Tomoyo entra avec un grand sourire, les bras chargés de linge.
Elle posa tout sur le futon, puis déplia le kimono qui faisait partie
de ses bagages. Il était beige avec des petites fleurs roses et blanches.
- Tiens Sakura, c’est pour toi, dit-elle en tendant le kimono à
la jeune fille.
- C’est… pour moi ? dit la jeune fille, émue.
- Bien sûr ! Tes vêtements sont tout sales, et puis maintenant
que tu vas travailler ici, tu dois porter un kimono. Je t’offre celui-ci
!
- Vraiment, je peux ? demanda Sakura, qui n’avait jamais porté
un kimono de sa vie, et dont l’envie d’en avoir un avait toujours
possédée.
- Bien sûr ! C’est le tien. Rien qu’à toi !
- Rien… qu’à moi… oh merci, Mlle Tomoyo, merci
infiniment !
- Tutut ! dit Tomoyo en montrant son index qu’elle balançait
de gauche à droite. Pas de Mlle ! Appelle-moi Tomoyo, tout simplement
! Et moi je t’appellerai Sakura. Nous sommes égales, tu sais
! Allez, essaie-moi ça !
Sakura prit timidement le kimono, puis le serra contre elle avec un grand
sourire. Un kimono ! Rien que pour elle ! Elle en avait tant rêvé
quand elle était petite fille !
Une femme entra dans le bâtiment des domestiques, et les aperçut.
- Ah, Tomoyo, alors tu as fini de coudre ce kimono ! Mais qu’il est
beau, dis-moi !
- C’est toi qui l’as fait ? s’exclama Sakura en se tournant
vers Tomoyo. Waw, je suis impressionnée ! Il est tellement bien fait
! Tout est si régulier, si beau ! C’est vraiment magnifique,
vraiment !
Tomoyo eut un sourire.
- Je fais de la couture depuis toute petite. Et je suis ravie d’avoir
trouvé un modèle qui les essaie ! s’exclama-t-elle en
joignant ses mains en frottant le revers de l’une contre sa joue.
- Woé ? Moi ? dit Sakura.
- Bien sûr ! Tu es mignonne à croquer Sakura, et j’ai
hâte de te voir dans les habits que je vais te faire porter !
- Ben… je vais déjà essayer le kimono… dit la
jeune vagabonde, ne sachant plus quoi ajouter.
Elle se retourna, enleva ses vêtements, puis prit une première
pièce de tissu (je crois qu’on met pas mal de trucs sous un
kimono). Elle revêtit donc le kimono (vais pas tout vous décrire
non plus). Tomoyo ajouta une ceinture bordeaux qu’elle termina par
un nœud dans le dos.
- Qu’est-ce que tu es mignonne, Sakura-chan ! s’exclama-t-elle
en posant ses mains sur ses joues.
- Tu trouves ? dit celle-ci en rougissant, ne sachant pas à quoi
elle ressemblait.
- Adorable ! Il manque juste une petite touche ! Assied-toi s’il te
plait.
Sakura se mit donc à genoux sur un des futons, et Tomoyo lui démêla
les cheveux. Elle les attacha en un chignon souple. Les deux grosses mèches
qui encadraient le visage de la jeune fille ne pouvaient entrer dans le
chignon, et retombaient donc de part et d’autre de sa frimousse.
- Et voilà ! La plus jolie domestique de tout le domaine Li !
- Tomoyo… vous… euh, tu me gênes, dit timidement la jeune
fille. Après tout, je ne suis qu’une vagabonde…
- Oh, la grosse sottise ! Les humains n’ont pas le droit de se traiter
d’inférieur en raison des classes sociales. Tu es un être
humain, tu peux donc vivre librement !
- Merci Tomoyo-chan, dit Sakura en s’inclinant profondément,
les larmes aux yeux. C’est vrai que jusqu’ici, je n’ai
vécu que dans la forêt, mais je sais justement faire les tâches
domestiques ! Après tout, j’allais laver le linge à
la rivière, je préparais des repas pour les hommes…
alors si je peux travailler ici, tant mieux. Je… je suis vraiment
heureuse d’être là. Je… me sentais tellement perdue
avant… quand je suis arrivée ici, je me demandais ce que j’allais
devenir… peut-être mendier dans les rues de la capitale…
Et vous avez accepté que je reste… merci beaucoup !
Cela faisait en effet un mois que Sakura était dans le domaine Li.
Elle s’y plaisait tellement. Les gens étaient tous chaleureux
avec elle. Elle avait développé une grande complicité
avec Tomoyo, qui était la seule personne de son âge. Hormis
les enfants âgés de 0 à 3 ans, elles étaient
les plus jeunes. Les domestiques Li formaient une grande famille, dans laquelle
leurs maîtres faisaient partie. C’était sans doute pour
ça qu’elle était heureuse d’y être. Tout
n’était que bonheur, entendre les rires des enfants, voir tous
ces gens sourire, ne plus être obligée de se cacher dans une
forêt… Tout le monde était adorable avec elle, et elle
aimait le leur rendre.
La seule personne qu’elle n’avait pas beaucoup approchée
était Shaolan Li. Elle se sentait tellement bizarre en sa présence.
Bon, il fallait être honnête, elle avait peur de lui, et il
en semblait satisfait. Au début, elle avait pensé à
Kazuhiko : que faisait-il ? Pensait-il à elle ? Dans quel état
se trouvait-il, sachant qu’elle devait donner son corps à un
autre que lui ? Celui lui était-il égal ?
Puis le temps passant, elle avait fini par ne plus y passer. Ce Shaolan
la fascinait bien plus. Elle se demandait qui il était vraiment.
Il avait l’air si mystérieux. Mais en même temps, ce
côté mystérieux le rendait si craquant ! Pas étonnant
qu’avec un physique pareil, il se mette à jouer les coureurs
de jupons. Mais une minute ! Depuis tout le temps qu’elle était
là, le peu de regards qu’il avait porté sur elle n’avait
rien de pervers, ou intéressés par sa poitrine ou ses jambes
! Etait-ce les garçons qui s’étaient trompés
d’informations, ou bien était-ce elle qui n’avait aucun
charme ? Ne serait-ce que par coquetterie, elle aurait aimé qu’il
appréciât la regarder. Mais rien. Il passait son temps à
cheval. Toujours dans ses écuries. Et cet engouement pour la mode
occidentale, elle ne la comprenait pas.
Une fois, elle était entrée dans sa chambre alors qu’il
était encore dans ses écuries : beaucoup de choses importées
d’Europe trônaient dans cet espace mystérieux. Son lit
était en bois, avec un matelas bien sympathique posé dessus,
avec des oreillers on ne peut plus moelleux. Alors que normalement, un Japonais
dormait sur un futon, avec un coussin beaucoup moins confortable. Des bibelots
venus de l’occident étaient posés sur des meubles anglais.
Tomoyo avait expliqué à Sakura que la famille Li avait vécu
en Angleterre pendant un temps, ce qui expliquait tous ces meubles occidentaux.
Et puis il fallait avouer qu’elle n’avait rien contre ces pantalons
noirs qui lui moulaient le corps, bien au contraire, c’était
mieux qu’un kimono !
Puis, elle pensait à la vengeance du survivant. Comment allait-il
s’y prendre ? La ferait-il parler ? Allait-il lui demander des informations
? Tendrait-il une embuscade dans la forêt ? Elle n’en savait
rien, mais elle était persuadée qu’il ne resterait pas
inactif. Son plan avait peut-être déjà pris forme.
