont pas été reconnus de leur vivant ! Et puis, quand je publie sur Internet, on voit que c’est pas le fric qui m’intéresse ! Rien que d’avoir des commentaires, ça fait toujours plaisir aux auteurs, parce qu’on voit que des gens ont pris la peine de lire ! Ta confiance me touche énormément, et j’espère en être à la hauteur ! Bisous !
YongYuanAiNi : Ce n’est pas ce que j’avais prévu, car Sakura et Toya étaient tous petits lorsque l’incident s’est produit, ils ne se rappelleraient pas du nom de la ville, ni du jour de la mort de leurs parents, déjà qu’ils ne savent pas écrire ! Hélas, ton idée ne figurera pas dans la fic, car l’histoire est toute tracée. Peut-être essaierai-je de dire quelque chose à propos des parents de Sakura, je verrai ! En tout cas, ton vote est enregistré ! Merci beaucoup !
Kokoro : Aaaaaaaaah, la grande review ! ^_- Héhé, merci pour les compliments ! C’est juste que j’organise mes idées, pour que tout soit cohérent (parfois, je suis perfectionniste !) Sinon, mes fics d’avant, ben je les trouve assez nulles ! Lol, je n’ai jamais assisté à la venue au monde d’un poulain ! Mais dans des livres sur les chevaux (romans, livres documentés) c’est très bien décrit ! Pour Shaolan et ses chevaux, je crois avoir déjà dit que c’est l’animal qui s’associait bien avec son caractère, alors forcément… ! Ah, Tsukiko est un mélange de Meilin et de Mutsumi (de Love Hina) ! Folle et un peu bête ! Pour ce chapitre, comme je l’ai dit à d’autres, je ne le trouve pas terrible, mais c’est parce que je voulais faire d’une nouvelle partie où il y aurait Toya, et non couper en deux ! Donc j’espère que le chapitre t’a plu ! Merci pour ton vote et ton commentaire !
Ito : Clairette-sama… (sourire débile et plein de vantardise) c’est vrai que ça sonne bien ! Non, plus sérieusement, je suis contente que la fic t’ait plu ! J’espère que cette partie-ci aussi, même si elle n’est pas riche en action ! Ton vote a été pris en compte, et ton commentaire aussi ! ^^ Merci encore ! ah, ton petit bonus : je sais que Shaolan ne montre pas grand signe, c’est fait exprès ! Et puis, il ne faut pas oublier qu’il a mis un mois avant de répondre à Sakura ^^ !
Tifa : Ce n’est pas grave, les chapitres seront toujours là quand tu reviendras ! Merci d’avoir pris le temps de déposer un commentaire ! Ton vote a été pris en compte !
Luciole : Et oui, Sakura s’est enfin déclarée ! Et comme tu as pu le voir, les ennuis sont loin d’être terminés ! J’espère que la suite t’a plue, mais je promets que ça sera plus captivant au prochain chapitre ! Merci pour ton vote et ton commentaire !

Cral-killeuse : Devenir écrivain ? On me pose souvent la question, mais je préfère bosser dans l’ONU, les trucs comme ça ! En tout cas, merci pour ta review !
MissGlitter : Eh bien bonne vacances, ma grande ! Eh oui, Shaolan nu dans l’eau, ça fait rêver ! Niark niark ! T’en fais pas pour les reviews, va ! Merci déjà d’avoir commenté la sixième partie !
Aminteitha : C’est vrai que je me suis basée sur le personnage de Meilin pour Tsukiko ! L’histoire du Bouvier et de la Tisserande, appelée « Tanabata » au Japon, fait partie de mes préférées ! Je l’ai découverte en lisant un roman sur la Chine, « Le disque de Jade » (assez cru comme bouquin !). Quand j’aurai retrouvé le site où j’ai trouvé l’histoire, je te passerai l’adresse ! En fait, je ne fais pas tant de recherche, je me souviens surtout de ce que j’ai lu dans les mangas ! Parfois oui, je fais des recherches ! J’essaye que ça soit aussi réaliste que possible ! Toya va-t-il se faire tuer ? Ha, réponse dans le prochain chapitre, promis !
Daffy ze Hinti : Les histoires d’amour pas bâclées ? Ha, c’est vrai que j’ai du mal avec les « -je t’aime. –moi aussi. Et ils s’embrassèrent » C’est trop rapide, ça me suffit pas ! J’espère que la suite t’a plu !