Elle aussi, elle devait bouger ! Si elle arrivait à l’avoir,
elle sauverait la vie de ses compagnons, et elle pourrait rester avec toutes
ces personnes si aimables. Le problème, c’était qu’elle
n’avait jamais dragué personne… elle n’avait jamais
embrassé de garçon… elle n’avait fait qu’échanger
des coups d’œil avec Kazuhiko… alors comment pourrait-elle
coucher avec Shaolan Li ? Elle se dit que son instinct la dicterait le moment
venu. C’était une chose de penser ça, mais d’avoir
le courage de le faire vraiment en était une autre. Elle avait déjà
parlé à Tomoyo de ce pourquoi Toya l’avait envoyée
ici. A sa grande surprise, la jeune fille avait ri, et lui avait dit d’essayer.
Sakura était demeurée interdite, mais Tomoyo avait eu un grand
sourire en lui disant que ce serait bête de ne pas profiter d’un
corps comme celui de Shaolan. Sakura eut un léger doute sur leur
relation, mais Tomoyo l’avait rassurée, lui disant qu’elle
n’avait jamais désiré son « frère ».
Sakura se dit que le soir, elle tenterait le coup.
Shaolan rentrait le cheval à l’écurie. Cheval des Bois
(= Linma en Chinois) était un bon étalon. En le croisant avec
une bonne jument, l’élevage aurait un nouvel atout.
Shaolan continuait ses calculs pour faire d’excellents poulains, tout
en s’occupant de panser et nourrir le cheval bai (robe marron, crins
noirs). Il sifflotait doucement, comme s’il était un garçon
d’écurie. Qui aurait pu croire qu’il était d’une
famille riche, lorsqu’on le voyait couvert de poussière, de
foin, se fichant totalement de son apparence. Distraitement, il regarda
sur le côté de l’écurie. Il aperçut une
jolie fleur. Une orchidée. Son visage se voila alors de tristesse.
Pourtant c’était jolie une orchidée sauvage. Le visage
de sa défunte mère se mit alors sur cette fleur. Yelan, qui
voulait dire Orchidée Sauvage en Chinois. Le jeune homme soupira.
Et dire que ça faisait déjà un mois qu’il ne
la voyait plus, qu’elle n’était plus auprès de
lui. Et ça faisait aussi un mois que cette jeune fille était
arrivée chez lui. Elle était appréciée des autres
domestiques, et était devenue très complice avec Tomoyo. Bon,
ça avait l’air de bien aller pour tout le monde. Pourtant,
il sentait que cette jeune fille essaierait bientôt de la draguer.
Ça allait l’amuser, ça c’était sûr
! Il était pressé de voir de quoi elle était capable.
Cheval des Bois tourna la tête vers les couloirs de l’écurie,
intéressé par une silhouette qui s’approchait. Shaolan
se tourna à son tour.
« Quand on parle du loup… » Pensa-t-il. Il sentit le parfum
de fruits qui mettait un peu de fraîcheur dans ce couloir aéré
par le fumier (c’est poétique, hein J ?).
La jeune fille marchait en direction du Chinois, et le trouva comme à
son habitude, avec un cheval. Avant de s’incliner devant lui, elle
ne put s’empêcher de sourire en le voyant avec de la paille
dans ses cheveux en broussaille, sa chemise pleine de boue et de poussière,
ainsi que son pantalon et ses bottes dans le même étant. Lui,
diplomate ? Qui l’aurait cru ?
Shaolan la regarda s’incliner, appréciant la vue sur sa jolie
nuque. Elle se releva, toujours avec ce petit sourire aux lèvres.
Il la regarda de haut en bas. Sympa, le kimono.
- Vous aimez ? fit Sakura timidement, les joues devenues roses, ayant remarqué
qu’il fixait sa tenue.
- Tomoyo l’a enfin fini, apparemment, dit-il. Oui, c’est pas
mal.
Sakura ne put s’empêcher de rougir et de sourire doucement.
Il aimait son kimono ! Il aimait son kimono ! Elle le regarda une nouvelle
fois. Il était vraiment beau, avec ses yeux d’ambre qui la
fixaient intensément. Il faillit lâcher un soupir de jeune
fille rêvassant devant un beau garçon. Non pas qu’elle
était amoureuse, non, pas en un mois sans jamais voir l’intéressé,
mais elle le trouvait tellement beau qu’elle trouvait difficile de
ne pas sourire en le voyant.
Elle se rendit compte qu’il avait tourné la tête et contemplait
une orchidée sauvage. Il avait un air si triste. Sakura s’approcha
doucement de lui et lui agrippa le bras.
- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-elle doucement.
- Si… si, tout va bien… dit-il, absent.
Sakura lui caressa doucement le bras au travers de la chemise. Shaolan leva
un sourcil : ho ho, cherchait-elle à passer enfin à l’action
dans sa mission ? Mais se doutait-elle qu’il était au courant
? Il n’en savait rien, mais décida de ne pas laisser faire
le temps, et prit l’initiative.
- Je prendrais mon repas dans ma chambre, ce soir, annonça-t-il.
J’aimerais bien des plats japonais.
Sakura resta surprise par ces dernières paroles, ne se doutant pas
de ce qui se cachait derrière, et s’inclina avec un grand sourire
:
- Oui, ne vous en faites pas, je vous les ferai ! Je vous les apporterai
dans votre chambre ! Vous ne serez pas déçu, je m’y
engage !
Elle se retira ensuite, toute heureuse en chantonnant.
- Drôle de fille, murmura Shaolan en caressant le cheval, la regardant
s’éloigner dans son joli kimono à fleurs.
Sakura était peut-être naïve, mais elle se disait qu’elle
pouvait néanmoins saisir l’occasion de draguer ce Shaolan.
Oh làlà, elle était dépassée ! Mais elle
devait essayer ! Pour Toya !
Pendant la fin d’après-midi elle fit la cuisine, boulettes
de riz (onigiri), soupe miso… Elle était très heureuse
de cuisiner, c’était quelque chose qu’elle adorait faire.
Ses plats étant prêts, elle les mit sur un plateau, puis transporta
le tout jusqu’à la chambre du leader. Se mettant à genoux
devant le shôji, elle demanda à travers ce dernier si elle
pouvait entrer, et obtint une réponse positive. Faisant coulisser
le shôji, elle pénétra dans la chambre en s’inclinant
d’abord profondément.
Shaolan Li était contre son lit, à regarder par la grande
ouverture laissée par le shôji donnant sur l’extérieur,
les vertes collines qui s’accordaient avec le coucher de soleil.
Sakura vint poser le plateau devant lui, et resta à genoux à
côtés, n’espérant pas qu’il lui donnât
l’autorisation de se retirer. Elle regarda ce qui captait tant l’attention
du leader, et resta elle aussi sous le charme de la beauté du paysage.
De sa chambre, le jeune homme pouvait avoir sous ses yeux un paysage magnifique.
La douce brise vint soulever légèrement les mèches
de cheveux de Sakura. On entendait des hennissements, et Sakura s’aperçut
qu’en bas des collines, on pouvait voir les enclos des chevaux où
ceux-ci broutaient et gambadaient.
Elle revint à la réalité, et reporta son attention
sur Shaolan. Celui-ci avait le bol de soupe miso dans les mains, et le buvait
lentement, son attention toujours fixée sur le spectacle qu’il
avait de sa terrasse (enfin, vu que c’était généralement
des maisons de plain-pied, la terrasse et sa chambre sont simplement séparées
par le shôji qui est ouvert).
Shaolan reposa le bol, et même s’il l’avait fini, Sakura
constata un appétit d’oiseau pour le jeune homme. Elle ne savait
où se mettre, et se dit que c’était l’occasion
ou jamais de voir à quel point il était expert en filles.
Shaolan se releva, et s’assit finalement sur son lit. Sakura mit tout
sur le plateau qu’elle déplaça plus loin dans la chambre.
- Alors, quand comptes-tu m’avoir ? demanda Shaolan.
Sakura resta sans voix tandis qu’elle se retournait. Shaolan lui fit
un sourire cynique. Il n’était tout de même pas bête.
- Comment vas-tu t’y prendre pour m’avoir ? dit-il avec un sourire
charmeur, qui avec la lumière du coucher de soleil, le rendait assez
désirable.
Sakura essaya la carte de la provocation : autant se jeter à l’eau.
- Sans doute avec les moyens qui vous font perdre les vôtres, dit-elle.
Elle fléchit alors la jambe, que les pans avant et arrière
de son kimono laissaient voir. Fléchie davantage, la jambe ne pouvait
qu’être vue.
Shaolan avala difficilement sa salive, mais ne le laissant pas paraître
: elle avait des arguments, cette petite. Mais il voyait clairement qu’elle
n’était pas douée dans le jeu de la séduction.
Et il allait le confirmer tout de suite tout en faisant plaisir à
cette jeune fille.
Il tapota la place à côté de lui sur le matelas, invitant
la jeune fille à le rejoindre. Celle-ci vint avec un joli déhanché,
et ses jambes fuselées se hissèrent sur le lit.
Ne pas regarder ses jambes, ne pas regarder ses jambes, ne pas regarder
ses jambes ! Se répétait le jeune homme qui essayait de garder
son allure calme.
Il se tourna vers la jeune fille et lui attrapa le menton, puis la regarda
dans les yeux. Cette dernière perdit tous ses moyens et son air provocant
qui ne lui allait pas. Elle rougit instantanément.
- Penses-tu réellement pouvoir m’avoir ? chuchota Shaolan.
Sakura ne savait quoi répondre. Elle était hypnotisée
par ce regard. Si beau, si mystérieux. Elle sentait ses yeux se fermer
à mesure qu’elle sentait le souffle du jeune homme de 19 ans
sur son visage devenir plus chaud.
Shaolan posa ses lèvres sur celles de la Japonaise. Celle-ci se détendit
complètement. Shaolan, en grand expert, constata qu’elle avait
des lèvres très douces, et une odeur fort sympathique. Et
surtout en voyant son manque d’assurance soudain, qu’elle n’avait
jamais embrassé personne.
Sakura quant à elle, ne savait plus qui elle était et ce qu’elle
faisait. Elle sentit la langue du jeune homme contre ses lèvres et
les ouvrit sans réticences. Il lui sembla alors basculer vers un
autre univers. Ce baiser était si chaud, si plaisant ! Elle y goûtait
avec un appétit qu’elle n’aurait jamais soupçonné
chez elle. Elle ne pouvait qu’apprécier cette saveur unique.
Elle aurait pu rester ainsi indéfiniment, sans jamais se lasser de
sentir cette langue caresser la sienne, lorsque Shaolan se retira. Elle
mit un certain temps à se retrouver dans la réalité.
Ce qui la déçut, car elle vit alors le beau jeune homme afficher
un sourire triomphant voulant dire « j’ai gagné, tu es
trop naïve ! ».
Elle rougit instantanément, ne sachant plus où se mettre.
Shaolan eut un petit rire silencieux, tandis que Sakura l’attrapa
par l’épaule. Maintenant qu’elle savait qu’un baiser
avait un goût si délicieux, elle n’allait pas se priver
pour lui en voler ! Shaolan n’avait pas l’air réticent
du tout, bien au contraire ! Il semblait bien vouloir en profiter lui aussi.
Sakura comprit que même si elle l’embrassait, il aurait le dessus.
Mais maintenant qu’elle avait goûté à ses lèvres,
elle n’arrivait pas à résister.
Elle posa ses lèvres sur celles du garçon, et celui-ci sut
immédiatement comment réagir face à une telle invitation.
Recommençant à s’embrasser, ils furent vite interrompus
:
- Maître ? entendit-on derrière le shôji.
Sakura et Shaolan se séparèrent aussitôt. Shaolan répondit
au domestique qu’il pouvait entrer, et Sakura ramassa vite le plateau,
puis sortit prestement de la chambre lorsque le domestique y pénétra.
Elle alla poser le tout dans la cuisine, puis sortit. Elle s’assit
sur le « couloir » en bois (je ne sais pas si vous voyez, les
espèces de terrasses pas très larges, comme un couloir, faites
un bois, qu’on trouve à l’extérieur des maisons
japonaises. C’est un peu surélevé par rapport au sol).
L’air lui faisait du bien. Elle était tellement rouge ! Et
tellement… elle ne savait comment elle se sentait. Heureuse, mais
bizarre. Elle voulait tellement en parler à quelqu’un !
Justement, quelqu’un arriva. C’était Tomoyo (comme par
hasard ! Quel auteur de merde je fais des fois !). Elle s’assit à
côté de Sakura, et la dévisagea en souriant. La Japonaise
aux yeux verts était plus rouge que jamais. Tomoyo ne mit pas longtemps
à comprendre ce qui s’était passé. Elle fit un
grand sourire à Sakura, et celle-ci, toujours rouge et timide, ne
mit pas longtemps avant de se confier, et raconter, heureuse, comme toute
adolescente, la joie qu’on a lorsqu’on reçoit son premier
baiser.
Shaolan s’allongea sur son lit une fois que le domestique fut parti.
Alors là, ce Toya était vraiment le plus pourri des amateurs
! Comment comptait-il l’avoir en envoyant une gamine qui ne savait
même pas draguer ? Pensait-il qu’il allait seulement s’arrêter
au visage d’ange ? Non mais franchement !
Il reporta son attention sur la nouvelle que son domestique était
venu lui apporter : sa mère avait prévu depuis longtemps de
voir un homme d’affaires japonais important. Diplomatie obligeant,
Shaolan se devait d’y aller à sa place, étant donné
que sa mère n’était plus. Le seul problème, c’était
qu’il était beaucoup moins diplomate que Yelan Li. Et l’autre
inconvénient, c’était que cet homme habitait à
des lieues de Edo ! Il allait donc être obligé de faire un
voyage juste pour régler une affaire débile ! Ce qui l’embêtait
le plus, c’était de laisser ses chevaux. C’étaient
les siens, son élevage !
Shaolan soupira ; malheureusement, il devait faire une concession. Mais
il se jura qu’il ne serait pas diplomate : il n’avait pas les
nerfs assez accrochés pour ça. Il se leva, et alla chercher
Tomoyo. Elle l’accompagnait toujours lors de ses voyages.
Il la trouva en compagnie de Sakura, qui dès qu’elle le vit,
s’arrêta de parler, rougissante. Tomoyo se retourna et vit Shaolan.
- Tomoyo, je te cherchais. Demain, nous partons voir M.Tokubei. Obligation
diplomatique, dit-il d’un ton qui ne l’enchantait guère.
- Oh, je comprends, répondit la jeune fille aux longs cheveux noirs.