Juju Black : Je suis vraiment contente que la fic t’ait plu ! Oui, ils se sont déclarés, mais ça n’est pas encore terminé, comme tu as pu le lire ! En tout cas, merci pour ta review !
TheTourist : Moi, aimer les chevaux ? Qu’est-ce qui te fait croire ça ? (sourire innocent !) Lol, évidemment, je les adoooooooooore, et je trouve que ça convient bien au caractère de Shaolan ! J’espère que la suite était bien !
Xia.lane : Ne t’en fais pas, j’i compris où tu voulais en venir ! Oui, chacun a ses propres raisons et ses pensées, et c’est pas toujours facile d’avancer ! La relation Shaolan/Sakura/Toya, c’est quelque chose ! Merci beaucoup pour ta review !
Estelle01 : Merci pour ton vote, j’en prends compte !
Cecilou : Merci pour la review et le vote, j’ai pris note !
Shiaru : Merci beaucoup ! et merci aussi d’avoir pris le temps de voter !
Dragonia : Ah, l’accouchement ! J’ai bien aimé l’écrire, cette partie ! C’est pas très ragoûtant, m’enfin… Voui, le choix est horrible ! Tuer Toya, venger sa famille, et avoir la sensation d’être un assassin, ou bien le laisser en vie, et nourrir de la rancœur toute sa vie ? La réponse au prochain chapitre !
Tite Diablesse : C’est vrai que je voulais qu’on voie Tsukiko comme une fille gentille, et avec l’épisode où elle dit à Sakura que comme elle est domestique elle n’a aucune chance, ça n’avait pas l’air gagné ! Pour le nom de la Pouliche, ben c’est la majorité qui parle ! A l’heure où je tape les réponses aux reviews, les votes ne sont pas encore terminés !
Eliz : Désolée Eliz, cette partie-là ne fait que dix-huit pages, lol ! Parce que je voulais mettre tout ce qui concerne Toya en une nouvelle partie ! Ne t’en fais pas, ça va arriver ! Ton vote est enregistré ! Merci pour ta review !
Yukigirl : Je t’accorde que lire toute la fic d’une traite, ça doit fatiguer les yeux ! En tout cas, merci pour ton vote et ta review !
Elenthya : Je n’imagine pas vraiment Sakura en « violente », mais on ne sait jamais ! Combien de parties ? Je dirais 10 ou 11 ! Mais je ne suis pas encore sûre ! Je te remercie beaucoup pour ta review ! Et ne t’en fais, j’apprécie toujours les reviews, qu’elles viennent de folles ou non ^^ !
Ade : Merchiiiiiii ! La naissance du poulain me tenait à cœur ! ^^
Louvegrise : C’est vrai que quand on voit un pavé à lire, ça a l’air chiant (je suis comme toi !), alors quand on saute des lignes, c’est plus respirable ! Héhé, ici, je crois que j’ai coupé à un moment encore plus stratégique ! En tout cas, merci pour ton vote et ta review !
Winry : La gentille review que voilà ! Ah, moi aussi j’aimerais trouver un Shaolan tout nu dans son bain ! ^^ Youhouuu ! Hem, bref ! Quelle relation je vivrais ! Merci pour ton vote qui a été enregistré !
Syaosyao : J’ai imaginé Tsukiko sur le caractère de Meilin. Au fond, c’est une gentille fille ! Et oui, si Shaolan s’est déclaré dans le chapitre, ça risque de se corser dans les suivants (sinon, y a pas d’histoire !). Auteur géniale… là tu me fais rougiiiiiiiir ! (et le sourire bête apparaît !) Merci pour ton vote et ta review !
Princesse d’Argent : Ils vont avoir des problèmes ? … oui, sûrement ! Vu la fin du chapitre, on penser effectivement que ça va se corser ! Shaolan tuera-t-il Toya ? Réponse dans la prochaine partie !