J’emporterai des provisions, ainsi que des…
- Je te fais confiance pour ça, la coupa Shaolan. C’était
pour te prévenir. Demain, il faut que nous partions tôt, si
nous voulons arriver dans des délais raisonnables. On passera par
la forêt, ça sera plus rapide.
Sakura se raidit en entendant cette dernière phrase. La forêt
? Avait-il l’intention de tuer Toya ? Elle devait aller avec eux,
si elle ne voulait pas que cette possibilité devienne réelle.
- La forêt ? dit Tomoyo. Mais c’est dangereux ! Il y a des brigands,
des renards…
- Tomoyo, j’ai traversé cette forêt en rampant comme
une loque, et je suis toujours vivant. Cette fois-ci je suis en forme, et
nous serons tout un convoi. Si quelqu’un s’approche de nous
pour nous détrousser, ça ne pourra être qu’un
kamikaze.
- D’accord, admit Tomoyo en soupirant, un sourire aux lèvres.
Mais est-ce que Sakura peut nous accompagner ?
- Faites comme vous voulez, mais moi il faut que j’aie six domestiques
minimum, et dix maximum !
- Génial ! Merci beaucoup Shaolan !
- Pas de quoi, dit-il en se retournant et en repartant à l’intérieur.
La nuit commençait à tomber. Sakura et Tomoyo rentraient à
l’intérieur des bâtiments des domestiques. Sakura avait
peur. Passer par la forêt… Cette phrase passait en boucle dans
sa tête. Et s’ils tombaient sur Toya ? Qui vaincrait ? Shaolan
avait dit que personne ne pourrait s’en prendre à eux. Pourtant
Toya savait être impitoyable, lui aussi ; mais Shaolan le savait aussi
bien qu’elle, après tout il avait été aux premières
loges pour en témoigner. Mais quand elle repensait à son regard
meurtrier lorsqu’il avait déclaré à Toya qu’il
le tuerait, elle se disait que Shaolan était bien de taille face
à Toya. Ou alors il était tout aussi irrécupérable.
Elles pénétrèrent dans le bâtiment, et se dirigèrent
vers leur couche. Tomoyo parla à Sakura des obligations des domestiques
qui devaient suivre leurs maîtres. Elle lui dit qu’en général
on s’amusait bien. Sakura s’endormit un peu plus confiante.
Le lendemain, elle aidait Tomoyo à apporter les derniers paquets de provisions au chariot. Elle se retourna et aperçut Shaolan qui triait quelques chevaux pour que certains tirassent le chariot et que d’autres fussent montés par les domestiques et lui-même. Sakura avala avec difficulté sa salive : elle avait toujours une certaine peur des chevaux. Tomoyo avait beau lui avoir assuré qu’elle monterait derrière elle, Sakura avait quand même une sacrée frousse.
Finalement, ils mirent en route. Sakura était assise derrière
Tomoyo sur une jument paisible appelée Quiyu (phonétiquement,
« Tchuéyu »), Pluie d’Automne. Tomoyo souriait
doucement, en sentant une Sakura trembler de tous ses membres. Elle ne cessait
de lui répéter qu’elle n’avait rien à craindre,
mais Sakura avait toujours cette peur qui lui tenait au ventre.
Shaolan n’avait pu se résoudre à laisser Oiseau des
Nuages, il le montait donc. Par contre, il n’aimait pas l’idée
de laisser Petit Cœur, mais ce dernier était trop fougueux pour
être monté par un cavalier inexpérimenté. Il
avait avec lui huit domestiques. C’était bien, ça n’était
pas trop. Ils se mirent en route assez tôt. Ils allaient plutôt
lentement, vu qu’ils étaient comme Shaolan l’avait dit,
un petit convoi.
Finalement, le cheminement par la forêt ne posa aucun problème.
Toute la bande de Toya devait être planquée, morte de trouille,
la queue entre les jambes ! pensa amèrement Sakura.
(Je ne vais pas vous décrire tout le voyage non plus, donc j’abrège)
Sakura s’était un peu rassurée à force de monter
sur le cheval. Il fallait dire qu’en deux jours, à raison de
huit heures par journée, cela faisait longtemps qu’elle était
sur leur monture.
Enfin, ils arrivèrent. Sakura regarda l’étendue du domaine.
Il était tout bonnement immense, mais pas autant que celui des Li.
Ils descendirent vers le domaine de Tokubei à un petit trot. Les
humains comme les animaux en avaient plein les jambes (/!\ car un cheval
n’a pas des pattes, mais des jambes ! je suis très chiante
avec ça !). Arrivant enfin à la demeure de ce M.Tokubei, un
domestique vint les accueillir. C’était un jeune garçon
qui semblait avoir leur âge.
- Enchanté M.Li, je me nomme Takashi Yamazaki, et je serai à
votre disposition durant votre séjour parmi nous, dit-il en s’inclinant
devant le diplomate.
- Merci bien, répondit Shaolan. Où est ton maître ?
demanda-t-il.
- Il ne devrait pas tarder, dit Takashi tandis que Shaolan mettait pied
à terre, imité par ses propres servants. Il est assez nerveux
en ce moment, ses affaires ne sont pas au beau fixe.
- Tiens donc ? fit Shaolan en levant un sourcil. Pourtant il m’a envoyé
une missive qui me mendiait des façons les moins élégantes
de venir de toute urgence, et voilà qu’il se permet d’être
stressé ! Que devrais-je dire !
Sakura vit Tomoyo fermer les yeux de découragement. En effet, il
n’était guère diplomate de sortir parfaite réflexion,
même si dans le fond il avait raison. Sakura aidait Tomoyo à
décharger le chariot, mais écoutait discrètement la
conversation. Lorsqu’elle se rendit compte que les sept autres domestiques
faisaient exactement la même chose ! Eh ben, il fallait se coucher
tôt si on voulait qu’un secret fût gardé, ici,
pensa-t-elle en souriant.
Takashi ne sut quoi dire. Une jeune fille avec de longs cheveux châtains
arriva derrière lui. Elle s’inclina en disant :
- Enchantée M.Li, je suis Chiharu Mihara. J’espère pouvoir
vous être utile durant votre séjour chez nous.
- Merci à toi, répondit Shaolan avec un sourire. J’espère
pouvoir voir votre maître assez tôt, je n’ai pas fait
tout ce chemin pour rien.
Chiharu regarda Takashi avec des yeux interrogatifs. Ce n’était
pas très commun pour les diplomates d’avoir un tel franc-parler.
Un homme d’environ soixante ans arriva alors.
- Mihara ! Yamazaki ! hurla-t-il. Je vous prends, à feignanter !
Chenapans ! Vous ne méritez pas d’être à mon service
! Au travail, vite ! cria-t-il, semblant prêt à les frapper.
- M.Tokubei ? dit Shaolan, les sourcils froncés, tandis que les deux
adolescents s’en allèrent vite.
- Ah, M.Li ! Enfin, je vous attendais depuis longtemps !
- C’est drôle, moi aussi. (soupir de Tomoyo - -‘)
- Entrez donc, suivez-moi mon jeune ami.
- Très aimable, dit Shaolan qui avait gardé cette même
attitude froide.
Ils pénétrèrent dans la maison de Tokubei. S’asseyant
sur le tatami, ils entamèrent vite la conversation.
Sakura était heureuse de pouvoir tenir le cheval de Shaolan. Qu’est-ce
que cet animal était beau !
Tomoyo rangea vite les provisions, mais dans le chariot, car elle se disait
qu’ils repartiraient peut-être avant la nuit, car si c’était
Shaolan, connaissant sa patience légendaire, l’affaire n’allait
pas s’éterniser.
Elle alla ensuite, accompagnée de Sakura, à la rencontre des
deux jeunes domestiques qui s’étaient présentés
à eux.
Elles apprirent que Chiharu et Takashi formaient un couple depuis l’âge
de 5 ans. Ils n’appréciaient guère M.Tokubei, mais comme
ils n’avaient aucun endroit où aller, ils devaient se contenter
de travailler chez lui.
- Mais ce n’est pas si mal, dit Takashi en souriant, prenant la main
de Chiharu. Du moment qu’on est ensemble…
Sakura les trouvait très mignons ainsi amoureux. Elle aimerait tant
qu’il en fût de même pour elle. Que Shaolan lui tienne
amoureusement la main… Stop ! Pourquoi Shaolan ? Pourquoi pas Kazuhiko
? Comment se faisait-il que ce fût le Chinois qui, directement, s’était
mis à la place de l’amoureux potentiel ? Comment se faisait-il
que Kazuhiko fût effacé si rapidement ?
Comme à leur habitude, les domestiques du leader Chinois ne purent
s’empêcher d’aller écouter les conversations de
leur maître. Et Tomoyo ne faisait pas exception. Du coup, Sakura,
Takashi et Chiharu se retrouvèrent à la suite de Tomoyo pour
espionner les deux maîtres derrière le shôji.
- M.Li, je dois avouer que votre attitude me surprend beaucoup. Mme votre
mère était plus raisonnée que vous.
- Peut-être parce que Mme ma mère dit-il avec un ton ironique,
n’était pas au courant de vos petites activités.
- Cela ne vous concerne en rien ! Vous êtes diplomate, pas commissaire
!
- Et vous, vous ne serez plus rien si vous continuez à m’énerver,
dit Shaolan, lui lançant un regard noir.
- Je suis dans le noir total, gémit Tokubei. La police me découvrira
bientôt, il faut que je parte. Vous qui êtes Chinois, vous pouvez
me procurez un laisser passer !
- Cela ne relève pas de la diplomatie, mais du piston (je ne sais
pas si terme existait à l’époque) remarqua Shaolan.
- Je dois avouer que… j’ai reçu des lettres de menaces…
j’ai peur… pitié, procurez-moi un laisser passer…
je vous en supplie… je ferai tout ce que vous voudrez…
- Vous avez fait du commerce d’êtres humains… vous n’avez
aucune dignité, dit froidement Shaolan. Qu’est-ce qui me dit
qu’une fois en Chine, vous ne recommencerez pas ?
- Ce… ce n’est pas ma faute ! Ils… ils disaient que mon
domaine était une bonne couverture ! Que personne ne soupçonnerait
un seigneur ! Je vous en supplie, il en va de ma vie ! Ils peuvent venir
me tuer d’un instant à l’autre.
Shaolan leva les yeux au ciel en soupirant. Devinant très bien la
présence de ses domestiques de part et d’autre des alentours
de la pièce, il eut un faible sourire.
- Si vous partez, que ferez-vous de votre domaine, de vos domestiques…
? Vous êtes conscient que vous ne pourrez les emmener ?
- Oui, je… je les revendrai !
- Les bêtes ou les domestiques ?
- Les deux !
Mauvaise réponse ! Shaolan fronça les sourcils, tandis que
derrière le shôji, les oreilles se tendirent d’avantage.
Chiharu avait plaqué une main sur sa bouche en entendant la dernière
réponse de son maître.
- Vous ne pouvez vous passer de faire un tel commerce, n’est-ce pas
? dit Shaolan d’un ton plus dur. Je vais vous faire un laisser passer,
mais pas pour la Chine.
- Quoi ? Mais où vais-je aller ?
- A vous de choisir votre destination, dit Shaolan en déroulant du
papier du riz, saisissant un pinceau qu’il trempa dans l’encre
de Chine. Qu’importe où vous vous rendrez, du moment que vous
n’allez pas salir ma nation.
Avec ses nobles paroles, il inscrivit les idéogrammes devant un Tokubei
tremblant.
- Pour ce qui est des domestiques, je vais essayer d’en sauver le
tiers. Je demanderai à des relations de s’occuper du reste.
- Oui, je comprends, dit Tokubei. Tenez, vous en prenez 40, cela fait…
un joli pactole ! fit le vieil homme en lui tendant un coffret rempli de
pièces.
Shaolan repoussa la boîte, et se levant, il dit à Tokubei en
le fixant :
- Moi, je n’achète pas les humains.
- Oui… oui, bien sûr ! fit le vieil homme en s’inclinant
profondément. Je vous prie de m’excuser, rajouta le sexagénaire
en se levant en son tour. Il est temps de préparer un petit quelque
chose !
- Non merci, je ne reste pas, dit Shaolan toujours aussi froidement.
- Euh… bien…
Tokubei s’éloigna alors, son laisser passer bien en main, décidé
à le mettre à l’abri.
- Tomoyo, dit Shaolan se retrouvant seul dans la pièce. Je suppose
que les bagages sont prêts. N’oublie pas de faire de la place
pour ceux de nos congénères !
- Il… il parle… de nous… ? demanda Takashi, incrédule.
- Bien sûr, sourit Tomoyo. Vous verrez, vous vous plairez chez nous
! Tout le monde est très gentil !
- Je confirme, dit Sakura. Cela fait à peine un mois que je suis
arrivée et je me sens chez moi là-bas !
- Venez, allons faire vos bagages, dit Tomoyo en entraînant le couple.
Sakura s’éloigna pour aller voir Shaolan. Il regardait la vue,
le visage impassible.
- Eh bien, quelle démonstration ! dit-elle avec un sourire timide.
- Tant que ça ? Il n’y a rien eu de spécial, ce type
est une loque, c’est tout.
- Quand même, vous m’avez impressionnée ! Cependant,
je peux me permettre une remarque déplacée ?
- Vas-y.
- Vous êtes un piètre diplomate ! osa-t-elle en souriant, les
joues légèrement roses.
- Ce n’est pas la première fois qu’on me le dit, et ce
n’est pas la première fois que j’approuve, dit Shaolan
en souriant à son tour.
- Le paysage est beau, mais pas autant que celui de Edo, dit Sakura rêveusement
en fixant l’horizon.
- Nous allons bientôt le retrouver.
Sakura se laissa aller à se coller contre le flan du jeune homme.
Elle se sentait sereine, elle avait complètement oublié sa
mission. Sa main effleura celle puissante du Chinois, et elle se rappela
l’envie qu’elle avait d’être comme Chiharu et Takashi.
Est-ce qu’elle tombait amoureuse ? Elle n’en savait rien, mais
la perspective du « oui » ne la dérangeait pas tant que
ça. Elle laissa tomber sa tête contre l’épaule
robuste du jeune homme. Il était chaud.
Elle sentit la joue de Shaolan contre ses cheveux, et soupira. Qui aurait
pu soupçonner qu’ils étaient ennemis ? Elle savait qu’ils
donnaient l’impression d’être des amoureux regardant le
paysage. Si seulement cela pouvait être le cas. Mais elle savait très
bien que l’un comme l’autre, ils avaient une mission. Et qu’ils
n’étaient pas amoureux. En un mois, c’était impossible.
Et pourtant…
Elle releva un peu la tête, obligeant Shaolan à en faire de
même. Les yeux fermés et la tête toujours contre l’épaule
du Chinois, elle leva encore plus son visage vers lui.