Irislorely : Si ça se voit quand on est amoureuse ? Tout dépend. Moi j’observe souvent les gens, je peux peut-être le dire, mais tout est relatif ! J’ai fait exprès de faire un retournement de situation pour montrer qu’il ne faut pas juger les gens trop vite ! C’est vrai que pour les déclarations Sakura/Shaolan, je n’ai pas fait simple. Mais je me voyais mal (car ce n’est vraiment pas mon genre) de mettre l’habituel « je t’aime – moi aussi – et ils s’embrassèrent ». Ça me parait trop simple, et pas très expressif ! Moi je m’amuse plus avec les choses compliquées ! Ah, la réplique de Tomoyo ! Elle est tout à fait vraie, non ? On n’ose jamais dire ce qu’on ressent, de peur d’être rejeté(e). Pour l’histoire du Bouvier et de la Tisserande, c’est un conte Chinois qui existe depuis longtemps, même les Japonais le fêtent le 7 juillet. Quant à Ayashi no ceres, je connais, mais j’ignore tout des histoires de nymphes ! Merci pour cette review très constructive !
Nariele : Si tu parles de l’éternel « je t’aime – moi aussi – et ils s’embrassèrent », on est d’accord sur le terme cul-cul la praline ! Peut-être faisais-tu allusion à autre chose, quand même ! Mais si tu as du talent, j’aime bien tes fics, moi ! Certaines phrases, je les ai en tête depuis l’idée de départ de la fic, alors elles sont déjà prêtes, parfois je réfléchis pour mettre un mot important pour la suite, parfois ça va vite, je ne me pose même pas de question ! Tu as 14 ans ? Bah, je n’en ai que 16, moi ! Et je trouve que tu t’exprimes mieux que certaines de ton âge ! Au moins ce ne sont pas des mots à l’envers (verlan, comme certains disent) et un langage châtier comme « elle me saoule grave, c’te meuf ». Je déteste cette façon de parler ! En tout cas merci beaucoup !
Spinel : Bon, ben si tes yeux sont solides… ! Oui, pour le vote, je voulais que vous vous exprimiez ! Et vous l’avez fait, c’est super ! La qualité de cette partie n’était pas terrible, (sans doute parce qu’il ne se passe pas grand-chose) mais je voulais tout mettre dans la partie 8 ! Merci pour cette review !
Aidya : Aaaaaah, une fidèle revieweuse ! Oui, pour de l’amélioration, c’était de l’amélioration ! T’es bien informée, dis donc, oui, je suis en train de taper un one-shot ! Pour le titre, ben je n’ai pas encore trouvé, parce que les titres et moi… ! Tiens, ma fic s’appelle bien « Pour toi seulement ». Où est le rapport avec l’histoire ? Ah, j’te jure ! Eh si, non lascio la patata ! (en italien, je ne lâche pas la patate !)
Bleue : Ah, je suis désolée, mais je ne connais absolument rien aux loups ! Je n’ai eu aucun animal en dehors d’un cheval (il y a longtemps), alors je suis sûre que tu es cent fois plus calée que moi ! De toute façon, le louveteau n’est pas un personnage clé de l’histoire ! Enfin, je vais juste m’en servir quelques secondes pendant la partie suivante ! Il est vrai que j’ai plus travaillé sur l’histoire du Japon que sur l’attitude des loups ! Je sais bien que les loups vivent en meute, mais je voulais que ça soit à peu près similaire à ce qui est arrivé à Shaolan : ses sœurs et sa mère mortes, et lui qui survit. Parce que ça me paraissait moins plausible que les chiens tuent toute une meute de loups avant de s’en prendre à deux humains, et ce sans beaucoup d’égratignures ! Sinon, ben désolée pour Toya et Yukito, peut-être le seront-ils dans une prochaine fic !
Represente78 : Waw, tout ça pour lire mon chapitre ! Eh bien, j’espère que tu as pu lire la septième partie un peu plus facilement ! Merci beaucoup pour ton vote et pour ta review !
Kaoru Kinomiya : Ah, L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (the Whisperer, en Anglais). Un chef d’œuvre ! Je n’ai fait que chialer la plupart du temps, mais j’adore quand même ! Merci beaucoup d’avoir pris le temps de mettre une review !

Merci aussi à Tifa, Nakhèlla, Jessy, Mushu, Tilou, Caro40, Dream94, Kisu, MiwakoSoma, Noami, Sakura, Jaina, Lilianne-Potter, Bel (isabel), Jialio (merci pour cette jolie review !), Ciçouille, Asahi-chan SakiLi

Merci à toutes d’avoir voté et déposé une review ! Je vous retrouve à la prochaine partie !
Bises, Clairette


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