Le séducteur de ces dames ne mit pas longtemps à comprendre
ce qu’elle voulait. Elle était plutôt mignonne avec sa
frimousse posée sur son épaule. Il se pencha sur elle et l’embrassa
doucement. Sakura était aux anges. C’était si doux !
Elle se dit que se faire embrasser était la chose la plus belle.
Cela le serait encore plus si c’était avec amour. Rien à
faire, l’image de Kazuhiko n’arrivait pas à se mettre
sur celle de Shaolan. Etait-ce en définitive parce qu’elle
n’avait jamais vraiment été amoureuse de Kazuhiko, ou
bien parce qu’elle était déjà charmée
par Shaolan ? Ou bien les deux ?
Le doux moment fut interrompu par un grand cri. Le domaine était
attaqué. Des ninjas pleuvaient de toutes parts, commençant
à renverser les réserves de nourritures, pillant, tuant les
domestiques qui se trouvaient dans leur passage. C’était la
panique générale dans le domaine Tokubei. Tous les domestiques
allaient et venaient dans tous les sens, les ninjas hurlaient le nom de
Tokubei, réclamant ce dernier. Les sabres s’affaissaient soudain,
arrêtant la vie des personnes qu’ils rencontraient, les cris,
la peur, la panique…
Shaolan sauta de la terrasse en bois, et se précipita vers le coin
où s’étaient réfugiés ses domestiques,
suivi de Sakura. C’était un petit espace qui ne se voyait presque
pas, entre deux murs de bâtiment. Ils étaient au complet, ainsi
que Chiharu et Takashi. Shaolan ordonna à ses domestiques de partir
le plus vite possible, et dit qu’il allait chercher les chevaux. Il
partit de leur cachette et fila en direction des écuries. Hors de
question d’abandonner son étalon et le reste de ses chevaux
!
Toujours dans leur cachette, Sakura remarqua un couteau par terre. Un couteau
avec les idéogrammes Li, Petit et Loup. Oh bon sang ! Shaolan avait
fait tomber son couteau !
Sans réfléchir, elle attrapa le couteau, et sortit à
la poursuite du jeune homme. Mais elle fut vite prise au dépourvu.
Tous les domestiques allaient en tous sens, se bousculant les uns les autres,
les ninjas s’amusaient à les poursuivre, à les torturer
pour savoir où se trouvait Tokubei. Dans une telle mêlée,
Sakura ne savait plus où aller, elle n’avait plus de repères.
Soudain, on entendit un grand bruit : des chevaux au galop. Shaolan avait
dû lâcher les bêtes de Tokubei. Maintenant, elle allait
manquer de se faire écraser par les équidés, par les
domestiques qui fuyaient en tout sens, et les ninjas qui essayaient de tirer
profit en volant les chevaux (mais ceux-ci étaient trop paniqués
pour se laisser faire).
Tout à coup, Sakura se sentit soulevée de terre : quelqu’un
la prenait par la taille. Elle cria de toutes ses forces en agitant les
jambes et les bras, espérant qu’on l’entendît au
milieu de cette marée humaine et animale qui faisait un bruit semblable
à une dizaine d’éléphants pris de panique.
Elle se retrouva finalement assise derrière Shaolan, sur la croupe
de Oiseau des Nuages. Elle ne réfléchit pas qu’elle
enroula automatiquement ses bras autour du torse du jeune homme, tremblante.
- Qu’est-ce que tu fiches ici ? gronda-t-il en manouvrant sa monture,
ayant les rênes de trois autres chevaux dans une main.
- Vo… votre couteau… balbutia Sakura… Vous l’avez
fait tomber… je voulais vous le remettre !
Elle extirpa l’objet de la manche de son kimono. Shaolan le regarda
mais ne le prit pas, ses mains étant occupées.
- Idiote ! cria-t-il. C’est pour ça que tu t’es mise
en danger ? Pour un simple couteau ?
- Mais je… je croyais que vous en aviez besoin ! Et puis il avait
l’air tellement précieux ! Et si les ninjas l’avaient
trouvé, hein ? dit-elle en s’énervant. Il y a votre
nom dessus, et ils auraient compris que vous avez vu Tokubei ! Ils vous
auraient retrouvé et tué !
A dire vrai, lorsqu’elle avait ramassé le couteau, elle n’avait
pas pensé une seule seconde à cette possibilité.
- On ne va pas s’énerver maintenant, dit Shaolan qui essayait
de contenir Oiseau des Nuages. Si j’admets que t’as raison,
ça te va ?
- Oui, dit Sakura d’un ton légèrement excédé,
mais néanmoins apeuré étant donné les circonstances.
Shaolan arriva jusqu’à la cachette. Il laissa les trois chevaux
aux domestiques, qui commençaient à se les passer, organisant
des équipes de deux par monture. Il fallait aussi compter les domestiques
de Tokubei qui partaient avec eux. Il restait sept chevaux à prendre.
Mais il n’y en avait pas assez pour tous. Tant pis, il allait devoir
prendre les chevaux de Tokubei. Shaolan, pour soulager sa conscience, se
dit que c’était pour les dommages et intérêts
que lui devait Tokubei !
Il allait repartir, mais des domestiques partirent avant lui. Il les suivit
cependant, toujours à cheval, ne voulant pas avoir leur mort sur
la conscience. Attrapant les chevaux qui étaient en liberté
au milieu de la foule, et allant en chercher d’autres plus loin, les
domestiques prirent une dizaine de chevaux. Montant à deux sur les
bêtes, les hommes quittèrent le domaine, prenant la direction
de la forêt. D’autres domestiques s’étaient enfuis
par leurs propres moyens.
Shaolan, au lieu de suivre les autres cavaliers, fit galoper son cheval
jusqu’au sommet d’une colline, et s’arrêta pour
regarder l’ampleur du désastre. Les ninjas avaient tout ravagé,
et entraient maintenant dans la demeure. Des corps gisaient ça et
là, des domestiques, des chevaux, des ninjas (qui s’étaient
faits piétinés par les équidés). Les bâtiments
étaient en ruine, mais on entendait toujours le tumulte de l’assaut.
- Et Tokubei ? demanda Sakura d’une petite voix.
- Soit il a réussi à s’enfuir, soit il a été
tué, répondit Shaolan d’un ton calme. Quel que soit
son sort, cela ne me regarde pas.
- Regardez là-haut ! cria un des ninjas, montrant du doigt Shaolan
et Sakura.
- Merde ! fit le leader en faisant faire un brusque changement de direction
à son étalon.
Shaolan fit galoper son cheval en direction de la forêt, Sakura s’agrippant
à lui. Oiseau des Nuages allait à vive allure, s’engouffrant
dans la forêt. Il faisait sombre. Le cheval continuait de galoper,
au milieu du silence de la forêt. Ils allaient vite, Sakura sentait
le vent s’engouffrer dans son cou.
Puis Shaolan sembla changer de direction. Il continua sa course, et ils
sortirent de la forêt, se retrouvant sur un sentier, pour arriver
sur une grande plaine verte. Shaolan ralentit l’allure, et ils continuèrent
leur route au petit galop, puis diminuèrent encore, au pas, pour
laisser Oiseau des Nuages se reposer. C’est ainsi que le voyage parut
long. Ce qu’ils avaient parcouru en un jour et demi à l’aller,
ils le parcoururent en trois heures au retour. Maintenant, ils allaient
doucement, le cheval avait beaucoup galopé. Lorsqu’ils trouvèrent
un point d’eau, Shaolan s’arrêta immédiatement
pour faire boire le cheval, mais pour se rafraîchir en même
temps. S’agenouillant au bord du ruisseau, il y plongea les mains,
puis envoya l’eau qu’il avait prise sur son visage. Le visage
ruisselant, il se redressa pour lâcher sa monture et la laisser se
reposer. Sakura s’approcha de lui, et sans un mot, lui tendit son
couteau.
En prenant ce dernier, Shaolan remarqua qu’elle tremblait.
- Ça va ? demanda-t-il.
Sakura hocha la tête rapidement, sans le regarder.
- Sûre ?
- Oui.
- Alors tu dois juste avoir froid, conclut-il, ironique.
Sakura sentait qu’elle allait craquer. Evidemment que ça n’allait
pas ! Oui, elle avait eu peur, en voyant tous ces meurtres autour d’elle
! Elle était encore sous le choc et aurait voulu être rassurée
! Elle avait eu si peur ! Comme lorsque la famille Li avait été
massacrée !
N’y tenant plus, elle éclata en sanglots. Shaolan s’approcha
d’elle, et elle posa sa tête contre son torse. Elle pleura un
peu, puis Shaolan resserra ses bras autour d’elle. Elle pleura de
plus belle, rassurée de pouvoir se lâcher. Shaolan soupira
:
- Toi et ta foutue fierté…
- J’ai… eu peur ! réussi à articuler Sakura.
- Je sais, souffla-t-il. C’est fini, maintenant.
Par-dessus l’épaule de la jeune fille, il aperçut une
colonne de fumée noire, ainsi qu’un brasier rouge qui venait
de derrière la forêt. La demeure de Tokubei disparaissait,
ravagée par les flammes.
- C’est fini, répéta-t-il en lui tapotant le dos, caressant
son chignon défait.
Elle se calma un peu. Mais resta dans les bras du jeune homme. Elle ouvrit
alors la bouche :
- Je suis désolée pour tout à l’heure…
dit-elle doucement. Pour le couteau. Une fois ramassé, j’aurais
dû le garder le temps que vous reveniez. Au lieu de ça, je
vous ai fait courir des risques inutiles puisque vous êtes venu me
chercher…
- Euh… c’est surtout que j’ai eu peur, dit Shaolan. C’est
pour ça que je me suis énervé. J’ai eu peur,
moi aussi.
Sakura sourit en se blottissant contre lui :
- Vous avez eu peur ? Donc vous vous êtes inquiété pour
moi ? Je ne vous suis pas si étrangère, alors ?
Cette pensée rendait Sakura pleine de joie. Ainsi donc, il avait
eu peur pour elle ! Il avait eu peur pour elle ! Il l’appréciait
donc !
- Bien sûr que j’ai eu peur ! soupira Shaolan en levant les
yeux au ciel. Ça fait un moment que tu es parmi nous, tu n’es
pas si étrangère que ça.
- Ma compagnie ne vous déplait donc pas ?
- Bien sûr que non…
Sakura agrandit son sourire tout en fermant les yeux, la tête enfouie
dans la chemise du Chinois.
- Mais ce n’est pas pour autant qu’il en sera de même
pour ton frère et sa bande, dit Shaolan d’un ton dur. Ils paieront
pour ce qu’ils ont fait.
- Je sais, souffla simplement Sakura.
Ils se remirent en route, à un petit galop. Ils commencèrent
à parler :
- C’est bien ton frère qui t’as envoyé ici, n’est-ce
pas ? dit Shaolan, tandis que Sakura, derrière lui, s’accrochait
à son torse. Il regardait toujours devant lui.
- Oui, répondit Sakura.
- Pour me draguer, ou plus ?
- Plus, dit-elle, la gorge nouée.
- Et tu es encore vierge, n’est-ce pas ?
Sakura hocha la tête, et fit un « oui » en bouche fermée.
Shaolan mit quelques secondes avant de reprendre la parole :
- Tu n’obtiendras rien en faisant ça… alors ne te force
pas… c’est pour toi que je dis ça… que tu ne fasses
pas de bêtise en offrant ton corps alors que tu n’en as pas
envie… je m’amuse peut-être avec les filles, mais pas
jusqu’à ce point…
Sakura enfouit sa tête dans le cou de Shaolan en prenant une grande
inspiration. Play boy, mais pas bourreau des cœurs ! Bon point ! Ainsi,
elle ne souffrirait pas tant que ça !
- Tu te plais chez nous ?
- Oui, bien sûr ! dit Sakura sans hésiter, se demandant pourquoi
une telle question.
- Tu resterais ? Ou bien tu voudrais retourner avec les tiens ?
- Non ! Je veux rester ! Je me sens chez moi, ici ! Je vous en supplie,
ne me mettez pas à la porte ! Gardez-moi !
- Je t’ai juste posé une question, ne te mets pas dans tous
tes états. Mais je pose juste une condition : que tu arrêtes
ta mission.
- Woé ?
- Si tu restes chez nous, tu seras une domestique, et non une … «
envoyée » de ton frère.
- Une prostituée, vous voulez dire.
- Je n’ai rien dit de tel.
- Peut importe, dit Sakura en fermant les yeux, posant sa tête sur
le dos musclé de Shaolan. J’ai un chez moi, maintenant. J’ai
une famille, une maison. Je suis tellement heureuse…
Shaolan sentit une goutte sur le dos de sa chemise. Sakura était
visiblement très heureuse.
- Dites… demanda timidement Sakura.
- Oui ?
- Est-ce que vous me trouvez moche ?
- Quoi ? fit Shaolan, déstabilisé par la question.
- Je suis moche ? redemanda Sakura.
Shaolan se demandait ce qui lui arrivait : elle avait un problème
? Un complexe ?
- Mais… non, pas du tout !
- Trop jeune ?
- Tu n’as que… seize ans ! J’ai juste trois ans de plus
!
- Trop ronde ?
- Mais enfin ! Qu’est-ce que ces questions ?
- Je suis trop ronde, n’est-ce pas ? J’en étais sûre
!
- Mais pas du tout ! Qu’est-ce qui te prend de poser des questions
pareilles ? demanda Shaolan, pris au dépourvu.
- Je voulais savoir si… j’aurais réussi… dans ma
mission…
Shaolan resta silencieux.
- Je pense que oui, finit-il par dire. Tu aurais réussi…
Ils s’arrêtèrent. Se demandant s’ils étaient
arrivés, Sakura regarda par-dessus l’épaule de Shaolan.
Elle se trouvait devant un paysage magnifique : un coucher de soleil donnant
sur une cascade, entourée d’herbe et de fleurs, avec des montagnes
enneigées en arrière-plan. C’était somptueux.
Elle le dit à Shaolan qui sourit tristement :
- Avec mes sœurs, nous venions souvent ici, dit-il. C’était
notre petit paradis…
Sakura ne sut quoi dire, et Shaolan fit faire demi-tour à Oiseau
des Nuages. Ils mirent une demi-heure pour rentrer, Shaolan ayant lancé
son cheval dans un galop plus rapide.
En arrivant au domaine, il faisait nuit. Shaolan sourit soulagé en
voyant que ses domestiques et les cavales étaient tous arrivés.
Les serviteurs avaient attendu leur maître. Rassurés, ils partirent
se coucher, hébergeant les nouveaux venus.
Shaolan était suivi de Sakura alors qu’il allait à sa
chambre.
- Je pense pouvoir trouver mon lit tout seul, tu sais, sourit-il.
- Peut-être, mais, je suis votre domestique, et je dois m’assurer
que vous n’ayez pas besoin de rien, dit Sakura d’une voix ensommeillée,
étouffant un bâillement.
- Si tu veux, sourit Shaolan.
Il pénétra dans sa chambre, lui aussi exténué,
et se laissa tomber sur son lit sans prendre la peine de se changer. Il
s’endormit aussitôt. Sakura ne l’avait pas remarqué,
et demanda doucement :
- Vous avez besoin de quelque chose ?
Aucune réponse ne lui parvint. Elle s’approcha du lit, et vit
qu’il dormait déjà. Un rayon de lune éclairait
la pièce, car ils avaient oublié de fermer le shôji.
Shaolan semblait être dans un sommeil de plomb. Sakura s’assit
sur le rebord du lit, et le regarda avec tendresse. Il était si gentil
avec elle.
Elle le contempla, puis se mordit la lèvre inférieure. Puis,
replaçant une mèche de son chignon qui ne ressemblait plus
à grand-chose derrière son oreille, elle se pencha et posa
ses lèvres sur celles du jeune homme.
- Bonne nuit, chuchota-t-elle en se redressant.
Elle alla fermer le shôji. Elle allait sortir, quand elle fut soudain
prise d’un mal de tête. Sa vue se brouilla, tout devint noir.
Elle tituba dans la chambre, et sans s’en rendre compte, contourna
le lit, pour se trouver du côté inoccupé. Son évanouissement
ne la lâchant pas, elle se laissa tomber sur le matelas, s’allongeant.
Son évanouissement disparut, mais elle resta dans le lit, trop exténuée
pour bouger. Elle s’endormit, sereine, se blottissant contre Shaolan
sans s’en rendre compte, juste heureuse d’être avec cet
homme. Sa seule pensée cohérente avant de s’endormir
profondément fut « Adieu, Kazuhiko ». Puis un grand sourire
se dessina sur ses lèvres.
Fin de la deuxième partie
Réponse aux reviews :
Ethanielle ou Lyla : Merci d’avoir quand même pris le temps
de déposer une review vu le boulot que t’as, ça me fait
très plaisir ! ^_^
Athenais : ben, merci, et voila la suite qui j’espère te satisfera
!
Cral-killeuse : merci beaucoup, et voici une partie 2 qui est aussi longue
que la 1 !
Miss Glitter : Ah, la grande revieweuse dynamique ! Voici donc la deuxième
partie, qui j’espère, cartonnera autant que la première
!
Ciçouille : ouais, Toya et sa bande sont des sadiques, mais fallait
bien trouver des méchants. Et là, c’est tombé
sur Toya !
Amy-lee : merci beaucoup, moi aussi je suis contente d’être
de retour, vous m’avez manqué !
Sinkha : et bien, voilà la suite, j’espère que tu en
seras satisfaite vu le temps qu’elle a mis pour arriver ! ^_^
Louvegrise : merci beaucoup, je suis contente d’être de retour,
ça me permet de rencontrer des gens sympa ^_^ ! Voilà la suite
tant attendue !
Aidya : effectivement, en étant absente toute une année et
ayant changé d’adresse, je n’ai pu recevoir mes messages,
mais je suis contente quand même ! Je te remercie beaucoup pour ta
review !
Cendiz : Bien sûr que je me souviens de toi ! ^_^ Seulement comme
j’ai un peu paumé toutes les adresses, j’ai du mal à
recontacter les gens ! En tout cas, merci beaucoup pour ta review !
Daffy la ouf : Ben… merci !
Juju Black : ah, ce que Sakura va faire ? Même après ce chapitre,
ça va être un peu confus ! Parce qu’après tout,
y a que les imbéciles qui changent pas d’avis !
Ti-Ni.Nani : Eh bien, merci ! Je livre la suite, en espérant qu’elle
aura autant de succès que la première partie !
SyaoSyao : Ah, une review de toi ! Je suis super contente que ça
t’ait plu ! Alors pour mon petit fan, voici la suite ! En espérant
qu’elle te plaise !
Electranab : Merci beaucoup ! Ouais, on sait que Shaolan aurait pu tous
les massacrer s’il avait été en forme, mais dans ce
cas, y aurait pas eu de fic ! Donc je l’ai fait tomber malade !
Mathilde : Merci bien ! Voici la suite, j’espère que tu n’as
pas trop attendu !
Lotty : Merci beaucoup ! Je suis touchée ! Sauf que c’est pas
exactement un one. A l’origine, ça devait en être un,
mais il est tellement long, que ça va être une fic !
Sakio : Yeah ! Merci d’avoir pris le temps de lire ma choupette !
V’la la suite !
Sylphie : Merci ! Et bon courage pour le site, tu vas y arriver !
Tina : Merci pour tes encouragements ! Je t’adore !
Opaline : Merci beaucoup, voici la suite !
Vanessa : Au paradis… waw, je n’en attendais pas tant ! Voici
la deuxième partie ! Ety merci beaucoup pour ton mail !
Katie-chan : Ne t’en fais, je ne compte pas arrêter cette fic
(au contraire, je suis en pleine inspiration !) En tout cas merci beaucoup
!
Shiaru : Merci beaucoup ! J’espère que la suite te plaira autant
que la première partie !
sHam-jî : Merci bien ! Voici la partie 2 !
Fire girl : Waw, te priver de manger pour lire ma fic ! Je suis flattée
! J’espère que la deuxième partie te scotchera autant
à l’écran que la première !
Uriamu : Merci bien ! Voici la suite qui j’espère te plaira
!
Angelina Jolie : Eh bien, voici la suite ! Merci encore !
Sakunissou : Eh bien, comme je le dis à tout le monde, merci et voici
la suite ! Merci aussi pour tes encouragements !
Mushu : La suite, et bien la voici ! Maintenant il faut patienter jusqu’à
la partie 3 ! ^_-
Sabrina : Merci bien, la suite est enfin arrivée !
Sakionnel : Ne t’en fais pas, je n’arrêterai pas ! En
plus, j’ai déjà entamé la partie 3 ! Merci beaucoup
pour ce cri du cœur ! C’est avec des arguments comme ça
qu’un auteur se sent soutenu ! Merci beaucoup !
Tiphionel : Le top du top, waw, je suis flattée ! ^_^ En tout cas
merci pour la review !
Valéria : Comment Sakura va-t-elle s’y prendre ? Mmh…
surprise !
Aniia : Il fallait bien que je m’arrête pour terminer la partie
! Voici la suite !
Jusdepomme : V’la quelqu’un qui mâche pas ses mots ! Voici
la suite, j’espère qu’elle te satisfera !
Shiaru 2 : Non, je ne pensais pas m’arrêter, seulement comme
je suis au lycée et que j’ai pas mal de devoirs je mets plus
de temps pour écrire, mais je ne compte pas m’arrêter
! La preuve, voilà la suite ! Merci d’avoir écrit !
Fermirt-ât : Ben comme je l’ai dit à Shiaru 2, je ne
compte pas arrêter, seulement je ne peux pas passer ma vie sur mon
ordi, je dois dormir et étudier aussi ! ^^ Mais merci pour la review
!
Les2folles : Très bien les impatientes, voilà la suite ! lol,
merci pour votre review !
Je vous remercie tous pour vos encouragements !
Bisous !
Clairette